L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 106)
ODiEU, pour la j/loire de votre nom, sauvez-moi, et déployez votre puissance pour soutenir la justice de ma cause.
O Dieu, exaucez ma prière r soyez attentif aux paroles de ma bouche.
Car des étrangers sont venus fondre sur moi ; des hommes puissants cherchent à m oter la vie, et ils non', point la crainte de Dieu devant les yeux.
Mais voici mon Dieu qui vient à mon secours ; le Seigneur se rend protecteur de ma vie.
Détournez sur mes ennemis le mal qu'ils veulent me faire ■ exterminez-les selon la vérité de vos promesses.
Je vous offrirai un sacrifice d'actions de grâces, et je célébrerai hautement votre nom, Seigneur ; car il est la bonté.
Vous m'avez arraché à toutes mes tribulations, et par vous mon œil a pu dédaigner tous mes ennemis.
Ant. Des étrangers sont venus fondre sur moi ; des hommes puissants cherchent à m'ôter la vie.
R). Et l'iniquité s'est menti 1 K), Et mentita est inià elle-même. | quitas sibi.
L'Eglise continue de lire, au deuxième Nocturne, les Enarrations de saint Augustin sur les Psaumes prophétiques de la Passion du Sauveur.
Xjl ON Dieu, vous m'avez mis ■* * à couvert de la conspiration des méchants ; vous m'avez délivré de l'assemblée des hommes injustes. Jetons maintenant les yeux sur notre chef. Plusieurs martyrs ont souffert les mêmes peines ; mais le chef des martyrs les a tous effacés. C'est en lui q^ue nous pouvons mieux apprécier ce qu'ils ont souffert. Il a été mis à couvert de la conspiration des méchants par la protection de Dieu, et par celle que lui-même donnait à sa propre chair, et à la nature humaine dont il était revêtu ; étant en même temps Fils de l'homme et Fils de Dieu : Fils de Dieu par la nature divine; Fils de l'homme par la nature de serviteur qu'il a prise, ayant le pouvoir de quitter la vie et celui de la reprendre. Qu'ont pu lui faire ses ennemis ? Ils ont tué le corps, mais ils n'ont pu tuer
Episcopi, super Psalmos. P ROTEXISTI me, Deus, a ^ conventu malignantium,a multitudine operantiuminiquitatem. Jam ipsum caput nostrum intueamur. Multi martyres talia passi sunt, sed nihil sic elucet, quomodo caput martyrum : ibi melius intuemur, quod illi experti sunt. Protectus est a multitudine maliênantium : protegente se ►eo, protegente carneni suam ipso Filio, et hominem quem gerebat, quia Filius hominisest, et Fîlius Dei est: Filius Dei, propter formam Dei: Filius hominis, propter formam servi, habens in potestate ponere animam suam, et recipere eam. Quid ei potuerunt facere inimici ? Occiderunt corpus, animam non occiderunt. Intendite. Parum erao erat, Dominum hor"ipLe Vendredi Saint.
' AMQUAM ad latroncm existis cum gladiis et fui>tibus comprehcnderc me. * Quotidie apud vos eram in Templo docens, et non me tcnuistis : et ecce fla«a^cllatum ducitis ad crucifigendum.
^. Cumque injecissent manus in Jesum, et tenuissent eum, dixit ad eos.
* Quotidie apud vos eram in Templo docens, et non me tenuistis ; et ecce flagellatum ducitis ad crucifigendum.
^ OSTIS qui conventus •^-^ erat raalignantium Judaeorum, et quae multitudo erat operantium iniquitatem ? Quam iniquitatem ? Quia voluerunt occidere Dominum Jesum Christum. Tanta opéra bona, inquit, ostendi vobis ; propter quod horum me vultis occidere ? Pertulit omnes infirmos eorum, curavit
l'âme. Comprenez donc ceci : le Seigneur ne s'est pas contenté d'exhorter les martyrs par sa parole ; il a voulu encore les fortifier par son exemple.
û \J ^^^ ^^^^ venus ^' ^ armés d'épées et de bâtons pour me prendre, comme si j étais un voleur. * Tous les jours j'étais avec vous, enseignant dans le Temple, et vous ne m'avez point arrêté ; et maintenant, après m'avoir flagellé, vous m'emmenez pour me crucifier, f. Comme ils mettaient la main sur Jésus, et se saisissaient de lui, il leur dit :
* Tous les jours j'étais avec vous, enseignant dans le Temple, et vous ne m'avez point arrêté ; et maintenant, après m'avoir flagellé, vous m'emmenez pour me crucifier.
