Les Misérables (page 90)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Misérables (1908) · 163 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Javert remit son chapeau sur sa tête, et fit deux pas dans la chambre, les bras croisés, la canne sous le bras, l’épée dans le fourreau.

— Halte-là ! dit-il. Vous ne passerez pas par la fenêtre, vous passerez par la porte. C’est moins malsain. Vous êtes sept, nous sommes quinze. Ne nous colletons pas comme des auvergnats. Soyons gentils.

Bigrenaille prit un pistolet qu’il tenait caché sous sa blouse et le mit dans la main de Thénardier en lui disant à l’oreille :

— C’est Javert. Je n’ose pas tirer sur cet homme-là. Oses-tu, toi ?

— Parbleu ! répondit Thénardier.

— Eh bien, tire.

Thénardier prit le pistolet, et ajusta Javert.

Javert, qui était à trois pas, le regarda fixement et se contenta de dire :

— Ne tire pas, va ! ton coup va rater.

Thénardier pressa la détente. Le coup rata.

— Quand je te le disais ! fit Javert.

Bigrenaille jeta son casse-tête aux pieds de Javert.

— Tu es l’empereur des diables ! je me rends.

— Et vous ? demanda Javert aux autres bandits.

Ils répondirent :

— Nous aussi.

Javert repartit avec calme :

— C’est ça, c’est bon, je le disais, on est gentil.

— Je ne demande qu’une chose, reprit le Bigrenaille, c’est qu’on ne me refuse pas du tabac pendant que je serai au secret.

— Accordé, dit Javert.

Et se retournant et appelant derrière lui :

— Entrez maintenant !

Une escouade de sergents de ville l’épée au poing et d’agents armés de casse-tête et de gourdins se rua à l’appel de Javert. On garrotta les bandits. Cette foule d’hommes à peine éclairés d’une chandelle emplissait d’ombre le repaire.

— Les poucettes à tous ! cria Javert.

— Approchez donc un peu ! cria une voix qui n’était pas une voix d’homme, mais dont personne n’eût pu dire : c’est une voix de femme. La Thénardier s’était retranchée dans un des angles de la fenêtre, et c’était elle qui venait de pousser ce rugissement.

Les sergents de ville et les agents reculèrent.

Elle avait jeté son châle et gardé son chapeau ; son mari, accroupi derrière elle, disparaissait presque sous le châle tombé, et elle le couvrait de son corps, élevant le pavé des deux mains au-dessus de sa tête avec le balancement d’une géante qui va lancer un rocher.

— Gare ! cria-t-elle.

Tous se refoulèrent vers le corridor. Un large vide se fit au milieu du galetas.

La Thénardier jeta un regard aux bandits qui s’étaient laissé garrotter et murmura d’un accent guttural et rauque :

— Les lâches !

Javert sourit et s’avança dans l’espace vide que la Thénardier couvait de ses deux prunelles.

— N’approche pas, va-t’en, cria-t-elle, ou je t’écroule !

— Quel grenadier ! fit Javert ; la mère ! tu as de la barbe comme un homme, mais j’ai des griffes comme une femme.

Et il continua de s’avancer.

La Thénardier, échevelée et terrible, écarta les jambes, se cambra en arrière et jeta éperdument le pavé à la tête de Javert. Javert se courba. Le pavé passa au-dessus de lui, heurta la muraille du fond dont il fit tomber un vaste plâtras et revint, en ricochant d’angle en angle à travers le bouge, heureusement presque vide, mourir sur les talons de Javert.

Au même instant Javert arrivait au couple Thénardier. Une de ses larges mains s’abattit sur l’épaule de la femme et l’autre sur la tête du mari.

— Les poucettes ! cria-t-il.

Les hommes de police rentrèrent en foule, et en quelques secondes l’ordre de Javert fut exécuté.

La Thénardier, brisée, regarda ses mains garrottées et celles de son mari, se laissa tomber à terre et s’écria en pleurant :

— Mes filles !

— Elles sont à l’ombre, dit Javert.

