Les Misérables

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Les Misérables (1908) · 163 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

LETTRE À M. DAËLLI éditeur de la traduction italienne des misérables à milan.

Hauteville-House, 18 octobre 1862.

Vous avez raison, monsieur, quand vous me dites que le livre Les Misérables est écrit pour tous les peuples. Je ne sais s’il sera lu par tous, mais je l’ai écrit pour tous. Il s’adresse à l’Angleterre autant qu’à l’Espagne, à l’Italie autant qu’à la France, à l’Allemagne autant qu’à l’Irlande, aux républiques qui ont des esclaves aussi bien qu’aux empires qui ont des serfs. Les problèmes sociaux dépassent les frontières. Les plaies du genre humain, ces larges plaies qui couvrent le globe, ne s’arrêtent point aux lignes bleues ou rouges tracées sur la mappemonde. Partout où l’homme ignore et désespère, partout où la femme se vend pour du pain, partout où l’enfant souffre faute d’un livre qui l’enseigne et d’un foyer qui le réchauffe, le livre Les Misérables frappe à la porte et dit : Ouvrez-moi, je viens pour vous.

À l’heure, si sombre encore, de la civilisation où nous sommes, le misérable s’appelle l’homme ; il agonise sous tous les climats, et il gémit dans toutes les langues.

Votre Italie n’est pas plus exempte du mal que notre France. Votre admirable Italie a sur la face toutes les misères. Est-ce que le banditisme, cette forme furieuse du paupérisme, n’habite pas vos montagnes ? Peu de nations sont rongées plus profondément que l’Italie par cet ulcère des couvents que j’ai tâché de sonder. Vous avez beau avoir Rome, Milan, Naples, Palerme, Turin, Florence, Sienne, Pise, Mantoue, Bologne, Ferrare, Gênes, Venise, une histoire héroïque, des ruines sublimes, des monuments magnifiques, des villes superbes, vous êtes, comme nous, des pauvres. Vous êtes couverts de merveilles et de vermines. Certes le soleil de l’Italie est splendide, mais, hélas, l’azur sur le ciel n’empêche pas le haillon sur l’homme.

Vous avez comme nous des préjugés, des superstitions, des tyrannies, des fanatismes, des lois aveugles prêtant main-forte à des mœurs ignorantes. Vous ne goûtez rien du présent ni de l’avenir sans qu’il s’y mêle un arrière-goût du passé. Vous avez un barbare, le moine, et un sauvage, le lazzarone. La question sociale est la même pour vous comme pour nous. On meurt un peu moins de faim chez vous, et un peu plus de fièvre ; votre hygiène sociale n’est pas beaucoup meilleure que la nôtre ; les ténèbres, protestantes en Angleterre, sont catholiques en Italie ; mais, sous des noms différents, le vescovo est identique au bishop, et c’est toujours là de la nuit, et à peu près de même qualité. Mal expliquer la Bible ou mal comprendre l’Évangile, cela se vaut.

Faut-il insister ? faut-il constater plus complètement encore ce parallélisme lugubre ? Est-ce que vous n’avez pas d’indigents ? Regardez en bas. Est-ce que vous n’avez pas de parasites ? Regardez en haut. Cette balance hideuse dont les deux plateaux, paupérisme et parasitisme, se font si douloureusement équilibre, est-ce qu’elle n’oscille pas devant vous comme devant nous ?

