L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 53)
Le Seigneur a enfin manifesté le Sauveur promis ; il a révélé sa justice aux yeux des nations.
Il s'est souvenu de sa miséricorde et de sa vérité, envers la maison d'Israël.
Toutes les régions de la terre, qui toutes étaient dans l'attente, ont vu le Salut que notre Dieu nous envoie.
Toute la terre, louez Dieu dans la joie; chantez, tressaillez et jouez'des instruments.
Chantez le Seigneur sur la harpe, mêlez ses sons à vos cantiques, avec l'accompagnement des clairons et des trompettes.
Poussez des cris de joie en présence du Seigneur Roi ; que la mer soit émue et tout ce qu'elle contient, la terre et tout ce qui l'habite.
Que les fleuves applaudissent, que les montagnes tressaillent à la venue du Seigneur ; car il vient sauver et régir la terre.
Il gouvernera la terre selon la justice, et les peuples selon l'équité.
Ant. Le Seigneur a manifesté, alléluia, le Sauveur promis, alléluia.
Noturo fecit Dominus Salutare suum : * in conspectuGentium revelavit justitiam suam.
Recordatus est misericordiae suae:*et veritatis suae domui Israël.
Jubilate Deo omnis terra : * cantate, et exsultate, et psallite.
Psallite Domino in cithara, in cithara et voce psalmi : * in tubis ductihbus, et voce tubas cornese.
Jubilate in conspectu Régis Domini : * moveatur mare, et plenitudo ejus, orbis terrarum, et qui habitant in eo.
Flumina plaudent manu,simul montes exsultabunt a conspectu Domini : * quoniam venit judicare terram.
Judicabit orbem terrarum in justitia : * et populos in aequitate.
Ant. Notum fecit Dominus, alléluia, Salutare suum, alléluia.
^. Pater meus es tu, I ^. Vous «tes mon Père, alléluia. ! alléluia.
Après le Pater noster, qui se récite comme aux deux premiers Nocturnes, le Prêtre dit :
LE Dieu tout-puissant et miséricordieux daigne nous délivrer des liens de nos péchés ! ^. Amen.
Avinculis peccatorum nostrorum absolvat nos omnipotens et misericors Dominas. ^. Amen.
On lit ensuite successivement le commencement des divers textes du saint Evangile qui seront lus plus tard en entier, à chacune des trois Messes par lesquelles l'Eglise honore la Naissance du Sauveur. Les saints Docteurs commentent ces sublimes mystères dans leurs Homélies.
Le premier texte, qui est de saint Luc, est expliqué par saint Grégoire le Grand. Il rapporte l'édit de l'empereur Auguste pour le dénombrement de l'empire romain. Cette septième Leçon, suivant le Cérémonial de la sainte Eglise Romaine, doit être lue par l'Empereur lui-même, s'il se trouve à Rome, afin d'honorer la puissance impériale dont les décrets, appelant à Bethlehem Marie et Joseph, procurèrent l'accomplissement des volontés du Très-Haut, manifestées par les Prophètes. L'Empereur est conduit devant le Pape, comme le chevalier qui a chanté la cinquième Leçon ; on le revêt du pluvial ; deux Cardinaux- Diacres lui ceignent l'épcc et l'accompagnent au pupitre. La Leçon étant lue, l'Empereur se présente de nouveau devant le Pontife et lui baise le pied, comme au Vicaire du Christ qu'il vient d'annnoncer.
Ce cérémonial fut encore observé, en 1468, par l'Empereur Frédéric III, en présence du Pape Paul II.
Bénédiction. La lecture de l'Evangile nous soit salut et protection ! R). Amen.
Benedictio. Evangelica lectio sit nobis salus et protectio ! fij. Amen.
EN ce temps-là. il sortit un édit de César-Auguste, pour faire le dénombrement de tout l'univers. Et le reste.
Comme nous devons aujourd'hui, grâce à la bonté du Seigneur, célébrer trois fois les solennels mystères de la Messe, nous ne pouvons vous parler longtemps sur la leçon de l'Evangile. Mais nous devons au moins en dire brièvement quelque chose : la Naissance de notre Rédempteur nous y oblige. Pourquoi donc, au moment de la naissance du Seigneur, ce dénombrement du monde, si ce n'est pour nous faire comprendre que dans la chair apparaissait celui qui devait enregistrer les élus dans l'éternité ? D'autre part, le Prophète dit
IN 1II0 tempore, exiit edictum a Caesare Augusto, ut describeretur universus orbis. Et reliqua.
QUIA, largiente Domino, Missarum solemnia ter hodie celebraturi sumus, loqui diu de Evangelica lectione non possumus ; sed nos aliquid vel breviter dicere Redemptoris nostri Nativitas ipsa compellit. Quid est enim quod nascituro Domino , mundus describitur, nisi hoc quod apcrte monstratur, quia ille apparebat in carne, qui electos suos adscriberet in aeternitate ? Quo contra de reprobis per Prophetam dicitur : Deleantur de