Hernani (page 4)
Ce trésor de beauté qui rend jaloux un roi,
Pour que ma doña Sol me suive et m’appartienne,
Pour lui prendre sa vie et la joindre à la mienne,
Pour l’entraîner sans honte encore et sans regrets,
Il n’est plus temps ; je vois l’échafaud de trop près.
Doña Sol.
Que dites-vous ?
Hernani.
Que dites-vous ? Ce roi que je bravais en face,
Va me punir d’avoir osé lui faire grâce.
Il fuit ; déjà peut-être il est dans son palais.
Il appelle ses gens, ses gardes, ses valets,
Ses seigneurs, ses bourreaux…
Doña Sol.
Ses seigneurs, ses bourreaux…Hernani ! Dieu ! Je tremble !
Eh bien, hâtons-nous donc alors ! fuyons ensemble !
Hernani.
Ensemble ! non, non ; l’heure en est passée ! Hélas !
Doña Sol, à mes yeux quand tu te révélas,
Bonne, et daignant m’aimer d’un amour secourable,
J’ai bien pu vous offrir, moi, pauvre misérable,
Ma montagne, mon bois, mon torrent ; — ta pitié
M’enhardissait, — mon pain de proscrit, la moitié
Du lit vert et touffu que la forêt me donne ;
Mais t’offrir la moitié de l’échafaud ! pardonne,
Doña Sol ! l’échafaud, — c’est à moi seul !
Doña Sol.
Doña Sol ! l’échafaud, — c’est à moi seul ! Pourtant
Vous me l’aviez promis !
Hernani, tombant à ses genoux.
Vous me l’aviez promis !Ange ! ah ! dans cet instant
Où la mort vient peut-être, où s’approche dans l’ombre
Un sombre dénoûment pour un destin bien sombre,
Je le déclare ici, proscrit, traînant au flanc
Un souci profond, né dans un berceau sanglant,
Si noir que soit le deuil qui s’épand sur ma vie,
Je suis un homme heureux et je veux qu’on m’envie ;
Car vous m’avez aimé ! car vous me l’avez dit !
Car vous avez tout bas béni mon front maudit !
Doña Sol, penchée sur sa tête.
Hernani !
Hernani.
Hernani ! Loué soit le sort doux et propice
Qui me mit cette fleur au bord du précipice !
Il se relève.
Et ce n’est pas pour vous que je parle en ce lieu,
Je parle pour le ciel qui m’écoute, et pour Dieu.
Doña Sol.
Souffre que je te suive.
Hernani.
Souffre que je te suive.Ah ! ce serait un crime
Que d’arracher la fleur en tombant dans l’abîme.
Va, j’en ai respiré le parfum, c’est assez !
Renoue à d’autres jours tes jours par moi froissés.
Épouse ce vieillard. C’est moi qui te délie ;
Je rentre dans ma nuit. Toi, sois heureuse, oublie !
Doña Sol.
Non, je te suis, je veux ma part de ton linceul !
Je m’attache à tes pas.
Hernani, la serrant dans ses bras.
Je m’attache à tes pas.Oh ! Laisse-moi fuir seul.
Il la quitte avec un mouvement convulsif.
Doña Sol, douloureusement et joignant les mains.
Hernani ! tu me fuis. Ainsi donc, insensée,
Avoir donné sa vie et se voir repoussée,
Et n’avoir, après tant d’amour et tant d’ennui,
Pas même le bonheur de mourir près de lui.
Hernani.
Je suis banni ! je suis proscrit ! je suis funeste !
Doña Sol.
Ah ! vous êtes ingrat !
Hernani, revenant sur ses pas.
Ah ! vous êtes ingrat ! Eh bien ! Non, non, je reste.
Tu le veux, me voici. Viens, oh ! viens dans mes bras !
Je reste, et resterai tant que tu le voudras.
Oublions-les : restons. —
Il l’assied sur un banc. Oublions-les : restons. —Sieds-toi sur cette pierre.
