L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 48)
Sai.vator noster. dilectissimi. hodie natus est : gaudeamus. Neque enim fas est locum esse tristitiae. ubi natalis est vitae : quae consumpto mortalitatis timoré, nobis ingerit de promissa aeternitate latitiam. Xemo ab hujus alacritati* participatione secernitur. Una cunctis laetitiae communis est ratio : quia Dominus noster peccati mortisque destructor, sicut nullum a reatu liberum reperit. ita liberandis omnibus venit. Exsultet sanctus, quia propinquat ad palmam : gaudeat peccator , quia invitatur ad veniam : animetur Gentilis, quia vocatur ad vitam. Dei namque Filius, secundum plenitudinem temporis quam divini consilii insNotre Sauveur, mes bienaimés. est né aujourd'hui: réjouissons-nous. Il ne peut y avoir de tristesse au jour où naît la vie, qui, dissipant la crainte de la mort, répand en nos âmes la joie, par la pro| messe de l'éternité. Il n'y a | personne qui n'ait sa part de j cette allégresse ; et tous ont i un même motif de se réjouir. I Car notre Seigneur, de?- j tructeur du péché et de la mort, nous trouvant tous assujettis au péché, est venu ' pour nous affranchir tous. Qu'il tressaille, celui qui est saint ; car la palme approche pour lui. Que le pécheur se réjouisse : voici qu'on l'invite au pardon. Que le Gentil prenne courage ; car il est convié à la vie. En effet, le Fils de Dieu, dans la plénitude des temps fixée par les impénétrables profondeurs du conseil divin, a pris la nature
humaine pour la réconcilier avec son auteur, afin que l'inventeur de la mort, le diable, fût vaincu par où il avait triomphé.
rç. O grand mystère ! admirable merveille ! Les animaux ont vu couché dans une crèche le Seigneur nouveauné : * Heureuse Vierge dont le sein a mérité de porter le Christ Seigneur !
f. Nous vous saluons, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. * Heureuse Yierge.
crutabilis altitudodisposuit, reconciliandam auctori suo naturam generis assumpsit humani, ut inventor mortis diabolus, per ipsam quam vicerat, vinceretur.
fi|. O magnum mysterium. et admirabile sacramentum, ut animalia vidèrent Dominum natum jacentem in praesepio : * Beata Virgo. cujus viscera meruerunt portare Dominum Christum.
A Rome, si le chevalier auquel ont été destinés le casque et l'épée, qui ont été bénits avant les Matines par le Souverain Pontife , se trouve présent, c'est lui-même qui doit lire la cinquième Leçon, parce qu'il y est parlé du grand combat du Christ contre le démon, dans le glorieux mystère de l'Incarnation. Pendant le chant du Répons O Magnum mysterium, les maîtres des cérémonies le conduisent aux pieds du Pape, en présence duquel il tire son épée, en touche trois fois la terre avec la pointe, la brandit trois fois d'une façon martiale, et enfin l'essuie sur son bras gauche. Il est ensuite conduit au pupitre, ôte son casque, se revêt du pluvial par-dessus son armure, et lit enfin la Leçon. Telles sont les dispositions du Cérémonial de la sainte Eglise Romaine, dressé
à une époque où la force matérielle aimait à s'incliner devant l'idée morale, où le chevalier bardé de fer attestait qu'il voulait marcher à la suite du Christ, vainqueur de Satan.
Bénédiction. Le Christ daigne nous octroyer les joies de la vie éternelle !
I n quo conflictu pro no* bis inito . magno et mirabili a?quitatis jure certatum est. dum omnipotens Dominus cum saevissimo hoste non in sua majestate, sed in nostra congreditur humilitate : objiciens ei eamdem formam. eamdemque naturam. mortalitatis quidem nostrae participem. sed peccati totius expertem. Alienum quippe ab hac Nativitate est, quod de omnibus legitur : Nemo mundus a sorde, nec infans cujus est unius diei vita super terram. Nihil ergo in istam singularem Nativitatem de carnis concupiscentia transivit, nihil de peccati lege manavit. Virgo regia Davidicae stirpis eligitur,
?[uae sacro gravidanda oetu divinam humanamque prolem prius conciperet mente quam corpore. Et ne superni ignaEN ce combat livré pour nous, c'est avec une grande et admirable loyauté qu'on a combattu, puisque le Seigneur tout-puissant a lutté contre ce cruel ennemi, non dans sa majesté, mais dans l'infirmité de notre chair, et lui a opposé la même forme, la même nature, celle de notre mortalité, mais exempte de tout péché ; car ce qu'on lit de tous les hommes . est étranger à cette nativité : « Nul n'est pur de souillure, « pas même l'enfant dont la « vie n'est encore que d'un « jour sur la terre. » Rien de la concupiscence de la chair ne s'est rencontré dans cette naissance merveilleuse ; rien n'y est provenu de la loi du péché. Une Vierge est élue de la tige de David, une Vierge royale qui devant porter en son sein le rejeton sacré, conçut spirituellement l'Homme-Dieu par la foi. avant de le concevoir corporellement. Et de peur que.
