L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 239)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

trent, avec évidence, que le seul reproche qui puisse être adressé à Chariemagne, au sujet des femmes, est relatif à la répudiation d'Himiltrude, qu'il quitta momentanément pour prendre Hermengarde, par complaisance pour sa mère, et qu'il reprit, l'année suivante, pour obéir à son devoir, et céder aux remontrances du Pape Etienne IV.

Nous avouons volontiers qu'après la mort de Liutgarde, la dernière de ses femmes qui ait eu les honneurs de Reine, Chariemagne en a eu plusieurs autres, qui sont appelées concubines par Eginhard, parce qu'elles ne portaient point îa couronne, et que leurs enfants n'étaient pas considérés comme princes du sang ; mais nous disons, avec D. Mabillon, que Chariemagne a pu avoir successivement ces femmes : ce qui, dit-il, est tout à fait croyable de la part d'un prince si religieux,' et à qui les lois de l'Eglise étaient tanf à cœur 1.

Indépendamment du sentiment des auteurs si graves que nous venons de citer, un fait incontestable sutïît pour garantir Chariemagne de.tout reproche sérieux au sujet de la pluralité des femmes, du moins depuis le renvoi d'Herrreogarde, pour reprendre Himiltrude. Le prince avait alors vingt-huit ans. On connaît la sévérité des Pont-fes romains sur le respect dû au mariage par 'es princes. L'histoire du moyen âge e^t remplie du récit des luttes cju'ils ont soutenues pour venger un point si essentiel de la morale chrétienne contre les monarques même les

plus puissants, et quelquefois les plus dévoués à l'Eglise. Comment serait-il possible que saint Adrien I", qui siégea de 772 à 795, et fut honoré par Charlemagne comme un père, dont celui-ci requérait l'avis en toutes choses, eût laissé ce prince s'abandonner aux plus graves désordres, sans réclamer, tandis qu'Etienne IV, qui n'a siégé que trois ans, et n'a pas eu la même influence sur Charlemagne, a bien su procurer le renvoi d'Hermengarde ? Comment serait-il possible que saint Léon III, qui a siégé de 795 jusqu'après la mort de Charlemagne, dont il a recompensé la piété en lui mettant sur la tête la couronne impériale, n'eût fait aucun effort pour le détacher des concubines qui auraient succédé à la dernière reine Liutgarde? Or, nous ne trouvons aucune trace de telles réclamations de la part des deux Pontifes qui ontoccupé,à eux seuls, le SaintSiège pendant plus de quarante ans, et que l'Eglise universelle a placés sur ses autels; nous sommes donc en droit de conclure que l'honneur de l'Eglise est intéressé dans cette question, et il est de notre devoir de catholiques de n'être pas indifférents à la cause des mœurs de Charlemagne.

Quoi qu'il en soit des motifs de conscience qui légitimèrent, aux yeu-x de ce prince, la répudiation d'Himiltrude, dont il paraît, par la lettre d'Etienne IV, que le mariage avait pu être cassé comme invalide, quoique à tort, Charlemagne trouva, plus tard, dans sa propre conduite, assez de confiance pour insister avec la plus grande énergie contre le crime d'adultère, et même de simple fornica5i8 Le Temps de Noél.

tion, dans ses Capitulaires. Nous nous contenterons de citer un seul exemple de cette vigueur chrétienne; et nous demanderons à tout homme de bonne foi s'il eût été possible à un prince compromis lui-même dans ses mœurs, de s'exprimer, non seulement avec cette simplicité tout évangélique, mais encore avec cette assurance d'honnête homme, en présence des Evêques et des Abbés de son empire, en face des Princes et des Barons dont il voulait contenir les passions, et qui auraient été en mesure d'opposer à ses exhortations et à ses menaces le spectacle humiliant de sa propre conduite.

