Les Plateaux de la balance (page 19)

Ernest Hello · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Plateaux de la balance · 19 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Ou bien encore :

« La vérité a son mérite. Je ne le nie pas précisément. Ce serait peut-être aller un peu loin que de le nier. Mais pourquoi ne pas la mélanger d’une certaine dose d’erreur qui la compléterait agréablement ? Peut-être que la négation délicatement combinée avec l’affirmation enlèverait à cette dernière ce qu’elle a d’un peu étroit, si j’ose le dire. »

Veulent-ils deux Églises, l’une pour affirmer Dieu, l’autre pour le nier ? Si vous leur posez la question en théorie, ils répondront : pas précisément.

Mais si vous la leur posez en pratique, ils répondront pratiquement : si l’on veut.

Vous croyez peut-être que j’exagère, je traduis seulement.

Ce qu’il a de hideux, c’est qu’au lieu d’apporter le ridicule à ceux qui l’exploitent, ce non-sens, proposé par eux à petite dose et d’un air froid, leur donne une réputation l’homme sage et modéré.

Celui qui répondrait carrément oui et non à toutes les questions qu’on lui poserait, passerait à bon droit pour un fou. Mais celui qui, après avoir à peu près dit oui, dit ensuite à peu près non, et nie avec prudence ce qu’il vient d’affirmer avec réserve, celui-là passe pour un homme sage.

Contredisez vos paroles, brusquement et précipitamment, sans dissimuler vos contradictions, vous passez pour un fou.

Contredisez vos paroles d’un air mesuré, lentement, gravement, posément, et dissimulez vos contradictions derrière quelques si l’on veut, vous passez pour un sage.

Il semble voir une académie de médecine qui féliciterait le choléra d’avoir affranchi l’homme de la santé et d’avoir complété, par une diversion, son état physiologique.

Croire que la vérité a besoin d’être complétée par son contraire ;

Croire que l’erreur, légitime comme la vérité, est son complément légitime et a les mêmes droits sur l’esprit humain :

Voilà le non-sens radical, fondamental, sur lequel nous vivons.

Ce non-sens formulé métaphysiquement d’abord, fleurit ensuite, à la faveur de phrases banales, polies, vagues ; il se glisse sous des si l’on veut.

Il ne se formule pas précisément, mais il s’insinue par les fentes des murailles, si j’ose le dire.

Affirmer à la fois le oui et le non d’un air étourdi, cela s’appelle de la folie ; les affirmer à la fois d’un air profond, cela s’appelle de la science.

Les affirmer à la fois d’un air libre, cela s’appelle l’esprit moderne.

Mais, dans ce dernier cas, il faut beaucoup de précautions, beaucoup de peut-être et de si l’on veut.

Il faut être poli avec le oui, poli avec le non, bienveillant envers la vérité, courtois avec l’erreur, indifférent à tout et à tous, pour jouer ce rôle de Philinte, rôle odieux, ridicule, mais commode, quand on parle à des gens une langue qu’ils ne savent pas.

Or le public ne sait pas la philosophie ; cette circonstance donne à plusieurs l’aplomb qu’il faut pour décliner bonus, bona, bonum, en face de ceux qui ne savent pas le latin.

Un père ne choisirait pas, pour faire l’éducation géométrique de son fils, un professeur qui ouvrirait ainsi sa première leçon :

« Deux angles droits sont égaux et inégaux entre eux. »

Mais le même père choisira peut-être, pour faire l’éducation morale de ce même fils, un professeur qui dira :

« Le catholicisme est une excellente institution, et le protestantisme aussi. »

On dirait que nous voulons améliorer l’Être, en le mélangeant avec le néant, et corriger, par la largeur de l’esprit moderne, l’étroitesse antique de l’Infini.

Voici une autre contagion, ou une autre face de la contagion, que je recommande à l’attention des penseurs :

L’orgueil et l’absurde sont deux mots synonymes. L’orgueil est l’absurde dans le cœur.

