L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 60)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

"WlDENS autem centurie quod factum fuerat, glorificavit Deum, dicens : Vere hic homo justus eraî. Et omnis turba eorum, qui simul aderant ad spectaculum istud, et videoant quae fiebant , percutientes pectora sua revertebantur. Stabant autem omnes noti ejus a longe et mulieres, quae secutas eum erant a Galilaea, haec videntes.

Ici le Diacre fait bénir l'encens par le Prêtre, et après avoir reçu lui-même la bénédiction, il termine le récit de la Passion, en observant les rites accoutumés pour le chant de l'Evangile à la Messe solennelle.

ET ecce vir nomine Jo- 1 T T Ndécurion nommé Joseph, seph, qui erat decu- | '^ homme bon et juste, qui

I E centurion, voyant ce qui *- était arrivé, glorifia Dieu, disant : Certainement cet homme était juste. Et ceux qui assistaient en foule à ce spectacle et qui virent ce qui se passait, s'en retournèrent frappant leur poitrine. Ceux de la connaissance de Jésus, et les femmes qui l'avaient suivi de Galilée, étaient là aussi, et regardaient de loin ce qui se passait.

rio, vir bonus et justus ; hic non consenserat consilio et actibus eorum : ab Arimathasa civitate Judaeae : qui expectabat et ipse regnum Dei. Hic accessit ad Pilatum, et petiit corpus Jesu. Et depositum involvit sindone : et posuit eum in monumento excise, in quo nondum quisquam positus fuerat.

C'est encore la voix suppliante du Christ que l'on entend, à l'OfFertoire, implorer le secours divin, et demander au Père céleste qu'il daigne ne pas détourner son visage de son propre Fils, qui est en proie à toutes les douleurs du corps et de l'âme.

n'avait point consenti à leur dessein et à leurs actes, et qui était d'Arimathie, ville de Judée, et attendait, lui aussi, le royaume de Dieu, alla trouver Pilate, et lui demanda le corps de Jésus. Et l'ayant descendu de la croix, il l'enveloppa d'un linceul, et le mit dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis.

SEIGNEUR , exaucez ma prière, et que mon cri s'élève jusqu'à vous ; ne détournez pas de moi votre visage.

DOMINE, exaudi orationem meam : et clamor meus ad te perveniat : ne avertas faciem tuam a me.

Dans la Secrète, l'Eglise demande que nous ayons un sincère amour pour le divin Mystère dans lequel la Passion du Sauveur est retracée chaque jour.

SAIGNEZ recevoir , Seigneur, le don qui vous est offert, et faites par votre bonté que nous méritions de participer, avec un tendre

DusciPE , quaesumus Domine, munusoblatum, et dignanter operare : ut quod Passionis Filii tui Domini nostri

mvstcrio gerimus, pus affectibus consequamur. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum. Amen.

amour, à l'œuvre par laquelle nous renouvelons le Mystère de la Passion de votre Fils notre Seigneur. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Pour Antienne de la Communion, l'Eglise prend encore quelques versets de ce même Psaume cr, qu'elle a employé au Trait et à l'Offertoire.

POTUM meum cum fletu temperabam : quia elevans allisisti me : et ego sicut fœnum arui : tu autem, Domine, in aeternum permanes : tu exsurgens misereberis Sion, quia venit tempus miserendi ejus.

JE mêlais mes larmes à mon breuvage, parce que. après m'avoir élevé, vous m'avez brisé ; et j'ai séché comme l'herbe. Pour vous, Seigneur, vous demeurez à jamais ; mais vous vous lèverez enfin pour secourir Sion : car le temps est venu d'avoir pitié d'elle.

La mort du Fils de Dieu pour nous doit nous être sans cesse un motif de confiance en la divine miséricorde. Cette confiance est un des premiers éléments de notre salut. La sainte Eglise la demande pour nous dans la Postcommunion.

ARGiRE sensibus nosDeus : ut, per temporalem Filii tui mortem, quam mysteria veneranda testantur, vitam te

PAR la mort temporelle do votre Fils, que ces augustes mystères nous retracent, faites concevoir à nos âmes, Dieu tout-puissant, la confiance d'obtenir un jour la

vie éternelle. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

nobis dédisse perpetuam confidamus. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

DAIGNEZ, Seigneur, jeter un regard sur votre famille ici présente, pour laquelle notre Seigneur JésusChrist a bien voulu être livré aux mains des méchants, et souffrir le supplice de la Croix ; Lui qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.

RESPlCE, quaesumus Domine, super hanc familiam tuam, pro qua Dominus noster Jésus Christus non dubitavit manibus tradi nocentium, et Crucis subire tormentum. Qui tecum vivit et régnât Deus,*per omnia saecula saeculorum.Amen.

Aujourd'hui et les deux jours suivants, 1 Eglise anticipe à la veille l'Office de nuit du lendemain, afin de donner au peuple chrétien une plus grande facilité d'y prendre part. Les Matines et Laudes du Jeudi saint seront donc célébrées aujourd'hui, dans les heures de l'après-midi. Les fidèles doivent s'empresser d'assister à ce solennel Office, autant que leurs occupations le leur permettent, puisque c'est pour eux-mêmes que l'Eglise en intervertit les heures. Quant au mérite de cette pieuse assistance, on ne saurait douter qu'il ne surpasse celui de toute pratique de dévotion privée. Le plus sûr moyen d'arriver au cœur de Dieu sera tou3.^8 Le Mercredi Saint.

jours d'employer l'intermédiaire de son Eglise; et quant aux saintes impressions qui peuvent nous aider à pénétrer dans les mystères de ces trois grandes journées, celles que l'on puise dans les divins Offices sont, pour l'ordmaire, plus fortes et plus sûres que celles que l'on chercherait dans les livres humains. Nourrie de la méditation des paroles et des rites de la sainte Liturgie, l'âme chrétienne profitera doublement des exercices et des lectures auxquels elle ne manquera pas de se livrer en son particulier. La f)rière de l'Eglise sera donc la base sur aquelle s'élèvera tout l'édifice de la piété chrétienne, en ces sublimes anniversaires:

f)ar là nous imiterons nos pères qui, dans es siècles de foi, furent si profondément chrétiens, parce qu'ils vivaient de la vie de l'Eglise par la sainte Liturgie.

On trouvera l'Ofiice des Ténèbres pour aujourd'hui, ci-après, au Jeudi saint, kV Office de la nuit^ page ^62.

Pour terminer cette journée, nous empruntons à l'Eglise Grecque les strophes suivantes, qui se rapportent aux mystères du Mercredi saint.

HODIE Judas Magistrum derelinquit, et diabolum assurait : obcaecatur passione amoris pecunias; decidit a lumine,

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