Le Pasteur d'Hermas (page 2)
V.
Un jour Hermas faisait la station[2], et selon la coutume, il s’était retiré dès le matin dans la solitude pour prier. Le pasteur vint sur la montagne où il était, et s’étant assis à ses côtés, il lui dit : « Il ne suffit pas de jeûner, il faut commencer par observer les commandements de Dieu ; et si ensuite on veut y ajouter quelque bonne œuvre comme le jeûne, on recevra une plus grande récompense. Le jour que tu jeûneras, ajoute-t-il, tu ne prendras que du pain et de l’eau, et ayant calculé ce que tu as accoutumé de dépenser pour ta nourriture, tu le mettras à part et le donneras à la veuve, à l’orphelin et au pauvre. » Mais écoute cette similitude : « Un homme avait un fonds de terre et beaucoup d’esclaves ; ayant planté en vigne une partie de ce fonds et partant pour un long voyage, il choisit un de ses esclaves pour la cultiver, lui ordonnant d’y mettre des échalas. Quand cet esclave l’eut fait, il se dit : J’ai fait ce qui m’était ordonné ; mais cette vigne est pleine de mauvaises herbes ; si je la fouille elle sera plus belle et donnera bien plus de fruit. À son retour, le maître ayant vu sa vigne, non-seulement garnie d’échalas, mais encore entourée d’un fossé et délivrée de toute mauvaise herbe, en ressentit une grande joie, et faisant appeler son fils et ses amis, il leur dit : Voyez ma vigne ! J’avais promis la liberté à cet esclave, s’il exécutait mes ordres ; il a fait beaucoup plus : je veux le déclarer co-héritier de mon fils. Quelques jours après, ayant ses amis à dîner, il envoya des mets de sa table à cet esclave, qui s’empressa de les partager aussitôt avec ses compagnons ; le maître sut le fait et le raconta à son fils et à ses amis, qui l’exhortèrent alors vivement à exécuter le projet dont il leur avait fait part. — Je ne comprends pas cette similitude, disait Hermas. — La terre, répondit le pasteur, est le domaine du Créateur de toutes choses, et son Église est la vigne qu’il a plantée, dont il a confié le soin à son fils, lui commandant d’y envoyer des ministres pour gouverner son peuple ; et non-seulement ce divin fils, qui a pris la forme d’esclave, et qui a beaucoup travaillé et beaucoup souffert pour expier les péchés des hommes, a envoyé des ministres dans la vigne du Seigneur, il a encore arraché des âmes des serviteurs de Dieu tous les vices, toutes les mauvaises passions, il a fait plus : il leur a montré le chemin de vie en leur donnant les viandes célestes, nourriture de l’intelligence, les commandements qu’il avait reçus de son père. Et le Père a appelé l’Esprit saint et les anges, et leur montrant l’ouvrage du Sauveur, il leur a demandé s’il ne fallait pas donner à son corps si pur, si saint, si soumis à l’âme, si obéissant à Dieu, quelque récompense immortelle. Et cela doit t’apprendre, Hermas, à conserver ton corps exempt de toute souillure, afin qu’il reçoive aussi l’immortalité. Qui souille son corps souille son âme ; car ils sont indissolublement unis : conserve-les donc purs l’un et l’autre, si tu veux vivre en Dieu. »
VI.
Un jour, le pasteur apparut à Hermas, et l’ayant amené dans la campagne, il lui fit voir un jeune berger en habit de fête, de couleur écarlate, dont les nombreux troupeaux étaient comme dans l’ivresse, bondissant de contentement et courant çà et là tout transportés de joie ; et ce troupeau semblait causer à ce berger une grande satisfaction, et il marchait au milieu de ses brebis, et l’allégresse était peinte sur son visage. Ils allèrent ensuite un peu plus loin et virent un autre berger, haut de stature, à l’aspect repoussant, vêtu d’une peau de chèvre toute blanche, avec la pannetière sur l’épaule, tenant d’une main un bâton noueux, de l’autre un fouet. Ce berger s’emparait de quelques brebis échappées au premier berger, et les poussait aussitôt à coups de fouet et de bâton, sans les laisser respirer un moment, dans des lieux escarpés et sauvages, couverts de ronces et d’épines. « Le premier berger, dit le pasteur à Hermas, est le démon des plaisirs, de la mollesse et de la volupté ; le second berger est l’ange du châtiment ; et quand il a rendu ses brebis meilleures, elles me sont confiées, à moi l’ange de la pénitence. »
VII.