Il se place à ses pieds. Des flammes de tes yeux inonde ma paupière,
Chante-moi quelque chant comme parfois le soir
Tu m’en chantais, avec des pleurs dans ton œil noir.
Soyons heureux ! buvons, car la coupe est remplie,
Car cette heure est à nous et le reste est folie.
Parle-moi, ravis-moi. N’est-ce pas qu’il est doux
D’aimer et de sentir qu’on vous aime à genoux ?
D’être deux ? d’être seuls ? et que c’est douce chose
De se parler d’amour la nuit quand tout repose ?
Oh ! laisse-moi dormir et rêver sur ton sein,
Doña Sol ! mon amour ! ma beauté !
Bruit de cloches au loin.
Doña Sol, se levant effarée.
Doña Sol ! mon amour ! ma beauté ! Le tocsin !
Entends-tu ? le tocsin !
Hernani, toujours à genoux.
Entends-tu ? le tocsin ! Eh non ! c’est notre noce
Qu’on sonne.
Le bruit de cloches augmente. Cris confus, flambeaux et lumières aux fenêtres, dans les rues, sur les toits.
Doña Sol.
Qu’on sonne.Lève-toi ! fuis ! Grand Dieu ! Saragosse
S’allume !
Hernani, se soulevant à demi.
S’allume ! Nous aurons une noce aux flambeaux.
Doña Sol.
C’est la noce des morts ! La noce des tombeaux !
Bruit d’épées. Cris.
Hernani, se recouchant sur le banc de pierre.
Rendormons-nous !
Un montagnard, l’épée à la main, accourant.
Rendormons-nous ! Seigneur, les sbires, les alcades,
Débouchent dans la place en longues cavalcades !
Alerte, monseigneur !
Hernani se lève.
Doña Sol, pâle.
Alerte, monseigneur ! Ah ! tu l’avais bien dit !
Le montagnard.
Au secours !
Hernani, au montagnard.
Au secours ! Me voici. C’est bien !
Cris confus, au dehors.
Au secours ! Me voici. C’est bien ! Mort au bandit !
Hernani, au montagnard.
Ton épée…
À doña Sol.
Ton épée…Adieu donc !
Doña Sol.
Ton épée…Adieu donc ! C’est moi qui fais ta perte !
Où vas-tu ?
Lui montrant la petite porte. Où vas-tu ? Viens ! Fuyons par cette porte ouverte !
Hernani.
Dieu ! laisser mes amis ! que dis-tu ?
Tumulte et cris.
Doña Sol.
Dieu ! laisser mes amis ! que dis-tu ? Ces clameurs
Me brisent.
Retenant Hernani.
Me brisent.Souviens-toi que si tu meurs, je meurs !
Hernani, la tenant embrassée.
Un baiser !
Doña Sol.
Un baiser ! Mon époux ! mon Hernani ! mon maître !
Hernani, la baisant au front.
Hélas ! c’est le premier !
Doña Sol.
Hélas ! c’est le premier ! C’est le dernier peut-être.
Il part. Elle tombe sur le banc.
ACTE TROISIÈME LE VIEILLARD
LE CHÂTEAU DE SILVA
Dans les montagnes d’Aragon.
La galerie des portraits de famille de Silva ; grande salle, dont ces portraits, entourés de riches bordures, et surmontés de couronnes ducales et d’écussons dorés, font la décoration. Au fond une haute porte gothique. Entre chaque portrait une panoplie complète, toutes ces armures de siècles différents.
Scène Première
DOÑA SOL, blanche, et debout près d’une table ; DON RUY GOMEZ DE SILVA, assis dans un grand fauteuil ducal en bois de chêne.
Don Ruy Gomez.
Enfin ! c’est aujourd’hui ! dans une heure on sera
Ma duchesse ! plus d’oncle ! et l’on m’embrassera !
Mais m’as-tu pardonné ? J’avais tort, je l’avoue.
J’ai fait rougir ton front, j’ai fait pâlir ta joue :
J’ai soupçonné trop vite, et je n’aurais point dû
Te condamner ainsi sans avoir entendu.
