Aphorismes (page 3)

Hippocrate · Arts Libéraux

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Fiche de l’œuvre dans le savoir

DEUXIÈME SECTION. (suite)

Il vaut mieux que la fièvre vienne à la suite d'un spasme que le spasme à la suite de la fièvre.

Il ne faut pas se fier aux améliorations qui ne sont pas rationnelles, et ne pas non plus trop redouter les accidents fâcheux qui arrivent contre l'ordre naturel ; car le plus souvent [ces phénomènes] ne sont pas stables [et n'ont pas coutume ni de persister, ni de durer longtemps]. (31).

Dans les fièvres qui ne sont pas tout à fait superficielles (légères), il est fâcheux que le corps reste dans son état ordinaire et ne perde rien, ou qu'il maigrisse plus qu'il n'est dans l'ordre naturel. Le premier cas présage la longueur de la maladie, le second indique de l'asthénie.

Quand les maladies débutent, si on juge à propos de mettre quelque chose en mouvement, qu'on le fasse; mais quand elles sont à leur apogée, il vaut mieux laisser en repos.

[Car] au commencement et à la fin [des maladies], tout est plus faible; mais à leur apogée tout est plus fort (32).

Au sortir d'une maladie, bien manger sans que le corps profite, c'est fâcheux.

Ceux qui, entrant dans une convalescence incomplète, commencent par manger avec appétit sans profiter, finissent le plus souvent par perdre l'appétit. Mais ceux qui ont d'abord un défaut très prononcé d'appétit et le recouvrent ensuite, se tirent mieux d'affaire (33).

Dans toute maladie, conserver l'intelligence saine et prendre volontiers les aliments qui sont offerts, c'est bon; le contraire est mauvais.

Dans les maladies, il y a moins de danger pour ceux dont la maladie est surtout conforme à leur nature, à leur âge, à leur constitution, et à la saison, que pour ceux dont la maladie n'est pas en rapport avec quelqu'une de ces choses (34).

Dans toutes les maladies, il est avantageux que [les parois de] la région ombilicale et du bas-ventre conservent de l'épaisseur. Il est fâcheux qu'elles soient affaissées et émaciées; ce dernier cas n'est pas favorable pour purger par en bas.

Ceux qui ont le corps sain et qui prennent des médicaments purgatifs, perdent bientôt leurs forces. Il en est de même de ceux qui [se purgent lorsqu'ils] usent d'une mauvaise nourriture (35).

Il est mauvais de donner des médicaments purgatifs à ceux qui se portent bien (36).

La boisson et la nourriture un peu inférieures en qualité, mais plus agréables, doivent être préférées à celles de meilleure qualité, mais qui sont moins agréables.

Les vieillards sont en général moins sujets aux maladies que les jeunes gens; mais les maladies chroniques qui leur surviennent ne finissent le plus souvent qu'avec eux.

Les enrouements (bronchites) et les coryzas n'arrivent pas à coction chez les personnes très âgées.

Ceux qui éprouvent de fréquentes et complètes défaillances, sans cause apparente, meurent subitement.

Résoudre une apoplexie, quand elle est forte, est impossible; quand elle est faible, ce n'est pas facile.

Les pendus détachés de la potence, quand ils ne sont pas encore morts, ne reviennent pas à la vie s'ils ont de l'écume à la bouche (37).

Ceux qui sont naturellement très gros sont plus exposés à mourir subitement que ceux qui sont maigres.

Les changements, surtout ceux d'âge, de lieux, d'habitudes de vie, opèrent la guérison des épileptiques quand ils sont jeunes.

Deux souffrances survenant en même temps, mais sur des points différents, la plus forte fait taire la plus faible (38).

Au moment où le pus va se former, la douleur et la fièvre sont plus intenses qu'après sa formation.

Dans tout mouvement du corps, quand on commence à se fatiguer, se reposer soulage immédiatement.

Ceux qui sont accoutumés à supporter des travaux qui leur sont familiers, les supportent plus facilement, quoique faibles ou vieux, que ceux qui n'y sont pas habitués, quoique forts et jeunes.

Les habitudes de longue date, quoique mauvaises, sont ordinairement moins nuisibles que les choses inaccoutumées ; il faut donc changer quelquefois [ses habitudes] en des choses inaccoutumées (39).

Évacuer ou remplir, échauffer ou refroidir beaucoup et subitement, ou mettre le corps en mouvement de quelque autre manière que ce soit, est dangereux; car tout ce qui est excessif est contraire à la nature ; mais ce qui se fait peu à peu n'offre aucun danger [dans les choses accoutumées], et surtout quand on change une chose en une autre.

Quand on agit d'une manière rationnelle et que les résultats ne sont pas ce qu'on avait droit d'attendre, il ne faut pas passer à autre chose, si le motif (l'indication) qui faisait agir dans le commencement subsiste.

Ceux qui ont les cavités humides quand ils sont jeunes se rétablissent plus facilement d'une maladie que ceux qui les ont sèches ; mais dans la vieillesse ils se rétablissent plus difficilement, car le plus souvent leur ventre se sèche en vieillissant.

Une taille élevée et noble n'est pas disgracieuse dans la jeunesse, mais dans la vieillesse, elle est incommode et plus désavantageuse qu'une petite (40).

(16) Aph. 1er. - 16. Ὕπνος πόνον ποιέει. Galien (p. 451), Étienne, Damascius et Théophile (p. 294 à 290) expliquent ici πόνος; par βλάβη; Étienne et Théophile disent que πόνος signifie tantôt exercice, fatigue (γυμνάσια), tantôt douleur (ὀδύνη), tantôt symptôme.

(17) Aph. 2. - 17. Galien (p. 450) et Théophile (p. 296) croient que le délire n'est pris ici que comme un exemple particulier, mais que cette sentence s'applique à toute espèce de symptôme; Galien rattache cet aphorisme â la fin du 1er.

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