Les Contemplations (page 16)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Contemplations · 32 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Je conviens qu’il est bon, je conviens qu’il est juste

Que mon cœur ait saigné, puisque Dieu l’a voulu !

Je ne résiste plus à tout ce qui m’arrive

Par votre volonté.

L’âme de deuils en deuils, l’homme de rive en rive,

Roule à l’éternité.

Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses ;

L’autre plonge en la nuit d’un mystère effrayant.

L’homme subit le joug sans connaître les causes.

Tout ce qu’il voit est court, inutile et fuyant.

Vous faites revenir toujours la solitude

Autour de tous ses pas.

Vous n’avez pas voulu qu’il eût la certitude

Ni la joie ici-bas !

Dès qu’il possède un bien, le sort le lui retire.

Rien ne lui fut donné, dans ses rapides jours,

Pour qu’il s’en puisse faire une demeure, et dire :

C’est ici ma maison, mon champ et mes amours !

Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voient ;

Il vieillit sans soutiens.

Puisque ces choses sont, c’est qu’il faut qu’elles soient ;

J’en conviens, j’en conviens !

Le monde est sombre, ô Dieu ! l’immuable harmonie

Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;

L’homme n’est qu’un atome en cette ombre infinie,

Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Je sais que vous avez bien autre chose à faire

Que de nous plaindre tous,

Et qu’un enfant qui meurt, désespoir de sa mère,

Ne vous fait rien, à vous !

Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,

Que l’oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;

Que la création est une grande roue

Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu’un ;

Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent,

Passent sous le ciel bleu ;

Il faut que l’herbe pousse et que les enfants meurent ;

Je le sais, ô mon Dieu !

Dans vos cieux, au delà de la sphère des nues,

Au fond de cet azur immobile et dormant,

Peut-être faites-vous des choses inconnues

Où la douleur de l’homme entre comme élément.

Peut-être est-il utile à vos desseins sans nombre

Que des êtres charmants

S’en aillent, emportés par le tourbillon sombre

Des noirs événements.

Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses

Que rien ne déconcerte et que rien n’attendrit.

Vous ne pouvez avoir de subites clémences

Qui dérangent le monde, ô Dieu, tranquille esprit !

Je vous supplie, ô Dieu ! de regarder mon âme,

Et de considérer

Qu’humble comme un enfant et doux comme une femme,

Je viens vous adorer !

Considérez encor que j’avais, dès l’aurore,

Travaillé, combattu, pensé, marché, lutté,

Expliquant la nature à l’homme qui l’ignore,

Éclairant toute chose avec votre clarté ;

Que j’avais, affrontant la haine et la colère,

Fait ma tâche ici-bas,

Que je ne pouvais pas m’attendre à ce salaire,

Que je ne pouvais pas

Prévoir que, vous aussi, sur ma tête qui ploie

Vous appesantiriez votre bras triomphant,

Et que, vous qui voyiez comme j’ai peu de joie,

Vous me reprendriez si vite mon enfant !

Qu’une âme ainsi frappée à se plaindre est sujette,

Que j’ai pu blasphémer,

Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette

Une pierre à la mer !

Considérez qu’on doute, ô mon Dieu ! quand on souffre,

Que l’œil qui pleure trop finit par s’aveugler,

Qu’un être que son deuil plonge au plus noir du gouffre,

Quand il ne vous voit plus, ne peut vous contempler,

Et qu’il ne se peut pas que l’homme, lorsqu’il sombre

Dans les afflictions,

Ait présente à l’esprit la sérénité sombre

Des constellations !

Aujourd’hui, moi qui fus faible comme une mère,

Je me courbe à vos pieds devant vos cieux ouverts.

Je me sens éclairé dans ma douleur amère

Par un meilleur regard jeté sur l’univers.

Seigneur, je reconnais que l’homme est en délire

S’il ose murmurer ;

Je cesse d’accuser, je cesse de maudire,

Mais laissez-moi pleurer !

Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,

Puisque vous avez fait les hommes pour cela !

Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre

Et dire à mon enfant : Sens-tu que je suis là ?

Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,

Le soir, quand tout se tait,

Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,

Cet ange m’écoutait !

Hélas ! vers le passé tournant un œil d’envie,

Sans que rien ici-bas puisse m’en consoler,

Je regarde toujours ce moment de ma vie

Où je l’ai vue ouvrir son aile et s’envoler !

Je verrai cet instant jusqu’à ce que je meure,

L’instant, pleurs superflus !

Où je criai : L’enfant que j’avais tout à l’heure,

Quoi donc ! je ne l’ai plus !

Ne vous irritez pas que je sois de la sorte,

Ô mon Dieu ! cette plaie a si longtemps saigné !