Que l’apparence a tort ! Injustes que nous sommes !
Certes, ils étaient bien là, les deux beaux jeunes hommes !
C’est égal. Je devais n’en pas croire mes yeux.
Mais que veux-tu, ma pauvre enfant ? quand on est vieux !
Doña Sol, immobile et grave.
Vous reparlez toujours de cela. Qui vous blâme ?
Don Ruy Gomez.
Moi ! J’eus tort. Je devais savoir qu’avec ton âme
On n’a point de galants lorsqu’on est doña Sol,
Et qu’on a dans le cœur de bon sang espagnol.
Doña Sol.
Certes, il est bon et pur, monseigneur, et peut-être
On le verra bientôt.
Don Ruy Gomez, se levant et allant à elle.
On le verra bientôt.Écoute, on n’est pas maître
De soi-même, amoureux comme je suis de toi,
Et vieux. On est jaloux, on est méchant, pourquoi ?
Parce que l’on est vieux. Parce que beauté, grâce,
Jeunesse, dans autrui, tout fait peur, tout menace.
Parce qu’on est jaloux des autres, et honteux
De soi. Dérision ! que cet amour boiteux
Qui nous remet au cœur tant d’ivresse et de flamme,
Ait oublié le corps en rajeunissant l’âme !
— Quand passe un jeune pâtre, — oui, c’en est là ! — souvent,
Tandis que nous allons, lui chantant, moi rêvant,
Lui dans son pré vert, moi dans mes noires allées,
Souvent je dis tout bas : — Ô mes tours crénelées,
Mon vieux donjon ducal, que je vous donnerais,
Oh ! que je donnerais mes blés et mes forêts,
Et les vastes troupeaux qui tondent mes collines,
Mon vieux nom, mon vieux titre et toutes mes ruines,
Et tous mes vieux aïeux qui bientôt m’attendront,
Pour sa chaumière neuve, et pour son jeune front ! —
Car ses cheveux sont noirs ; car son œil reluit comme
Le tien, tu peux le voir et dire : Ce jeune homme !
Et puis, penser à moi qui suis vieux. Je le sais !
Pourtant j’ai nom Silva, mais ce n’est plus assez !
Oui, je me dis cela. Vois à quel point je t’aime !
Le tout, pour être jeune et beau comme toi-même !
Mais à quoi vais-je ici rêver ? Moi, jeune et beau !
Qui te dois de si loin devancer au tombeau !
Doña Sol.
Qui sait ?
Don Ruy Gomez.
Qui sait ? Mais, va, crois-moi, ces cavaliers frivoles
N’ont pas d’amour si grand qu’il ne s’use en paroles.
Qu’une fille aime et croie un de ces jouvenceaux,
Elle en meurt, il en rit. Tous ces jeunes oiseaux,
À l’aile vive et peinte, au langoureux ramage,
Ont un amour qui mue ainsi que leur plumage.
Les vieux, dont l’âge éteint la voix et les couleurs,
Ont l’aile plus fidèle, et, moins beaux, sont meilleurs.
Nous aimons bien. Nos pas sont lourds ? nos yeux arides ?
Nos fronts ridés ? Au cœur on n’a jamais de rides.
Hélas ! quand un vieillard aime, il faut l’épargner.
Le cœur est toujours jeune et peut toujours saigner.
Oh ! mon amour n’est point comme un jouet de verre
Qui brille et tremble ; oh ! non, c’est un amour sévère,
Profond, solide, sûr, paternel, amical,
De bois de chêne, ainsi que mon fauteuil ducal !
Voilà comme je t’aime, et puis je t’aime encore
De cent autres façons, comme on aime l’aurore,
Comme on aime les fleurs, comme on aime les cieux !
De te voir tous les jours, toi, ton pas gracieux,
Ton front pur, le beau feu de ta douce prunelle,
Je ris, et j’ai dans l’âme une fête éternelle.
Doña Sol.
Hélas !
Don Ruy Gomez.