Quelques jours après, Hermas courait dans ces mêmes lieux où il avait vu le démon de la volupté et l’ange du châtiment. « Que veux-tu, Hermas ? dit le pasteur qui lui apparut soudain. — Je venais vous prier, répondit Hermas humblement, de faire sortir de ma maison l’ange du châtiment, car il me tourmente. — Cela t’est nécessaire, Hermas, non pas à cause de tes péchés, mais à cause des péchés de ta famille ; les membres peuvent-ils souffrir, si le chef ne souffre pas ? et quel chef ne souffre pas, quand ses membres souffrent ? Ta famille a commencé de faire pénitence, je le sais ; mais la peine ne cesse pas aussitôt que la pénitence a commencé : Dieu ne nous fait grâce que lorsque nous avons beaucoup souffert, et souffert pour l’amour de son nom. Cependant je prierai l’ange du châtiment de te traiter avec plus de douceur ; mais supporte-le avec patience et persévère dans l’humilité. »
VIII.
Le pasteur montra à Hermas un saule qui couvrait de ses rameaux les plaines et les montagnes, et à l’ombre duquel venaient s’asseoir tous ceux qui étaient appelés au nom du Seigneur ; un ange d’une grande beauté se trouvait près de ce saule, coupant avec une grande faux ses branches qu’il distribuait à la multitude. Chacun reçut un petit rameau, d’une coudée de long à peine, et cependant l’arbre était toujours entier et tel qu’Hermas l’avait vu d’abord ; ce qui le remplissait d’étonnement et d’admiration. L’ange ayant posé sa grande faux, appela par ordre tous ceux auxquels il avait donné des branches, et leur ordonnant de les lui montrer, il les examinait attentivement ; les unes étaient desséchées, pourries et comme rongées des vers ; d’autres desséchées seulement, et d’autres seulement desséchées à moitié ; d’autres à demi desséchées et fendues en tous sens ; d’autres une moitié desséchée, l’autre moitié toute verte ; d’autres desséchées aux deux tiers, le troisième encore vert ; d’autres vertes aux deux tiers, le troisième déjà sec ; d’autres toutes vertes, mais fendues en tous sens et le bout déjà sec ; d’autres au contraire toutes sèches, mais le bout encore vert. Et l’ange fit ranger en troupes séparées ceux dont les branches étaient dans ces différents états : d’autres avaient leurs rameaux tels qu’ils les avaient reçus, tout verts, et l’ange en ressentit une grande joie, car c’était le plus grand nombre ; les rameaux de plusieurs non-seulement étaient verts, mais encore remplis de bourgeons, et l’ange en était ravi ; plusieurs avaient leurs rameaux non-seulement verts et remplis de bourgeons, mais encore de fleurs et de fruits, et le bonheur était peint sur leurs visages : l’ange du saule et le pasteur en étaient transportés d’allégresse, et le pasteur fit apporter des couronnes de palmier et les leur donna, et il les fit entrer dans la tour. Il fit aussi entrer dans la tour ceux dont les branches avaient des bourgeons, après leur avoir donné à chacun un sceau et une robe blanche ; et il fit encore entrer dans la tour, revêtus d’une robe blanche, ceux qui avaient conservé les rameaux tels qu’ils les avaient reçus. Cela fait, il dit au pasteur : « Je m’en vais : pour toi, prends sous ta garde ceux qui n’ont pu entrer dans la tour, examine leurs rameaux encore une fois et envoie chacun dans le lieu qu’il mérite ; si quelqu’un se trompait, je l’éprouverais sur l’autel. Lorsqu’il fut parti, le pasteur dit à Hermas : « Plantons toutes ces branches, elles reverdiront peut-être, le saule est si vivace ! » Et il les planta, et il les arrosa de telle sorte que l’eau les couvrait. Au bout de quelques jours, il revint avec Hermas dans ce même lieu, et lui ayant fait mettre un linge blanc autour du corps : « Appelle, lui dit-il, ceux dont les branches ont été plantées ; que chacun arrache la sienne et me l’apporte ! » Ils vinrent dans le même ordre que la première fois, ceux dont les branches avaient été trouvées sèches et pourries les premiers, et ainsi de suite ; et le pasteur faisait séparer des autres ceux dont les branches étaient devenues meilleures : les unes avaient reverdi, les autres n’avaient plus de fente, d’autres avaient des bourgeons et même des fruits ; et le pasteur était dans la joie, et il disait à Hermas : « Je te l’avais bien dit, le saule est vivace. »
