Aphorismes (page 4)

Hippocrate · Arts Libéraux

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Fiche de l’œuvre dans le savoir

DEUXIÈME SECTION. (suite)

(18) Aph. 5. - 18. Κόπος; n'est pas la fatigue ordinaire, mais une diathèse de l'organisme; et comme cette diathèse survient sans mouvement, Hippocrate lui donne l'épithète d'αὐτόματος. Cf. sur les diverses espèces de κόποι, Galien (de Sanilate luenda, III, 5 et suiv., t. VI, p. 189 et suiv.) et Théophile (p. 293 ).

(19) Aph. 6. - 19. Galien (p. 400), Théophile (p. 299), disent qu'Hippocrate appelle ici douleurs, des maladies douloureuses, telles que l'érysipèle, les fractures, etc. Suivant Galien, γνώμη (esprit) est pris ici pour διάνοια (intelligence).; mais Théophile va plus loin, et il dit : « Dans ce cas le cerveau est nécessairement malade. » Il n'est pas rare, dit M. Lallemand (p. 22) de voir dans le délire traumatique les malades agiter leurs membres fracturés, marcher sur leur moignon, sans témoigner la moindre douleur. On sait aussi que dans le cas de lésion grave de l'encéphale il survient des maladies aiguës dont le malade n'a pas conscience.

(20) Aph. 8. - 20. J'ai suivi pour cet aphorisme l'interprétation de Galien (p. 462), de Théoph. (p. 300), de Damase. (p. 301).

(21) Aph. 9. - 21. Εὔροα ποιέειν, c'est-à-dire atténuer les humeurs et relâcher les conduits par oit les purgatifs font sortir les matières; Galien (p. 405), Théophile (p. 301 et 302).

(22) Aph. 12. - 22. Le texte vulg. porte : ὑποστροφὰς ποιέειν εἱωθεν, leçon donnée aussi par Théophile et par le manuscrit 1884; Dietz et Galien ont : ὑποστροφώδεα, qui a la même signification. Galien (p. 459), Damascius et Théophile (p. 303) disent que ces reliquats en se putréfiant rallument la fièvre.

(23) Aph. 13. - 23. Au dire de Galien (p. 450 ), cette dernière phrase manque dans plusieurs exemplaires. - Elle est commentée par Théophile et Damascius (p. 304-5). (24) Aph. 15. - 24. Pour rétablir le parallélisme, ou plutôt l'opposition qu'Hippocrate a voulu marquer entre les diverses parties de cette sentence, j'ai ajouté, avec Galien (p. 471), les mots entre crochets qui ne sont pas dans le texte.

(25) Aph. 16. - 25. Ὅκου λιμός, οὐ δεῖ πονέειν. J'ai suivi Galien (p. 473), qui interprète λιμός non par faim proprement dit, mais par privation absolue, volontaire ou involontaire d'aliments. Par πονέειν il entend toutes les grandes secousses thérapeutiques ou autres.

(26) Aph. 18. - 26. M. Lallemand traduit : « Ceux qui avalent vite de gros morceaux vont promptement à la selle. » Il blâme ceux qui ont traduit : « Les aliments qui nourrissent vite et beaucoup font des selles rapides; » « car, dit-il, les substances les plus nutritives sont celles qui parcourent le plus lentement les organes digestifs. » Cette interprétation est vraie à notre point de vue; mais quelque leçon qu'on adopte, elle ne ressort pas du texte, et, de plus, elle est en opposition formelle avec les interprétations anciennes.

(27) Aph. 19. - 27. Οὐ πάμπαν ἀσφαλέες. En mettant toujours, j'ai suivi Galien (p. 491 ), qui dit : « οὐ πάμπαν est ici pour οὐχ ἁπάντων (c'est-à-dire : Les pronostics... ne sont pas certains dans toutes les maladies aiguës), et qu'il ne signifie pas οὐ παντελῶς ( ne sont pas absolument ou tout à fait infaillibles, interprétation suivie par Théophile). » Il me semble que l'interprétation de Galien rend parfaitement la pensée de l'auteur, qui n'a certainement pas voulu dise d'une manière générale et absolue que les pronostics ne sont pas tout à fait certains dans les maladies aiguës, car il serait en contradiction avec sa doctrine sur le pronostic; il a seulement entendu qu'il est possible de se tromper quelquefois par suite de quelque changement dans la crise ou dans la marche des humeurs. Galien dit à ce propos : « Il y a des maladies aiguës de deux espèces ; les unes ont leur siège dans les humeurs chaudes, sans qu'il y ait de lieu affecté, et sont répandues dans toute l'économie; les anciens leur donnaient le nom de fièvres (Com. IV, aph. 73, p. 763) ; les autres ont un siège local, comme la pleurésie, la péripnemonie, l'esquinancie; la fièvre est le plus ordinairement continue dans les maladies aiguës, car il est rare que ces maladies soient sans fièvre comme est l'apoplexie. »

(28) Aph. 20. - 28. Si toutefois, dit Galien (I, 20, p. 492), les conditions du régime restent les mêmes. Damascius (p. 316) donne ici l'aphorisme 53 que Galien cite aussi dans son Com., mais en le rapportant à sa place ordinaire.

(29) Aph. 21. - 29. J'ai suivi l'interprétation de Galien, (p. 499 ). Elle est adoptée par Étienne, Damase. et Théoph. ( p. 316 ). - Cet aphorisme manque dans Oribase.

(30) Aph. 24. - 30. Hippocrate, dit Galien (p. 510 ), a coutume d'appeler ἐπιδήλους ( indicateurs ), et θεωρητάς ( théorètes ) les jours dans lesquels apparaît quelque signe annonçant la crise pour un des jours critiques.

