L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 141)
Je me donnée vous, ô mon Sauveur, pour être votre demeure : faites en moi selon votre bon plaisir.
Quid retribuam Domi- 1 Que pourrai-je rendre à no pro omnibus quae re- | Dieu pour tous les biens qu'il
m'a faits ? Je prendrai le Calice du salut, j'invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.
Je m'unis à vous, ô mon Sauveur ! Unissez-vous à moi ; que nous ne nous séparions jamais.
tribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam. et Noraen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.
Sanguis Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam sternam. Amen.
La Communion étant faite, pendant que le Prêtre puritie le Calice pour la première fois :
Vous m'avez visité dans le temps, ô mon Dieu ! Faites que je garde les fruits de cette visite pour l'éternité.
Quod ore sumpsimus. Domine, pura mente capiamus ; et de niunere temporali fiât nobis remedium sempiternum.
Pendant que le Prêtre puritie le Calice pour la seconde fois :
Béni soyez-vous, ô mon Sauveur, qui m'avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure totujours en moi.
Corpus tuum, Domine, quod sumpsi, et Sanguis, quem potavi. adhasreat visceribus meis : et praîsta ut in me noa remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta. Qui vivis et régnas in saecula saeculorum. Amen.
Le Prêtre, ayant lu l'Antienne dite Commwnion^ se retourne vers le peuple et le salue ; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommunion. Puis il dit :
PLACEAT tibi, sancta Trinitas, obsequium s. -vitutis meae, et praesta ut sacrificium, quod oculis tuae Majestatis indignus obtuli. tibi sit acceptabile, mihique, et omnibus proquibus illud obtuli, sit, te miserante. propitiabile. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
GRACES VOUS soient rendues, adorable Trinité, pour la miséricorde dont vous avez daigné user envers moi, en me permettant d'assister à ce divin Sacrifice; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j'ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que votre ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.
BENEDiCAT vos omnipotens Deus, Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus. ^. Amep.
QUE le Dieu tout-puissant vous bénisse : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. ^. Amen.
IN principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt; et sine ipso factura est nihil. Quod factura est, in ipso vita erat, et
Le commencement du saint Evangile selon saint Jean. Chap. I. U commencement était le /\ Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. 11 était dans le principe avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui : et rien n'a été fait sans lui. Ce qui a été fait, était vie en lui, et la vie était la
lumière des hommes : et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise. Il y eut un homme envoyé de Dieu, qui s'appelait Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent pat lui. Il n'était pas la lumière, mais il était venu pour rendre témoignage à celui qui était la lumière. Celui-là était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu. 11 est venu chez soi, et les siens ne l'ont point reçu. Mais il a donné à tous ceux gui l'ont reçu le pouvoir d'être faits enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu même. Et le Verbe s'est fait CHAIR, et il a habité en nous, et nous avons vu sa gloire, sa gloire comme du Fils unique du Père, étant plein de grâce et de vérité.
vita erat lux hominum: et lux in tenebris lucet. et tenebrae eam non comprchenderunt. Fuithomo missus a Deo, cui nomen erat Johannes. Hic venit in testimonium, ut testimonium perhiberet de lumine, ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera, quae illuminât omnem hominem venientem in hune mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit, et sui eum non receperunt. Quotquot autem receperunt eum, dedil eis potestatem filios Dei fieri, his qui creiunt in Nomine ejus : qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate carnis, neque ex voluntate viri, sed ex Deo nati sunt. Et Verhabitavit in nobis : et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Pâtre, plénum gratiaj et veritatis.
VOUS VOUS apprêtez à descendre en moi, ô Dieu éternel, et rien n'annonce l'approche de votre divine majesté. De même que dans la nuit sacrée de Bethléhem votre entrée fut humble et silencieuse, aucum bruit, aucun éclat n'annoncera la visite que vous allez me faire. Un petit enfant enveloppé des langes eucharistiques va venir en moi sous l'apparence d'un pain léger et vil aux yeux de la chair, et je posséderai en moi-même celui qui a tiré toutes choses du néant, le Juge suprême des vivants et des morts ! Oh ! combien je dois anéantir ma raison en présence d'un si haut mystère ! Mais combien aussi j'aime à contempler ces abaissements incompréhensibles d'un Dieu qui ne s'humilie que pour me relever!, Ma raison ne 1 eut jamais pressenti, je le sais ; mais, bien loin de savoir ce que peut l'amour infini d'un Dieu pour ses créatures, sais-je seulement ce que c'est que mon néant et mon péché, cet autre abîme, au fond duquc! vous descendez, ô mon Sauveur, pour me chercher ? O
Dieu-Enfant, mon cœur touché et reconnaissant croit à votre amour, et votre amour lui révèle votre puissance. Je viens à vous sans raisonner, comme vinrent les bergers, à la parole de l'Ange. Il leur fut dit : // voxts est né un Sauveur qui est le Christ du Seigneur ; vous le reconnaître^ à la faiblesse Je l'enfance, à l'humilité des langes, à la pauvreté de la crèche. Aussitôt ils partirent, et étant arrivés ils trouvèrent ce qui leur avait été annoncé, et ils crurent en lui. Ainsi je veux faire moimême, ô Jésus ! C'est votre enfance, ce sont vos langes, c'est votre crèche que je cherche. Agréez donc, sous les voiles qui vous couvrent, l'hommage de ma foi, et recevez-moi comme l'un de ces humbles bergers à qui leur simplicité mérita la première place au céleste festin de Bethléhem.