Cependant les agents avaient avisé l’ivrogne endormi derrière la porte et le secouaient. Il s’éveilla en balbutiant :

— Est-ce fini, Jondrette ?

— Oui, répondit Javert.

Les six bandits garrottés étaient debout ; du reste, ils avaient encore leurs mines de spectres ; trois barbouillés de noir, trois masqués.

— Gardez vos masques, dit Javert.

Et, les passant en revue avec le regard d’un Frédéric II à la parade de Potsdam, il dit aux trois « fumistes » :

— Bonjour, Bigrenaille. Bonjour, Brujon. Bonjour, Deux-Milliards.

Puis, se tournant vers les trois masques, il dit à l’homme au merlin :

— Bonjour, Gueulemer.

Et à l’homme à la trique :

— Bonjour, Babet.

Et au ventriloque :

— Salut, Claquesous.

En ce moment, il aperçut le prisonnier des bandits qui, depuis l’entrée des agents de police, n’avait pas prononcé une parole et se tenait tête baissée.

— Déliez monsieur ! dit Javert, et que personne ne sorte !

Cela dit, il s’assit souverainement devant la table, où étaient restées la chandelle et l’écritoire, tira un papier timbré de sa poche et commença son procès-verbal.

Quand il eut écrit les premières lignes qui ne sont que des formules toujours les mêmes, il leva les yeux :

— Faites approcher ce monsieur que ces messieurs avaient attaché.

Les agents regardèrent autour d’eux.

— Eh bien, demanda Javert, où est-il donc ?

Le prisonnier des bandits, M. Leblanc, M. Urbain Fabre, le père d’Ursule ou de l’Alouette, avait disparu.

La porte était gardée, mais la croisée ne l’était pas. Sitôt qu’il s’était vu délié, et pendant que Javert verbalisait, il avait profité du trouble, du tumulte, de l’encombrement, de l’obscurité, et d’un moment où l’attention n’était pas fixée sur lui, pour s’élancer par la fenêtre.

Un agent courut à la lucarne, et regarda. On ne voyait personne dehors.

L’échelle de corde tremblait encore.

— Diable ! fit Javert entre ses dents, ce devait être le meilleur !

XXII le petit qui criait au tome iii

Le lendemain du jour où ces événements s’étaient accomplis dans la maison du boulevard de l’Hôpital, un enfant, qui semblait venir du côté du pont d’Austerlitz, montait par la contre-allée de droite dans la direction de la barrière de Fontainebleau. Il était nuit close. Cet enfant était pâle, maigre, vêtu de loques, avec un pantalon de toile au mois de février, et chantait à tue-tête.

Au coin de la rue du Petit-Banquier, une vieille courbée fouillait dans un tas d’ordures à la lueur du réverbère ; l’enfant la heurta en passant, puis recula en s’écriant :

— Tiens ! moi qui avais pris ça pour un énorme, un énorme chien !

Il prononça le mot énorme pour la seconde fois avec un renflement de voix goguenarde que des majuscules exprimeraient assez bien : un énorme, un énorme chien !

La vieille se redressa furieuse.

— Carcan de moutard ! grommela-t-elle. Si je n’avais pas été penchée, je sais bien où je t’aurais flanqué mon pied !

L’enfant était déjà à distance.

— Kisss ! kisss ! fit-il. Après ça, je ne me suis peut-être pas trompé.

La vieille, suffoquée d’indignation, se dressa tout à fait, et le rougeoiment de la lanterne éclaira en plein sa face livide, toute creusée d’angles et de rides, avec des pattes d’oie rejoignant les coins de la bouche. Le corps se perdait dans l’ombre et l’on ne voyait que la tête. On eût dit le masque de la Décrépitude découpé par une lueur dans la nuit. L’enfant la considéra.

— Madame, dit-il, n’a pas le genre de beauté qui me conviendrait.

Il poursuivit son chemin et se remit à chanter :

Le roi Coupdesabot S’en allait à la chasse, À la chasse aux corbeaux…

Au bout de ces trois vers, il s’interrompit. Il était arrivé devant le numéro 50-52, et, trouvant la porte fermée, il avait commencé à la battre à coups de pied, coups de pied retentissants et héroïques, lesquels décelaient plutôt les souliers d’homme qu’il portait que les pieds d’enfant qu’il avait.

