L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 236)
Diffusa est gratia in labiis tuis, sancte Pater, Johannes Chrysostome ; nam unxit te Deus sacerdotem populi sui, pascere gregem suum in
^^ÉLÉBRONs. dans des (^ hymnes mélodieuses , la trompette d'or, l'orgue au souffle divin , l'inépuisable mer de la science, l'appui de l'Eglise, l'intelligence céleste, l'abîme de sagesse, la coupe dorée, de laquelle découlent, à flots de miel, les fleuves de doctrine qui arrosent toute créature.
Honorons dignement Jean le Chrypologue, l'astre sans couchant, qui illumine des rayons de la doctrine tout ce qui est sous le soleil, le prédicateur de la pénitence, l'éponge d'or qui sèche l'humidité du désespoir funeste dans les âmes, et qui humecte de rosée le cœur desséché par le péché.
Glorifions dans nos cantiques Chrysostome, l'Ange de la terre, l'homme céleste, la lyre éloquente aux sons variés, le trésor des vertus, la pierre immobile, la forme des fidèles, l'émule des Martyrs, le compagnon des saints Anges, le commensal des Apôtres.
La grâce est répandue sur tes lèvres, ô Père saint, Jean Chrysostome! car Dieu t'a sacré Pontife de son peuple, pour paître son troupeau dans la sainteté et la justice.
Cient du glaive de la puissance, tu as tranché les discours insensés de l'hérésie ; aujourd'hui prie sans cesse afin que le monde soit dans la paix, et que nos âmes soient sauvées.
Richement ornée de tes discours d'or, comme d'un or pur, ô Jean Chrysostome, l'E- glise, dans la joie de ta fête, s'écrie : « Je me suis rassasiée dans tes pâturages où croît l'or, désaltérée à tes courants où l'or coule avec le miel; tes exhortations me foat passer de l'action à la contemplation, et m'unissent au Christ, mon Epoux spirituel, pour régner avec lui » ; c'est pourquoi nous qui sommes réunis pour célébrer ta mémoire, nous te crions : Ne te lasse pas de prier pour le salut de nos âmes.
11 convenait que la reine des villes se glorifiât d'avoir possédé Jean, comme l'ornement de sa royauté, d'avoir entendu la trompette d'or, qui fait retentir par toute la terre les dogmes du salut, et qui convoque tous les nommes au concert des cantiques divins. C'est à lui que nous crions : Chrysologue et Chrysostome, supplie le Christ de sauver nos âmes.
Réjouis-toi, père des orphelins, puissant secours de ceux qui souffrent, trésor des pauvres, nourriture de ceux
sanctitate et justitia. Ideo cinctus gladio potentis, garrulitatem haereseonamputasti, et nunc ne cesses deprecari ut pacificetur mundus, et salventur animae nostra?.
Aureis verbis tuis Ecclesia , tamquam auro mundo circumornata , Johannes Chrysostome, festive gaudens exclamât : Satiata sum tuis auriferis pascuis, et auriparibus ac mellauratis fluentis ; ex actione in contemplationem educor, per tuas exhortationes, et Christo, spiritali Sponso, unior, imperans cum eo. Ideo et nos congre» gati in tui memoriam clamamus : Ne fatigeris deprecari pro nobis ad salvandas animas nostras.
Decebat Reginam urbium de Johanne gloriari tamquam deornatu regali et de aurea tuba, circumsonante per omnem terram salutaria dogmata, et omnes convocante ad concentum canticorum divinorum, ad quem clamamus : Chrysologe et Chrysostome, Christum deprecare salvari animas nostras.
Gaude, orphanorum pater, injuste patientium magnum auxilium, pauperum largitio, esurien:^oo
tium cibus. peccatorum erectio. animarum solertissime medice, theologias excelsae accuratio. explanatio Scripturarum, Sancti Spiritus lex practicissima, theoria et praxis sapientiae celsitudinis ; thristum exora mittere animabus nostris magnam misericordiam.
Sol splendidissime. terram verbis illustrans factus es, sidus fulgidissimum, lampas praeclara, fax per mare mundanum, hyeme agitâtes evocans ad portum salutis tranquillissimum, in charitate : auridice Chrysostome, legate animarum nostrarum.
In tuo pastoratu, injusta perpessus es, Pater sancte, participans tribulationibus amaris ejcsiliisque, in quibus dignatus es beato fine, tu qui, sicut athleta geperosus, artificiosum inimicum superasti : ideo victoriae diademate te Christus coronavit,
qui ont faim, appui qui relève les pécheurs, habile médecin des âmes, mesure exacte de la plus haute théologie, interprète des Ecritures, loi lumineuse donnée par l'Esprit-Saint, rè^le très droite, théorie et pratique de la plus haute sagesse ; supplie le Christ d'envoyer à nos âmes une grande miséricorde.
Tu as été un soleil éclatant, illuminant la terre de tes parole;, un astre étincelant. une lampe brillante, un phare sur la mer du monde, appelant au port tranquitle du salut, dans la charité, les hommes battus par la tempête, ô Chr)sostome, bouche d'or, avocat de nos âmes.
Dans ta charge pastorale, Père saint, tu as souffert l'injustice, tu as participé aux amères tribulations et aux exils, par lesquels tu t'es rendu digne d'une fin bienheureuse, ô toi qui, comme un athlète généreux, as surmonté l'artificieux ennemi ; c'est pourquoi le Christ t'a couronné du diadème de la victoire, ô Jean Chrysos-- tome, avocat de nos prières !