Ce saule est la loi de Dieu donnée à toute la terre, et à l’ombre de laquelle se repose la multitude des croyants, gouvernés par Michel, qui connaît et qui éprouve ceux qui l’accomplissent ; les martyrs reçoivent des couronnes et entrent dans la cité céleste ; ceux qui ont confessé la foi, mais qui ne sont pas morts pour elle, y entrent aussi avec un sceau et une robe blanche, et la foule des justes qui ont observé les commandements de Dieu y entrent encore comme eux, vêtus de blanc. Quant à ceux qui ont péché, Dieu ne les rejette pas aussitôt, il les arrose des eaux de la pénitence, et malheur à ceux qui n’en profitent pas ! Mais bien heureuses les âmes qui reverdissent dans les eaux salutaires, et s’y couvrent de bourgeons et de fruits !
IX.
L’ange de la pénitence voyant qu’Hermas avait écrit ses préceptes et ses similitudes, lui dit : « Je te montrerai maintenant ce que t’a fait voir l’ange qui t’est apparu sous la forme de l’Église, et qui est le fils de Dieu. Il n’a pas voulu se révéler à toi dans toute sa gloire, tu n’étais pas assez fort pour en supporter l’éclat ; c’est lui qui m’envoya dans ta maison. » À ces mots, il enleva Hermas en Arcadie sur une hauteur, et de là il lui montre une grande plaine entourée de douze montagnes de diverses formes, au milieu de laquelle s’élevait une pierre énorme, beaucoup plus haute que toutes ces montagnes, et assez forte pour porter l’univers. Cette pierre semblait fort vieille, mais elle avait une porte toute neuve qui venait d’être sculptée et qui, au grand étonnement d’Hermas, qu’elle éblouissait, rayonnait comme le soleil ; autour de cette pierre étaient douze vierges, quatre surtout étaient belles et se tenaient aux quatre angles de la porte ; les autres étaient très-belles aussi. Bientôt arrivèrent six hommes d’une haute taille et dont la vue inspirait le respect ; et ces six hommes en commandaient une multitude d’autres, tous grands et forts, et ils leur ordonnaient de bâtir une tour sur cette porte, et toute cette multitude se mit à bâtir, et ils tirèrent d’une eau profonde qui était là dix pierres carrées et polies que les douze vierges prirent l’une après l’autre, et elles les faisaient passer par la porte pour bâtir, et les disposaient de manière que les plus fortes étaient aux quatre angles, les autres par côté. Ces dix pierres remplirent toute la tour de la porte, qui fut ainsi le fondement de tout l’édifice. Après elles, on en tira de l’eau vingt-cinq autres, puis trente, puis quarante, qu’on porta et qu’on disposa toutes comme les premières, et il y avait déjà quatre rangs de pierres sur le fondement ; et l’on, cessa de tirer de l’eau, et les six hommes ordonnèrent qu’on allât en chercher dans les douze montagnes pour achever la tour ; on y alla, et les pierres qu’on apporta étaient de diverses couleurs, et les douze vierges les prirent et les posèrent pour bâtir, et elles devinrent blanches, et brillantes et semblables ; et les hommes ayant voulu en poser eux-mêmes quelques-unes, celles-là ne changèrent point, elles produisaient à l’œil un mauvais effet, et les six hommes s’en étant apperçus, les firent ôter, et ils défendirent que personne en posât aucune, ordonnant qu’on les portât toutes aux douze vierges, afin qu’elles-mêmes les posassent.