L’erreur d’Hegel occupe, dans le désordre intellectuel, cette première place qui est celle de l’orgueil dans le désordre moral. L’orgueil dit : le néant, c’est l’Être. Hegel ne parle pas autrement ; Satan non plus. Et la formule de l’orgueil est la formule de l’absurde. M. Blanc de Saint-Bonnet a dit, en parlant de l’homme, cette parole profonde et mémorable :

« Rompant avec Dieu, qui lui demande de conserver l’humilité, de tenir ouvert ce canal du consentement par lequel il reçoit avec mérite l’existence, il brise sa racine dans l’Être rend divinement impossible sa croissance et sa perfection. L’humilité est la plus grande preuve de sens que puisse donner l’Être créé, ce que nous nommerions sa plus haute métaphysique. »

L’humilité est en effet l’affirmation pratique de la doctrine de l’Être ; l’orgueil en est la négation.

Hegel a parlé la parole de l’orgueil et de l’absurde. Il a dit : l’Être et le néant sont identiques. La hardiesse de son crime m’oblige à admirer ce qu’aurait pu faire, dans la direction de la vérité, l’homme qui a été jusqu’au bout dans la direction de l’erreur. Cet œil, allumé pour regarder en face le soleil de Dieu, s’est révolté contre la lumière. Ce terrible infidèle ne s’est pas détourné à demi. Il a regardé en face les ténèbres.

Dans l’ordre intellectuel, ses imitateurs, nous venons de le voir, ont remplacé la contradiction absolue des termes, par la conciliation timide, inavouée, et presque inaperçue, des principes contradictoires.

Or ils ont imité l’orgueil comme ils ont imité l’absurdité hégélienne, c’est-à-dire de loin, et timidement.

L’orgueil, dans ces esprits bourgeois, a pris cette forme qu’on appelle l’amour-propre, la vanité.

Et comme l’orgueil, l’erreur, sont le principe de tout mal, la formule hégélienne lance les ténèbres en tous sens. C’est la parodie du rayonnement.

La philosophie dit à la fois oui et non ; le poète chante à la fois le bien et le mal. Écoutez, au bas de l’échelle, les paroles d’un homme ivre ; écoutez les paroles que le vin fait prononcer : vous trouverez dans l’ivresse, comme dans la folie, la conciliation des contradictions. Seulement, ceux qui s’assimilent l’absurde et l’orgueil, se les assimilent suivant la nature, la portée, le caractère, les habitudes de leur intelligence.

Mais au dix-neuvième siècle, l’effort de l’erreur est le même sur tous les terrains. Elle veut concilier ce qui est inconciliable, et tenter l’accord, au sein de l’absurde.

Plusieurs jouent sur l’herbe glissante, au bord du précipice où gît le cadavre d’Hegel.

Plusieurs ressemblent à Hegel, comme l’homme qui tombe dans un trou ressemble à l’homme qui tombe dans un abîme.

L’esprit d’erreur, en essayant de concilier l’inconciliable, essaye d’obscurcir les questions. Tel se donne pour chrétien, qui voudrait concilier avec le christianisme la négation totale ou partielle de la doctrine chrétienne. De là, la confusion.

Les malentendus de la parole humaine construisent la tour de Babel, et Babel ne sauve personne d’aucune inondation.

Mais, ô langues de feu ! ô joie brûlante du Saint-Esprit ! ouvrons portes et fenêtres ! J’entends un son dans l’air ! Au charivari de Babel, Dieu oppose son harmonie ! Ouvrons portes et fenêtres ! j’entends dans l’air la musique que fait l’Église : ce sont les cloches de la Pentecôte !

LES UNS ET LES AUTRES

L’homme de génie n’est pas celui qui pense, ou du moins qui pense toujours autre chose que les autres hommes ; mais, quand il pense les mêmes choses, il les pense autrement.

Il les pense dans leur réalité intime. Il pense les nombres dans leur rapport avec l’unité. Il peut dire ce que tout le monde a dit avant lui et dire une chose étonnante. Comment cela ? C’est son secret. La griffe du lion laisse son empreinte.

