L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 225)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

On refuse au corps du héros le droit commun de la sépulture; la haine du tyran outrage à la fois la loi et la nature.

terretur, Christum magis confitetur, Nec tyrannum reveretur. In ejus praesentia.

Inde specu Martyr retruditur. Et testulis fixus illiditur : Multa tamen hic luce

In lectulo tandem repositus. Ad superos transit emeritus, Sicque suo Iriumphans

Non communi sinit jure Virum tradi sepulturas : Legi simul et naturae Vim facit malitia.

In defunctum judexsaevit : Hinc defuncto laus accrescit : Nam quo vesci consuevit Reformidat bestia.

En cadaver inhumatum Corvus servat illibatum: Sicque sua sceleratum Frustratur intentio.

Nec tenetur a molari, Nec celari potest mari : Quem nunc laude singulari Venerari voto pari Satagit Ecclesia.

Ustulatum corpus igné, Terra, mari fit insigne. Nobis. Jesu, da bénigne Ut cum Sanctis te condigne Laudemus in patria. Amen.

Ce juge sévit contre un mort; mais ce mort grandit en gloire; les bêtes féroces tremblent à l'aspect de l'objet que, d'ordinaire, elles dévorent.

C'est un corbeau qui garde intact ce corps sans sépulture : ainsi est déjouée l'intention barbare du tyran.

C'est alors que le profane Dacien ordonne d'ensevelir^ sous le silence des ondes, un corps dont la terre ne peut le défaire.

Ni la meule n'a pu retenir au fond, ni la mer dérober aux regards celui que toute l'Eglise s'empresse d'honorer aujourd'hui de sa louange singulière.

Ce corps, demi-brûlé dans le feu, est devenu fameux sur la terre et sur la mer. Bon Jésus 1 donnez-nous de vous louer dignement , avec vos Saints, dans la patrie. Amen.

TRIUMPHALIS lux illuxit. Lux praeclara, quae reduxit Levitae solemnium \

IL s'est levé , le jour du triomphe , jour auguste qui ramène la solennité du grand Lévite; livrons-nous tous à la joie, et honorons

Porteur d'un si beau nom, il en réalise le présage : vainqueur sur la terre, vainqueur sur les eaux ; tous les tourments , toutes les craintes, sont pour lui l'objet d'un triomphe.

Il a l'éclat de la pourpre deux fois teinte ; de l'hyacinthe il a la splendeur; aux reins il porte la double ceinture ; sa tunique est de fin lin ; et la palme empourprée qu'il a cueillie montre à quel point il fut invincible au milieu des supplices cruels qu'il endura pour le Christ.

Il est la victime succulente, l'agneau offert dont la dépouille embellie de son sang sert de voile au tabernacle ; il a semé au milieu des larmes, et pour prix de ses sueurs, il rapporte les gerbes de la vie.

On entraîne le serviteur de Dieu au tribunal sanglant du farouche Dacien; le magistrat pour le tenter emploie tour à tour la prière et la menace ; il fait briller , comme récompense, les honneurs mondains.

Qui Vincentis habet nomen, Ex re probat dignum omen Sui fore nominis : Vincens terra, vincens

quaerens, Stat invictus, dira ferens Pro Christo supplicia.

Tegens tabernaculum; Pio serit in mœrore, Et vitalem ex sudore

Ad cruenta Daciani Dei servus inhumani Rapitur prastoria. Praeses sanctum prece

Elatae tyraqnidis, Equuleo admovetur : Quem plus torquet, plus torquetur Spretus tumor praesidis.

In nudata viscera, Simul torrent, simul angunt, Nec athletamlaetumfrangunt Tôt pœnarum gênera.

Antro clausum testa pungit. Membra scindit et disjungit ; Sed confortât et perungit

Cœlestis jocunditas : Illic onus in honorera. Caecus carcer in splendorem, Florum transit in dulcorem Testarum asperitas.

CoUocatur molli thoro, Sursum spirat, et canoro Angelorum septus choro.

Mais l'athlète a dédaigné la fleur passagère du monde ; il en fait autant des offres, des caresses et des terreurs du fier tyran. On l'attache au chevalet; et le juge qui se sent méprisé fait succéder tortures à tortures.

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