Les Contemplations (page 20)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Contemplations · 32 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Les passants, éclatant en strophes, en refrains,

Ayant leurs doux instincts de liberté pour freins,

Du Louvre au Champ de Mars, de Chaillot à la Grève,

Fourmillaient ; et, pendant que mon esprit, qui rêve

Dans la sereine nuit des penseurs étoilés,

Et dresse ses rameaux à leurs lueurs mêlés,

S’ouvrait à tous ces cris charmants comme l’aurore,

À toute cette ivresse innocente et sonore,

Paisibles, se penchant, noirs et tout semés d’yeux,

Sous le ciel constellé, sur le peuple joyeux,

Les grands arbres pensifs des vieux Champs-Élysées,

Pleins d’astres, consentaient à s’emplir de fusées.

Et j’allais, et mon cœur chantait ; et les enfants

Embarrassaient mes pas de leurs jeux triomphants,

Où s’épanouissaient les mères de famille ;

Le frère avec la sœur, le père avec la fille,

Causaient ; je contemplais tous ces hauts monuments

Qui semblent au songeur rayonnants ou fumants,

Et qui font de Paris la deuxième des Romes ;

J’entendais près de moi rire les jeunes hommes,

Et les graves vieillards dire : Je me souviens. —

Ô patrie ! ô concorde entre les citoyens !

Marine-Terrace, juillet 1855.

XVII MUGITUSQUE BOUM

Mugissement des bœufs, au temps du doux Virgile,

Comme aujourd’hui, le soir, quand fuit la nue agile,

Ou, le matin, quand l’aube aux champs extasiés

Verse à flots la rosée et le jour, vous disiez :

— Mûrissez, blés mouvants ! prés, emplissez-vous d’herbes !

Que la terre, agitant son panache de gerbes,

Chante dans l’onde d’or d’une riche moisson !

Vis, bête ; vis, caillou ; vis, homme ; vis, buisson !

À l’heure où le soleil se couche, où l’herbe est pleine

Des grands fantômes noirs des arbres de la plaine

Jusqu’aux lointains coteaux rampant et grandissant,

Quand le brun laboureur des collines descend

Et retourne à son toit d’où sort une fumée,

Que la soif de revoir sa femme bien-aimée

Et l’enfant qu’en ses bras hier il réchauffait,

Que ce désir, croissant à chaque pas qu’il fait,

Imite dans son cœur l’allongement de l’ombre !

Êtres ! choses ! vivez ! sans peur, sans deuil, sans nombre !

Que tout s’épanouisse en sourire vermeil !

Que l’homme ait le repos et le bœuf le sommeil !

Vivez ! croissez ! semez le grain à l’aventure !

Qu’on sente frissonner dans toute la nature,

Sous la feuille des nids, au seuil blanc des maisons,

Dans l’obscur tremblement des profonds horizons,

Un vaste emportement d’aimer, dans l’herbe verte,

Dans l’antre, dans l’étang, dans la clairière ouverte,

D’aimer sans fin, d’aimer toujours, d’aimer encor,

Sous la sérénité des sombres astres d’or !

Faites tressaillir l’air, le flot, l’aile, la bouche,

Ô palpitations du grand amour farouche !

Qu’on sente le baiser de l’être illimité !

Et, paix, vertu, bonheur, espérance, bonté,

Ô fruits divins, tombez des branches éternelles ! —

Ainsi vous parliez, voix, grandes voix solennelles ;

Et Virgile écoutait comme j’écoute, et l’eau

Voyait passer le cygne auguste, et le bouleau

Le vent, et le rocher l’écume, et le ciel sombre

L’homme… Ô nature ! abîme ! immensité de l’ombre !

Marine-Terrace, juillet 1855.

XVIII APPARITION

Je vis un ange blanc qui passait sur ma tête ;

Son vol éblouissant apaisait la tempête,

Et faisait taire au loin la mer pleine de bruit.

— Qu’est-ce que tu viens faire, ange, dans cette nuit ?

Lui dis-je. — Il répondit : — Je viens prendre ton âme. —

Et j’eus peur, car je vis que c’était une femme ;

Et je lui dis, tremblant et lui tendant les bras :

— Que me restera-t-il ? car tu t’envoleras. —

Il ne répondit pas ; le ciel que l’ombre assiège

S’éteignait… — Si tu prends mon âme, m’écriai-je,

Où l’emporteras-tu ? montre-moi dans quel lieu. —

Il se taisait toujours. — Ô passant du ciel bleu,

Es-tu la mort ? lui dis-je, ou bien es-tu la vie ? —

Et la nuit augmentait sur mon âme ravie,

Et l’ange devint noir, et dit : — Je suis l’amour.

