L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 174)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Jam se replicat saeculi séries maxima : venit etiam vatis Cumaeae veridica jam œtas carminis ultima.

Virgo remeat, saecla revehens altéra : adsunt tempora quo gens ferrea jaifi desinat, et mundo pullulet aurea.

Nocturnas Stella fugat, Magos excitât, Balaamitica tenebras.

Impleta, quae prasdixerat plebs utraque, et Gentiliset Hebraea, oracula, Christo nascente, sunt omnia.

Sunt cuncta jam nunc scelerum récidiva et recentia et antiqua vestigia,quaeque remanserant, irrita.

O mira atque nova genitura ! fit gravida Virgo fideliter credula.

Conserva haîc, quaesumus, Christe. nobis raunera tanta,a te pr.trogata. Amen.

Paix aux hommes sur la terre, aux hommes de bonne volonté !

Déjà se déroule une longue série de siècles; le dernier âge prédit par la prophétesse de Cumes, l'âge de la vérité, s'ouvre aujourd'hui.

La Vierge redescend des cieux, ramenant avec elle des siècles nouveaux ; l'âge de fer s'arrête dans son cours ; l'âge d'or refleurit pour le monde.

Le soleil rallumé recommence à parcourir les signes ; il éclairera de nouveaux mois.

L'étoile de Balaam chasse les ténèbres de la nuit; à sa lumière, les Mages s'ébranlent.

Les oracles des deux peuples, de la Gentilité et de la race des Hébreux, s'accomplissent tous dans la Naissance du Christ.

Toutes les traces qu'avait laissées le crime, soit dans les temps anciens, soit danslàge récent, s'effacent en ce jour.

Enfantement merveilleux et nouveau ! une Vierge, fidèle dans sa foi, a conçu un fruit divin.

Conservez-nous, 6 Christ, ces immenses bienfaits, si longtemps implorés de votre clémence. Amen.

L'Hymnographe sublime de l'Eglise de Syrie, saint Ephrem, continue de chanter les doux mystères de la Naissance du Sauveur.

LES laboureurs des campagnes de Bethléhem vinrent à leur tour ; ils vénérèrent celui qui venait sauver leur vie, et, dans leur allégresse, ils prophétisaient ainsi : 0 Salut, ô toi qui es appelé à « cultiver nos champs ; tu « fertiliseras les guérets de (' nos cœurs, et tu en ramas« seras le froment dans le « grenier de la vie. »

Les vignerons se présentèrent ensuite ; ils célébrèrent la Vigne sortie du tronc de Jessé.la Vigne qui de son cep sacré a produit la grappe virginale : « Divin vigneron, <i chantaient-ils, rends-nous « notre arôme, en nous ver« sant dans des vases dignes « de ton vin nouveau qui 0 régénère toutes choses ; « viens rétablir ta vigne ; « jusqu'ici elle n'a produit « que d'amers raisins ; greffe <• tes propres rameaux sur « ces ceps sauvages. »

Les charpentiers vinrent à leur tour au fils de Joseph, à cause de Joseph leur frère : « Nous saluons ton heureuse « naissance, ô Prince des « artisans ! C'est toi qui don« nas à Noé le plan de son

VENERE agrorum cultores, et vitae sospitatorem suae venerati sunt, laetique talia prophetabant ■ Ave, designatus nostrorum cultor agrorum ; tu cordium nostrorum arva coles, et frumenta inde collecta in horreum vitae congregabis.

Secuti sunt vinitores, vineamque laudarunt ex radice ramisque Jesse propagatam, quae virginembotrumexveneranda vite protulit : Nos, quaeso, refingito in vasa digna vino tuo novo innovante omnia ', statum vineae tu» restitue, qua?so ; nil illa praeter siliquas hucusque protulit ; tuos jam insère vitibus surculos.

Ad filium Joseph, propter Joseph venere fabri : Beatum natalera tuum auguramur, aiebant, artificum Princeps, qui Nceticam arcam delineasti ; atque tabernacui_

lum architectatus es illud extemporaneum, et ad tempus duraturum ; nostra te laudant opificia : esto,.precamur, tu çloria nostra ; jugum fabricare, futurum gestaturi, levé et suave onus.

Simili instinctu salutavere natum infantem novi conjuges, ut dicerent : Salve, puer, cujus mater sponsa Sancti facta est. Beatas nuptias, quibus interfuturus es , beatos sponsos , quibus , cum vinum defuerit, tuo repente nutu, illud affluere cernent.

Clamavere simul parvuli : O nos beatos, quibus contigit habere te fratrem, et in foris sodalem : felicem diem, felices pueros, quibus continget laudare te arborera vitae, qui celsitudinem tuam ad nostram aetatulam demisisti.

Rumor pervaserat aures ferainarum, fore ut virgo aliquando pareret ; injecta est cuilibet illarum hujusmodi partus spes : Speravere nobiies, speravere formosae tuas se fore matres. Tibi, Altissime, benedicimus, quod pauperem matrem elegeris.

« arche ; tu fus l'architecte « de ce tabernacle qui fut fait « à la hâte, er qui ne devait i< durer qu'un temps , nos « travaux célèbrent tes lou<i anges. Sois notre gloire ; (I daigne faire toi-même le i( joug que nous voulons por« ter, doux et léger fardeau. » Les nouveaux mariés saluèrent de concert le nouveauné ; ils disaient • « Salut, ô « Enfant dont la Mère a été « l'épouse du Dieu de sain« teté 1 Heureuses les noces « auxquelles tu assisteras 1 » Heureux les époux qui, « manquant de vin, le verront « tout à coup abonder sur un « signe de ta puissance ! »

Les petits enfants crièrent à leur tour : « Heureux soma mes-nous de t'avoir pour « frère, pour compagnon dans (i nos ébats 1 Heureux jour 1 « heureux enfants, auxquels « il est donné de dire tes louw anges, arbre de vie, qui as « daigné mettre ta cime en « rapport avec notre taille « enfantine. »

L'oracle était parvenu jusqu'aux oreilles des femmes, qu'une Vierge devait enfanter un jour ; chacune espérait pour elle-même l'honneur d'un tel enfantement : « Les « plus nobles, les plus belles c se flattaient de devenir ta i( mère. O Très-Haut 1 nous « te bénissons d avoir choisi « une mère pauvre. »

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