Les Feuilles d’automne (page 2)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Feuilles d’automne · 2 pages

22 janvier 1830.

III RÊVERIE D’UN PASSANT À PROPOS D’UN ROI.

Præbete aures, vos qui continetis multitudines et placetis vobis in turbis nationum, quoniam non custodistis legem justitiæ, neque secundum voluntatem Dei ambulastis.

Sap. vi.

Voitures et chevaux à grand bruit, l’autre jour,

Menaient le roi de Naple au gala de la cour.

J’étais au Carrousel, passant, avec la foule

Qui par ses trois guichets incessamment s’écoule

Et traverse ce lieu quatre cents fois par an

Pour regarder un prince ou voir l’heure au cadran.

Je suivais lentement, comme l’onde suit l’onde,

Tout ce peuple, songeant qu’il était dans le monde,

Certes, le fils aîné du vieux peuple romain,

Et qu’il avait un jour, d’un revers de sa main,

Déraciné du sol les tours de la Bastille.

Je m’arrêtai : le suisse avait fermé la grille.

Et le tambour battait, et parmi les bravos

Passait chaque voiture avec ses huit chevaux.

La fanfare emplissait la vaste cour, jonchée

D’officiers redressant leur tête empanachée ;

Et les royaux coursiers marchaient sans s’étonner,

Fiers de voir devant eux des drapeaux s’incliner.

Or, attentive au bruit, une femme, une vieille,

En haillons, et portant au bras quelque corbeille,

Branlant son chef ridé, disait à haute voix :

— Un roi ! sous l’empereur, j’en ai tant vu, des rois !

Alors je ne vis plus des voitures dorées

La haute impériale et les rouges livrées,

Et, tandis que passait et repassait cent fois

Tout ce peuple inquiet, plein de confuses voix,

Je rêvai. Cependant la vieille vers la Grève

Poursuivait son chemin en me laissant mon rêve,

Comme l’oiseau qui va, dans la forêt lâché,

Laisse trembler la feuille où son aile a touché.

Oh ! disais-je, la main sur mon front étendue,

Philosophie, au bas du peuple descendue !

Des petits sur les grands grave et hautain regard !

Où ce peuple est venu, le peuple arrive tard ;

Mais il est arrivé. Le voilà qui dédaigne !

Il n’est rien qu’il admire, ou qu’il aime, ou qu’il craigne.

Il sait tirer de tout d’austères jugements,

Tant le marteau de fer des grands événements

A, dans ces durs cerveaux qu’il façonnait sans cesse,

Comme un coin dans le chêne enfoncé la sagesse !

Il s’est dit tant de fois : — Où le monde en est-il ?

Que font les rois ? à qui le trône ? à qui l’exil ? —

Qu’il médite aujourd’hui, comme un juge suprême,

Sachant la fin de tout, se croyant en soi-même

Assez fort pour tout voir et pour tout épargner,

Lui qu’on n’exile pas et qui laisse régner !

La cour est en gala, pendant qu’au-dessous d’elle,

Comme sous le vaisseau l’Océan qui chancelle,

Sans cesse remué, gronde un peuple profond

Dont nul regard de roi ne peut sonder le fond.

Démence et trahison qui disent sans relâche :

— Ô rois, vous êtes rois ! confiez votre tâche

Aux mille bras dorés qui soutiennent vos pas.

Dormez, n’apprenez point et ne méditez pas,

De peur que votre front, qu’un prestige environne,

Fasse en s’élargissant éclater la couronne ! —

Ô rois, veillez, veillez ! tâchez d’avoir régné.

Ne nous reprenez pas ce qu’on avait gagné ;

Ne faites point, des coups d’une bride rebelle,

Cabrer la liberté qui vous porte avec elle ;

Soyez de votre temps, écoutez ce qu’on dit,

Et tâchez d’être grands, car le peuple grandit.

Écoutez ! écoutez, à l’horizon immense,

Ce bruit qui parfois tombe et soudain recommence,

Ce murmure confus, ce sourd frémissement

Qui roule, et qui s’accroît de moment en moment.

C’est le peuple qui vient ! c’est la haute marée

Qui monte incessamment, par son astre attirée.

Chaque siècle, à son tour, qu’il soit d’or ou de fer,

Dévoré comme un cap sur qui monte la mer,

Avec ses lois, ses mœurs, les monuments qu’il fonde,

Vains obstacles qui font à peine écumer l’onde,

Avec tout ce qu’on vit et qu’on ne verra plus,

Disparaît sous ce flot qui n’a pas de reflux.

Le sol toujours s’en va, le flot toujours s’élève.

Malheur à qui le soir s’attarde sur la grève,

Et ne demande pas au pêcheur qui s’enfuit

D’où vient qu’à l’horizon l’on entend ce grand bruit !

