L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 20)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Benedixit omnibus qui timent Dominum : * pusillis cum majoribus.

Adjiciat Dominus super vos : * super vos, et Buper filios vestros.

Non mortui laudabunt te, Domine : * neque omnes qui descendunt in infcrnum.

Sed nos qui vivimus benedicimus Domino : * ex hoc nunc et usque in saeculum.

Que le Seigneur ajoute encore à ses dons sur vous, sur vous et sur vos enfants.

Bénis soyez-vous du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre 1

Au Seigneur, les hauteurs du ciel ; la terre est aux hommes par sa largesse.

Ce ne sont pas les morts qui vous loueront , ô Seigneur ! ni tous ceux qui descendent dans l'enfer ;

Mais nous qui vivons, bénissons le Seigneur, aujourd'hui et à jamais.

Après les cinq Psaumes, l'Eglise place une petite Leçon des saintes Ecritures, connue sous le nom de Capitule^ parce qu'elle est toujours très courte. Elle se trouve en son lieu à chacun des deux Dimanches. On chante ensuite THymne de la Croix, composée par saint Venance Fortunat, à la demande de sainte Radegonde.

VEXiLLA Régis prodeunt ; Fulget Crucis myçterium, Qua Vita mortem pertulit, Et morte vitam protulit.

Quas vulnerata lanceae Mucrone diro, criminum Ut nos lavaret sordibus, Manavit unda et sanguine.

L'ÉTENDARD du Roi s'avance : voici briller le mystère de la Croix, sur laquelle celui qui est la Vie a souffert la mort, et, par cette mort, nous a donné la vie.

C'est là que, transpercé du fer cruel d'une lance, son côté épancha l'eau et le sang, pour laver la souillure de nos crimes.

11 s'est accompli, l'oracle de David qui, dans ses vers inspirés, avait dit aux nations : « Dieu régnera par le bois. ))

Tu es beau, tu es éclatant, arbre paré de la pourpre du Roi ; noble tronc appelé à l'honneur de toucher des membres si sacrés

Heureux es-tu d'avoir porté, suspendu à tes bras, celui qui fut le prix du monde ! Tu es la balance où fut pesé ce corps, notre rançon : tu as enlevé à l'enfer sa proie.

Salut, ô Croix, notre unique espérance ! En ces jours de la Passion du Sauveur, accrois la grâce dans le juste, efface le crime du pécheur.

Que toute âme vous glorifie, ô Trinité, principe de notre salut ; vous nous donnez la victoire par la Croix, daignez y ajouter la récompense. •

Impleta sunt quas concinit David fideli carminé, Dicendo nationibus : Regnavit a ligno Deus.

Arbor décora et fulgida, Ornata Régis purpura, Electa digno stipite Tam sanctamembra tangere.

O Crux, ave, spes unica. Hoc Passionis tempore, Piis adauge gratiam, Reisque dele crimina.

Vient ensuite le Cantique de Marie, Mère de Dieu, célébrant sa maternité divine et

tous les biens qui en résultent pour le monde. Ce cantique, si suave dans son ineffable douceur, fait partie essentielle de l'Office des Vêpres. Unissons-nous à toutes les générations qui ont proclamé bienheureuse la Vierge qui nous a donné le Sauveur; mais compatissons aussi à l'agonie de son cœur au pied de la croix sur laquelle son divin Fils expire. Nous ne sommes plus dans ces jours heureux où son âme tressaillait de bonneur ; en ce moment, c'est le glaive de la douleur qui transperce son cœur maternel.

Quia respexit humilitatem ancillas suae : * ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes.

Quia fecit mihi magna qui potens est : * et sanctum Nomen ejus.

Et misericordia ejus a progenie in progenies : * timentibus eum.

Fecit potentiam in brachio suo : * dispersit superbos mente cordis sui.

Car il a regardé la bassesse de sa servante, et, pour cela, toutes les nations m'appelleront Bienheureuse.

Il a fait en moi de grandes choses, celui qui est puissant, et de qui le Nom est saint ;

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