L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 249)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 2-3, éd. 1911 (OCR) · 267 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

]^. Qu'il ne mourrait point sans avoir vu le Christ du Seigneur.

Monstra te esse Matrem, Sumat per te preces Qui pro nobis natus, Tulit esse tuus.

Virgo singularis, Inter omnes mitis : Nos culpis solutos, Mites fac et castos.

Vitam prœsta puram, Iter para tutum, Ut videntes Jesum, Semper coUaetemur.

Sit laus Deo Patri, Summo Christo dec us Spiritui Sancto , Tribus honor unus.

A»r^ TE vieillard portait ^^^- L l'Enfant ; mais l'Enfant conduisait le vieillard ; vierge dans l'enfantement, la V ierge a adoré celui qu'elle a mis au monde.

Dieu tout-puissant et éternel, faites, nous vous en supplions humblement, que comme votre Fils unique a été présenté aujourd'hui dans

SENEX Puerum portabat, Puer autem senem regebat : quem Virgo peperit, et post partum Virgo permansit : ipsum quem genuit adoravit.

Omnipotens sempiterne Deus, Majestatem tuam supplices exoramus: utsicut unigenitus Filius tuus hodierna die cum

nostrae carnis substantia in Templo est praesentatus ; ita nos facias purificatis tibi mentibus praesentari. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

le Temple, avec la substance de notre chair, nous vous soyons aussi présentés avec la pureté de nos âmes. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

L'Hymne et les trois Psaumes dont se compose l'Office de Tierce se trouvent cidessus, pages 5 1-56.

accepit Simeon a Spiritu Sancto, non visurum se mortem, nisi viderel Dominum.

IL avait été révélé à Siméon par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point avant d'avoir vu le Seigneur.

ECCE ego mitto Angelum meum, et praeparabit vlam ante faciem meam. Et statim veniet ad Templum sanctum suum Dominator quem vos quaeritis, et Angelus testamenti quem vos vultis.

t Intende , prospère procède et régna. " Et pulchritudine tua. Gloria. Specie tua.

VOICI que j envoie moi» Ange, et il préparera la voie devant ma face. Et aussitôt viendra à son saint« Temple le Dominateur que vous cherchez , et l'Ange de l'Alliance que vous désirez.

^. br. Dans votre éclat* Et votre beauté. Dans votre éclat.

f. Avancez, triomphez et régnez. * Dans votre beauté. Gloire au Père. Dans votre éclat.

fi|. Dieu est au milieu 1 fl|. Deus in medio ejus, d'elle ; elle ne sera point non commovebilur. ébranlée. I

Pour conclure, on dit l'Oraison Omnipotens, ci-après, à la Messe, page 607.

APRÈS l'Office de Tierce, l'Eglise pratique, en ce jour, la bénédiction solennelle des Cierges, que l'on compte pour une des trois

f)rincipales qui ont lieu dans le cours de 'année: les deux autres sont celle des Cendres, et celle des Rameaux. L'intention de cette cérémonie se rapporte au jour même de la Purification de la sainte Vierge ; en sorte

3ue si l'un des Dimanches de Septuagésime, e Sexagésime, ou de Quinquagésime, tombe le deux février, la fête est remise au lendemain ; mais la bénédiction des Cierges, et la Procession qui en est le complément, demeurent fixes au deux février.

Afin de réunir sous un même rite les trois grandes Bénédictions dont nous parlons, l'Eglise a ordonné, pour celle des Cierges, l'usage de la même couleur violette qu'elle emploie dans la bénédiction des Cendres et dans celle des Rameaux ; en sorte que cette solennelle fonction, qui sert à marquer d'une manière inviolable le jour auquel s'est accomplie la Purification de Marie, doit s'exécuter tous les ans, le deux février, sans qu'il soit dérogé à la couleur prescrite pour les trois Dimanches dont nous venons de parler. L'origine de cette cérémonie est assez