Rois, hâtez-vous ! — rentrez dans le siècle où nous sommes,

Quittez l’ancien rivage ! — À cette mer des hommes

Faites place, ou voyez si vous voulez périr

Sur le siècle passé que son flot doit couvrir !

Ainsi ce qu’en passant avait dit cette femme

Remuait mes pensers dans le fond de mon âme,

Quand un soldat soudain, du poste détaché,

Me cria : — Compagnon, le soleil est couché.

18 mai 1830.

XXXV SOLEILS COUCHANTS.

Merveilleux tableaux que la vue découvre à la pensée.

Ch. Nodier.

I

J’aime les soirs sereins et beaux, j’aime les soirs,

Soit qu’ils dorent le front des antiques manoirs

Ensevelis dans les feuillages ;

Soit que la brume au loin s’allonge en bancs de feu ;

Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu

À des archipels de nuages.

Oh ! regardez le ciel ! cent nuages mouvants,

Amoncelés là-haut sous le souffle des vents,

Groupent leurs formes inconnues ;

Sous leurs flots par moments flamboie un pâle éclair,

Comme si tout à coup quelque géant de l’air

Tirait son glaive dans les nues.

Le soleil, à travers leurs ombres, brille encor ;

Tantôt fait, à l’égal des larges dômes d’or,

Luire le toit d’une chaumière ;

Ou dispute aux brouillards les vagues horizons ;

Ou découpe, en tombant sur les sombres gazons,

Comme de grands lacs de lumière.

Puis voilà qu’on croit voir, dans le ciel balayé,

Pendre un grand crocodile au dos large et rayé,

Aux trois rangs de dents acérées ;

Sous son ventre plombé glisse un rayon du soir ;

Cent nuages ardents luisent sous son flanc noir

Comme des écailles dorées.

Puis se dresse un palais ; puis l’air tremble, et tout fuit.

L’édifice effrayant des nuages détruit

S’écroule en ruines pressées ;

Il jonche au loin le ciel, et ses cônes vermeils

Pendent, la pointe en bas, sur nos têtes, pareils

À des montagnes renversées.

Ces nuages de plomb, d’or, de cuivre, de fer,

Où l’ouragan, la trombe, et la foudre, et l’enfer

Dorment avec de sourds murmures,

C’est Dieu qui les suspend en foule aux cieux profonds,

Comme un guerrier qui pend aux poutres des plafonds

Ses retentissantes armures.

Tout s’en va ! Le soleil, d’en haut précipité,

Comme un globe d’airain qui, rouge, est rejeté

Dans les fournaises remuées,

En tombant sur leurs flots que son choc désunit

Fait en flocons de feu jaillir jusqu’au zénith

L’ardente écume des nuées.

Oh ! contemplez le ciel ! et dès qu’a fui le jour,

En tout temps, en tout lieu, d’un ineffable amour,

Regardez à travers ses voiles ;

Un mystère est au fond de leur grave beauté,

L’hiver, quand ils sont noirs comme un linceul, l’été,

Quand la nuit les brode d’étoiles.

Novembre 1828.

II

Le jour s’enfuit des cieux : sous leur transparent voile

De moments en moments se hasarde une étoile ;

La nuit, pas à pas, monte au trône obscur des soirs ;

Un coin du ciel est brun, l’autre lutte avec l’ombre ;

Et déjà, succédant au couchant rouge et sombre,

Le crépuscule gris meurt sur les coteaux noirs.

Et là-bas, allumant ses vitres étoilées,

Avec sa cathédrale aux flèches dentelées,

Les tours de son palais, les tours de sa prison,

Avec ses hauts clochers, sa bastille obscurcie,

Posée au bord du ciel comme une longue scie,

La ville aux mille toits découpe l’horizon.

Oh ! qui m’emportera sur quelque tour sublime

D’où la cité sous moi s’ouvre comme un abîme !

Que j’entende, écoutant la ville où nous rampons,

Mourir sa vaste voix, qui semble un cri de veuve,

Et qui, le jour, gémit plus haut que le grand fleuve,

Le grand fleuve irrité luttant contre vingt ponts !

Que je voie, à mes yeux en fuyant apparues,

Les étoiles des chars se croiser dans les rues,

Et serpenter le peuple en l’étroit carrefour,

Et tarir la fumée au bout des cheminées,

Et, glissant sur le front des maisons blasonnées,

Cent clartés naître, luire et passer tour à tour !

Que la vieille cité, devant moi, sur sa couche

S’étende, qu’un soupir s’échappe de sa bouche,

Comme si de fatigue on l’entendait gémir !

Que, veillant seul, debout sur son front que je foule,

Avec mille bruits sourds d’océan et de foule,

Je regarde à mes pieds la géante dormir !