« Nous défendons, sous peine de sacrilège, « dit-il dans un Capitulaire publié sous le « pontificat de saint Léon III, l'envahisseK ment des biens de l'Eglise, les injustices de « tout genre, les adultères, les fornications, « les incestes, les unions illicites, les homici« des injustes, etc., par lesquels nous savons « que périssent, non seulement les royaumes « et les rois, mais encore les simples parti« culiers. Et comme, par le secours de Dieu, « par le mérite et l'intercession des Saints et « des serviteurs de Dieu, que nous avons « toujours honorés, nous avons acquis jus« qu'ici grand nombre de royaumes, et remet porté beaucoup de victoires, c'est à nous « tous de prendre garde de ne pas mériter de « perdre ces biens par les susdits crimes et « luxures honteuses. En effet, nous savons « que beaucoup de contrées, dans lesquelles « ont eu lieu ces envahissements des biens « des Eglises, ces injustices, ces adultères, « ces prostitutions, n'ont su être ni braves

« dans la guerre, ni stables dans la foi. « Chacun peut, en lisant leurs histoires, con« naître comment le Seigneur a permis aux (( Sarrasins et autres peuples de subjuguer « les ouvriers de telles iniquités; et nous ne « doutons pas que semblables choses ne nous « arrivassent, si nous ne nous gardions de « tels méfaits; car Dieu a coutume de les « venger. Que chacun de nos sujets sache « donc que celui qui sera surpris et convaincu « de quelqu'un de ces crimes, perdra tous « ses honneurs, s'il en a ; qu'il sera mis en « prison, juscju'à ce qu'il se soit amendé et « qu'il ait fait la satisfaction d'une pénitence « publique ; et aussi qu'il sera séparé de a toute société des fidèles, tant nous devons « craindre la fosse dans laquelle nous savons « que d'autres sont tombés. » Charlemagne eût-il tenu ce langage, si, comme on l'a prétendu, sa vieillesse eût été livrée à la débauche, au temps même où il publiait ce Capitulaire, c'est-à-dire après la mort de Liutgarde ?

Quand bien même on admettrait que ce grand prince eût commis des fautes, c'est aux premières années de son règne qu'il faudrait les reporter; alors il serait juste, en même temps, de considérer dans le reste de sa vie les traces admirables de la plus sincère pénitence. N'est-ce pas un spectacle merveilleux que de voir un si grand guerrier, parvenu à la monarchie universelle, s'exercer continuellement, non seulement à la sobriété, si rare dans sa race, mais encore à des jeûnes comparables à ceux des plus fervents solitaires, porter le cilice îu.sou'à la mort, assister

de jour et de nuit aux Offices de l'Eglise, jusque dans ses campagnes, sous la tente; secourir par l'aumône, qui, comme parle rEcriture, couvre la multitude des péchés, non seulement tous les pauvres de ses Etats, qui venaient implorer sa charité, mais jusqu'aux chrétiens de l'Afrique, de l'Egypte, de la Syrie, de la Palestine, en faveur desquels il épuisa souvent ses trésors? Mais, ce qui dépasse tout, et nous découvre dans Charlemagne, d'un seul trait, l'ensemble des vertus chrétiennes que l'on peut désirer dans un prince, c'est qu'il ne parut avoir reçu le pouvoir suprême que pour le faire servir à l'extension du règne de Jésus-Christ sur la terre. Si l'on cherche un autre mobile dans tout ce qu'il a fait par ses victoires et par sa législation, on ne le trouvera pas.

Cet homme qui tenait en sa main, non seulement la France, mais encore la Catalogne, la Navarre et l'Aragon ; la Flandre, la Hollande et la Frise; les provinces de la Westphalie et de la Saxe, jusqu'à l'Elbe; la Franconie, la Souabe, la Thuringe et la Suisse; les deux Pannonies, c'est-à-dire l'Autriche et la Hongrie, laDacie, la Bohême, l'istrie, la Liburnie, la Dalmatie et jusqu'à l'Esclavonie; enfin toute l'Italie jusqu'à la Calabre-lnférieure ; cet homme, disons-nous, est le même qui s'intitulait ainsi dans sesCapitulaires : «Moi, »• Charles, par la grâce de Dieu et le don de « sa miséricorde. Roi et gouverneur du « Royaume des Français, dévot défenseur de « la sainte Eglise de Dieu, et son humble « champion. » Tant d'autres, moins puissants que lui, et qu'on sait encore admirer malgré