Cependant cette même vieille qu’il avait rencontrée au coin de la rue du Petit-Banquier accourait derrière lui poussant des clameurs et prodiguant des gestes démesurés.

— Qu’est-ce que c’est ? qu’est-ce que c’est ? Dieu Seigneur ! on enfonce la porte ! on défonce la maison !

Les coups de pied continuaient,

La vieille s’époumonait.

— Est-ce qu’on arrange les bâtiments comme ça à présent !

Tout à coup elle s’arrêta. Elle avait reconnu le gamin.

— Quoi ! c’est ce satan !

— Tiens, c’est la vieille, dit l’enfant. Bonjour, la Burgonmuche. Je viens voir mes ancêtres.

La vieille répondit, avec une grimace composite, admirable improvisation de la haine tirant parti de la caducité et de la laideur, qui fut malheureusement perdue dans l’obscurité :

— Il n’y a personne, mufle.

— Bah ! reprit l’enfant, où donc est mon père ?

— À la Force.

— Tiens ! et ma mère ?

— À Saint-Lazare.

— Eh bien ! et mes sœurs ?

— Aux Madelonnettes.

L’enfant se gratta le derrière de l’oreille, regarda mame Burgon, et dit :

— Ah !

Puis il pirouetta sur ses talons, et, un moment après, la vieille restée sur le pas de la porte l’entendit qui chantait de sa voix claire et jeune en s’enfonçant sous les ormes noirs frissonnant au vent d’hiver :

Le roi Coupdesabot S’en allait à la chasse, À la chasse aux corbeaux, Monté sur des échasses. Quand on passait dessous On lui payait deux sous.

ILLUSTRATION DES ŒUVRES

REPRODUCTIONS ET DOCUMENTS

Dessin de Victor Hugo — Maison de Victor Hugo

Dessin de Victor Hugo — Maison de Victor Hugo

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Dessin de Victor Hugo — Maison de Victor Hugo

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Dans l’éléphant. Composition de G. Brion. Édition Hetzel.

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Jean Valjean lisant l’adresse de Marius. Composition de G. Brion. — Édition Hetzel.

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Recrues. Composition de Jeanniot. Édition Testard. Le Cabaret de Corinthe. Composition de Neuville. Édition Hugues. Javert au poteau. Composition de G. Brion. Édition Hetzel. Mort d’Éponine. Composition de Neuville. Édition Hugues. Fac-similé du manuscrit. Quatrième partie. (Voir page 324.)

LE MANUSCRIT des MISÉRABLES.

quatrième partie. L’IDYLLE RUE PLUMET ET L’ÉPOPÉE RUE SAINT-DENIS.

Le second volume du manuscrit des Misérables contient les quatrième et cinquième parties. La quatrième compte 328 feuillets.

La pagination alphabétique, établie de 1846 à 1848, interrompue à la fin de la troisième partie à la lettre M5 bis, reprend, dans ce second volume à la lettre N5, termine la cinquième série et se poursuit jusqu’à la lettre V6 (sixième série). On ne trouve qu’au feuillet 54 la lettre N5 tout le commencement datant de l’exil, sauf le début du premier chapitre et le chapitre v dont nous parlerons tout à l’heure. Dans toute la partie écrite en 1848, les chapitres se suivent presque toujours sans sections indiquées.

Feuillet 3. — Table des livres de la quatrième partie. Le livre XV : La rue de l’homme-armé, n’est pas mentionné, parce que cette table lui est antérieure.

Au verso du feuillet suivant, cette note qui n’a aucun rapport avec le roman :

On peut être un chat noir sans être le chat de Mme de Gompach.

Feuillet 5. — Brouillon biffé d’un passage du livre Patron-Minette, passage publié au Reliquat (tome II de cette édition).

LIVRE PREMIER. — QUELQUES PAGES D’HISTOIRE.

Feuillets 6-7. — 1. Bien coupé.