L’homme de génie et un autre homme peuvent tous deux nommer l’Art ; mais ce nom ne sera pas dans ces deux bouches la même parole. Le cèdre et le brin d’herbe reçoivent la même lumière du même soleil, mais se l’assimilent diversement.

Il voit la même lumière que les autres, mais il la voit sous un angle particulier. Sous cet angle, les choses qui apparaissent désunies aux autres lui apparaissent unies, et son regard approche du principe même de la liaison. Il suit les fleuves du côté de leur embouchure, du côté par où ils se jettent dans la même mer, et s’il n’atteint pas ce dernier lieu, il y pense et il y tend.

Il a pour auxiliaires en ce monde l’esprit juste et l’esprit simple.

L’esprit juste, apercevant certains rapports vrais, respecte et admire celui qui, dans la même direction, en aperçoit d’autres, plus cachés, plus lointains. L’esprit simple respecte, admire et aime l’homme de génie, parce que le génie n’est que la plus haute forme de la simplicité humaine. La simplicité se regarde dans le génie comme dans un miroir fidèle, mais grandissant son objet. Les choses ordinaires grandissent, quand le génie les touche : les paroles du génie expriment plus qu’elles ne disent. Le génie, comme la foudre, entr’ouvre l’horizon.

L’homme de génie a pour adversaire l’homme de talent, pour ennemi l’homme d’esprit, pour ennemi mortel l’homme médiocre.

L’homme de talent le nie, l’homme d’esprit se moque de lui, l’homme médiocre essaye de le dédaigner, puisqu’il ne peut l’anéantir.

L’homme de talent, satisfait de ce qu’il a, ne veut pas de ce riche qui pourtant se trouve pauvre, et qui, donnant plus que qui que ce soit, trouve encore qu’il ne donne rien. Il ne croit pas qu’il y ait quelque part une sphère supérieure à la petite sphère où il se tient, où il se plaît, où il s’amuse, où il amuse les autres.

L’homme d’esprit rit, parce que, ne croyant qu’aux surfaces, il a pitié du fou qui veut les percer. Quand Christophe Colomb monte sur son navire, il rit, parce qu’il n’a pas l’habitude de partir, lui, pour l’Amérique, et il n’est pas impossible qu’il trouve de jolis quolibets.

Quant à l’homme médiocre, sa rage a un caractère à part, et on ne la connaît bien que quand on le connaît bien lui-même. C’est le fond de son cœur qui est blessé, et pour sonder la blessure il faut aller au fond de ce cœur, qui est profond à sa manière, comme un vide, comme un trou.

Il n’a pas besoin, pour haïr l’homme de génie, de savoir, même vaguement, ce que celui-ci a fait, ni de quoi il est question. Non ; il le reconnaît à sa signature, et il le hait, sans savoir pourquoi, d’une haine animale que l’instinct donne à certains êtres inférieurs. Il le hait et il veut lui nuire, pour faire du mal à quelque chose de grand. Sa vanité, qui a tant à venger, vise là, sans même en avoir conscience, comme à une vengeance universelle, comme à un triomphe qui dédommagerait de tout. Aussi il remue son néant pour y trouver quelque chose ; il essaye même du mépris, mépris impossible et avorté : il ne parvient à exhaler que des miasmes infects qui voudraient être des poisons, et qui aident à deviner ce qu’il y a dans les âmes où il n’y a rien.

Je renvoie le lecteur au portrait que j’ai fait ailleurs de l’homme médiocre. J’entends par ce mot non l’homme d’un esprit ordinaire, mais l’homme inférieur, méchant et envieux.