Voilà ce qui fut fait ce jour-là, et la tour n’était pas encore finie, et cependant les six hommes ordonnèrent aux autres d’aller prendre un peu de repos ; et recommandant aux vierges de rester pour garder la tour, ils se retirèrent eux aussi. Hermas et le pasteur en firent autant, et revenant au bout de quelques jours, ils ne virent que les douze vierges, mais bientôt parut une multitude immense, et au milieu de cette multitude un homme si grand qu’il dépassait la tour de beaucoup ; et près de cet homme les six qui avaient présidé à la construction du bâtiment et tous ceux qui y avaient travaillé, et plusieurs autres qui semblaient puissants et élevés en dignité. Les douze vierges furent au-devant de cet homme et elles l’embrassèrent, et elles marchaient à ses côtés ; et il examinait le bâtiment avec attention, et il touchait les pierres de la main et les frappait d’une baguette qu’il portait, et quelques-unes devenaient noires comme de la suie, d’autres prenaient une couleur incertaine, ni noire, ni blanche ; d’autres se couvraient d’aspérités, joignaient mal ; d’autres avaient des taches noires. Il les fit ôter et ordonna que, les laissant près de la tour, on mît à leur place des pierres d’un champ qui était auprès ; elles étaient brillantes et carrées, et elles furent toutes portées aux vierges et employées à la construction, sauf quelques-unes qu’il eût été trop long de préparer parce qu’elles étaient toutes rondes et fort dures ; mais comme elles étaient cependant fort brillantes, on les posa près de la tour pour s’en servir dans la suite ; et le maître ayant fait appeler le pasteur, les lui confia, ordonnant qu’après avoir nettoyé toutes celles qui seraient bonnes à quelque chose, il jeta les autres. Après cela, il partit avec tous ceux qui l’accompagnaient, et les douze vierges restèrent pour garder la tour. Quant au pasteur et à Hermas, ils s’en allèrent aussi ; mais étant revenu au bout de trois jours, le pasteur examina les pierres qui lui avaient été confiées, fit jeter celles qui n’avaient point changé, et porta les autres aux douze vierges qui s’en servirent pour bâtir, mettant les plus petites et les plus faibles dans le milieu du mur.
Parmi les rondes, le pasteur prit les plus belles, laissant les autres au lieu où elles étaient : « Le maître, disait-il, voudra peut-être les employer ; car la tour n’est pas finie. » Il fit ensuite appeler douze femmes d’une grande beauté, vêtues toutes de noir avec de belles ceintures, leurs longs cheveux flottant sur leurs épaules nues, et il leur ordonna de reporter sur les montagnes les pierres qui avaient été jetées, ce qu’elles firent avec une grande joie ; et l’ange fit le tour avec Hermas, et les douze vierges arrosèrent, balayèrent, de sorte que la tour et ses environs étaient d’une grande propreté et d’une beauté inexprimable ; et, après l’avoir admirée, le pasteur voulait s’en aller, et Hermas ne voulait pas qu’il l’abandonnât, et cependant il partit après l’avoir recommandé aux douze vierges. Hermas demeura avec elles jusqu’au soir ; alors il voulut aussi aller chez lui, mais elles l’en empêchèrent ; la nuit étant venue, elles la passèrent en prières, et Hermas pria comme elles, ce qui les réjouit beaucoup. Enfin le pasteur revint, et expliqua à Hermas tout ce qu’il avait vu. Le fils de Dieu est la pierre antique qui existe avant toute créature, sur laquelle repose l’univers ; il est la porte du royaume des cieux, qui s’ouvrira à la fin des temps, et par laquelle tout élu doit passer pour entrer dans la cité sainte. Aucune pierre ne peut faire partie de cette tour sacrée sans entrer par cette porte, sans être marqué du nom de fils de Dieu ; et les ministres du Seigneur, qui dirigent les premiers d’entre eux, bâtissent la tour ; et le Sauveur arrive, accompagné de la foule des anges, pour examiner leur travail ; et nul ne fera partie de l’édifice s’il n’est porté par les douze vierges, qui sont la Foi, la Mortification, la Force, la Patience, la Simplicité, l’Innocence, la Chasteté, la Paix, la Vérité, l’Intelligence, la Concorde, la Charité ; et quelques-uns de ceux qu’elles porteront, et qu’elles auront revêtus de leurs vêtements, se laisseront après cela séduire par les douze femmes noires, qui sont la Perfidie, l’Intempérance, l’Incrédulité, la Volupté, la Tristesse, la Malice, la Débauche, la Colère, le Mensonge, la Folie, la Vanité, la Haine ; et s’ils ne font pénitence, ils ne pourront servir à la construction de la tour.