Où est votre armée de maîtres d’école, la seule armée qu’avoue la civilisation ? où sont vos écoles gratuites et obligatoires ? Tout le monde sait-il lire dans la patrie de Dante et de Michel-Ange ? Avez-vous fait des prytanées de vos casernes ? N’avez-vous pas, comme nous, un budget de la guerre opulent et un budget de l’enseignement dérisoire ? N’avez-vous pas, vous aussi, l’obéissance passive qui, si aisément, tourne au soldatesque ? N’avez-vous pas un militarisme qui pousse la consigne jusqu’à faire feu sur Garibaldi, c’est-à-dire sur l’honneur vivant de l’Italie ? Faisons passer son examen à votre ordre social, prenons-le où il en est et tel qu’il est, voyons son flagrant délit, montrez-moi la femme et l’enfant. C’est à la quantité de protection qui entoure ces deux êtres faibles que se mesure le degré de civilisation. La prostitution est-elle moins poignante à Naples qu’à Paris ? Quelle est la quantité de vérité qui sort de vos lois et la quantité de justice qui sort de vos tribunaux ? Auriez-vous par hasard le bonheur d’ignorer le sens de ces mots sombres : vindicte publique, infamie légale, bagne, échafaud, bourreau, peine de mort ? Italiens, chez vous, comme chez nous, Beccaria est mort et Farinace est vivant. Et puis, voyons votre raison d’état. Avez-vous un gouvernement qui comprenne l’identité de la morale et de la politique ? Vous en êtes à amnistier les héros ! On a fait en France quelque chose d’à peu près pareil. Tenez, passons la revue des misères, que chacun apporte son tas, vous êtes aussi riches que nous. N’avez-vous pas, comme nous, deux damnations, la damnation religieuse prononcée par le prêtre et la damnation sociale décrétée par le juge ? Ô grand peuple d’Italie, tu es semblable au grand peuple de France. Hélas ! nos frères, vous êtes comme nous « des Misérables ».

Du fond de l’ombre où nous sommes et où vous êtes, vous ne voyez pas beaucoup plus distinctement que nous les radieuses et lointaines portes de l’éden. Seulement les prêtres se trompent. Ces portes saintes ne sont pas derrière nous, mais devant nous.

Je me résume. Ce livre, les Misérables, n’est pas moins votre miroir que le nôtre. Certains hommes, certaines castes, se révoltent contre ce livre, je le comprends. Les miroirs, ces diseurs de vérités, sont haïs ; cela ne les empêche pas d’être utiles.

Quant à moi, j’ai écrit pour tous, avec un profond amour pour mon pays, mais sans me préoccuper de la France plus que d’un autre peuple. À mesure que j’avance dans la vie je me simplifie, et je deviens de plus en plus patriote de l’humanité.

Ceci est d’ailleurs la tendance de notre temps et la loi de rayonnement de la révolution française ; les livres, pour répondre à l’élargissement croissant de la civilisation. doivent cesser d’être exclusivement français, italiens, allemands, espagnols, anglais, et devenir européens ; je dis plus, humains.

De là une nouvelle logique de l’art, et de certaines nécessités de composition qui modifient tout, même les conditions, jadis étroites, de goût et de langue, lesquelles doivent s’élargir comme le reste.

En France, certains critiques m’ont reproché, à ma grande joie, d’être en dehors de ce qu’ils appellent le goût français ; je voudrais que cet éloge fût mérité. En somme, je fais ce que je peux, je souffre de la souffrance universelle, et je tâche de la soulager, je n’ai que les chétives forces d’un homme, et je crie à tous : aidez-moi !

Voilà, monsieur, ce que votre lettre me provoque à vous dire ; je vous le dis pour vous, et pour votre pays. Si j’ai tant insisté, c’est à cause d’une phrase de votre lettre. Vous m’écrivez : — « Il y a des italiens, et beaucoup, qui disent : ce livre, les Misérables, est un livre français. Cela ne nous regarde pas. Que les français le lisent comme une histoire, nous le lisons comme un roman. » — Hélas ! je le répète, italiens ou français, la misère nous regarde tous. Depuis que l’histoire écrit et que la philosophie médite, la misère est le vêtement du genre humain ; le moment serait enfin venu d’arracher cette guenille, et de remplacer, sur les membres nus de l’Homme-Peuple, la loque sinistre du passé par la grande robe pourpre de l’aurore.

Si cette lettre vous paraît bonne à éclairer quelques esprits et à dissiper quelques préjugés, vous pouvez la publier, monsieur. Recevez, je vous prie, la nouvelle assurance de mes sentiments très distingués.

Victor Hugo.

LE MANUSCRIT des MISÉRABLES.