L’angoisse dans mon âme est toujours la plus forte,

Et mon cœur est soumis, mais n’est pas résigné.

Ne vous irritez pas ! fronts que le deuil réclame,

Mortels sujets aux pleurs,

Il nous est malaisé de retirer notre âme

De ces grandes douleurs.

Voyez-vous, nos enfants nous sont bien nécessaires,

Seigneur ; quand on a vu dans sa vie, un matin,

Au milieu des ennuis, des peines, des misères,

Et de l’ombre que fait sur nous notre destin,

Apparaître un enfant, tête chère et sacrée,

Petit être joyeux,

Si beau, qu’on a cru voir s’ouvrir à son entrée

Une porte des cieux ;

Quand on a vu, seize ans, de cet autre soi-même

Croître la grâce aimable et la douce raison,

Lorsqu’on a reconnu que cet enfant qu’on aime

Fait le jour dans notre âme et dans notre maison,

Que c’est la seule joie ici-bas qui persiste

De tout ce qu’on rêva,

Considérez que c’est une chose bien triste

De le voir qui s’en va !

Villequier, 4 septembre 1847.

XVI MORS

Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ.

Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant,

Noir squelette laissant passer le crépuscule.

Dans l’ombre où l’on dirait que tout tremble et recule,

L’homme suivait des yeux les lueurs de la faulx.

Et les triomphateurs sous les arcs triomphaux

Tombaient ; elle changeait en désert Babylone,

Le trône en l’échafaud et l’échafaud en trône,

Les roses en fumier, les enfants en oiseaux,

L’or en cendre, et les yeux des mères en ruisseaux.

Et les femmes criaient : — Rends-nous ce petit être.

Pour le faire mourir, pourquoi l’avoir fait naître ? —

Ce n’était qu’un sanglot sur terre, en haut, en bas ;

Des mains aux doigts osseux sortaient des noirs grabats ;

Un vent froid bruissait dans les linceuls sans nombre ;

Les peuples éperdus semblaient sous la faulx sombre

Un troupeau frissonnant qui dans l’ombre s’enfuit ;

Tout était sous ses pieds deuil, épouvante et nuit.

Derrière elle, le front baigné de douces flammes,

Un ange souriant portait la gerbe d’âmes.

Mars 1854.

XVII CHARLES VACQUERIE

Il ne sera pas dit que ce jeune homme, ô deuil !

Se sera de ses mains ouvert l’affreux cercueil

Où séjourne l’ombre abhorrée,

Hélas ! et qu’il aura lui-même dans la mort

De ses jours généreux, encor pleins jusqu’au bord,

Renversé la coupe dorée,

Et que sa mère, pâle et perdant la raison,

Aura vu rapporter au seuil de sa maison,

Sous un suaire aux plis funèbres,

Ce fils, naguère encor pareil au jour qui naît,

Maintenant blême et froid, tel que la mort venait

De le faire pour les ténèbres ;

Il ne sera pas dit qu’il sera mort ainsi,

Qu’il aura, cœur profond et par l’amour saisi,

Donné sa vie à ma colombe,

Et qu’il l’aura suivie au lieu morne et voilé,

Sans que la voix du père à genoux ait parlé

À cette âme dans cette tombe !

En présence de tant d’amour et de vertu,

Il ne sera pas dit que je me serai tu,

Moi qu’attendent les maux sans nombre !

Que je n’aurai point mis sur sa bière un flambeau,

Et que je n’aurai pas devant son noir tombeau

Fait asseoir une strophe sombre !

N’ayant pu la sauver, il a voulu mourir.

Sois béni, toi qui, jeune, à l’âge où vient s’offrir

L’espérance joyeuse encore,

Pouvant rester, survivre, épuiser tes printemps,

Ayant devant les yeux l’azur de tes vingt ans

Et le sourire de l’aurore,

À tout ce que promet la jeunesse, aux plaisirs,

Aux nouvelles amours, aux oublieux désirs

Par qui toute peine est bannie,

À l’avenir, trésor des jours à peine éclos,

À la vie, au soleil, préféras sous les flots

L’étreinte de cette agonie !

Oh ! quelle sombre joie à cet être charmant

De se voir embrassée au suprême moment

Par ton doux désespoir fidèle !

La pauvre âme a souri dans l’angoisse, en sentant

À travers l’eau sinistre et l’effroyable instant

Que tu t’en venais avec elle !

Leurs âmes se parlaient sous les vagues rumeurs.

— Que fais-tu ? disait-elle. — Et lui disait : — Tu meurs ;

Il faut bien aussi que je meure ! —

Et, les bras enlacés, doux couple frissonnant,

Ils se sont en allés dans l’ombre ; et, maintenant,

On entend le fleuve qui pleure.