MAIS, Ô Dieu-Enfant, les bergers de Bethléhem ne vous furent pas seulement agréables par la simplicité de leur foi ; ils vous plurent aussi par l'humilité de leur cœur. Vous aimez les petits, ô mon souverain Roi ! et c'est pour cela même que ces heureux pasteurs obtinrent l'insigne gloire d'être préférés à tout le genre humain, dans l'honneur qu'ils eurent de saluer les premiers votre berceau. Ainsi l'humilité de Marie a été l'aimant qui vous attira du ciel dans ses chastes flancs, et l'humilité des bergers vous porta à les appeler d'abord pour former, avec Marie et Joseph, avec les saints Anges, votre auguste cour, dans cette étable devenue un vrai paradis. Quelle admirable leçon vous me donnez, ômon Sauveur, à moi qui dois marcher à leur suite ; bien plus, qui vais vous recevoir en moi-même. Abaissez donc, ô Jésus, toutes les hauteurs de mon esprit ; humiliez toutes les répugnances de mon cœur. Abattez-moi au pied de votre crèche, afin que je ne m'élève plus dans mon orgueil. Mais, ô mon Jésus, non seulement vous aimez les petits ; vous daignez encore vous faire petit pour vous unir à ma bassesse. C'est comme un faible enfant que vous venez à moi, ô Dieu suprême 1 A votre approche, je me confonds, je m'abîme dans mon néant, moi, jusqu'ici si éloigné de l'humilité et de la simplicité de l'enfance. Dans votre sagesse souveraine, vous cherchez
retable et la crèche pour y naître : entrez dans mon cœur. Bethléhem ne vous offrit rien d'aussi digne de cette grandeur qui aime à descendre dans ce qu'il y a de plus infime, de cette lumière -jui se plaît à illuminer les plus profondes ténèbres.
Aïs, ô Dieu de sainteté, l'étable et la crèche, tout indignes qu'elles fussent de votre majesté, n'avaient du moins rien qui blessât vos regards. Dans ce monde, ouvrage de vos mains, quel lieu, quel objet eussent été dignes de vous servir de berceau ou de palais ? Votre grandeur, votre divinité que vous portez partout, suffiraient à changerenhabitation digne de vous tout recoin de ce monde que vous eussiez daigné choisir pour y naître. Il n'y avait qu'un lieu indigne de vous, et dans lequel votre gloire piJt refuser de descendre : le cœur de l'homme pécheur. C'est là l'étable vraiment infecte, la crèche avilissante pour votre majesté. Pourquoi faut-il, ô mon Sauveur, que les restes du péché que je sens en moi, les cicatrices encore saignantes des blessures qu'il m'a faites, m'avertissent que mon cœur a été cette étable, cette crèche honteuse que vous ne pouviez visiter qu'après les avoir purifiées par votre grâce ? Je déplore, ô mon Sauveur, l'état dans lequel le péché m'avait mis par ma faute. A vous voir ainsi humilié sous les livrées de l'enfance, je comprends tout à la fois la grandeur de ma malice qui demandait de tels remèdes, et l'immensité de votre amour qui n'a pas dédaigné de me les apporter. Oh ! combien je renonce de tout mon cœur au péché ! Combien je veux le poursuivre désormais en moi, jusqu'à ce que j'en aie e.xtirpé les dernières racines 1 O Jésus! je me souviens de cette parole : Heureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'iU verront Dieu. Le moment est venu où je vais vous voir et approcher de votre berceau ; purifiez donc mon cœur, et chassez-en à jamais le péché et l'attache au péché.