Le manuscrit des Misérables est relié en deux volumes ; le premier contient les trois premières parties, le second les deux dernières. Nous y avons joint la Préface philosophique, les Reliquats publiés pour la première fois dans cette édition, les notes et les brouillons. Le premier volume comprend 945 feuillets numérotés à l’encre rouge, dont 46 pages blanches ; le second 828 feuillets, dont 37 pages blanches.

Les Misérables ont été, on le pense bien, écrits à des époques différentes. Des années ont préparé, espacé, mûri les divers livres de cette œuvre colossale ; ces reprises de travail sont caractérisées par plusieurs détails : le papier bleu-pâle, mince, l’écriture fine et menue, un peu effacée, couvrant le recto et le verso de la page, marquent nettement la première période (1845 à 1848) ; puis l’écriture change : droite et serrée pour les quelques pages, en général sur papier blanc, écrites vers 1851, elle devient plus nette, plus appuyée, plus large, et ne remplit qu’un côté des feuillets d’un bleu plus soutenu, d’un papier plus fort, lors de la dernière reprise de travail fin 1860, à 1862.

Pourtant, quelle que soit l’année, le format est presque toujours le même : 27 centimètres de hauteur sur 21 de largeur.

On rencontre souvent, au cours des chapitres, de petits traits horizontaux : ces signes indiquent les reprises de travail ou les interruptions.

Nous décrirons seulement ici le manuscrit de la première partie, Fantine, contenue dans ce volume ; le manuscrit complet est si fertile en remaniements, en ajoutés, qu’on nous saura gré de cette division qui, sans fatiguer le lecteur, nous permettra de le guider dans ce labyrinthe si curieux, si attachant et si imprévu.

Nous trouverons au cours de cette première partie la copie de certains chapitres ou fragments de chapitres de la première période coupant quelquefois le manuscrit original au milieu d’un livre, et déroutant au premier abord. Cette copie, malheureusement incomplète, est pourtant presque aussi intéressante que l’original même ; elle est augmentée, raturée, annotée et surchargée par l’auteur. On y trouve non seulement des variantes de mots et de titres, mais des modifications de caractères ou de pensée ; tel développement philosophique ou politique qui ne serait pas venu sous la plume de Victor Hugo en 1845 se trouvait en quelque sorte dicté par les événements quinze ans plus tard, et c’est sur cette copie qu’on suit ligne à ligne les transformations qui se sont opérées de 1845 à 1862 dans la vie et dans l’esprit du poète. Çà et là, des additions marginales, des corrections à l’encre rouge ; nous les daterons de la dernière période vers 1861, nous en donnons plus loin la raison.

Outre le numérotage fait par les soins de la Bibliothèque nationale, des feuillets sont paginés selon la méthode habituelle de Victor Hugo par lettres alphabétiques, de A à Z, chaque lettre chiffrant un double feuillet, c’est-à-dire quatre pages, puisque chaque feuillet paginé ainsi est écrit des deux côtés ; quand l’alphabet est terminé, Victor Hugo recommence une série de A à Z en ajoutant un numéro : A², etc. ; nous rencontrerons souvent des intercalations mentionnées J2ter, A3bis, etc. Nous arrivons ainsi au bout de la première partie, à la lettre J³ Les trois séries ne constituent qu’une portion de la première partie, il y faut ajouter tous les feuillets, des chapitres entiers quelquefois, écrits vers 1851 et vers 1861 ; soit en tout 368 feuillets, d’après le numérotage de la Bibliothèque nationale. Nous en donnons les principales particularités.

Le manuscrit original, par suite de l’intercalation partielle de la copie, est tellement bouleversé, que nous ne pourrons suivre l’ordre du volume publié ; nous mentionnerons, pour plus de clarté, le chapitre se rapportant au feuillet décrit.

Feuillet 5. — Sur une page ayant formé chemise, cette mention :

manuscrit définitif.

Après ma mort, quand on réimprimera ce livre, il faudra mettre en toutes lettres les noms des villes.

Au lieu de D. — Digne ; au lieu de M.-sur-M., Montreuil-sur-mer.