Hélas ! Et puis, vois-tu, le monde trouve beau,
Lorsqu’un homme s’éteint, et, lambeau par lambeau,
S’en va, lorsqu’il trébuche au marbre de la tombe,
Qu’une femme, ange pur, innocente colombe,
Veille sur lui, l’abrite, et daigne encor souffrir.
L’inutile vieillard qui n’est bon qu’à mourir.
C’est une œuvre sacrée et qu’à bon droit on loue
Que ce suprême effort d’un cœur qui se dévoue,
Qui console un mourant jusqu’à la fin du jour,
Et, sans aimer peut-être, a des semblants d’amour !
Ah ! tu seras pour moi cet ange au cœur de femme
Qui du pauvre vieillard réjouit encor l’âme,
Et de ses derniers ans lui porte la moitié,
Fille par le respect et sœur par la pitié.
Doña Sol.
Loin de me précéder, vous pourrez bien me suivre,
Monseigneur. Ce n’est pas une raison pour vivre
Que d’être jeune. Hélas ! je vous le dis, souvent
Les vieillards sont tardifs, les jeunes vont devant,
Et leurs yeux brusquement referment leur paupière,
Comme un sépulcre ouvert dont retombe la pierre.
Don Ruy Gomez.
Oh ! les sombres discours ! Mais je vous gronderai,
Enfant ! un pareil jour est joyeux et sacré.
Comment, à ce propos, quand l’heure nous appelle,
N’êtes-vous pas encor prête pour la chapelle ?
Mais, vite ! habillez-vous. Je compte les instants.
La parure de noce !
Doña Sol.
La parure de noce !Il sera toujours temps.
Don Ruy Gomez.
Non pas.
Au page qui entre.
Non pas.Que veut Iaquez ?
Le page.
Non pas.Que veut laquez ? Monseigneur, à la porte,
Un homme, un pèlerin, un mendiant, n’importe,
Est là qui vous demande asile.
Don Ruy Gomez.
Est là qui vous demande asile.Quel qu’il soit,
Le bonheur entre avec l’étranger qu’on reçoit.
Qu’il vienne. — Du dehors a-t-on quelques nouvelles ?
Que dit-on de ce chef de bandits infidèles
Qui remplit nos forêts de sa rébellion ?
LE PAGE.
C’en est fait d’Hernani ; c’en est fait du lion
De la montagne.
Doña Sol, à part.
De la montagne.Dieu !
Don Ruy Gomez, au page.
De la montagne.Dieu ! Quoi ?
LE PAGE.
De la montagne.Dieu ! Quoi ? La troupe est détruite.
Le roi, dit-on, s’est mis lui-même à leur poursuite.
La tête d’Hernani vaut mille écus du roi
Pour l’instant ; mais on dit qu’il est mort.
Doña Sol, à part.
Pour l’instant ; mais on dit qu’il est mort.Quoi ! sans moi,
Hernani ?
Don Ruy Gomez.
Hernani ? Grâce au ciel ! il est mort, le rebelle !
On peut se réjouir maintenant, chère belle !
Allez donc vous parer, mon amour, mon orgueil !
Aujourd’hui, double fête !
Doña Sol, à part.
Aujourd’hui, double fête !Oh ! Des habits de deuil.
Elle sort.
Don Ruy Gomez, au page.
Fais-lui vite porter l’écrin que je lui donne.
Il se rassied dans son fauteuil. Je veux la voir parée ainsi qu’une madone,
Et grâce à ses doux yeux, et grâce à mon écrin,
Belle à faire à genoux tomber un pèlerin.
À propos, et celui qui nous demande un gîte ?
Dis-lui d’entrer, fais-lui nos excuses, cours vite.
Le page salue et sort. Laisser son hôte attendre ! ah ! c’est mal !
La porte du fond s’ouvre. Paraît Hernani déguisé en pèlerin. Le duc se lève et va à sa rencontre.
Scène II
DON RUY GOMEZ, HERNANI.
Hernani s’arrête sur le seuil de la porte.
Hernani.
Laisser son hôte attendre ! ah ! c’est mal ! Monseigneur,
Paix et bonheur à vous !