Ces deux feuillets, les seuls, jusqu’au feuillet 54, écrits au recto et au verso, semblent, quoique ne portant pas de pagination alphabétique, dater de 1848 ; ils paraissent détachés d’une étude, faite en dehors du roman, sur les années 1831-1832. La suite de cette étude est publiée au Reliquat.

Le bas du feuillet 7, verso, est biffé après ces mots finissant actuellement le premier chapitre : Voilà le travail des sages, et le reste du livre premier est de 1860-1862. Nous avons retrouvé une page isolée faisant suite au texte rayé du feuillet 7 ; nous la donnons au Reliquat. (Voir p. 350.)

En regard de la rature du feuillet 7 verso, quelques notes au crayon, développées au chapitre suivant.

Feuillets 27-28. — IV. Lézardes sous la fondation.

Au courant de ce chapitre, écrit comme la majeure partie du livre à Guernesey, les deux feuillets 27 et 28 semblent dater, par l’écriture, de 1842 ou 1844 ; ils devaient être destinés à un discours ou à une étude sociale ; la forme personnelle v est quelquefois employée ; en voici un exemple :

Par bonne distribution je n’entends pas il faut entendre distribution égale, j’entends mais distribution équitable.

Les mots en variante ont été ajoutés au-dessus du texte primitif, biffé.

En marge cette phrase rayée :

Le Mis de Mirabeau, Quesnay, Gournay, Turgot, Adam Smith, Malthus, Say, Bentham, ont cherché surtout la solution du premier problème. Saint-Simon et Fourier ont cherché surtout la solution du second.

Le texte de ces deux feuillets prend fin à cet alinéa :

Efforts admirables ! tentatives sacrées !

Les deux feuillets suivants sont de 1860-1862.

Feuillets 31 à 41. — V. Faits d’où l’histoire sort et que l’histoire ignore.

Autre titre : Symptômes sombres.

Pour les deux premiers tiers du chapitre, depuis le commencement jusqu’à ces mots : Telle était la situation, nous sommes en présence d’une copie corrigée et augmentée par Victor Hugo. Nous avons retrouvé le manuscrit original formant un petit cahier séparé et daté en tête : 25 janvier 1848. Presque identique, sauf quelques interversions, au texte publié, il ne devait pas tout d’abord faire partie du roman, car il n’est pas paginé par lettres alphabétiques. Peut-être appartenait-il à l’étude, dont nous avons parlé plus haut, sur les années 1831-1832.

Le feuillet 41, continuant le chapitre, n’est que la copie, de la main de Victor Hugo, du manuscrit original de 1848.

Feuillets 42-43 — À partir de l’alinéa débutant par :

Sauvages. Expliquons-nous sur ce mot.

Le texte date de Guernesey, comme toute la fin du livre premier.

LIVRE II. — ÉPONINE.

Sauf quelques modifications, ce livre date de 1847-1848.

Feuillet 52. — Titre-table du livre II.

Comme nous l’avons expliqué au tome précédent, le texte de 1846-1848 remplissait les deux côtés de la page ; quand un livre commençait à un verso, Victor Hugo, en établissant les sections de son roman, plaçait forcément le titre du livre après la première page du premier chapitre.

Quelques variantes dans la table :

I. Le champ de l’Alouette.

Autre titre : Immersion lente d’un cerveau d’une âme.

II. Formation embryonnaire des crimes dans l’incubation des prisons.

Autre titre : En Irlande.

Feuillet 54, chiffré N5. — Il devait, nous l’avons dit, suivre immédiatement le feuillet M5 bis terminant la troisième partie, Le recto du feuillet 54, divisé en deux colonnes, est entièrement biffé ; une moitié contient la suite et la fin de la troisième partie terminée par la chanson de Gavroche ; l’autre moitié, en marge, portant le chiffre ii, donne le chapitre : En Irlande, définitivement appelé Formation embryonnaire des crimes dans l’incubation des prisons. Nous signalerons, en décrivant ce chapitre, les modifications apportées au texte primitif.

Le verso du feuillet 54, continuant en marge le chapitre : En Irlande, commence en pleine page : Le champ de l’Alouette.