leurs crimes, dont on dissimule avec tant d'art les dépravations, n'ont vécu, pour ainsi dire, que pour l'asservissement de l'Eglise. On a vu jusqu'à des princes pieux tenter de mettre lamain sur sa liberté; Charles l'a toujours respectée comme l'honneur de sa propre mère. C'est lui qui, marchant sur les traces de Pépin son père, a préparé généreusement l'indépendance du Siège Apostolique. Jamais les Pontifes Romains n'eurent de fils plus dévoué et plus obéissant. Bien audessus des jalousies de la politique, il rendit au clergé et au peuple les élections épiscopales qu'il avait trouvées aux mains du prince. Ses conquêtes eurent pour principale intention d'assurer la propagation de la foi chez les nations barbares; on le vit entrer en Espagne pour affranchir les Chrétiens opprimes par les Sarrasins. Il voulut resserrer les liens des Eglises de son Royaume avec le Siège Apostolique, en établissant pour jamais dans tous les Etats de sa domination la Liturgie romaine. Dans sa législation tout entière, rendue dans des assemblées où les Evèques et les Abbés avaient la prépondérance, on ne trouve aucune trace de ces prétendues Libertés Gallicanes, qui consistent dans l'intervention du prince ou du magistrat civil en des matières purement ecclésiastiques. « Charles, dit Bossuet dans ce même «. Sermon sur l'Unité de l'Eglise, eut tant « d'amour pour l'Eglise Romaine, que le « principal article de son testament fut « de recommander à ses successeurs la (( défense de l'Eglise de saint Pierre, comme K le précieux héritage de sa maison, qu'il

« avait reçu de son père et de son aïeul, et « qu'il voulait laisser à ses enfants. Ce iK même amour lui ht dire, ce qui fut répété n depuis par tout un Concile, sous l'un de (( ses descendants, que quand cette Eglise « imposerait un jou§ à peine supportable, « il le faudrait soutfrir, »

D'où pouvait donc provenir cette modération sublime, avec laquelle Charlemagne inclinait son glaive victorieux devant la force morale, cet apaisement des mouvements de l'orgueil qui croît ordinairement en proportion de la puissance, si ce n'est de la sainteté? L''homme seul, sans le secours d'une grâce ijui habite son cœur, n'arrive point à cette élévation, et surtout n'y demeure pas durant une vie entière. Charlemagne a donc été choisi par l'Emmanuel lui-même pour être la plus admirable représentation du prince chrétien sur la terre; et les cœurs catnoliques aimeront à proclamer sa gloire en présence de l'Enfant qui vient régner sur toutes les nations, pour les régir dans la sainteté et la justice. Jésus-Christ estvenu apporter du ciel l'idée delà royauté chrétienne; et nous sommes encore à chercher dans l'histoire l'homme qui l'aurait conçue et réalisée avec autant de plénitude et de majesté que Charles le Victorieux, toujours Auguste, couronné de Dieu.

Nous demanderons aux Bréviaires de l'Allemagne le récit liturgique des actions du grand Apôtre des Germains. Les Leçons qui suivent ne sont pas parfaites sous le rapport de la rédaction ; mais elles sont précieuses, parce qu'on y entend encore la voix d'un

LE bienheureux Charles eut pour père Pépin, qui était fils du duc de Brabant, et qui fut dans la suite élu au trône de France, et pour mère Bertrade, fille de l'Empereur des Grecs. Il se montra digne, par ses hauts faits et son zèle pour la Religion chrétienne, d'être surnomme le Grand ; et un Concile de Mayence lui donna le titre de Très-Chrétien. Après avoir expulsé les Lombards de l'Italie, il fut le premier qui mérita d'être couronné Empereur, par les mains du Pape Léon III. A la prière d'Adrien, prédécesseur de Léon, il entra en Italie avec une armée et rendit à l'E-

flise son patrimoine , et Empire à l'Occident. Il vengea le Pape Léon des violences des Romains qui l'avaient traité injurieusement, durant la grande Litanie, et chassa de la ville ceux qui s'étaient rendus coupables de ce sacrilège. Il fit beaucoup de règlements pour la dignité de l'Eglise; entre autres il renouvela cette loi, ordonnant que les causes civiles seraient remises au jugement de l'E- glise, lorsque l'une des parties le demanderait. Quoiqu'il fût de mœurs très douces, il réprimait cependant les vices