Mais son front sombre était plus charmant que le jour,

Et je voyais, dans l’ombre où brillaient ses prunelles,

Les astres à travers les plumes de ses ailes.

Jersey, septembre 1855.

XIX AU POËTE QUI M’ENVOIE UNE PLUME D’AIGLE

Oui, c’est une heure solennelle !

Mon esprit en ce jour serein

Croit qu’un peu de gloire éternelle

Se mêle au bruit contemporain,

Puisque, dans mon humble retraite,

Je ramasse, sans me courber,

Ce qu’y laisse choir le poëte,

Ce que l’aigle y laisse tomber !

Puisque sur ma tête fidèle

Ils ont jeté, couple vainqueur,

L’un, une plume de son aile,

L’autre, une strophe de son cœur !

Oh ! soyez donc les bienvenues,

Plume ! strophe ! envoi glorieux !

Vous avez erré dans les nues,

Vous avez plané dans les cieux !

11 décembre.

XX CÉRIGO

I

Tout homme qui vieillit est ce roc solitaire

Et triste, Cérigo, qui fut jadis Cythère,

Cythère aux nids charmants, Cythère aux myrtes verts,

La conque de Cypris sacrée au sein des mers.

La vie auguste, goutte à goutte, heure par heure,

S’épand sur ce qui passe et sur ce qui demeure ;

Là-bas, la Grèce brille agonisante, et l’œil

S’emplit en la voyant de lumière et de deuil ;

La terre luit ; la nue est de l’encens qui fume ;

Des vols d’oiseaux de mer se mêlent à l’écume ;

L’azur frissonne ; l’eau palpite ; et les rumeurs

Sortent des vents, des flots, des barques, des rameurs ;

Au loin court quelque voile hellène ou candiote.

Cythère est là, lugubre, épuisée, idiote,

Tête de mort du rêve amour, et crâne nu

Du plaisir, ce chanteur masqué, spectre inconnu.

C’est toi ? qu’as-tu donc fait de ta blanche tunique ?

Cache ta gorge impure et ta laideur cynique,

Ô sirène ridée et dont l’hymne s’est tu !

Où donc êtes-vous, âme ? étoile, où donc es-tu ?

L’île qu’on adorait de Lemnos à Lépante,

Où se tordait d’amour la chimère rampante,

Où la brise baisait les arbres frémissants,

Où l’ombre disait : j’aime ! où l’herbe avait des sens,

Qu’en a-t-on fait ? où donc sont-ils, où donc sont-elles,

Eux, les olympiens, elles, les immortelles ?

Où donc est Mars ? où donc Éros ? où donc Psyché ?

Où donc le doux oiseau bonheur, effarouché ?

Qu’en as-tu fait, rocher, et qu’as-tu fait des roses ?

Qu’as-tu fait des chansons dans les soupirs écloses,

Des danses, des gazons, des bois mélodieux,

De l’ombre que faisait le passage des dieux ?

Plus d’autels ; ô passé ! splendeurs évanouies !

Plus de vierges au seuil des antres éblouies ;

Plus d’abeilles buvant la rosée et le thym.

Mais toujours le ciel bleu. C’est-à-dire, ô destin !

Sur l’homme, jeune ou vieux, harmonie ou souffrance,

Toujours la même mort et la même espérance.

Cérigo, qu’as-tu fait de Cythère ? Nuit ! deuil !

L’éden s’est éclipsé, laissant à nu l’écueil.

Ô naufragée, hélas ! c’est donc là que tu tombes !

Les hiboux même ont peur de l’île des colombes.

Île, ô toi qu’on cherchait ! ô toi que nous fuyons,

Ô spectre des baisers, masure des rayons,

Tu t’appelles oubli ! tu meurs, sombre captive !

Et, tandis qu’abritant quelque yole furtive,

Ton cap, où rayonnaient les temples fabuleux,

Voit passer à son ombre et sur les grands flots bleus

Le pirate qui guette ou le pêcheur d’éponges

Qui rôde, à l’horizon Vénus fuit dans les songes.

II

Vénus ! que parles-tu de Vénus ? elle est là.

Lève les yeux. Le jour où Dieu la dévoila

Pour la première fois dans l’aube universelle,

Elle ne brillait pas plus qu’elle n’étincelle.

Si tu veux voir l’étoile, homme, lève les yeux.

L’île des mers s’éteint, mais non l’île des cieux ;

Les astres sont vivants et ne sont pas des choses

Qui s’effeuillent, un soir d’été, comme les roses.

Oui, meurs, plaisir ; mais vis, amour ! Ô vision,

Flambeau, nid de l’azur dont l’ange est l’alcyon,

Beauté de l’âme humaine et de l’âme divine,

Amour, l’adolescent dans l’ombre te devine,

Ô splendeur ! et tu fais le vieillard lumineux.