23 juillet 1828.

III

Plus loin ! allons plus loin ! — Aux feux du couchant sombre,

J’aime à voir dans les champs croître et marcher mon ombre.

Et puis, la ville est là ! je l’entends, je la voi.

Pour que j’écoute en paix ce que dit ma pensée,

Ce Paris, à la voix cassée,

Bourdonne encor trop près de moi.

Je veux fuir assez loin pour qu’un buisson me cache

Ce brouillard, que son front porte comme un panache,

Ce nuage éternel sur ses tours arrêté ;

Pour que du moucheron, qui bruit et qui passe,

L’humble et grêle murmure efface

La grande voix de la cité !

26 août 1828.

IV

Oh ! sur des ailes, dans les nues

Laissez-moi fuir ! laissez-moi fuir !

Loin des régions inconnues

C’est assez rêver et languir !

Laissez-moi fuir vers d’autres mondes.

C’est assez, dans les nuits profondes,

Suivre un phare, chercher un mot.

C’est assez de songe et de doute.

Cette voix que d’en bas j’écoute,

Peut-être on l’entend mieux là-haut.

Allons ! des ailes ou des voiles !

Allons ! un vaisseau tout armé !

Je veux voir les autres étoiles

Et la croix du sud enflammé.

Peut-être dans cette autre terre

Trouve-t-on la clef du mystère

Caché sous l’ordre universel ;

Et peut-être aux fils de la lyre

Est-il plus facile de lire

Dans cette autre page du ciel !

Août 1828.

V

Quelquefois, sous les plis des nuages trompeurs,

Loin dans l’air, à travers les brèches des vapeurs

Par le vent du soir remuées,

Derrière les derniers brouillards, plus loin encor,

Apparaissent soudain les mille étages d’or

D’un édifice de nuées ;

Et l’œil épouvanté, par delà tous nos cieux,

Sur une île de l’air au vol audacieux,

Dans l’éther libre aventurée,

L’œil croit voir jusqu’au ciel monter, monter toujours,

Avec ses escaliers, ses ponts, ses grandes tours,

Quelque Babel démesurée.

Septembre 1828.

VI

Le soleil s’est couché ce soir dans les nuées.

Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ;

Puis l’aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;

Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule

Sur la face des mers, sur la face des monts,

Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule

Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,

Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts

S’iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes

Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,

Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,

Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête,

Sans que rien manque au monde, immense et radieux !

22 avril 1829.

XXX

à joseph, comte de s.

SOUVENIR D’ENFANCE.

Cuncta supercilio.

Horace.

Dans une grande fête, un jour, au Panthéon,

J’avais sept ans, je vis passer Napoléon.

Pour voir cette figure illustre et solennelle,

Je m’étais échappé de l’aile maternelle ;

Car il tenait déjà mon esprit inquiet.

Mais ma mère aux doux yeux, qui souvent s’effrayait

En m’entendant parler guerre, assauts et bataille,

Craignait pour moi la foule, à cause de ma taille.

Et ce qui me frappa, dans ma sainte terreur,

Quand au front du cortège apparut l’empereur,

Tandis que les enfants demandaient à leurs mères

Si c’est là ce héros dont on fait cent chimères,

Ce ne fut pas de voir tout ce peuple à grand bruit

Le suivre comme on suit un phare dans la nuit,

Et se montrer de loin sur sa tête suprême

Ce chapeau tout usé plus beau qu’un diadème,

Ni, pressés sur ses pas, dix vassaux couronnés

Regarder en tremblant ses pieds éperonnés,

Ni ses vieux grenadiers, se faisant violence,

Des cris universels s’enivrer en silence ;

Non, tandis qu’à genoux la ville tout en feu,

Joyeuse comme on est lorsqu’on n’a qu’un seul vœu,

Qu’on n’est qu’un même peuple et qu’ensemble on respire,

Chantait en chœur : Veillons au salut de l’empire !

Ce qui me frappa, dis-je, et me resta gravé,

Même après que le cri sur sa route élevé

Se fut évanoui dans ma jeune mémoire,

Ce fut de voir, parmi ces fanfares de gloire,

Dans le bruit qu’il faisait, cet homme souverain

Passer, muet et grave, ainsi qu’un dieu d’airain !

Et le soir, curieux, je le dis à mon père,

Pendant qu’il défaisait son vêtement de guerre,

Et que je me jouais sur son dos indulgent

De l’épaulette d’or aux étoiles d’argent.

Mon père secoua la tête sans réponse.

Mais souvent une idée en notre esprit s’enfonce ;

Ce qui nous a frappés nous revient par moments,

Et l’enfance naïve a ses étonnements.