Ces noms se lisent pour la première fois dans l’édition Hetzel-Quantin, publiée en 1881, du vivant de Victor Hugo.

Feuillet 7. — Table du livre Un juste, dont le titre primitif était : Monseigneur Bienvenu. Au-dessus de ce titre biffé, une note entre parenthèses :

(Ne pas oublier le sommeil profond de l’évêque.) (Chap. {sc.)

Au-dessus, le nom définitif de la sœur de l’évêque, Baptistine, appelée d’abord Sylvanie.

Feuillet 8. — Ne contient qu’une note, écrite au moment où Victor Hugo donnait son manuscrit à relier :

(Monseigneur Bienvenu.)

(Premier texte. Augmenté depuis. Placé ici comme annexe au manuscrit.)

Les « augmentations » se trouvent dans la copie dont nous avons parle plus haut et qui remplit, pour le premier livre, 45 feuillets recto et verso. Presque tous les feuillets de cette copie portent une note résumant ce qu’ils contiennent relativement à l’évêque : Sa vie ; sa journée ; tournées ; ses paroles ; sa maison ; Cravatte ; la lettre ; actes et opinions politiques.

LIVRE PREMIER. — UN JUSTE.

Pas de titres de chapitres au courant du premier livre. Les titres n’existent que sur la copie.

Sur les quatorze chapitres du livre Ier, quatre ont été écrits à partir de décembre 1861 et ne portent pas de lettres alphabétiques. Ce sont les chapitres viii, x, xii et xiv ; le chapitre xiii semble dater, pour une bonne moitié, de 1851 ; les neuf autres sont de la première période, 1845 à 1848.

Feuillet 9. — I. M. Myriel.

Dès les premières lignes du roman, nous constatons une interversion ; cette page, au lieu de commencer la série de l’alphabet, porte la lettre E et débute par une phrase biffée formant suite à un chapitre :

À l’époque où nous nous sommes reporté, M. Charles-François Bienvenu de M..

L’initiale a été biffée et remplacée en marge par le nom de Myriel.

Nous trouverons bien plus loin, comme premier chapitre du livre II, au feuillet 149, la double page chiffrée A placée autrefois en tête 5 elle constitue, avec les doubles feuillets B, C, D, tout le chapitre : Le soir d’un jour de marche.

C’était le premier commencement des Misérables.

Victor Hugo aura pensé qu’il fallait avant tout nous présenter, nous faire aimer l’évêque Myriel avant d’introduire chez lui Jean Valjean.

Ce projet est déjà indiqué sur une feuille volante :

Probablement :

Commencer par Monseigneur Bienvenu.

Puis entamer le drame et le suivre sans interruption.

En nous reportant à la copie du premier chapitre (feuillet 29), nous lisons en marge, de la main de Victor Hugo, ce début raturé :

Il nous est impossible de ne pas étudier avec quelque détail, au début de ce livre, une figure doucement imposante, aujourd’hui effacée après un rayonnement bien modeste, et à peu près disparue dans l’ombre qui commence à couvrir les premières années de ce siècle.

Nous avons dit imposante, ajoutons unique.

Pour trouver quelque chose de pareil à cette figure, il faudrait remonter aux temps, presque fabuleux pour nom, des évêques à la crosse de bois.

Ici, au feuillet 29, commence le numérotage de certains paragraphes ; les ajoutés et les renvois sont si nombreux que Victor Hugo a jugé indispensable de donner des points de repère au copiste qui répète les mêmes chiffres 1, 2, 3, etc., sur sa copie pour faciliter la collation du manuscrit. Les croix, les étoiles, les signes se multiplient d’ailleurs sur le manuscrit, indépendamment des chiffres.

Feuillet 9, verso. — La nomination de M. Myriel à l’évêché de D. est mentionnée dans le manuscrit par cette ligne :

L’empereur entendit parler de lui, et le nomma évêque de D.

L’incident de la rencontre de l’empereur et de M. Myriel chez le cardinal Fesch (voir p. 8) existe seulement en marge de la copie, feuillet 30.