Chacun de tes rayons tient un homme en ses nœuds.

Oh ! vivez et brillez dans la brume qui tremble,

Hymens mystérieux, cœurs vieillissants ensemble,

Malheurs de l’un par l’autre avec joie adoptés,

Dévouement, sacrifice, austères voluptés,

Car vous êtes l’amour, la lueur éternelle,

L’astre sacré que voit l’âme, sainte prunelle,

Le phare de toute heure, et, sur l’horizon noir,

L’étoile du matin et l’étoile du soir !

Ce monde inférieur, où tout rampe et s’altère,

A ce qui disparaît et s’efface, Cythère,

Le jardin qui se change en rocher aux flancs nus ;

La terre a Cérigo, mais le ciel a Vénus.

Juin 1855.

XXI À PAUL M.

AUTEUR DU DRAME « PARIS »

Tu graves au fronton sévère de ton œuvre

Un nom proscrit que mord en sifflant la couleuvre ;

Au malheur, dont le flanc saigne et dont l’œil sourit,

À la proscription, et non pas au proscrit,

— Car le proscrit n’est rien que de l’ombre, moins noire

Que l’autre ombre qu’on nomme éclat, bonheur, victoire ; —

À l’exil pâle et nu, cloué sur des débris,

Tu donnes ton grand drame où vit le grand Paris,

Cette cité de feu, de nuit, d’airain, de verre,

Et tu fais saluer par Rome le Calvaire.

Sois loué, doux penseur, toi qui prends dans ta main

Le passé, l’avenir, tout le progrès humain,

La lumière, l’histoire, et la ville, et la France,

Tous les dictames saints qui calment la souffrance,

Raison, justice, espoir, vertu, foi, vérité,

Le parfum poésie et le vin liberté,

Et qui sur le vaincu, cœur meurtri, noir fantôme,

Te penches, et répands l’idéal comme un baume !

Paul, il me semble, grâce à ce fier souvenir

Dont tu viens nous bercer, nous sacrer, nous bénir,

Que dans ma plaie, où dort la douleur, ô poëte,

Je sens de la charpie avec un drapeau faite.

Marine-Terrace, août 1855.

XXII

Je payai le pêcheur qui passa son chemin,

Et je pris cette bête horrible dans ma main ;

C’était un être obscur comme l’onde en apporte,

Qui, plus grand, serait hydre, et, plus petit, cloporte ;

Sans forme comme l’ombre, et, comme Dieu, sans nom.

Il ouvrait une bouche affreuse ; un noir moignon

Sortait de son écaille ; il tâchait de me mordre ;

Dieu, dans l’immensité formidable de l’ordre,

Donne une place sombre à ces spectres hideux.

Il tâchait de me mordre, et nous luttions tous deux ;

Ses dents cherchaient mes doigts qu’effrayait leur approche ;

L’homme qui me l’avait vendu tourna la roche ;

Comme il disparaissait, le crabe me mordit ;

Je lui dis : Vis ! et sois béni, pauvre maudit !

Et je le rejetai dans la vague profonde,

Afin qu’il allât dire à l’océan qui gronde,

Et qui sert au soleil de vase baptismal,

Que l’homme rend le bien au monstre pour le mal.

Jersey, grève d’Azette, juillet 1855.

XXIII PASTEURS ET TROUPEAUX

À MADAME LOUISE C.

Le vallon où je vais tous les jours est charmant,

Serein, abandonné, seul sous le firmament,

Plein de ronces en fleurs ; c’est un sourire triste.

Il vous fait oublier que quelque chose existe,

Et, sans le bruit des champs remplis de travailleurs,

On ne saurait plus là si quelqu’un vit ailleurs.

Là, l’ombre fait l’amour ; l’idylle naturelle

Rit ; le bouvreuil avec le verdier s’y querelle,

Et la fauvette y met de travers son bonnet ;

C’est tantôt l’aubépine et tantôt le genêt ;

De noirs granits bourrus, puis des mousses riantes ;

Car Dieu fait un poëme avec des variantes ;

Comme le vieil Homère, il rabâche parfois,

Mais c’est avec les fleurs, les monts, l’onde et les bois !

Une petite mare est là, ridant sa face,

Prenant des airs de flot pour la fourmi qui passe,

Ironie étalée au milieu du gazon,

Qu’ignore l’océan grondant à l’horizon.

J’y rencontre parfois sur la roche hideuse

Un doux être ; quinze ans, yeux bleus, pieds nus, gardeuse

De chèvres, habitant, au fond d’un ravin noir,

Un vieux chaume croulant qui s’étoile le soir ;

Ses sœurs sont au logis et filent leur quenouille ;

Elle essuie aux roseaux ses pieds que l’étang mouille ;

Chèvres, brebis, béliers, paissent ; quand, sombre esprit,

J’apparais, le pauvre ange a peur, et me sourit ;

Et moi, je la salue, elle étant l’innocence.