BEATUS Carolus ex pâtre Pippino, Brabantiae Ducis filio, qui ad Francise Regnum deinde electus est, et Bertrada Graecorum Imperatoris filia natus, ob res gestas, et religionis Christianae zelum, Magnus, et a Concilio Moguntino Christianissimus appellatus est. Primus fuit, qui expulsis Italia Longobardis a Leone Tertio Pontifice Imperator coronari raeruit : nam rogatu Adriani Papœ, qui Leonem antecessit , Italiam cum exercitu ingressus , Ecclesiae sua patrimonia, et Imperium Occidenti restituit : ipsum quoque Leonem a Romanis, in Litania majore injuriose habitum vindicavit, ejectis urbe sacrilegii reis. Multa sancivit prpEcclesiae dignitate, ac inter cœtera legem renovavit, voluitque lites forenses ad judicium Ecclesiae remitti, si alteruter litigantium id postularet. Et quamvis benignus esset moribus, magna tamen severitate compescebat vitia, prassertim adulteria et idololatriam, constitutis peculiaribus cun>

ampla potestate judiciis, quae in hodiernum usque diem inSaxonia inferiore observantur.

CjM Saxonibus triginta et très annos praeliatus, subactis tandem non aliam legem dédit, quam ut Christian! essent ; fundosque in perpetuum obligavit, uterectis per agros trabalibus crucibus , Christum palam faterentur. Guasconiam, Hispaniam atque Gallaeciam, ab idololatris expurgavit, ac sepulcrum sancti Jacobi hodierno honori restituit. In Hungaria toto octennio rem Christianam armis promovit, ea adversus Sarracenos

utens lancea semper victoriosa, qua unus militum Christi latus aperuerat. Quos tantos ejus pro fidei dilatatione cônatus, Deus pluribus signis visus est adjuvare ; nam Saxones qui castrum Sigisburgum obsederant, divinitus territi, aufugerunt : et in primo Saxonico tumultu largissimum flumen exiliit , quo totus exercitus triduo aquationis inedia laboavec une grande sévérité, surtout l'adultère et l'idolâtrie, et établit des tribunaux particuliers revêtus d'un pouvoir étendu, qui, jusqu'à ce jour, existent encore dans la Basse-Saxe.

APRÈS avoir combattu trente-trois ans contre les Saxons, il les soumit enfin, et ne leur imposa d'autre loi que de se faire chrétiens ; il obligea à perpétuité les possesseurs de terres à élever des croix de bois dans leurs champs , afin de confesser ouvertement leur foi au Christ. Il purgea la Gascogne , l'Espagne et la Galice des idolâtres qui s'y trouvaient, et il remit en honneur le tombeau de saint Jacques, comme il l'est aujourd'hui. Dans la Hongrie, pendant huit ans entiers, il soutint le Christianisme par ses armes ; et il se servait contre les Sarrasins de cette lance toujours victorieuse dont un soldat avait ouvert le côté du Christ. Dieu favorisa de plusieurs prodiges tant d'efforts pour l'extension de la foi : ainsi les Saxt.'ns

?[ui assiégeaient Sigisbourg, rappés de terreur par la main de Dieu, prirent la fuite ; et, dans la première révolte de ce peuple, il sortit de terre un fleuve abondant qui désaltéra l'armée des Francs

privée d'eau depuis trois jours. Un si grand Empereur se montrait vêtu d'un habit qui le distinguait à peine du peuple ; presque habituellement il portait le cilice ; et ce n'était qu'aux principales fêtes de Jésus-Christ et des Saints que l'or paraissait sur lui. Il défrayait les pauvres et les pèlerins, tant dans son propre palais que dans les autres contrées, par les aumônes qu'il envoyait de toutes S arts. Il bâtit vingt-quatre lonastères, et remit à chacun ce qu'on appelait la bulle d'or, du poids de deux cents livres. Il établit deux Sièges Métropolitains et neuf Evêchés. Il construisit vingtsept Eglises ; enfin, il fonda deux Universités , celle de Pavie et celle de Paris.