LETTRE QU’UN DOCTEUR, HOMME TRÈS SÉRIEUX, DUT ÉCRIRE À CHRISTOPHE COLOMB AU MOMENT OÙ CELUI-CI S’EMBARQUAIT POUR L’AMÉRIQUE

J’apprends, mon jeune ami, que vous avez le projet de découvrir un nouveau monde, et je vous dirai sans détour que je ne vous en félicite pas. Votre projet me remplit d’alarme. Il dénote, je ne crains pas de vous le dire, un orgueil inconcevable. Comment ! Ne trouvez-vous pas la terre assez grande ? Voyez les hommes des temps passés. Ont-ils jamais songé à découvrir un continent nouveau ? Et vous, vous jeune homme, sans expérience, sans autorité, vous avez nourri cette folle ambition. Comment ! ni les conseils de tous vos vrais amis, ni les menaces de la destinée qui vous devient contraire, rien ne peut vous décider à vivre tranquillement en Europe, comme chacun de nous. Vous vous noyez donc bien au-dessus des autres hommes, puisque ce qui leur suffit ne vous suffit pas ? Tous les gens éclairés vous le diront, mon jeune ami, votre orgueil vous perdra.

Je suis d’autant plus chagriné de votre fâcheux entêtement que j’ai toujours eu pour vous une affection véritable. Tout enfant, vous me plaisiez. J’aimais la finesse et la promptitude de vos saillies. Jeune homme, vous aviez une imagination qui me séduisait. Car j’aime l’imagination chez un jeune homme, pourvu toutefois qu’il n’en ait pas trop. Vous me disiez quelquefois : J’aime l’Océan ! et je vous engageais, mon enfant, à faire sur l’Océan quelques vers latins, pour vous exercer. Pouvais-je me douter que vous alliez prendre au sérieux la poésie ? Si vous aviez, du reste, un goût si prononcé pour la navigation, je ne vous aurais pas dissuadé de faire de temps à autre quelques petits voyages : les voyages forment la jeunesse. Mais, mon jeune ami, permettez-moi de vous le demander : n’est-ce pas aller un peu loin que d’aller chercher un nouveau monde ?

Et pourquoi donc ne pas vous contenter de l’ancien, puisque nous, nous savons nous en contenter ? Pourquoi ne pas entrer tout simplement dans une de ces carrières libérales auxquelles votre éducation vous donne le droit de prétendre ? Pourquoi cette folle et ridicule ambition ? Ah ! quand vous aurez mon âge !

À cela vous avez déjà répondu qu’il y a là-bas des hommes qui sont vos frères, avec qui vous voulez unir l’ancien continent.

Je sais par cœur toutes vos grandes phrases. Vous pensez, n’est-ce pas ? que quand vous aurez traversé l’Océan qui essaye de séparer les mondes, vous planterez la Croix sur la terre nouvelle.

Ce sont là, mon enfant, des paroles creuses ; permettez à un homme plus âgé que vous, de vous le faire observer. Vous savez que j’aime les arts, et que je respecte la religion, mais je n’aime pas les saints et les hommes de génie : les uns et les autres vont trop loin, ils exagèrent continuellement.

L’Europe en a déjà fourni assez et même trop, ils ne sont bons qu’à agiter le monde. Quelle folie d’aller là-bas, au risque de vous casser le cou, grossir le nombre des rêveurs ! Prenez garde, mon enfant, vous allez devenir ridicule. Croyez à la sincère affection qui me dicte les paroles que je vous adresse. Je ne puis vous cacher le regret que j’éprouve quand je vois perdu, dans les songes creux d’un orgueil insensé, un jeune homme pour qui je me plaisais à rêver un meilleur avenir.

Oui, mon enfant, j’ai le cœur navré, quand je vois que vous allez de porte en porte mendier des secours qu’on vous refuse. Qu’avez-vous fait de votre dignité ? L’honneur de votre famille a été sans tache jusqu’à ce jour.

N’avez-vous donc plus d’amour-propre ?

L’amour-propre, mon enfant, est le gardien de la dignité, et pour un homme bien né, la dignité est ce qu’il y a de plus précieux. Sans doute (car je ne veux rien exagérer), il ne faut pas avoir trop d’amour-propre, l’excès en tout est un défaut, mais il faut en avoir un peu, et, si vous continuez, vous me ferez croire que vous n’en avez plus ; prenez, parmi nous, quelques-unes de ces fonctions honorables que votre jeune intelligence vous rendait capable de bien remplir : ainsi vous ne contristerez plus vos amis. Autour de vous nous serons tous d’accord ; nous encouragerons vos essais, et nous tuerons le veau gras, en voyant revenir l’enfant prodigue.