Ses agneaux, dans le pré plein de fleurs qui l’encense,

Bondissent, et chacun, au soleil s’empourprant,

Laisse aux buissons, à qui la bise le reprend,

Un peu de sa toison, comme un flocon d’écume.

Je passe ; enfant, troupeau, s’effacent dans la brume ;

Le crépuscule étend sur les longs sillons gris

Ses ailes de fantôme et de chauve-souris ;

J’entends encore au loin dans la plaine ouvrière

Chanter derrière moi la douce chevrière,

Et, là-bas, devant moi, le vieux gardien pensif

De l’écume, du flot, de l’algue, du récif,

Et des vagues sans trêve et sans fin remuées,

Le pâtre promontoire au chapeau de nuées,

S’accoude et rêve au bruit de tous les infinis,

Et, dans l’ascension des nuages bénis,

Regarde se lever la lune triomphale,

Pendant que l’ombre tremble, et que l’âpre rafale

Disperse à tous les vents avec son souffle amer

La laine des moutons sinistres de la mer.

Jersey, Grouville, avril 1855.

XXIV

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.

Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,

Que l’aigle connaît seul et peut seul approcher,

Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.

L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;

Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire

Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,

À l’endroit où s’était englouti le soleil,

La sombre nuit bâtir un porche de nuées.

Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;

Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,

Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.

J’ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée.

Elle est pâle, et n’a pas de corolle embaumée,

Sa racine n’a pris sur la crête des monts

Que l’amère senteur des glauques goëmons ;

Moi, j’ai dit : Pauvre fleur, du haut de cette cime,

Tu devais t’en aller dans cet immense abîme

Où l’algue et le nuage et les voiles s’en vont.

Va mourir sur un cœur, abîme plus profond.

Fane-toi sur ce sein en qui palpite un monde.

Le ciel, qui te créa pour t’effeuiller dans l’onde,

Te fit pour l’océan, je te donne à l’amour. —

Le vent mêlait les flots ; il ne restait du jour

Qu’une vague lueur, lentement effacée.

Oh ! comme j’étais triste au fond de ma pensée

Tandis que je songeais, et que le gouffre noir

M’entrait dans l’âme avec tous les frissons du soir !

Île de Serk, août 1855.

XXV

Ô strophe du poëte, autrefois, dans les fleurs,

Jetant mille baisers à leurs mille couleurs,

Tu jouais, et d’avril tu pillais la corbeille ;

Papillon pour la rose et pour la ruche abeille,

Tu semais de l’amour et tu faisais du miel ;

Ton âme bleue était presque mêlée au ciel ;

Ta robe était d’azur et ton œil de lumière ;

Tu criais aux chansons, tes sœurs : — Venez ! chaumière,

Hameau, ruisseau, forêt, tout chante. L’aube a lui ! —

Et, douce, tu courais et tu riais. Mais lui,

Le sévère habitant de la blême caverne

Qu’en haut le jour blanchit, qu’en bas rougit l’averne,

Le poëte qu’ont fait avant l’heure vieillard

La douleur dans la vie et le drame dans l’art,

Lui, le chercheur du gouffre obscur, le chasseur d’ombres,

Il a levé la tête un jour hors des décombres,

Et t’a saisie au vol dans l’herbe et dans les blés,

Et, malgré tes effrois et tes cris redoublés,

Toute en pleurs, il t’a prise à l’idylle joyeuse ;

Il t’a ravie aux champs, à la source, à l’yeuse,

Aux amours dans les bois près des nids palpitants

Et maintenant, captive et reine en même temps,

Prisonnière au plus noir de son âme profonde,

Parmi les visions qui flottent comme l’onde,

Sous son crâne à fois céleste et souterrain,

Assise, et t’accoudant sur un trône d’airain,

Voyant dans ta mémoire, ainsi qu’une ombre vaine

Fuir l’éblouissement du jour et de la plaine,

Par le maître gardée, et calme, et sans espoir,

Tandis que, près de toi, les drames, groupe noir,

Des sombres passions feuillettent le registre,

Tu rêves dans sa nuit, Proserpine sinistre.

Jersey, novembre 1854.

XXVI LES MALHEUREUX

À MES ENFANTS

Puisque déjà l’épreuve aux luttes vous convie,

Ô mes enfants ! parlons un peu de cette vie.

Je me souviens qu’un jour, marchant dans un bois noir

Où des ravins creusaient un farouche entonnoir,

Dans un de ces endroits où sous l’herbe et la ronce

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