Que de couronnes ornent votre front, ô Chrysostome ! que votre nom est glorieux dans l'Eglise de la terre et dans l'Eglise du ciel ! Vous avez enseigné avec vérité, vous
avez combattu avec constance, vous avez souffert pour la justice, vous êtes mort pour la liberté ae la parole de Dieu. Les applaudissements des hommes ne vous ont point séduit ; le don de l'éloquence évangéli(jue, dont l'Esprit-Saint vous avait enrichi, n'était qu'une faible image de la splendeur et de la force des feux dont le Verbe divin remplissait votre cœur. Vous l'avez aimé, ce Verbe, ce Jésus, plus que votre gloire, plus que votre repos, plus que votre vie. Votre mémoire a été poursuivie par les hommes ; des mains perfides ont efface votre nom des tables de l'autel; d'indignes passions ont dicté une sentence dans laquelle, comme votre Maître, vous étiez mis au rang des criminels, et vous avez été précipité des degrés de la chaire sacrée. Mais il n'est pas au pouvoir des hommes d'éteindre le soleil, ni d'effacer la mémoire de Chrysostome. Rome vous a été fidèle ; elle a gardé avec honneur votre nom, comme aujourd'hui encore elle garde votre corps sacré, près de celui du Prince des Apôtres. Le monde chrétien tout entier vous proclame comme l'un des plus fidèles dispensateurs de la Vérité divine.
En retour de nos hommages, ô Chrysostome, regardez-nous du haut du ciel comme vos brebis; instruisez-nous, réformez-nous, rendez-nous chrétiens. Comme votre sublime maître Paul, vous ne saviez que Jésus-Christ; mais c'est en Jésus-Christ que tous les trésors de la science et de la sagesse sont cachés. Révélez-nous ce Sauveur qui est venu à nous, avec tant de charmes et de douceur ; faitesnous connaître son esprit ; enseignez-nous la
manière de lui plaire, les moyens de l'imiter ; faites-lui agréer notre amour. Comme vous, nous sommes exilés ; mais nous aimons trop le lieu de notre exil; souvent nous sommes tentés de le prendre pour une patrie. Détachez-nous de ce séjour terrestre, et de ses illusions. Que nous ayons hâte d'être réunis à vous, comme vous fûtes réuni à Basilisque, atin d'être avec Jésus-Christ, en qui nous vous retrouverons pour jamais.
Pasteur tidèle, priez pour nos Pasteurs; obtenez-leur votre esprit, et rendez leurs troupeaux dociles. Bénissez les prédicateurs de la parole sainte, afin qu'ils ne se prêchent pas eux-mêmes, mais Jésus-Christ. Rendeznous l'éloquence chrétienne qui s'inspire des Livres saints et de la prière, afin que les peuples, séduits par un langage du ciel, se convertissent et rendent gloire à Dieu. Protégez le Pontife romain dont le prédécesseur osa seul vous défendre ; que son cœur soit toujours l'asile des Evêques persécutés pour la justice. Rendez la vie a votre Eglise de Constantinople, qui a oublié vos exemples et votre foi. Relevez-la de l'avilissement où elle languit depuis longtemps. Touché enfin par vos prières, que le Christ, Sagesse éternelle, se souvienne de son Eglise de SainteSophie; qu'il daigne la purifier, et y rétablir l'autel sur lequel il s'immola durant tant de siècles. Aimez toujours les Eglises de l'Occident, auxquelles votre gloire a constamment été chère. Hâtez la chute des hérésies qui ont désolé plusieurs de nos chrétientés, dissipez les ténèbres de l'incrédulité, ranimez la foi parmi nous et faites tieurir les vertus.
UNE des plus illustres Eglises de France honore aujourd'hui saint Julien, son Apôtre et son premier Evêque. Le culte de ce saint Pontife, fondé sur le Martyrologe Romain, était répandu autrefois dans l'Europe entière, comme on le voit par les anciens Calendriers. Le motif d'honorer son . patronage sur la {province que nous habitons, nous fait insérer sa mémoire dans cette Année liturgique.
Saint Julien est aussi un des anneaux par lesquels l'Eglise de France se rattache au Siège Apostolique. Les importants travaux entrepris en ce siècle sur les origines de nos Eglises et couronnés de si beaux succès, autorisent à faire remonter la mission de saint Julien dans le Maine, non seulement à saint Clément, disciple de saint Pierre, mais à saint Pierre lui-même. Les jours du saint Evêque furent longs et laborieux; d'admiirables prodiges confirmèrent son apostolat; et la foi de Jésus-Christ s'établit, sans de grandes difficultés, dans notre province Le Maine fut longtemps célèbre dans toute l'Eglise d'Occident par la sainteté de ses Evêques, par la ferveur de ses peuples, par le nombre et l'observance de ses monastères ; et comme la gloire des enfants retourne à leur père, le culte de saint Julien en prit des
accroissements merveilleux dans un nombre considérable d'Eglises de l'Occident. Prions le saint Evèque de présenter au berceau du Sauveur la province qu'il a évangélisée, et félicitons-le de paraître à la cour de l'Emmanuel, non seulement comme Pontife, mais encore comme Apôtre.
Nous empruntons au Bréviaire du Mans de i6q3 le récit abrégé des actions de saint Julien,
quem cives maximo semper in honore. habuerunt, eumque tamquam suum Apostolum venerati
sunt. Is a sancto Petro Apostolo disseminandae Christianae religionis gratia in Gallias missus, Cenomanum venit : ubi apertum propagandae religionis campum nactus, plurimos ad Christum convertit, quos et multis miraculis in fide suscepta confirmavit. Quorum primum et memorabile illud exstitit, quod cum cives aquas penuria laborantes videret, cuspidem baculi, quem manu gestabat, humi defigens, fusis ad Deum precibus impetravit, ut inde fons vivus scaturiret. Cujus usus continuas perseverans,