(31) Aph. 27. - 31. L. de Villebrune pense que les derniers mots de cet aphorisme, mots que j'ai mis entre crochets, sont une glose marginale de ἀβέβαια (qui ne sont pas stables) ; Galien ( p. 516), Théoph. et Damase. ( p. 321 ), ne paraissent avoir lu que ἀβέναια.

(32) Aph. 29 et 30. - 32. Dans son Commentaire, Damascius (324) réunit avec raison l'aphor. 29 et le 30 Galien avait aussi proposé cette réunion à l'aide de γάρ.

(33) Aph. 32. - 33. Cet aphorisme est obscur. J'ai suivi l'interprétation de Galien (p. 526 ), et de Théophile ( p. 325 ). Suivant eux, il s'agit des convalescents qui ont conservé dans le corps quelque reste des humeurs nuisibles.

(34) Aph. 33. - 34. Cf. mon Introd. aux Aphorismes, p. 336 et 337; Etienne, p. 326; Galien, p. 519, et M. Littré, t. i, p. 321.

(35) Aph. 36. - 35. J'ai suivi, pour la seconde partie de cet aphorisme, l'interprétation de Galien (p. 535 ) et de Théophile (p. 329 ). MM. Pariset et Lallemand traduisent comme si Hippocrate avait dit : « Ceux qui usent d'une mauvaise alimentation sont affaiblis comme ceux qui se purgent en bonne santé. » Le texte, il est vrai, est amphibologique, mais la suite des idées me semble commander l'interprétation de Galien.

(36) Aph. 37. - 36. Ici encore je suis Galien ( p. 536 ) et Théophile, ( p. 330 ). MM. Pariset et Lallemand traduisent : « Sont difficiles à purger. » En général, j'aime à m'en tenir aux interprétations anciennes, surtout à celle de Galien qui était beaucoup plus près que nous des idées d'Hippocrate, et qui pouvait mieux juger de la valeur de ses textes.

(37) Aph. 43. - 37. Celse (p. 60, éd. de Millig), traduit ainsi cet aphorisme : Neque is ad vitam redit, qui ex suspenso spumante ore detractus est. Ce sens est confirmé par Galien ( p. 543) et par Théophile. Cet aphorisme est sans doute une sorte d'exemple donné par Hippocrate pour montrer les dangers de l'asphyxie par quelque cause résidant dans les voies pulmonaires. M. Lallernand traduit « Les pendus et les noyés, » lisant avec quelques éditeurs καταδυωμένων, au lieu de καταλυομένων ; mais, ni les interprètes anciens ni les Mss. n'autorisent ce changement de texte.

(38) Aph. 46. - 38. M. Lallemand traduit : « Quand un travail s'opère, etc. » Il pense qu'Hippocrate attache ordinairement à πόνος l'idée de labor, travail; et il ajoute : « ce qui est vrai de la douleur ne l'est pas moins de tout acte laborieux de l'économie, tant à l'état pathologique qu'à l'état physiologique. C'est ainsi que, de deux maladies, la plus grave entrave la marche de l'autre; c'est ainsi qu'agissent tous les dérivatifs que le travail physiologique de la grossesse suspend la marche de la phtisie ; qu'une digestion laborieuse nuit aux fonctions cérébrales, et réciproquement; qu'un besoin, qu'une passion très énergiques cri font oublier d'autre qui le sont moins . » Ces réflexions sont justes en elles-mêmes, mais on ne saurait les appliquer rigoureusement au texte d'Hippocrate, et les interprètes anciens entendent ici formellement πόνος dans le sens d'ὀδύνη.

(39) Aph. 50. - 39. Galien dit que par la fin de cet aphorisme Hippocrate entend que, si on ne veut pas être incommodé des changements qui peuvent arriver à l'improviste, il ne faut pas rester toujours dans ses habitudes, mais se livrer de temps en temps à des choses inaccoutumées.

(40) Aph. 54. - 40. « Le très heureux sophiste Gésius, commentant cet aphorisme, disait à ses disciples : « Si vous voulez vous convaincre de la vérité des paroles d'Hippocrate, vous n'avez qu'à me considérer. » En effet, dans sa jeunesse, il avait une taille élevée et élégante; mais dans sa vieillesse il était devenu tout courbé. » (Etienne, p. 343.)

Hippocrate Aphorismes Traduction par Charles Victor Daremberg. Charpentier, éditeur, 1844 (p. 348-352).

TROISIÈME SECTION.

Ce sont surtout les vicissitudes des saisons qui engendrent les maladies, et principalement dans les saisons les grandes variations de froid, de chaud et aussi, par la même raison des autres qualités (41).

Parmi les divers naturels, les uns se trouvent bien ou mal de l'été, les autres de l'hiver.

Les maladies, comparativement les unes aux autres et aussi les âges, se trouvent bien ou mal de certaines saisons, de certaines régions, de certains régimes (42).

Dans les saisons, lorsque pendant la même journée il survient [habituellement] tantôt du froid, tantôt du chaud, il faut s'attendre aux maladies automnales.

Le notus (vent du midi) rend l'ouïe obtuse, la vue trouble, la tête pesante, le corps lourd et faible ; quand ce vent domine, on éprouve les mêmes accidents dans les maladies. Si le vent est du nord, il y a des toux, des maux de gorge (43), de la sécheresse du ventre, de la dysurie, de l'horripilation (44), des douleurs de côté et de poitrine ; lorsque ce [vent] domine, il faut s'attendre aux mêmes accidents dans les maladies.

Quand l'été est semblable au printemps, il faut s'attendre à des sueurs abondantes dans les fièvres.

Dans les temps de sécheresse, il survient des fièvres aiguës; et si cette sécheresse persiste pendant une grande partie de l'année, elle produit une constitution telle qu'il faut s'attendre à voir régner de semblables maladies.

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