Aphorismes (page 2)
PREMIÈRE SECTION (suite)
↑ Aph. 4. - 5. Le texte vulgaire pour cette dernière phrase est irrégulier. Je l'ai restitué en partie sur le texte du manuscrit 1884, en partie sur celui de Dielz (Schol., p. 262).
↑ Aph. 5. - 6. J'ai suivi pour cet aphorisme le Commentaire de Galien (cf. p. 371 et suiv.).
↑ Aph. 6. - 7. Ce texte a divisé les commentateurs. Théophile, Damascius et Étienne (p. 264 et 265), interprètent comme s'il ne s'agissait que du régime et de la diète absolue; mais Galien, et je me conforme à son sentiment, pense qu'il s'agit des moyens thérapeutiques, en général, au nombre desquels il place le régime. C'est du reste l'interprétation qu'il reproduit dans son traité de la Méthode thérapeutique (V, 15, t. X, p. 376), quand il accuse Erasistrate d'agir avec lenteur au commencement des maladies très aiguës, et de recourir à un traitement actif quand l'occasion est échappée.
↑ Aph. 7. - 8. « Hippocrate, dit Galien (p. 373), appelle πόνους, soit les paroxysmes, soit, d'une manière générale, toute espèce de symptômes. Par immédiatement (αὐτίκα), il faut entendre les quatre premiers jours, ou même un espace de temps un peu plus long. »
↑ Aph. 12. - 9. « Une triple base sert à régler convenablement le régime : les forces du malade qu'on peut calculer positivement à l'aide du pouls et des autres signes indiqués dans le Pronostic, la constitution de la maladie, enfin la marche des paroxysmes qu'on peut déterminer quoique certains médecins prétendent le contraire. On ne peut pas il est vrai toujours y arriver de science certaine, mais on peut en approcher de très près. On sait, par exemple, que la fièvre tierce se juge très promptement, que la quotidienne persiste plus longtemps, et que la quarte se termine encore plus tard. Parmi les fièvres continues, les causus se jugent très vite; le typhus un peu moins, et les hémitritées tiennent le milieu. Quant aux paroxysmes, on sait qu'ils reviennent tous les trois jours dans les fièvres tierces et aussi dans les pleurésies, et tous les jours dans les phtisies. Les maladies elles-mêmes servent donc à faire connaître leur propre marche et la suite de leurs paroxysmes, non seulement quand elles ont déjà duré un certain temps et qu'une période s'est écoulée, mais encore à leur début, car il est souvent permis de reconnaître une maladie dès son début; et, par suite, de prévoir quelle sera sa marche, et de régler en conséquence le régime. Les saisons influent sur la marche des maladies : ainsi, les fièvres quartes estivales durent moins longtemps que les automnales et surtout que les hibernales. Mais le retour des paroxysmes n'est jamais essentiellement modifié par elles. Ce qui est dit des saisons s'applique aussi au tempérament et à l'âge des malades. - Par la comparaison réciproque de leurs périodes, Hippocrate entend la comparaison de la marche des paroxysmes dans les diverses périodes, comparaison à l'aide de laquelle on peut déterminer les limites de la croissance et le point du plus haut degré d'intensité de la maladie. En effet, si le paroxysme qui revenait à des intervalles donnés, devance son heure, augmente de durée et d'intensité, il est clair que la maladie marche vers son point culminant, arrivera bientôt à la crise, et que les paroxysmes se succéderont rapidement » (cf. Galien, p. 381 et suiv.).
↑ Aph.. 13. - 10. Galien (p. 401), et après lui Damascius (p. 277 ), pensent que cet aphorisme est incomplet. Galien proposerait de lire : « Les vieillards supportent très facilement l'abstinence, excepté ceux qui sont très vieux, » ou bien de changer νηστείην (abstinence) en ὀλιγοσιτίην (petite quantité d'aliments).
↑ Aph. 14. - 11. « Les anciens appelaient ὑπεκκαύματα les branches de bois qui servaient à faire le feu. Hippocrate appelle de ce nom la nourriture, comme étant la matière qui entretient la chaleur innée. » (Étienne, 278.)
↑ Aph. 15. - 12. Suivant Damascius (279), et Galien (p. 417), les enfants sont la preuve que, plus il y a de chaleur, plus il faut de nourriture. Par conséquent, en hiver, où il y a plus de chaleur, il faut plus de nourriture, puisque la chaleur est concentrée à l'intérieur. (Cf. aussi Étienne, p. 279, sur la manière dont il explique que pendant l'hiver la chaleur est concentrée à l'intérieur. )
↑ Aph. 18. - 13. Galien (p. 433) rapporte cet aphorisme aussi bien aux gens en bonne santé qu'aux malades.