QUISSE donc, ô Dieu-Enfant, ce cri de mon cœur qui dél teste son péché, arriver jusqu'à vous et m'obtenir
votre clémence ! Quand du fond de votre crèche vous vous pencherez vers moi, quand vous arrêterez sur ma misère vos yeux si doux et si pleins de pardon, mon âme tressaillira, et je sentirai alors que tout est oublié, ô Dieu de miséricorde ! Mais je ne veux pas seulement vous apporter un cœur qui crie merci. Je sais, ô Jésus, que si vous exigez en moi la componction de mes fautes, vous voulez surtout l'amour de mon coeur. Ce mystère de votre enfance, qu'est-il autre chose qu'un my^stère d'amour ? Vous venez a moi parce que vouf m'aimez : vous venez avec la faiblesse de l'enfance pour encourager mon amour, en bannissant toutes mes craintes. C'est donc l'amour que je dois vous offrir en ce moment. Mais, ô Jésus, où le prendrai-je, cet amour qui soit digne d'être mis en rapport avec le vôtre, si généreux, si immense, si tendre surtout : l'amour d'un Dieu-Enfant
?ui daigne traiter l'homme comme un frère bien-aimé ? 'oserai pourtant vous le dire en présence de cette crèche et de ces langes, magnifiques trophées d'un amour jusqu'alors inconnu : Je vous aime, ô Jésus-Enfant ! Je m'approche de vous pour vous aimer davantage. Je ne veux plus vous fuir ; vous désirez vous unir à moi par l'amour : je ne cesserai de soupirer pour vous, jusqu'à ce que je vous aie reçu dans mon cœur ; jusqu'à ce que, consommé dans l'unité avec vous, je ne fasse plus qu'une même chose avec vous, suivant votre parole . Celui gui mange ma chair demeure en moi, et moi en lui. O Jésus, échauffez mon cœur, comme celui des bergers aux approches de l'étable ; comme celui des Mages à la vue de l'étoile, au moment où elle fixe le terme de leur voyage en s'arrêtant sur Bethléhem, la Maison Jit Pain', comme celui du vieillard Siméon quand il aperçoit le Christ du Seigneur entre les bras de Marie sa mère, et qu'il voit enfin s'accomplir toutes les promesses qu'il avait reçues de l'Esprit-Saint. Mon cœur vous présente, ô Jésus, en ce moment, tout l'amour de ces saints, et aussi tout l'amour de Marie elle-même, tout l'amour des saints Anges et de tous les élus : agréez donc, 6 Sauveur si riche en amour, ce supplément à la pauvreté de mon cœur, et daignez venir en lui pour l'enrichir de l'or précieux de la charité.
JE VOUS aîme, ô Dieu-Enfant ! et c'est pgur cela que je vous désire et que je vous appelle. Et comment ne vous désirerais-je pas, vous le désiré des collines éternelles ? N'est-ce pas vous qui êtes la lumière et la vie ? Oh ! venez, divin Soleil de justice, illuminer mes ténèbres, rendre la vie à mon âme qui défaille sans vous. Les nations vous attendent comme leur libérateur. L'E- glise votre Epouse languit d'amour, jusqu'à ce que vous veniez la visiter. Abraham, dans les limbes, et tous les Patriarches soupirent après votre jour. Joseph, l'heureux époux de Marie, tressaille de voir enfin venue l'heure sacrée où les chastes flancs de la Vierge ne cacheront plus le Fils de l'Eternel. Les bergers disent : Hâtons-nous de passer jusqu'à Bethléhem, et voyons celui que le Seigneur 710US a manifesté. Les Mages ont à peine vu l'étoile, qu'ils s'élancent vers celui qui est l'Etoile de Jacob. Siméon, poussé par l'Esprit divin, s'avance, malgré les années, au-devant du Sauveur que Dieu a préparé. Anne la prophétesse survient tout à coup avec une ardeur inconnue à sa vieillesse, et vient contempler celui qui est la consolation d'Israël. Tout s'ébranle, ô Jésus ! toute la création court au-devant de vous ; les Anges eux-mêmes descendent du ciel pour vous voir, vous adorer dans la crèche et sous les langes. Daignez donc permettre que, moi aussi, je m'empresse vers vous ; que mon cœur vous appelle et vous désire, avec une ardeur sinon égale, du moins aussi vive qu'il la peut concevoir. Je vous appelle donc, ô divin Enfant ! je vous offre tous ces vœux, tous ces désirs de tant de Saints ; j'y joins les miens, tout faibles qu'ils sont. "Venez donc, descendez vers moi ; que mon cœur enfin vous rencontre et s'unisse à vous. O Marie, Vierge Mère du Messie, aidez-moi en ce moment à l'aimer comme vous l'avez aimé : introduisez-moi en Bethléhem dont vous êtes la Reine. Saints Anges, recevez-moi dans vos chœurs, entourez-moi de vos célestes influences, couvrez ma nudité de vos ailes sacrées. Saints et Saintes de Dieu, par les délices que vous avez goûtées dans le Dieu de Bethléhem, ne me délaissez pas à cette heure ; soyez près de moi, au moment où le souAprès la Communion. 4j