PRÉFACE

J’ai eu faim et soif de la Justice, j’ai voulu la faire, j’ai voulu la penser ; j’ai voulu la parler. J’ai voulu mettre à leur place les hommes et les choses, j’ai voulu prendre leur mesure, et la donner.

J’ai voulu peser certaines œuvres et indiquer leur poids.

J’ai voulu dire ce qui m’a paru vrai, sans souci de l’erreur reçue.

J’ai voulu jeter un regard du côté de certaines têtes, pour voir si elles étaient hautes comme on le disait.

Et j’ai dit la taille qu’elles m’ont paru avoir.

J’ai promené la balance à travers le monde intellectuel, n’ayant qu’un poids et qu’une mesure, et j’ai laissé les plateaux monter ou descendre comme ils voulaient, abandonnés aux lois de l’équilibre.

Les chapitres de ce livre ne sont pas juxtaposés par une unité mécanique. Ils sont liés, si je ne me trompe, par une unité organique. Cette unité, c’est la faim et la soif de la Justice.

Or la faim et la soif courent où elles veulent, et je les ai laissées courir.

La faim et la soif sont les symboles du Désir, et le Désir est le Précurseur de la Justice.

Il y a entre ces deux mots : Désir, Justice, une corrélation mystérieuse et profonde. Quiconque a le Désir en lui, a la Justice devant lui, comme le pain de sa faim, et le vin de sa soif.

Daniel signifie Justice de Dieu, et le Prophète qui possédait ce nom a reçu d’un ange cet autre nom (si toutefois il est permis de dire que ce soit un autre nom), Homme de Désirs.

J’ai voulu élever la critique assez haut pour qu’elle pût cesser d’être une irritation, et devenir un apaisement.

J’ai voulu la placer assez haut pour qu’elle pût dominer la poussière et la fumée du combat.

Car, après le Désir, il faut nommer la Justice, et après la Justice, il faut nommer la Paix.

Je ne parle pas de la paix négative des muets qui se regardent ; je parle de la paix glorieuse, celle qui chante.

Je voudrais que cette œuvre de Désir et de Justice fût aussi une œuvre de Paix.

Je voudrais que la critique vînt s’asseoir sur la montagne très solennellement.

Mais qu’est-ce qu’un livre, en face de ces mots : Désir, Justice, Paix ? Qui pourra mesurer son impuissance ? Qui pourra mesurer sa faiblesse et la résistance de la distraction, et l’étendue du désert où sa voix va crier ? Cette distraction du monde n’est pas de la puissance, mais elle est de l’inertie, et quoi de plus résistant que l’inertie ? l’ensorcellement de la bagatelle est un monstre à cent mille formes. Quelquefois la bagatelle apparaît bagatelle, quelquefois elle se déguise et prend des airs graves. Ses pompes, qui ont le baptême pour ennemi, lui taillent des costumes tragiques, qui voudraient être solennels. L’armée de la Bagatelle a sa cavalerie légère, elle a aussi son artillerie.

Je sais contre elle ma faiblesse, et je cherche dans la prière du matin les armes que je n’ai pas :

Jesu, Deus fortis, miserere nostri.

« Jésus, Dieu fort, ayez pitié de nous. »

Et dans la prière du soir :

Fœderis arca, ora pro nobis.

« Arche d’alliance, priez pour nous. »

Et l’arche d’alliance désigne ici la Vierge terrible, terrible comme une armée rangée en bataille.

Je demande à tous ceux qui ouvriront ce livre, de songer à la faiblesse de celui qui l’a écrit, et de lever pour lui les yeux, la voix et les mains vers celui qui est le Dieu fort, et celle qui est l’Arche d’alliance.

Ernest HELLO.

Tous les livres