\T ous savez quelle était la ^ conspiration des perfides Juifs et quelle était l'assemblée de ces ouvriers d'iniquité. Mais de quelle iniquité ? C'est qu'ils ont voulu faire mourir le Seigneur Jésus-Christ. J'ai fait beaucoup de bonnes œuvres devant vous, leur disait-il ; pour laquelle est-ce que vous voulez me faire mourir ? En effet, il avait soulagé tous
:eux qui étaient infirmes parmi eux et guéri tous leurs malades ; il leur avait annoncé le royaume des cieux ; il n'avait point dissimulé leurs désordres, afin qu'ils conçussent de la haine pour leurs crimes, et non pour le médecin qui venait les guérir. Mais eux, ne répondant que par l'ingratitude à de tels services, et semblables à des frénétiques qu'une fièvre ardente irrite contre le médecin qui était venu pour les guérir, ils formèrent le dessein de le perdre, comme s'ils eussent voulu éprouver s'il était véritablement homme, par la mort qu'il subirait, ou s'il était d'une nature supérieure à l'homme, en se garantissant de cette mort. Nous reconnaissons leur langage dans le livre de la Sagesse de Salomon : Condamnonsle, disent-ils, à la mort la plus infâme ; interrogeonsle ; car il sera protégé, si ses paroles sont véritables. S'il est vraiment le Fils de Dieu, qu'il le délivre.
k ES ténèbres se répandirent sur la terre, lorsque les Juifs eurent crucifié Jésus ; et vers la neuvième heure, Jésus poussa un grand cri , en disant : Mon Dieu, pourquoi m'avezvous abandonné ? * Et, baissant la tête, il rendit l'esprit.
omnes languidos eorum, prasdicavit regnum cœlorum, non tacuit vitia eorum, ut ipsa potius eis displicerent, non medicus, a quo sanabantur. His omnibus curationibus ejus ingrati, tamquam multa febre phrenetici, insanientes in medicum qui venerat curare eos, excogitaverunt consilium perdendi eum, tamquam ibi volentes pro'Dare,utrum vere homo sit qui mori possit, an aliquid super homines sit, et mori se non permittat. Verbum ipsorum agnoscimus in Sapientia Salomonis. Morte turpissima, inquiunt, condemnemus eum : interrogemus eum : erit enim respectus in sermonibus illius. Si enim vere Filius Dei est, liberet eum.
ENEBR.E factae sunt, dum crucifixissent Jesum Judsei : et circa horam nonam exclamavit Jésus voce magna Deus meus, ut quid me dereliquisti ? * Et inclinatocapite emisit spiritum.
Jf. Exclamons Jésus voce map^na ait : Pater, in manus tuas commcndo spiritiim meum.
f. Jésus, s'écriant à haute voix, dit : Père, je remets mon esprit entre vos mains.
L'xACUERiTNT tamquam ^ gladiuni linguas suas. Non dicant Judaei : Non occidimus Christum.
Etenim propterea eum dederunt judici Pilato, ut quasi ipsi a morte cjus viderentur immunes. Kam cum dixisset eis Pilatus : Vos eum occidite ; responderunt : Nobis non licet occidere quemquam. Iniq^uitatem racinoris sui in judicem hominem refundere volebant : sed numquid Deum judicem fallebant ? Quod fecit Pilatus. in eo ipso quod fecit, aliquantum particeps fuit : sed in comparatione illorum multo ipse innocentior. Institit enim quantum potuit, ut illum ex eorum manibus liberaret : nam propterea flagellatum produxit ad eos. Non persequendo Dominum flagellavit, sed eorum furori satisfacere volens : ut vel jam mitescerent, et desinerent velle occidere. cum flagellatum vidèrent.
ILS ont aiguisé leurs langues comme un glaive. Que les Juifs ne disent pas : Nous n'avons pas tué le Christ. 11 est vrai qu'ils le mirent entre les mains du juge Pilate. afin de paraître en quelque sorte innocents de sa mort. Car Pilate leur ayant dit : Faitesle mourir vous-mêmes ; ils répondirent : Il ne nous ef-t pas permis de faire mourir quelqu'un. Ils voulaient par là rejeter l'injustice de leur forfait sur la personne du juge ; mais pouvaient-ils tromper Dieu, cjui est juge aussi ? Il est vrai que le procédé de Pilate l'a rendu participant de leur crime ; mais si on le compare à eux, on h trouve beaucoup moins criminel. Car il fit tout ce qu'il put pour le tirer de leurs mains ; et ce fut pour cela qu'il le leur montra tout déchiré de coups de fouet. Il fit flageller le Seigneur, non à dessein de le perdre ; mais pour donner quelque chose à leur fureur ; afin que du moins la vue de létat dan? lequel l'avait mis la flagellaLe Vendredi Saint.
tion pût les adoucir, et qu'ils cessassent de demander sa mort ; voilà ce qu'il fit. Mais voyant qu'ils persévéraient dans leur poursuite, vous savez qu'il lava ses mains, et qu'il leur dit que ce n'était pas lui qui était l'auteur de la mort de Jésus, et qu'il en était innocent. Il le fit mourir néanmoins. Mais s'il est coupable pour l'avoir condamné malgré lui, sont-ils innocents, ceux qui lui firent violence pour obtenir cette condamnation ? Non, sans doute. Pilate, en rendant sa sentence, et en ordonnant