L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 173)
en maître ; César-Auguste règne depuis assez longtemps ; assez longtemps Rome païenne s'est crue éternelle. Il est temps que le trône de la force cède la place au trône de la charité, que la Rome nouvelle s'élève sur l'ancienne. Les nations frappent à la porte et demandent leur Roi ; hâtez le jour où elles n'auront plus à venir vers vous, mais où votre miséricorde doit les aller chercher par la prédication apostolique. Montrez-leur celui à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre ; montrez-leur la Reine que vous leur avez choisie. De l'humble demeure de Nazareth, du pauvre réduit de Bethléhem, que l'auguste iMarie s'élève bientôt, sur les ailes des Anges, jusqu'au trône de miséricorde, du haut duquel elle protégera tous les peuples et toutes les générations.
Nous emprunterons maintenant aux diverses Eglises quelques-uns des Cantiques dans lesquels elles célèbrent l'Epiphanie du Seigneur. Le Prince des poètes ae la Liturgie latine, Prudence, va chanter le voyage des Mages à Bethléhem.
Er Persici, ex orbis sinu Solunde sumit januam, Cernunt periti interprètes Regale vexillum Magi.
AU sein de l'Empire persan, de cette contrée où se lève le soleil, des Mages, investigateurs habiles, aperçoivent l'étendard du Roi.
A peine a-t-il brillé aux cieux, que les autres sphères pâlissent : l'étoile du matin,
« Quel est, disent les Mages, ce Roi qui commande aux astres, qui émeut les gloBes célestes, à qui la lumière et l'air obéissent ?
( Ce que nous voyons est le signe de celui qui ne connaît pas de terme, le Dieu sublime, immense, sans limites, dont la durée précède celle du ciel et du chaos.
€ Il est le Roi des nations, le Roi du peuple judaïque ; il fut promis au Patriarche Abraham et à sa race, dans les siècles.
« Ce premier Père des croyants, qui sacrifia son fils unique, connut que sa race serait un jour nombreuse comme les étoiles.
« Voici que la fleur de David s'élève sur la tige de Jessé; la branche fleurit et devient un sceptre qui commande à l'univers. »
Quis iste tantus, inquiunt, Regnator, astris imperans ; Quem sic tremunt cœlestia, Cui lux, et aethra inserviunt?
Illustre quiddam cernimus, Quod nesciat finem pati : Sublime, celsum, interminum, Antiquius cœlo et chao.
iEquanda nam stellis sua Cognovit olim germina Primus sator credentium, Nati immolator unîci.
Jam flos subit Davidicus, Radice Jesse editus : Sceptrique per virgam
Magi, Eoa promunt munera, Stratique votis offerunt Thus, myrrham, et aurum regium.
Agnosce clara însignîa Virtutis, ac regni tuï, Puer o, ciri trinam Pater Praedestinavit indolem.
Regem, Deumque annuntiant Thésaurus et fragrans odor Thuris Sabaei : ac myrrheus Pulvis sepulcrum praîdocet.
lumière que l étoile leur traçait à l'horizon, pour régler sur la terre la voie qu'ils devaient suivre.
Le signe s'arrêta au-dessus de la tête de l'Enfant qu'ils cherchaient ; il abaissa son flambeau, et leur découvrit cette tête sacrée.
Les Mages le voient; aussitôt ils ouvrent les trésors de l'Orient, et, prosternés, lui ofiirent l'encens, la myrrhe et l'or des rois.
Reconnais les illustres symboles de ta puissance et de ta royauté, Enfant, à qui le Père a conféré par avance une triple destinée.
L'or annonce le Roi, l'odeur suave de l'encens de Saba proclame le Dieu, la myrrhe présage le tombeau ■
Tombeau par lequel ce Dieu, laissant périr son corps, et le res.^uscitant après la sépulture, brisera la mort et ses cachots.
L'ancienne Eglise Gallicane nous fournit cette belle prière que nous empruntons à son antique Sacramentaire :
O Dieu, qui êtes riche en miséricorde dans toutes vos oeuvres ; Père de gloire, qui avez donné votre Fils pour être la lumière dfes nations, pour annoncer la Rédemption aux captifs, la vue aux aveugles : vous qui répandez les bienfaits avec tant de largesse, daignez nous accorder, par la foi, la rémission des péchés et une part entre les saints. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur.
Pv EUS qui dives es \n ^ omnibus misericordia, Pater gloriae , qui posuisti Filium tuum lumen in nationibus, prasdicare captivis redemptionem, caecis visum, remissionem peccatorum, et sortem inter sanctos per fidem, qui es in Christolargus, miserator indulge. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Célébrons le mystère de la Naissance de notre Roi et de son alliance avec l'humanité, par cette Séquence de nos vieux Missels Romains-Français.
LE cours de l'année a ramené les solennités qu appelaient nos vœux.
En ce jour, le Christ, comme un époux, est sorti du saactuaire maternel.
Il s'élance comme un géant, pour parcourir la carrière de cett« vie.