Don Ruy Gomez, le saluant de la main.
Paix et bonheur à vous ! À toi paix et bonheur,
Mon hôte !
Hernani entre. Le duc se rassied.
Mon hôte ! N’es-tu pas pèlerin ?
Hernani, s’inclinant.
Mon hôte ! N’es-tu pas pèlerin ? Oui.
Don Ruy Gomez.
Mon hôte ! N’es-tu pas pèlerin ? Oui.Sans doute
Tu viens d’Armillas ?
Hernani.
Tu viens d’Armillas ? Non, j’ai pris une autre route.
On se battait par là.
Don Ruy Gomez.
On se battait par là.La troupe du banni,
N’est-ce pas ?
Hernani.
N’est-ce pas ? Je ne sais.
Don Ruy Gomez.
N’est-ce pas ? Je ne sais.Le chef, le Hernani,
Que devient-il ? sais-tu ?
Hernani.
Que devient-il ? sais-tu ? Seigneur, quel est cet homme ?
Don Ruy Gomez.
Tu ne le connais pas ? tant pis ! la grosse somme
Ne sera point pour toi. Vois-tu, ce Hernani,
C’est un rebelle au roi, trop longtemps impuni.
Si tu vas à Madrid, tu le pourras voir pendre.
Hernani.
Je n’y vais pas.
Don Ruy Gomez.
Je n’y vais pas.Sa tête est à qui veut la prendre.
Hernani, à part.
Qu’on y vienne !
Don Ruy Gomez.
Qu’on y vienne ! Où vas-tu, bon pèlerin ?
Hernani.
Qu’on y vienne ! Où vas-tu, bon pèlerin ? Seigneur,
Je vais à Saragosse.
Don Ruy Gomez.
Je vais à Saragosse.Un vœu fait en l’honneur
D’un saint ? de Notre-Dame ?
Hernani.
D’un saint ? de Notre-Dame ? Oui, duc, de Notre-Dame.
Don Ruy Gomez.
Del Pilar ?
Hernani.
Del Pilar ? Del Pilar.
Don Ruy Gomez.
Del Pilar ? Del Pilar.Il faut n’avoir point d’âme
Pour ne point acquitter les vœux qu’on fait aux saints.
Mais, le tien accompli, n’as-tu d’autres desseins ?
Voir le pilier, c’est là tout ce que tu désires ?
Hernani.
Oui, je veux voir brûler les flambeaux et les cires,
Voir Notre-Dame au fond du sombre corridor,
Luire en sa châsse ardente, avec sa chape d’or,
Et puis m’en retourner.
Don Ruy Gomez.
Et puis m’en retourner.Fort bien. — Ton nom, mon frère ?
Je suis Ruy De Silva.
Hernani, hésitant.
Je suis Ruy De Silva.Mon nom ?…
Don Ruy Gomez.
Je suis Ruy De Silva.Mon nom ?…Tu peux le taire
Si tu veux. Nul n’a droit de le savoir ici.
Viens-tu pas demander asile ?
Hernani.
Viens-tu pas demander asile ? Oui, duc.
Don Ruy Gomez.
Viens-tu pas demander asile ? Oui, duc.Merci.
Sois le bienvenu. Reste, ami, ne te fais faute
De rien. Quant à ton nom, tu te nommes mon hôte.
Qui que tu sois, c’est bien ! et, sans être inquiet,
J’accueillerais Satan, si Dieu me l’envoyait.
La porte du fond s’ouvre à deux battants. Entre doña Sol, en parure de mariée. Derrière elle, pages, valets, et deux femmes portant sur un coussin de velours un coffret d’argent ciselé, qu’elles vont déposer sur une table, et qui renferme un riche écrin, couronne de duchesse, bracelets, colliers, perles et brillants pêle-mêle. — Hernani, haletant et effaré, considère doña Sol avec des yeux ardents, sans écouter le duc.
Scène III
Les Mêmes, DOÑA SOL, pages, valets, femmes.
Don Ruy Gomez, continuant.