COMME Charles cultivait les lettres, il employa le docteur Alcuin pour l'éducation de ses enfants dans les sciences libérales, avant de les former aux armes et à la chasse. Enfin la soixantehuitième année de son âge, après avoir fait couronner et élire roi Louis son fils, il se donna tout entier à la prière et à l'aumône. Sa coutume était de se rendre à l'E- glise le matin et le soir, souvent même aux heures de la nuit ; car ses délices étaient d'entendre le chant grégorans recreatus est. Tantus autem Imperator veste vix a plèbe differebat, cilicio prope continue induebatur. nec nisi in summis Christi ac Divorum festis apparebat in auro. Pauperes et peregrinos tam in Regia sua, quam missis expensis, ubique terrarum adjuvabat. Cœnobia viginti quatuor erexit, ac litteram auream (ut appellant) ducentorura pondo cuique misit ; duas Metropolitanas sedes, ac novem Episcopales constituit. Templa viginti et septem exaedificavit : fundavit denique duas Universitates, Ticinensem et Parisiensem.

1PSE autem Carolus, sicut erat litteris deditus, Alcuino doctore usus, ita filios suos liberalibus scientiis , priusquam armis et venatui tradidit. Anno demum aetatis sexagesimo octavo, cum filium Ludovicum coro' nari, et regem agere jussisset, totum se transtulit ad studia orationis et eleemosynarum. Ecclesiam sicut assueverat, mane, ac vesperi, nocturnis etiam non raro horis frequentabat ; psalmodia

enim Gregoriana delectabatur ; quam per Franciam et Germaniam primus instituit, impetratis ab Adriano Primo cantoribus, et ecclesiasticos hymnos ubivis locorum conscribendos curavit. Evangelia vero ipse sua manu descripsit, et cum Graecis ac Syris codicibus contulit. Cibi et potus semper parcissimus fuit, solitus morbos suos jejunio familiari, quod ad septiduum aliquando protraxit, curare. Tandem muita nefanda a malevolis perpessus, annos natus septuaginta duos, in morbum incidit, in quo ab Hildebaldo Episcopo sacra communione refectus, cum singula membra sua signo crucis signasset, psallens versiculum : In manus tuas, spiritum magnis meritis comitatum Dec reddidit, quinto kalendas februarii. Sepultus est in Basilica Aquensi, quamaedificarat et ditarat reliquiis Sanctorum. Ubi etiam magna peregrinorumpietate et divinis beneficii» honoratur. Natalis autem ejus per plerasque Germanise Diœceses , jam inde a temporibus Alexandri Tertii. exEcclesiae coasensu , colitur , tamrien, qu'il établit le premier en France et en Germanie, après avoir obtenu des chantres d'Adrien I"". Il eut soin aussi de faire transcrire en tous lieux les hymnes de l'E- glise. Il écrivit les Evangiles de sa propre main , et les conféra avec les exemplaires grecs et syriaques. Il fut toujours très sobre dans le boire et dans le manger, ayant coutume de traiter les maladies par le jeûne, qu'il prolongea quelquefois jusqu'à sept jours. Enfin, après avoir beaucoup souffert de la part des méchants, il tomba malade en la soixante-douzième année de son âge. Ayant reçu la sainte communion des mains de l'Evéque Hildebalde, et fait lui-même, sur chacun de ses membres, le signe de la croix, il récita ce verset : < Je re« mets, Seigneur, mon esprit c entre vos mains », et rendit son âme à Dieu le cinq des kalendes de février, plein de nombreux mérites. Il fut enseveli dans la Basilique d'Aix-la-Chapelle, qu'il avait bâtie et enrichie de reliques des Saints. Il y est honoré par la piété et 1 affluence des pèlerins, et par . les faveurs que Dieu accorde à son intercession. Sa fête est célébrée dans la plupart des diocèses d'Allemagne, du consentement de l'Eglise, depuis le pontificat d'Alexandre III,

L'Hymne suivante fait partie de l'Office du Bienheureux Charlemagne, d'où sont tirées les Leçons qu'on vien.t de lire :

ORoi triomphateur de l'univers, Empereur des rois de la terre, du séjour des bienheureux, daignez écouter nos gémissements.

Par vos prières la mort s'enfuit, les maladies s'éloignent , la vie est rendue ; vous désaltérez ceux qui ont soif, vous purifiez les nations par le baptême.

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