Les saints du premier siècle de ce monde forment la première assise de la tour ; les saints du second, la deuxième ; les prophètes, la troisième ; les apôtres et les prédicateurs du fils de Dieu, la quatrième : ces derniers n’avaient pas besoin de descendre dans l’eau pour être sauvés, car ils avaient reçu ici-bas les eaux du baptême, et pourtant ils sont descendus dans l’eau pour en retirer les premiers, leur donner le sceau du baptême et leur prêcher le fils de Dieu. Les autres assises de la tour sont formées de pierres prises dans les douze montagnes, c’est-à-dire dans toutes les nations de l’univers ; et toutes ces âmes deviennent semblables, car la loi du Seigneur les transforme et leur donne à toutes un même esprit. Cependant plusieurs de ces âmes se gâtent et deviennent pire qu’auparavant ; car celui-là est bien plus coupable qui pèche après avoir reçu la grâce de la vérité. Le champ d’où l’on tire des pierres blanches et luisantes, pour remplacer les mauvaises, est le champ de ceux qui croient, et quelques-unes de ces pierres sont rondes ; il faut les rendre carrées pour qu’elles deviennent propres à la construction, il faut retrancher de leurs richesses à ceux qui y sont trop attachés ; mais il est des pierres si dures qu’on les brise en les façonnant. Ô vous tous que rien n’éloigne du Seigneur, vous êtes bien heureux ! c’est moi, c’est l’ange de la pénitence qui vous le dit et vous le jure, mais malheureux aussi et bien méprisable quiconque s’éloigne de lui ! Malheureux surtout le pasteur dont le troupeau s’égare ! Qu’il ne dise pas : « Mon troupeau se révolte et m’entraîne ; » jamais troupeau n’a gouverné son berger. Cependant faites pénitence, et vous pourrez être employés à la construction de la tour ; je pourrai vous purifier et vous tailler moi-même.
X.
Hermas avait écrit ces similitudes ; l’ange qui l’avait confié au pasteur vint dans sa maison, monta sur son lit, et le pasteur s’assit à sa droite : « Hermas, dit-il, je t’ai confié à cet ange, qui a sur tout l’univers le pouvoir de la pénitence ; si tu veux être heureux, mets en pratique ses commandements, prêche-les aux autres, afin qu’ils se repentent et se convertissent ; ceux qui les observent seront sauvés, les autres mourront. Mais parce que tu ne pourrais absolument rien sans les douze vierges, je les enverrai dans ta maison et je leur ordonnerai d’y rester ; cependant purifie-la, car la moindre souillure les mettrait en fuite. » Et alors cet ange le remit de nouveau entre les mains du pasteur, et il fit venir les douze vierges en sa maison, et il renouvela ses exhortations à Hermas, lui recommandant sur toutes choses de secourir ceux qui sont dans le besoin : « Le besoin, disait-il, cause le désespoir, et celui-là est bien coupable qui, pouvant arracher ses frères à un si grand mal, ne le fait pas. » Et puis l’ange se leva et disparut avec le pasteur et les vierges, promettant cependant que les vierges et le pasteur reviendraient bientôt dans la maison d’Hermas.
↑ Ce Clément ne peut être que le pape gouvernant en chef l’Église romaine avec autorité sur les autres Églises ; Grapté semble être une diaconesse. — Fleury, Histoire ecclésiastique, livre second, n. 44, 5e alinéa.
↑ Le jeûne s’appelait station ; celui qui jeûnait se retirait dès le matin pour prier. — Fleury, Hist. eccl., liv. II, n. 48.