L'Année liturgique — Le Temps de Noël (t. 2-3) (page 8)
Du point du jour à l'arrivée de la nuit, Israël doit espérer dans le Seigneur.
Car dans le Seigneur est la miséricorde, et en lui une abondante rédemption.
Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel ; et que la lumière qui ne s'éteint pas luise sur eux.
Fidelium Deus omnium Conditor et Redemptor, animabus famulorum famularumque tuarum, remissionem cunctorum tribue peccatorum : ut induîgentiam, quam semper optaverunt, piis supplicationibus consequantur. Qui vivis et régnas in saecula ss« Culorum. Amen.
O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leurs péchés; afin que, par la prière de votre Eglise, elles obtiennent le pardon qu'elles désirèrent toujours ; vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.
les âmes des défunts qui nous intéressent particulièrement ; après quoi l'on demandera à Dieu son secours pour traverser sans danger les périls de la nuit. On dira donc encore avec l'Eglise :
Ant <s auvez-nous, Sei■"•"'•»»/ gneur, durant la veille, gardez-nous durant le sommeil ; afin que nous puissions veiller avec JésusChrist, et que nous reposiqns dans la paix.
ANT* O Domine, vigilantes, custodi nos dormientes : ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace.
Visitez, s'il vous plaît, Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l'ennemi ; que vos saints Anges y habitent, qu'ils nous y gardent dans la paix, et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par Jésus-Christ, votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec
Visita, quaesumus Domine, habitationem istam , et omnes insidias inimici ab ea longe repelle : Angeli tui sancti habitent in ea , qui nos in pace custodiant , et benedictio tua sit super nos semper. Per Dominum nostrum Jesum Christum, Filium tuum.
vous, en l'unité Ju Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Enfin, pour terminer la journée en la manière qu'on l'a commencée, on glorifiera encore une fois le divin mystère de l'Incarnation.
-JE Seigneur a fait cony' L naître, alléluia ! ^. Le salut qu'il nous réservait, alléluia !
Deus, qui srcratissimam noctem veriluminis fecisti illustratione clarescere ; da, quaesumus. ut cujus lucis rnysteria in terra cognovimus, ejusquoque gaudiis in ccelo perfruamur. Qui tecum vivit et régnât in sascula saeculorum. Amen.
O Dieu, qui avez illuminé la plus sacrée des nuits par les splendeurs de celui qu' est la vraie Lumière : faites, nous vous en supplions, qu'après avoir connu ici-bas cette lumière mystérieuse, nous puissions jouir au ciel des délices dont est la source celui qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles Amen.
e nombre et l'importance des fêtes qui se succèdent dans une partie considérable du Temps de Noël, amènent fréquemment les fidèles au pied de l'autel pour y assister au saint sacrifice de la Messe. Ils doivent s'empresser avec d'autant plus d'ardeur de prendre part à la célébration de ce divin mystère, que l'Agneau qui s'immole est celui même que nous avons demandé avec tant d'instances durant l'Avent, lorsque nous disions avec Isaïe : Envoye^, Seigneur, l'Agneau qui doit dominer sur la terre l.
Il est donc venu, ce tendre Agneau ; le petit Enfant nous est né 2, et déjà nous le voyons sur l'autel de son sacrifice. Le Christ, dès so,
entrée dans le monde, dit l'Apôtre, s'adresse à son Père et lui dit : Les holocaustes ne vous ont point été agréables, mais vous niave\ donné un corps : c'est pourquoi me voici ; je viens faire votre volonté l. Il est vrai que le sacrifice de la Croix, dont celui de la Messe n'est que la continuation, a été le sacrifice de Jésus-Christ parvenu à l'âge parfait ; mais dans ces jours où nous avons tant à apprendre du mystère d'un Dieu enfant, nous entrerons tout à fait dans l'esprit de l'Eglise, si, en assistant à la sainte Messe, nous ne considérons pas seulement la Victime sanglante du Calvaire, mais aussi le doux Agneau de Bethléhem, Et d'ailleurs, du sein de la crèche, Jésus ne s'offre-t-il pas déjà pour nous à son Père aussi bien que du haut de la croix ? Nous lisons même dans les Actes des Saints que, plus d'une fois, ce divin Médiateur ayant voulu manifester sa présence réelle dans l'hostie sacrée, pour récompenser la foi et l'amour de ses serviteurs, daigna apparaître sous la forme d'un tendre enfant.
L'iconographie liturgique des Grecs a adopté, pour représenter le mystère de l'Eucharistie, le symbole d'un enfant couché sur une patène ; et nos Missels Romains-Français, jusque vers la fin du xvie siècle, sont souvent ornés d'une grande vignette sur laquelle le Prêtre est représenté en chasuble, à l'autel, et tenant entre les mains le corps du Sauveur qui apparaît aussi sous la forme d'un enfant.
Les fidèles se présenteront donc à l'Eglise dans les sentiments qui animèrent les bergers
et les Mages lorsqu'ils se rendirent à Bethléhem, la Maison du Pain. Eux aussi, ils viendront en hâte l, du milieu de la nuit de ce siècle, vers cette lumière qui luit au milieu des ténèbres -. Ils approcheront de l'autel comme de la crèche, et, dans la joie de ce mystère, ils feront hommage de leurs cœurs au nouveau-né. Ensuite, s'unissant à Marie et à la sainte Eglise, ils offriront l'Agneau de Dieu au Père céleste, et s'offriront eux-mêmes avec lui, dans l'humilité et l* simplicité de l'enfance.
Nous allons maintenant essayer de réduire à la pratique ces sentiments dans une explication des mystères de la sainte Messe, nous efforçant d'initier les fidèles à ces divins secrets, non par une stérile et téméraire traduction des formules sacrées, mais au moyen d'actes destinés à mettre les assistants en rapport suffisant avec les actions et les sentiments de l'Eglise et du Prêtre.
Dans une partie notable du Temps de Noël, la Messe est célébrée en mémoire des grands mystères qui se sont accomplis à cette époque de l'Année liturgique ; on trouvera ci-après, en détail, les prières que l'Eglise emploie en ces jours solennels. Dans le reste de la quarantaine, le saint Sacrifice est offert en l'honneur des Saints, à moins qu'il ne se rencontre un dimanche qui ne soit pas déjà occupé par une fête Double. Il faut toutefois excepter les dimanches de Septuagésime et de Sexagésime, lorsqu'ils tombent au Temps de Noël ;
ieur prérogative est de ne céder la place qu'au Patron dulieu, au Titulaire ou à la Dédicace de l'Eglise.
A toutes les Messes des dimanches et à celles des fctes du degré simple et semi-double, le Prêtre fait mémoire de la sainte Vierge comme Mère de Dieu, par trois Oraisons que nous aurons soin d'indiquer en leur lieu. Nous avons parlé ailleurs des couleurs dont l'Eglise use en ce saint temps.
Le Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels, l'Aspersion de l'Eau bénite, et en beaucoup d'églises la Procession, devront d'abord intéresser la piété.
Pendant l'Aspersion, on s'unira aux intentions de la sainte Eglise dans ce rite antique, et on demandera la pureté de cœur nécessaire pour mériter d'être admis dans cette heureuse étable où le Verbe fait chair a apparu aux hommes.
A sperges me. Domine, **■ hyssopo, et mundabor : lâvabis me, et super nivem dealbabor.
Ps. Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam.GloriaPatri. Asperges me.