Aphorismes (page 7)
QUATRIÈME SECTION (suite)
29. Dans les fièvres, quand des frissons se manifestent au sixième jour, la crise est difficile.
30. Chez ceux qui ont des paroxysmes, si la fièvre reprend le lendemain à l'heure à laquelle elle a cessé la veille, la crise est difficile.
31. Chez ceux qui éprouvent un sentiment de lassitude dans les fièvres, il se forme des dépôts (64) sur les articulations et surtout près des mâchoires.
32. Mais chez ceux qui relèvent d'une maladie, s'il y a quelque partie souffrante, c'est là que se forment les dépôts.
33. Également, si quelque partie est souffrante avant la maladie, c'est là que se fixe le mal (65).
34. Chez un individu pris de fièvre, s'il survient de la suffocation sans qu'il y ait de tumeur au pharynx, c'est mortel.
35. Chez un individu pris de fièvre, si le cou se tourne subitement et si la déglutition est très difficile, sans qu'il y ait de tumeur [au cou] (66), c'est mortel.
36. Chez les fébricitants, les sueurs sont bonnes si elles commencent au troisième, au cinquième, au septième, au neuvième, au onzième, au quatorzième, au dix-septième, au vingt et unième, au vingt-septième, au trente et unième, au trente-quatrième jour, car ces sueurs jugent les maladies. Celles qui n'arrivent pas ainsi présagent [la mort], des souffrances, la longueur de la maladie et des rechutes (67).
37. Des sueurs froides avec une fièvre aiguë, présagent la mort ; mais avec une fièvre moins intense, la longueur de la maladie.
38. Le siége de la sueur indique celui de la maladie.
39. Là où se fait sentir la chaleur ou le froid, là est le siége de la maladie.
40. Quand il survient dans tout le corps des changements, soit qu'il se refroidisse et redevienne ensuite chaud, soit qu'il présente tantôt une couleur, tantôt une autre, c'est une preuve que la maladie sera longue.
41. Des sueurs abondantes arrivant pendant le sommeil, sans cause apparente, indiquent que le corps a usé de trop d'aliments. Mais si cela arrive quand on n'a pas pris de nourriture, c'est une preuve qu'on a besoin d'être évacué (68).
42. Des sueurs abondantes, froides ou chaudes et continuelles, annoncent, si elles sont froides, une longue maladie; si elles sont chaudes, une maladie de moindre durée.
43. Les fièvres sans intermission et qui redoublent d'intensité de trois en trois jours, sont très dangereuses; mais si elles ont des intermissions, de quelque façon que ce soit, elles ne présentent point de danger.
44. Chez ceux qui ont des fièvres de long cours, il survient des tumeurs ou des abcès aux articulations (69).
45. Ceux qui, à la suite des fièvres, ont des tumeurs, ou des douleurs aux articulations, prennent trop d'aliments.
46. Si un frisson revient plusieurs fois dans une fièvre qui n'a pas d'intermissions, chez un malade déjà affaibli, c'est mortel.
47. Dans les fièvres qui n'ont pas d'intermissions, les crachats livides sanguinolents, les fétides et les bilieux sont tous mauvais; mais quand ils sortent bien, ils sont bons; il en est de même des déjections alvines et des urines. S'il ne se fait par ces voies aucune évacuation convenable, c'est mauvais (70).
48. Dans les fièvres qui n'ont pas d'intermissions, si l'extérieur est froid, l'intérieur brûlant, et s'il y a de la soif, c'est mortel.
49. Dans une fièvre qui n'a pas d'intermission, si la lèvre, le sourcil, l'oeil, la narine se dévient; si le malade, déjà affaibli, ne voit plus, n'entend plus, quel que soit celui de ces signes qui apparaisse, la mort est proche (71).
50. Lorsque, dans une fièvre qui n'a pas d'intermissions, il survient de la dyspnée et du délire, c'est mortel.
51. Dans les fièvres, les aposthèmes qui ne se dissipent pas aux premières crises, annoncent la longueur de la maladie.
52. Dans les fièvres ou dans les autres maladies, quand on pleure avec motif, cela n'a rien d'inquiétant ; mais quand on pleure sans motif, c'est inquiétant (72).
53. Lorsque dans une fièvre il se dépose sur les dents une matière gluante, la fièvre devient plus intense
54. Quand une toux sèche et peu irritante se prolonge dans les fièvres causales, les malades n'ont pas beaucoup de soif.
55. Les fièvres qui viennent à la suite des bubons, sont toutes mauvaises, excepté les éphémères (73).
56. Chez un fébricitant, quand il survient de la sueur sans que la fièvre s'apaise, c'est mauvais ; car la maladie se prolonge, et c'est un signe d'humidité surabondante (74).
57. La fièvre survenant chez un individu en proie à un spasme ou au tétanos, résout la maladie (75).
58. Chez un individu pris de causus, l'invasion d'un frisson en est la solution.
59. La fièvre tierce régulière se juge en sept périodes au plus tard.
60. Chez les fébricitants, qui ont de la surdité, une hémorragie du nez ou des perturbations du ventre résolvent la maladie.
61. Chez un fébricitant, si ce n'est pas dans les jours critiques (76) que la fièvre s'en va, elle a coutume de récidiver.