difficile à assigner d'une manière précise. Selon Baronius, Thomassin, Baillet, etc., elle aurait été instituée, vers la tin du v* siècle, par le Pape saint Gélase, pour donner un sens chrétien aux restes de 1 antique fête des Lupercales, dont le peuple de Rome avait encore retenu quelques usages superstitieux. Il est du moins certain q"ue saint Gélase abolit, à cette époque, les derniers vestiges de la tête des Lupercales qui, comme l'on sait, était célébrée au mois de février, dans les siècles du paganisme. Innocent IIÎ, dans un de ses Sermons sur la fête de la Purification, enseigne que l'attribution de la cérémonie des Cierges au deux février est due à la sagesse des P'ontifes romains, lesquels auraient appliqué au culte de la sainte Vierge les res'tes d'un usage religieux des anciens Romains, qui allumaient des flambeaux en mémoire des torches à la lueur desquelles Gérés avait, selon la fable, parcouru les sommets de l'Etna, cherchant sa fille Proserpine enlevée par Pluton ; mais on ne trouve pas de fête en l'honneur de Gérés, au mois de février, sur le Calendrier des anciens Romains. Il nous semble donc plus exact d'adopter le sentiment de D. Hugues Ménard, Rocca, Henschenius et Benoît XIV, qui tiennentque la fête antique connue en février sous le nom d'Amburbalia, et dans laquelle les païens parcouraient la ville en portant des flambeaux, a donné occasion aux souverains Pontifes de lui substituer un rite chrétien qu'ils ont uni à la célébration de la fête dans laquelle le Christ, Lumière du monde, est présenté au Temple par la Vierge-mère.

Le mystère de cette cérémonie a été fréquemment expliqué par les liturgistes depuis le vii^ siècle. Selon saint Ives de Chartres, dans son deuxième Sermon sur la fête d'aujourd'hui, la cire des cierges, formée du suc des tleurs par les abeilles, que l'antiquité a toujours considérées comme un type de la virginité, signifie la chair virginale du divin Enfant, lecjuel n'a point altéré, dans sa conception ni dans sa naissance, l'intégrité de Marie. Dans la flamme du cierge, le saint Evêque nous apprend à voir le symbole du Christ qui est venu illuminer nos ténèbres. Saint Anselme, dans ses Enarrations sur saint Luc, développant le même mj^stère, nous dit qu'il y a trois choses à considérer dans lo Cierge : la cire, la mèche et la flamme. La cire, dit-il, ouvrage de l'abeille virginale, est la chair du Christ ; la mèche, qui est intérieure, est l'âme ; la flamme, qui Drille en la partie supérieure, est la divinité.

Autrefois, les fidèles s'empressaient d'apporter eux-mêmes des cierges à l'Eglise, le jour de la Purification, afin qu'ils fussent bénis avec ceux que les prêtres et les ministres portent à la Procession ; cet usage est encore observé en beaucoup de lieux. Il est à désirer que les Pasteurs des âmes recommandent fortement cette coutume, et qu'ils la rétablissent ou la soutiennent partout où il est besoin. Tant d'efforts que l'on a faits pour ruiner, ou du moins pour appauvrir le culte extérieur, ont amené insensiblement le plus triste affaiblissement du sentiment religieux, dont l'Eglise possède seule la source dans la Liturgie. Il est nécessaire aussi que les

fidèles sachent que les cierges bénis au jour de la Chandeleur, car tel est le nom populaire de la fête de la Purification, emprunté à la cérémonie même dont nous parlons ; que ces cierges, disons-nous, sont bénis, non seulement pour servir à la Procession, mais encore pour l'usage des chrétiens qui, en les gardant avec respect dans leurs maisons, en les portant avec eux, tant sur la terre que sur les eaux, comme dit l'Eglise, attirent des bénédictions particulières du ciel. On doit allumer aussi ces cierges de la Chandeleur auprès du lit des mourants, comme un souvenir de l'immortalité que le Christ nous a méritée, et comme un signe de la protection de Marie.

Tout étant préparé, le Prêtre commence à l'autel la cérémonie de la bénédiction des Cierges.

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