Le lendemain, pour voir le soleil qui s’incline,

J’avais suivi mon père du haut de la colline

Qui domine Paris du côté du levant,

Et nous allions tous deux, lui pensant, moi rêvant.

Cet homme en mon esprit restait comme un prodige,

Et, parlant à mon père : « Ô mon père, lui dis-je,

Pourquoi notre empereur, cet envoyé de Dieu,

Lui qui fait tout mouvoir et qui met tout en feu,

A-t-il ce regard froid et cet air immobile ? »

Mon père dans ses mains prit ma tête débile,

Et, me montrant au loin l’horizon spacieux :

« Vois, mon fils ! cette terre, immobile à tes yeux,

Plus que l’air, plus que l’onde et la flamme, est émue,

Car le germe de tout dans son ventre remue.

Dans ses flancs ténébreux, nuit et jour, en rampant,

Elle sent se plonger la racine, serpent

Qui s’abreuve aux ruisseaux des sèves toujours prêtes,

Et fouille et boit sans cesse avec ses mille têtes.

Mainte flamme y ruisselle, et tantôt lentement

Imbibe le cristal qui devient diamant,

Tantôt, dans quelque mine éblouissante et sombre,

Allume des monceaux d’escarboucles sans nombre,

Ou, s’échappant au jour, plus magnifique encor,

Au front du vieil Etna met une aigrette d’or.

Toujours l’intérieur de la terre travaille.

Son flanc universel incessamment tressaille.

Goutte à goutte, et sans bruit qui réponde à son bruit,

La source de tout fleuve y filtre dans la nuit.

Elle porte à la fois, sur sa face où nous sommes,

Les blés et les cités, les forêts et les hommes.

Vois, tout est vert au loin, tout rit, tout est vivant.

Elle livre le chêne et le brin d’herbe au vent.

Les fruits et les épis la couvrent à cette heure.

Eh bien ! déjà, tandis que ton regard l’effleure,

Dans son sein, que n’épuise aucun enfantement,

Les futures moissons tremblent confusément !

« Ainsi travaille, enfant, l’âme active et féconde

Du poëte qui crée et du soldat qui fonde.

Mais ils n’en font rien voir. De la flamme à pleins bords

Qui les brûle au dedans, rien ne luit au dehors.

Ainsi Napoléon, que l’éclat environne

Et qui fit tant de bruit en forgeant sa couronne,

Ce chef que tout célèbre et que pourtant tu vois

Immobile et muet, passer sur le pavois,

Quand le peuple l’étreint, sent en lui ses pensées,

Qui l’étreignent aussi, se mouvoir plus pressées.

Déjà peut-être en lui mille choses se font,

Et tout l’avenir germe en son cerveau profond.

Déjà dans sa pensée, immense et clairvoyante,

L’Europe ne fait plus qu’une France géante,

Berlin, Vienne, Madrid, Moscou, Londres, Milan,

Viennent rendre à Paris hommage une fois l’an,

Le Vatican n’est plus que le vassal du Louvre,

La terre à chaque instant sous les vieux trônes s’ouvre,

Et de tous leurs débris sort pour le genre humain

Un autre Charlemagne, un autre globe en main !

Et, dans le même esprit où ce grand dessein roule,

Les bataillons futurs déjà marchent en foule,

Le conscrit résigné, sous un avis fréquent,

Se dresse, le tambour résonne au front du camp,

D’ouvriers et d’outils Cherbourg couvre sa grève,

Le vaisseau colossal sur le chantier s’élève,

L’obusier rouge encor sort du fourneau qui bout,

Une marine flotte, une armée est debout !

Car la guerre toujours l’illumine et l’enflamme,

Et peut-être déjà, dans la nuit de cette âme,

Sous ce crâne, où le monde en silence est couvé,

D’un second Austerlitz le soleil s’est levé ! »

Plus tard, une autre fois, je vis passer cet homme,

Plus grand dans son Paris que César dans sa Rome.

Des discours de mon père alors je me souvins.

On l’entourait encor d’honneurs presque divins,

Et je lui retrouvai, rêveur à son passage,

Et la même pensée et le même visage.

Il méditait toujours son projet surhumain.

Cent aigles l’escortaient en empereur romain.

Ses régiments marchaient, enseignes déployées ;

Ses lourds canons, baissant leurs boucles essuyées,

Couraient, et, traversant la foule aux pas confus,

Avec un bruit d’airain sautaient sur leurs affûts.

Mais bientôt, au soleil, cette tête admirée

Disparut dans un flot de poussière dorée,

Il passa. Cependant son nom sur la cité

Bondissait, des canons aux cloches rejeté ;

Son cortège emplissait de tumulte les rues ;

Et, par mille clameurs de sa présence accrues,

Par mille cris de joie et d’amour furieux,

Le peuple saluait ce passant glorieux !

Novembre 1831.

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