Aphorismes (page 8)

Hippocrate · Arts Libéraux

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Fiche de l’œuvre dans le savoir

QUATRIÈME SECTION (suite)

62. Lorsque dans une lièvre on devient ictérique avant le septième jour, c'est mauvais, [à moins qu'il n'y ait des déjections alvines liquides] (77).

63. Quand le frisson vient chaque jour dans les fièvres, chaque jour aussi elles se résolvent.

64. Lorsque dans les fièvres on devient ictérique le septième, le neuvième, [le onzième] on le quatorzième jour, c'est bon, si l'hypocondre droit n'est pas dur; sinon, c'est mauvais (78).

65. Dans les fièvres [aiguës], une chaleur brûlante au ventre et du cardiogme, c'est mauvais.

66. Dans les fièvres aiguës, les spasmes et les fortes douleurs aux viscères [abdominaux], c'est mauvais.

67. Dans les fièvres, les frayeurs (79) ou les spasmes pendant le sommeil, c'est mauvais.

68. Dans les fièvres, la respiration brisée est mauvaise, car elle indique un spasme.

69. Chez les individus qui ne sont pas sans fièvre, des urines d'abord épaisses, grumeuses (80), peu copieuses, devenant ensuite abondantes et ténues, soulagent. Cela arrive surtout quand elles déposent dès le commencement de la maladie, ou bientôt après.

70. Chez les fébricitants, des urines troubles et semblables à celles des bêtes de somme (jumenteuses) indiquent qu'il y a ou qu'il y aura céphalalgie (81).

71. Chez ceux dont la maladie doit se juger [pour leur salut] le septième jour, l'urine présente, au quatrième, un nuage rouge ; et les autres [excrétions critiques] sont comme il convient (82).

72. Chez tous les malades, les urines transparentes et blanches (incolores) sont funestes : elles s'observent surtout chez les phrénétiques (83).

73. Chez tous ceux dont les hypocondres météorisés sont parcourus par des borborygmes, s'il survient une douleur aux lombes, le ventre s'humecte, à moins qu'il ne se fasse une éruption de vents ou une abondante évacuation d'urines. Ces choses arrivent dans les fièvres (84).

74. Quand il y a lieu de craindre un dépôt sur les articulations, un flux d'urines abondantes, très épaisses et blanches, telles qu'on commence à les rendre le quatrième jour, dans certaines fièvres, avec sentiment de lassitude, détourne ce dépôt. S'il survient une hémorragie du nez, elle délivre aussi très promptement.

75. Rendre avec les urines du sang et du pus, indique l'ulcération des reins ou de la vessie (85).

76. Chez ceux qui rendent avec des urines épaisses de petits morceaux de chair ou (86) des corps piliformes, ces matières sont fournies par les reins.

77. Chez ceux qui rendent avec des urines épaisses des matières furfuracées, il existe une affection psorique de la vessie (87).

78. L'apparition spontanée (88) du sang dans les urines, indique la rupture de quelque petite veine des reins.

79. Chez ceux dont les urines déposent des matières sablonneuses, la vessie ou les reins contiennent des pierres (89).

80. Si les urines contiennent du sang et des grumeaux, s'il y a de la strangurie, et s'il survient des douleurs au périnée, à l'hypogastre et au pubis, c'est un signe que la vessie et ses dépendances (90) sont malades.

81. Si on rend avec les urines du sang, du pus et (91) des matières furfuracées, et si elles ont une odeur fétide, c'est une preuve que la vessie est ulcérée.

82. Quand des abcès se forment dans l'urètre, s'ils suppurent et se rompent, c'est la solution [de l'ischurie] (92).

83. D'abondantes évacuations d'urine pendant la nuit annoncent une petite selle.

(53) Aph. 1. - 53. Τὰ δὲ νήπια καὶ πρεσβύτερα κ. τ. λ. Théophile (p. 385) dit : « Il faut savoir qu'Hippocrate appelle νήπια les foetus du 1er mois au 4e, μέσα (moyens) du 4e au 7e, et πρεσβύτερα (plus âgés) du 7e au 9e. »

(54) Aph. 3. - 54. Galien (p. 662), dit que quelques-uns ont transporté ici cet aphorisme du lieu où il se trouvait primitivement (c'est-à-dire de la 1re section, Aph. 2.)

(55) Aph. 4. 55. Le texte vulg. porte φαρμακεύειν τὰς ἄνω. Le texte de Dietz et du manuscrit 1884 ajoute κοιλίας; ce mot manquait dans les exemplaires que Galien avait sous les yeux, car il dit qu'il faut le sous-entendre.

(56) Aph. 8. - 56. Le texte vulg. porte τοὺς δὲ φθινώδεας ὑποστελλομένους τὰς ἄνω. Le texte de. Théophile et d'Étienne (p. 388-389), n'ont pas ces deux derniers mots. Étienne dit même que cet aphorisme est mutilé et qu'il faut sous-entendre καθαίρειν. Van der Lind. lit : τάς ἄνω φαρμακείας : c'est le texte suivi par Galien (IV, 8, p. 666), par Damascius (p. 390) et par Oribase (p. 136).

(57) Aph. 9.- 57. Il ne me semble pas, comme à Lallemand, qu'il faille expliquer la fin de cette sentence par l'aphorisme 22, II, et entendre qu'Hippocrate a conseillé les purgations dans la mélancolie pour remédier à la constipation habituelle dans cette affection, traitant ainsi les contraires par les contraires. Le principe énoncé dans notre aphorisme 9 est le même que celui de l'aphorisme 21, 1, comme Galien (p. 667) l'a très bien compris. En effet, Hippocrate appelle atrabilaires ou mélancoliques ceux qui ont dans les voies inférieures une prédominance de bile noire, et il veut qu'on fasse sortir cette bile par les voies où elle se porte davantage, c'est-à-dire par en bas, ajoutant d'une manière générale que, dans le cas où les humeurs se portent vers les voies supérieures, il faut, d'après le même raisonnement que pour les mélancoliques, faire le contraire de ce qu'on fait pour eux, c'est-à-dire purger par le haut.

(58) Aph. 13. - 58. Le texte vulg., celui de Dietz et le manuscrit 1884 portent προυγραίνειν ; mais il ressort du commentaire de Galien que προ n'existait pas dans les manuscrits qu'il avait sous les yeux, puisqu'il dit qu'il serait bon de l'ajouter.

(59) Aph. 14. - 59. Au lieu de ναυτιλίη (navigation) que porte le texte vulg., quelques-uns, suivant Galien (p. 674), écrivent ναυτίη (mal de mer), ce qui a la même signification.

(60) Aph. 17. - 60. M. Lallemand (p. 82), dit : « Il est remarquable que, dans l'aphorisme 17 et dans le 20e, Hippocrate a bien soin d'insister sur l'absence de la fièvre. En effet, si la fièvre était jointe aux symptômes qu'il énumère, elle indiquerait une inflammation de l'estomac dans le premier cas, des intestins dans le second; et l'on conçoit que les émétiques et les purgatifs seraient alors éminemment dangereux. » Cette remarque est juste au point de vue de la science moderne, mais je ne la crois pas applicable à Hippocrate, qui ne craignait pas de purger dans le cas d'inflammation des organes digestifs, et qui du reste parait faire allusion ici à une surabondance d'humeurs dans les voies intestinales (état saburral).

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