L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 224)
Assiste-nous; écoute nos vœux et nos prières ; sois, pour nous pécheurs, un puissant avocat au trône du Père céleste.
gloire, gloire à son Fils unique, gloire aussi à l'Esprit Paraclet, et maintenant et à jamais ! Amen.
Ejusque soli Filio, Cum Spiritu Paraclito, Nunc et per omne saeculum.
Adam de Saint-Victor a composé deux Séquences à la gloire du grand Diacre de Sarragosse; elles sont si belles l'une et l'autre que nous nous faisons un devoir de les insérer ici.
VOICI le jour désiré, jour heureux, jour délectable, jour de grande liesse.
Vénérons ce jour, et admirons les combats du Christ dans Vincent.
Tout est illustre en ce Martyr : naissance, foi, sainteté, science, parole, dignité, office.
Dans les honneurs du Diaconat, sous Valère son il commandait dans glise.
Privé du don de la parole, le Pontife vaquait à Dieu, et confiait au Lévite le ministère de l'enseignement.
ECCE dles praeoptata, Dies felix, dies grata. Dies digna gaudio.
Ortu, fide, sanctitate, Sensu, verbo, dignitate, Clarus et officio.
Linguœ praesul impeditae Dec vacat : et Levitae Verbi dat officia.
Post auditam fidei constantiara, Jubet ambos pertrahi Valentiam Sub catenis.
Nec juveni parcitur egregio, Nec aetas attenditur ab impio Sancti senis.
Fessos ex itinere, Presses ferri pondère Tetro claudit carcere, Negans victualia.
Sic pro posse nocuit, Nec pro volo potuit, Quia suos aluit Christi providentia.
Seniorem relegat exilio: JuDiorem réservât supplicio Praeses acerbiori.
Diacre ; una double science s'épanchait de la simplicité de si.n cœur.
Mais pendant qu'il instruit dans la saine doctrine, par le secours de la grâce, le peuple de Sarragosse,
Un Préfet jaloux, ardent pour l'idolâtrie, se déchaîne contre l'Eglise.
Au bruit de la constance qu'ils montrent dans la foi, il fait irainer les deux apôtres, sous les chaînes, à Valence.
Ni la jeunesse en sa fleur n'obtient grâce, ni l'impie ne considère l'âge du vieillard.
Las du chemin, accablés sous le poids des chaînes, on les enferme dans un sombre cachot, sans nourriture.
Jusque-là s'étend le pouvoir du tyran ; pour le reste son désir demeure impuissant ; car le Christ lui-mcme nourrit ses deux soldats par sa providence.
Lors le Préfet exile le vieillard, mais réserve le jeune homme pour un plus affreux supplice.
Vincent souffre le chevalet et les ongles de fer ; il monte sur le gril d'un cœur assuré.
Il brûle, mais n'est point intimidé ; il n'en confesse que plus hautement le Christ, et il brave en face le tyran.
Le visage de Dacien s'enflamme de colère ; dans sa rage, il balbutie ; sa main tremble, et dans son délire, il ne se contient plus.
Par son ordre, le Martyr est rejeté dans sa prison; on le couche sur des têts aigus ; mais une lumière éclatante le vient réjouir, et les Anges le visitent.
Enfin, déposé sur un lit , soldat émérite, il s'envole dans les cieux, et son âme triomphante est présentée au Seigneur.