Puisque tu fus si grand, puisque tu fus si doux

Que de vouloir mourir, jeune homme, amant, époux,

Qu’à jamais l’aube en ta nuit brille !

Aie à jamais sur toi l’ombre de Dieu penché !

Sois béni sous la pierre où te voilà couché !

Dors, mon fils, auprès de ma fille !

Sois béni ! que la brise et que l’oiseau des bois,

Passants mystérieux, de leur plus douce voix

Te parlent dans ta maison sombre !

Que la source te pleure avec sa goutte d’eau !

Que le frais liseron se glisse en ton tombeau

Comme une caresse de l’ombre !

Oh ! s’immoler, sortir avec l’ange qui sort,

Suivre ce qu’on aima dans l’horreur de la mort,

Dans le sépulcre ou sur les claies,

Donner ses jours, son sang et ses illusions !… —

Jésus baise en pleurant ces saintes actions

Avec les lèvres de ses plaies.

Rien n’égale ici-bas, rien n’atteint sous les cieux

Ces héros, doucement saignants et radieux,

Amour, qui n’ont que toi pour règle ;

Le génie à l’œil fixe, au vaste élan vainqueur,

Lui-même est dépassé par ces essors du cœur ;

L’ange vole plus haut que l’aigle.

Dors ! — Ô mes douloureux et sombres bien-aimés !

Dormez le chaste hymen du sépulcre ! dormez !

Dormez au bruit du flot qui gronde,

Tandis que l’homme souffre, et que le vent lointain

Chasse les noirs vivants à travers le destin,

Et les marins à travers l’onde !

Ou plutôt, car la mort n’est pas un lourd sommeil,

Envolez-vous tous deux dans l’abîme vermeil,

Dans les profonds gouffres de joie,

Où le juste qui meurt semble un soleil levant,

Où la mort au front pâle est comme un lys vivant,

Où l’ange frissonnant flamboie !

Fuyez, mes doux oiseaux ! évadez-vous tous deux

Loin de notre nuit froide et loin du mal hideux !

Franchissez l’éther d’un coup d’aile !

Volez loin de ce monde, âpre hiver sans clarté,

Vers cette radieuse et bleue éternité,

Dont l’âme humaine est l’hirondelle !

Ô chers êtres absents, on ne vous verra plus

Marcher au vert penchant des coteaux chevelus,

Disant tout bas de douces choses !

Dans le mois des chansons, des nids et des lilas,

Vous n’irez plus semant des sourires, hélas !

Vous n’irez plus cueillant des roses !

On ne vous verra plus, dans ces sentiers joyeux,

Errer, et, comme si vous évitiez les yeux

De l’horizon vaste et superbe,

Chercher l’obscur asile et le taillis profond

Où passent des rayons qui tremblent, et qui font

Des taches de soleil sur l’herbe !

Villequier, Caudebec, et tous ces frais vallons,

Ne vous entendront plus vous écrier : — Allons,

Le vent est bon, la Seine est belle ! —

Comme ces lieux charmants vont être pleins d’ennui !

Les hardis goëlands ne diront plus : — C’est lui !

Les fleurs ne diront plus : — C’est elle !

Dieu, qui ferme la vie et rouvre l’idéal,

Fait flotter à jamais votre lit nuptial

Sous le grand dôme aux clairs pilastres ;

En vous prenant la terre, il vous prit les douleurs,

Ce père souriant, pour les champs pleins de fleurs,

Vous donne les cieux remplis d’astres !

Allez des esprits purs accroître la tribu.

De cette coupe amère où vous n’avez pas bu,

Hélas ! nous viderons le reste.

Pendant que nous pleurons, de sanglots abreuvés,

Vous, heureux, enivrés de vous-mêmes, vivez

Dans l’éblouissement céleste !

Vivez ! aimez ! ayez les bonheurs infinis.

Oh ! les anges pensifs, bénissant et bénis,

Savent seuls, sous les sacrés voiles,

Ce qu’il entre d’extase, et d’ombre, et de ciel bleu,

Dans l’éternel baiser de deux âmes que Dieu

Tout à coup change en deux étoiles !

Jersey, 4 septembre 1852.

I À AUG. V.

Et toi, son frère, sois le frère de mes fils.

Cœur fier, qui du destin relèves les défis,

Suis à côté de moi la voie inexorable.

Que ta mère au front gris soit ma sœur vénérable !

Ton frère dort couché dans le sépulcre noir ;

Nous, dans la nuit du sort, dans l’ombre du devoir,

Marchons à la clarté qui sort de cette pierre.