↑ Aph. 22. - 14. Ἢν μὴ ὀργᾷ. Ce dernier mot signifié être agité par un désir vénérien, comme il arrive chez les animaux en chaleur; c'est donc par comparaison qu'on l'emploie pour désigner les humeurs en mouvement et qui se portent d'un lieu à un antre, phénomène qui n'arrive pas ordinairement au commencement des maladies (Gal., p. 441).
↑ Aph. 25. - 15. Galien (p. 450), Théophile (293), Damascius (294), et Étienne (293), s'accordent à penser que cet aphorisme se rapporte aux évacuations artificielles, tandis que dans le 2e aphorisme de la même section, qui comprend presque textuellement celui-ci, il est question des évacuations naturelles.
Hippocrate Aphorismes Traduction par Charles Victor Daremberg. Charpentier, éditeur, 1844 (p. 344-348).
DEUXIÈME SECTION.
La maladie dans laquelle le sommeil cause quelque dommage (16) est mortelle; mais si le sommeil procure de l'amélioration, elle n'est pas mortelle.
Quand le sommeil apaise le délire, c'est bon (17).
Le sommeil et l'insomnie prolongés l'un et l'autre outre mesure, c'est mauvais.
Ni la satiété, ni la faim, ni quelque autre chose que ce soit ne sont bonnes, si elles dépassent les limites naturelles.
Les lassitudes (18) spontanées présagent les maladies.
Chez ceux qui ont quelque partie du corps attaquée d'une maladie douloureuse, et qui le plus habituellement ne ressentent pas leurs douleurs, l'esprit est malade (19).
Il faut réparer lentement les corps qui ont mis longtemps à dépérir, et vite ceux qui ont dépéri en peu de temps.
Au sortir d'une maladie, avoir de l'appétit et le satisfaire sans prendre de forces, est une preuve qu'on use de trop de nourriture; mais si la même chose arrive quand on mangé salis appétit, il faut savoir qu'une évacuation est nécessaire (20).
Quand on veut purger les corps, il faut rendre les voies faciles et les humeurs coulantes (21).
Plus vous nourrirez un corps rempli d'impuretés, plus vous lui nuirez.
Il est plus facile de réparer [les forces] avec des boissons [alimentaires] qu'avec des aliments solides.
Dans les maladies, ce qui reste [des humeurs nuisibles] est une source habituelle de récidive (22).
Quand la crise arrive, la nuit qui précède le paroxysme est laborieuse; celle qui suit est ordinairement plus calme (23).
Dans les flux de ventre, les changements dans les excréments sont avantageux, à moins qu'ils ne se fassent en mal.
Quand le pharynx est malade et quand des abcès apparaissent sur le corps, il faut examiner les excrétions, car si elles sont bilieuses, le corps participe à la maladie [et il ne faut pas donner d'aliments]. Si elles ressemblent à celles des gens en santé [le corps n'est pas malade et] on peut nourrir le corps en sûreté (24).
Quand il y a privation d'aliments (25), il ne faut pas fatiguer.
Quand on a ingéré plus d'aliments qu'il ne convient naturellement, cela cause une maladie; la guérison le prouve.
Le résidu des aliments qui sont promptement et complètement assimilés, est promptement éliminé (26).
Dans les maladies aiguës, les pronostics de guérison ou de mort ne sont pas toujours (27) infaillibles.
Ceux qui ont les cavités humides quand ils sont jeunes, les ont sèches quand ils vieillissent. Ceux, au contraire, dont les cavités sont sèches quand ils sont jeunes, les ont humides quand ils vieillissent (28).
Le vin pur apaise la faim [canine] (29).
Toute maladie qui vient de réplétion, la déplétion la guérit; toute maladie qui vient de déplétion, la réplétion la guérit; et pour les autres, leurs contraires.
Les maladies aiguës se jugent en quatorze jours.
Le quatrième jour est indicateur des sept ; le huitième est le commencement d'un second septénaire; le onzième est théorète, car il est le quatrième du second septénaire; le dix-septième est également théorète, car il est le quatrième après le quatorzième, et le septième après le onzième (30).
Les fièvres quartes d'été sont ordinairement de peu de durée; celles d'automne sont longues, surtout celles qui se déclarent aux approches de l'hiver.