L'Année liturgique — La Passion et la Semaine Sainte (t. 6) (page 70)

Dom Prosper Guéranger · Vie de piété

Texte français, domaine public · Source : archive.org — L'Année liturgique t. 6, éd. 1911 (OCR) · 150 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

En leurs discours ils attaquent le ciel même, et leur langue impie parcourt la terre.

C'est ce qui fait que mon peuple, voyant que leurs jours sont pleins et heureux, se tourne vers eux,

Et dit : Comment croire que Dieu le sait ^ comment croire que le Très-Haut s'occupe de ce qui se passe ?

Voilà ces méchants et ces heureux du siècle, qui multiplient leurs richesses de plus en plus.

Et j'ai dit à mon tour : C'est donc en vain que je prends soin de conserver mon cœur dans la justice, que j'ai lavé mes mains avec ceux qui sont innocents ;

Puisque je n'en ai pas moins éprouvé les fléaux de chaque jour, et que chaque matin a été marqué par mes disgrâces.

Mais quand je parlais ainsi, je faisais injure à toute la race de vos enfants.

J'ai cherché en vain à pénétrer ce mystère, et cette pensée a été mon tourment,

Jusqu'à ce que je sois entré dans la pensée intime de Dieu ; c'est alors que j'ai compris la destinée dernière des méchants.

J'ai vu alors que c'était un piège que vous tendiez devant eux, que vous les précipitez au moment même où ils s'élèvent le plus.

Comme ils sont tombés tout à coup dans la désolation 1 que leur chute a été subite ! Ils ont péri : leur iniquité les a perdus.

Leur bonheur est devenu le rêve d'un homme qui s'éveille; ils seront exterminés, Seigneur, de votre cité sainte ; il n'en restera pas même l'ombre.

Mon cœur avait été soulevé, ma force avait été ébranlée, à l'idée de leur bonheur; j'étais comme réduit au néant, et ne comprenant rien.

J'étais devant vous comme une bête. de somme; néanmoins je suis demeuré toujours avec vous.

Vous m'avez pris par la main, et vous m'avez dirigé selon votre volonté, et comblé de gloire en me recevant entre vos bras.

Que désire-je au ciel, siSi dicebam , Narrabo sic : * ecce nationem filiorumtuorum reprobavi.

Donec intrem in sanctuarium Dei : * et intelligam in novissimis eorum.

Verumtamen propter dolos posuisti eis : * dejecisti eos, dum allevarentur.

Quomodo facti sunt in desolationem, subito de^- fecerunt : * perierunt propter iniquitatem suam.

Velut somnium surgentium, Domine: * in civitate tua imaginera ipsorum ad nihilum rédiges.

Quia inflammatum est cor meum, et renés mei commutati sunt : * et ego ad nihilum redactussum, et nescivi.

Tenuisti manum dexteram meam ; et in voluntate tua deduxisti me : * et cum gloria suscepisti me.

Ma chair et mon cœur languissent d'amour : vous êtes le Dieu de mon cœur et mon partage, ô Dieu, pour tou)ours.

Ceux qui s'éloignent de vous périront : vous perdrez tous ceux qui se prostituent à l'étranger.

Pour moi, mon bonheur est de me tenir attaché à Dieu, de mettre dans le Seigneur Dieu mon espérance.

Et je veux publier toutes vos merveilles aux portes de la fille de Sion.

Ant. Les pensées et les paroles des méchants ne tendent qu'au crime; ils publient hautement leur iniquité.

Le sixième Psaume s'élève contre un peuple ennemi du culte de Dieu. Israël le chanta longtemps contre les Gentils; le peuple chrétien l'applique à la Synagogue qui, après avoir crucifié le Messie, employa tous ses efforts pour renverser son Eglise, immola les premiers martyrs, et voulut contraindre les Apôtres à ne plus prononcer le nom de JésusChrist.

Dcfccit caro mea, et cor meum : * Deus cordis mei, et pars mea, Deus, inaeternum.

Quia ecce qui elon^ant se a te, peribunt; * perdidisti omnes qui rornicantur abs te.

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