Feuillet 55, verso. — I. Le champ de l’Alouette.

Après cette phrase : Si je pouvais la revoir avant de mourir ! un ajouté emplissant la marge et continuant jusqu’à : Est-ce que je ne la reverrai pas auparavant ? Puis le reste du texte, barré, se reliait primitivement au feuillet numéroté actuellement 70. L’intervalle occupé par ces 15 feuillets comprend : la fin du chapitre i, le chapitre ii, modifié en 1860-1862, le chapitre iii, écrit en 1846-1848, mais intercalé dans la première version, et le chapitre iv, dont les deux premières pages datent de 1860-1862.

Dans le texte de 1847, Marius, à sa première promenade au champ de l’Alouette, rencontrait, par hasard, Époninequi, ayant découvert l’adresse de Cosette par l’entremise de Brujon, y menait tout de suite Marius.

Feuillet 58. — II. Formation embryonnaire des crimes dans l’incubation des prisons.

Ce chapitre a été remanié en 1860-1862.

Voici, de la première version, un passage pouvant donner une idée de l’enchaînement primitif :

II en irlande

Presque à la même époque où ceci se passait sur le boulevard de l’Hôpital, les surveillants de la Force avaient l’œil ouvert sur un nommé Brujon, l’un des détenue de la cour Charlemagne. Ce nom est un des souvenirs de la Force.

Le texte suit comme dans la version publiée, sauf les noms des trois complices de Brujon : Jauffrignon, Badin et Chamborgasse. De plus, ce n’était pas à Babet que Brujon envoyait son billet « En Irlande », mais à Claquesous, nommé d’abord Lebras, dit Ferréol.

Feuillet 67. — III. Apparition au père Mabeuf.

Avant de commencer ce chapitre, une note en marge :

À ajouter après : Je ne la reverrai pas auparavant.

Cette note, se rapportant à l’ajouté du feuillet 55 mentionné plus haut, indique que le chapitre m est postérieur à la première version.

Feuillet 70. — IV. Apparition à Marius.

Suite de la version de 1847. Ce feuillet est chiffré O ; dans le rond de l’O, Victor Hugo a dessiné une tête.

LIVRE III. — LA MAISON DE LA RUE PLUMET.

Le texte des sept premiers chapitres de ce livre se suivait sans interruption en 1847 ; les divisions ont été ajoutées plus tard entre les lignes. Le huitième chapitre a été écrit vers 1860.

Feuillet 71, verso. — I. La maison à secret.

En regard du début de ce chapitre, un petit plan très sommaire de la maison de la rue Plumet ; un ajouté collé en marge est numéroté 72 ; le feuillet 73 contenant la table du livre III vient couper le texte du premier chapitre.

Feuillet 75, verso, et 76. — II. Jean Valjean garde national.

Nous sommes forcé de décrire ces deux feuillets ensemble, les ajoutés, les interversions y sont en si grand nombre que Victor Hugo a dû avoir recours au numérotage pour faciliter la copie.

Il n’était pas question, dans la version de 1847, de Jean Valjean garde national ; or, dans la cinquième partie datant, nous l’avons dit, de 1860-1862, l’uniforme de Jean Valjean sert à sauver un des insurgés, il fallait bien préparer cet incident ; le verso du feuillet 75 terminant le chapitre ii étant complètement rempli, Victor Hugo dut, en révisant, écrire tout ce qui est relatif au service de Jean Valjean garde national en marge du feuillet 76. Il y ajouta même un bout de papier qui forme le feuillet 77.

Feuillet 76, verso. — III. Follis ac frondibus.

Toute la fin du chapitre, depuis : Rien n’est petit en effet, a été ajoutée en marge.

Sous la dernière ligne cette note au crayon :

Finir ici le chapitre.

Feuillet 80. — IV. Changement de grille.

Un fragment de papier collé sur le feuillet 79 contient les passages sur Fantine depuis :

C’est peut-être ma mère, cet homme-là.

Feuillet 82. — V. La rose s’aperçoit qu’elle est une machine de guerre.

Vers la fin du chapitre, quelques lignes rayées après cette réponse de Cosette :

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