Qu’il dorme, voyant l’aube à travers sa paupière !

Un jour, quand on lira nos temps mystérieux,

Les songeurs attendris promèneront leurs yeux

De toi, le dévouement, à lui, le sacrifice.

Nous habitons du sphinx le lugubre édifice ;

Nous sommes, cœurs liés au morne piédestal,

Tous la fatale énigme et tous le mot fatal.

Ah ! famille ! ah ! douleur ! ô sœur ! ô mère ! ô veuve !

Ô sombres lieux, qu’emplit le murmure du fleuve !

Chaste tombe jumelle au pied du coteau vert !

Poëte, quand mon sort s’est brusquement ouvert,

Tu n’as pas reculé devant les noires portes,

Et, sans pâlir, avec le flambeau que tu portes,

Tes chants, ton avenir que l’absence interrompt,

Et le frémissement lumineux de ton front,

Trouvant la chute belle et le malheur propice,

Calme, tu t’es jeté dans le grand précipice !

Hélas ! c’est par les deuils que nous nous enchaînons.

Ô frères, que vos noms soient mêlés à nos noms !

Dieu vous fait des rayons de toutes nos ténèbres.

Car vous êtes entrés sous nos voûtes funèbres ;

Car vous avez été tous deux vaillants et doux ;

Car vous avez tous deux, vous rapprochant de nous

À l’heure où vers nos fronts roulait le gouffre d’ombre,

Accepté notre sort dans ce qu’il a de sombre,

Et suivi, dédaignant l’abîme et le péril,

Lui, la fille au tombeau, toi, le père à l’exil !

Jersey, Marine-Terrace, 4 septembre 1852.

II AU FILS D’UN POËTE

Enfant, laisse aux mers inquiètes

Le naufragé, tribun ou roi ;

Laisse s’en aller les poëtes !

La poésie est près de toi.

Elle t’échauffe, elle t’inspire,

Ô cher enfant, doux alcyon,

Car ta mère en est le sourire,

Et ton père en est le rayon.

Les yeux en pleurs, tu me demandes

Où je vais, et pourquoi je pars.

Je n’en sais rien ; les mers sont grandes,

L’exil s’ouvre de toutes parts.

Ce que Dieu nous donne, il nous l’ôte.

Adieu, patrie ! adieu, Sion !

Le proscrit n’est pas même un hôte,

Enfant, c’est une vision.

Il entre, il s’assied, puis se lève,

Reprend son bâton et s’en va.

Sa vie erre de grève en grève

Sous le souffle de Jéhovah.

Il fuit sur les vagues profondes,

Sans repos, toujours en avant.

Qu’importe ce qu’en font les ondes !

Qu’importe ce qu’en fait le vent !

Garde, enfant, dans ta jeune tête

Ce souvenir mystérieux ;

Tu l’as vu dans une tempête

Passer comme l’éclair des cieux.

Son âme aux chocs habituée

Traversait l’orage et le bruit.

D’où sortait-il ? De la nuée.

Où s’enfonçait-il ? Dans la nuit.

Bruxelles, juillet 1852.

collectionÉcrit en 1846 Écrit en 1855Victor HugoNelson1911ParisTÉcrit en 1846

III ÉCRIT EN 1846

« … Je vous ai vu enfant, monsieur, chez votre respectable mère, et nous sommes même un peu parents, je crois. J’ai applaudi à vos premières odes, la Vendée, Louis XVII… Dès 1827, dans votre ode dite À la colonne, vous désertiez les saines doctrines, vous abjuriez la légitimité ; la faction libérale battait des mains à votre apostasie. J’en gémissais… Vous êtes aujourd’hui, monsieur, en démagogie pure, en plein jacobinisme. Votre discours d’anarchiste sur les affaires de Gallicie est plus digne du tréteau d’une Convention que de la tribune d’une Chambre des pairs. Vous en êtes à la Carmagnole… Vous vous perdez, je vous le dis. Quelle est donc votre ambition ? Depuis ces beaux jours de votre adolescence monarchique, qu’avez-vous fait ? où allez-vous ?… »

(Le marquis de C. d’E. — Lettre à Victor Hugo.

Paris, 1846.)

I

Marquis, je m’en souviens, vous veniez chez ma mère.

Vous me faisiez parfois réciter ma grammaire ;

Vous m’apportiez toujours quelque bonbon exquis ;

Et nous étions cousins quand on était marquis.

Vous étiez vieux, j’étais enfant ; contre vos jambes

Vous me preniez, et puis, entre deux dithyrambes

En l’honneur de Coblentz et des rois, vous contiez

Quelque histoire de loups, de peuples châtiés,

D’ogres, de jacobins, authentique et formelle,

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