dans l'ignorance des desseins du ciel, elle ne fût troublée à une si étonnante nouvelle, elle apprend de son entretien avec l'Ange ce que l'EspritSaint devait opérer en elle ; et celle qui va devenir la Mère d'un Dieu n'a rien à craindre pour sa pudeur.
R|. Heureuse est Marie, la Mère de Dieu ; son sein n'a rien perdu de sa pureté virginale ; * Elle a aujourd'hui enfanté le Sauveur du monde.
f. Heureuse celle qui a cru; car s'est accompli en elle tout ce qui lui avait été dit de la part du Seigneur. * Elle a aujourd'hui.
Bénédiction. Dieu daigne allumer dans nos cœurs le feu de son amour !
ra consilii ad inusitatos paveret affatus, quod in eaoperandumerat a Spiritu Sancto, colloquio discit angelico, nec damnum crédit pudoris, Dei Genitrix mox futura.
Sf. Beata Dei genitrix Maria, cujus viscera intacta permanent : * Hodie genuit Salvatorem saeculi.
f. Beata quae credidit, quoniam perfecta sunt omnia quae dicta sunt ei a Domino. * Hodie genuit Salvatorem.
Benedictio. Ignem sui amoris accendat Deus in cordibus nostris.
C'est pourquoi, mes bienaimés, rendons grâces à Dieu le Père, par son Fils dans le Saint-Esprit : de ce que, nous ayant aimés dans son infinie charité, il a eu pitié de nous ; et comme nous étions morts par les péchés, il nous a vivifiés tous en Jésus-Christ, afin que nous fussions en lui une nouvelle créature et un ouvrage nouveau. Dépouillons donc le vieil homme et ses œuvres ;
Agamus ergo, dilectissimi , gratias Deo Patri, per Filium ejus in Spiritu Sancto : qui propter multam charitatem suam,qua dilexit nos, misertus est nostri : et cum essemusmortui peccatis, convivificavit nos Christo, ut essemus in ipso nova creatura, novumque figmentum. Deponamus ergo veterem nominem cum actibus
suis, et adepti participationem generationis Christi, carnis renuntiemus operibus. Agnosce, 0 Christiane. dignitatem tuam et divinae consors factus natura;, noli in veterem vilitatem degeneri conversatione redireMémento cujus capitis et cujus corporis sis membrum. Reminiscere quia, erutus de potestate tenebrarum, translatus e^ in Dei lumen et regnum.
^. Sancta et immaculata Virginitas. quibus te laudibus efferam, nescio * Quia quem cœli capere non poterant, tuo gremio contulisti
f Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui * Quia Gloria. * Quia.
et admis à participer à la naissance du Christ, renonçons aux œuvres de la chair. Reconnais, ô chrétien, ta dignité, et, devenu participant de la nature divine, garde-toi de retomber, par une conduite indigne de ta grandeur, dans ta bassesse première. Souviens-toi de quel chef t de quel corps tu es membre N'oublie jamais que, arraché à la puissance des ténèbres, tu as été transporté à la lumière et au royaume de Dieu.
B?. O sainte et inviolable Virginité ! je ne sais point de louanges dignes de vous honorer. ' Car vous avez renfermé dans votre sein Celui que les cieux ne peuvent contenir
f Bénie êtes-vous entre les femmes, et béni le fruit de vos entrailles ! * Car vous avez renfermé Gloire au Père * Car vous avez renfermé.
Le septième Psaume des Matines de Noël contient les derniers cris du peuple juif vers le Messie libérateur. Juda est tombé sous les coups de la puissance romaine , le sceptre lui a été enlevé , Jérusalem est souillée*par la présence des Gentils et cependant le Christ ne paraît pas encore Le Psaume rappelle au Dieu de Jacob ses promesses,
faites à David et à sa race ce règne éternel qui tarde tant à s'ouvrir, ces oracles prophétiques dont le prompt accomplissement peut seul arrêter les blasphèmes superbes des Gentils Mais l'heure a sonné , la Judée et la Gentihté ont assez attendu : c'est à cette heure même que Jéhovah a résolu d'acquitter ses serments.
Car vous avez dit que votre miséricorde serait éternelle, et que votre vérité demeurerait ferme à jamais dans les cieux.