L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 248)
va porter aux élus qui reposent dans le sein d'Abraham la nouvelle de la paix qui apparaît sur la terre, et leur ouvrira bientôt les cieux. Anne survivra quelques jours encore à cette grande scène ; elle doit, comme nous l'apprend l'Evangéliste, annoncer l'accomplissement des promesses aux Juifs spirituels qui attendaient la Rédemption d'Israël. Une semence devait être confiée à la terre; les bergers, les Mages, Siméon, Anne l'ont jetée; elle lèvera en son temps : et quand les années d'obscurité que le Messie doit passer dans Nazareth seront écoulées, quand il viendra pour la moisson, il dira à ses disciples : voye^ comme le froment blanchit à maturité sur les guérets : prie^ donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour la récolte. Le fortuné vieillard rend donc aux bras de la très pure Mère le Fils qu'elle va offrir au Seigneur. Les oiseaux mystérieux sont présentés au prêtre qui les sacrifie sur l'autel, le prix du rachat est versé, l'obéissance parfaite est accomplie ; et après avoir rendu ses hommages au Seigneur dans cet asile sacré à l'ombre duquel s'écoulèrent ses premières années, Marie toujours Vierge, pressant sur son cœur le divin Emmanuel, et accompagnée de son fidèle époux, descend les degrés du Temple.
Tel est le m}^stère du quarantième jour, qui ferme la série des jours du Temps de Noël, par cette admirable fête de la Purification de la très sainte Vierge. De savants hommes, au nombre desquels on compte le docte Henschenius, dont Benoît XIV partage le sentiment, inclinent à donner une origine
apostolique à cette solennité ; il est certain du moins qu'elle était déjà ancienne au cin]uième siècle. L'Eglise Grecque et l'Eglise de Milan
nettent cette fête au nombre des solennités de Notre-Seigneur ; mais l'Eglise Romaine l'a toujours comptée entre les fêtes de la sainte Vierge. Sans doute, l'Enfant Jésus est offert aujourd'hui dans le Temple et racheté; mais c'est à l'occasion de la Purification de Marie, dont cette offrande et ce rachat sont comme la conséquence. Les plus anciens Martyrologes et Calendriers de l'Occident donnent cette fête sous le titre qu'elle conserve aujourd'hui ; et la gloire du Fils, loin d'être obscurcie par les honneurs que l'Eglise rend à la Mère, en reçoit un nouvel accroissement, puisque lui seul est le principe de toutes les grandeurs que nous révérons en elle.
La sainte Eglise chante dans cet Office, pour la dernière fois, les célèbres Antiennes de VOctave de Noël, qui célèbrent le grand Mystère de l'Incarnation du Verbe et la fécondité de la Vierge.
I. Ant. O admirable! le Créateur du genre humain, prenant un corps et une âme,
a daigné naître de la Vierge ; et homme sans le concours de l'homme, il nous a fait part de sa Divinité.
corpus sumens, de Virgine nasci dignatus est : et procedens home sine semine, largitus est nobis suam Deitatem.
2. Ant. Quand vous naquîtes ineffablement d'une Vierge^ alors s'accomplirent les Ecritures ; comme la rosée sur la toison, vous descendîtes pour sauver le genre humain : nous vous louons, ô notre Dieu !
2. Ant. Quando natu6 es ineffabiîiter ex Virgine, tune impletae sunt Scripturae ; sicut pluvia in vellus descendisti. ut salvum faceres genus humanum : te laudamus, Deus noster.
3. Ant. Le buisson enflammé, mais non consumé, qui apparut à Moïse, nous l'avons reconnu dans votre virginité admirablement conservée : Mère de Dieu, intercédez pour nous.
3. Ant. Rubum, quem videratMoyses incombustum, conservatam agnovimus tuam laudabilem virginitatem : Dei Genitrix, intercède pro nobis.
4. Ant. La tige de Jessé a fleuri ; l'étoile est sortie de Jacob ; la Vierge a enfanté le Sauveur : nous vous louons, ô notre Dieu !
4. Ant. Germinavit radix Jesse, orta est Stella ex Jacob, Virgo peperit Salvatorem: te laudamus, Deus noster.
5. Ant. Voici que Marie I 5. Ant. Ecce Maria a enfanté le Sauveur, à la vue genuit nobis Salvatoduquel Jean s'est écrié : | rem, quem Johannes vi5g2 La Purification de la très sainte Vierge.
dens exclamavit, dicens : Ecce Agnus Dei, ecce qui toUit peccata mundi, alléluia.
Voici l'Agneau de Dieu ; voici celui qui ôte les péchés du monde, alléluia.
Le Capitule est la prophétie de Malachie annonçant la venue du souverain Seigneur, de l'Ange de l'Alliance, qui vient visiter son Temple, oracle qui s'accomplit aujourd'hui.
ECCE ego mitto Angelum meum, et praeparabit viam ante faciem meam. Et statim veniet ad Templum sanctum suum Dominator quem vos quaeritis, et Angélus testamenti, quem vos vultis.
^T^OICI que l'envoie mon V Ange précurseur, et il préparera la voie devant ma face. Et aussitôt viendra à son saint Temple le Dominateur que vous cherchez, et l'Ange de l'Alliance que vous désirez.
AVE maris Stella, Dei Mater aima, Atque semper Virgo, Félix cœli porta.
Sumens illud Ave Gabrielis ore, Funda nos in pace, Mutans Evas nomen.
Solve vincla reis, Profer lumen cajcis, Mala nostra pelle : Bona cuncta posce.
^ ALUT, astre des mers, O Mère de Dieu féconde. Salut, ô toujours Vierge, Porte heureuse du ciel I
Vous qui de Gabriel Avez reçu VAve, Fondez-nous dans la paix, Changeant le nom d'Èva.
Délivrez les captifs, Eclairez les aveugles, Chassez loin tous nos maux. Demandez tous les biens.
Montrez en vous la Mère, Vous-même offrez nos vœux Au Dieu qui, né pour nous, Voulut naître de vous.
O Vierge incomparable, . Vierge douce entre toutes ! Affranchis du péché. Rendez-nous doux et chastes.
Donnez vie innocente. Et sûr pèlerinage, Pour qu'un jour soit Jésus Notre liesse à tous.
Louange à Dieu le Père, Gloire au Christ souverain ; Louange au Saint-Esprit ; Aux trois un seul hommage.