Un point d’interrogation au crayon avant l’ajouté commençant par : « Qu’y avait-il de vrai dans les récits… ». (Voir p. 8.)

Dans cet ajouté même, ces lignes restées inédites :

Les hommes parlent souvent au hasard. Ce qui est en haut est toujours attaqué par ce qui est en bas. Un évêque est volontiers dénigré pour deux raisons, d’abord parce que c’est un évêque, ensuite parce que c’est un prêtre. Il y a des gens qui haïssent la soutane par cet esprit d’irréligion qu’on appelle philosophie, et d’autres qui haïssent la mitre par cet esprit d’envie qu’on appelle égalité. Demandez-leur le motif de cette haine, ils ne vous le diront pas. Peut-être ne le savent-ils point eux-mêmes. C’est un instinct, un sentiment irréfléchi et en apparence puéril au fond duquel, comme dans beaucoup de sentiments de ce genre, il y a un motif d’être et une raison cachée. Quoique l’expression semble bizarre, il serait peut-être très vrai de dire qu’on hait la soutane parce qu’elle est noire et la mitre parce qu’elle est blanche. La gravité et la splendeur importunent également les cerveaux médiocres.

Ce passage est rayé seulement sur la copie.

Feuillet 12, verso. — III. À bon évêque, dur évêché.

Après le passage montrant l’évêque, monté sur son âne, répondant au maire et aux bourgeois scandalisés, ces lignes :

Un moment après, il ajouta avec une sorte de gaîté gracieuse : — Ne méprisons rien ni personne, pas même les ânes. L’empereur fait son entrée dans les villes monté sur un cheval, le pape sur une mule, Dieu sur un âne.

Feuillet 25, verso. — XI. Une restriction.

Après l’alinéa concernant l’évêque et finissant par cette ligne (voir p. 53) :

…Ces trois pures lumières, la Vérité, la Justice et la Charité.

On lit ce passage modifié depuis :

Il eût été digne de lui de s’approcher en 1815 de Napoléon abandonné, menacé et penchant déjà vers un avenir sombre et inconnu. Il eût été digne de lui de comprendre, à cette époque fatale, la veille de cette catastrophe pressentie alors par tous qui s’est appelée depuis Waterloo, tout ce qu’avait de sublime et de touchant, au bord de l’abîme, l’étroit embrassement d’une grande nation et d’un grand homme.

En regard de cette citation, une mention au crayon :

Ajouter un mot sur le despote.

Ce « mot » constitue la version définitive ajoutée vers 1861, en marge de la copie, feuillet 125, verso.

Toujours au feuillet 25 verso, un ajouté marginal contenant l’incident relatif au portier impérialiste protégé par M. Myriel. Après ce passage, une croix à l’encre rouge nous renvoie à une note de même encre au bas du feuillet :

Placer ici le fait du conventionnel qu’il visite.

Le « fait » du conventionnel, devenu le chapitre x, n’a été écrit que vers 1860 ; la note à l’encre rouge qui le mentionne est donc, comme l’écriture l’indique, contemporaine du chapitre x.

Feuillet 25, verso. — XIII. Ce qu’il croyait.

Les dernières lignes de ce feuillet et les premières du feuillet 26, contenant le portrait, légèrement modifié plus tard, de l’évêque, sont biffées. Elles datent le chapitre :

Il avait quelque embonpoint ; il n’était pas grand, mais il se tenait encore très droit. Il faisait volontiers de longues courses à pied, et ressemblait en cela, en cela seulement au pape actuellement régnant, Grégoire XVI, qui à quatrevingts ans marche encore comme un jeune homme.

Le pape Grégoire XVI, mort en 1846, avait en 1845 exactement quatre-vingts ans. Ce chapitre est donc de 1845. La modification publiée écrite à l’encre rouge en marge du feuillet 26 et reproduite à l’encre noire en marge de la copie, feuillet 137 verso, est très postérieure.

Un peu plus loin, toujours au feuillet 26, une note au crayon :

Puisque nous avons prononcé ce mot : bonhomme, c’est ici le lieu de placer un fait :

(L’empereur. Grand homme. Bonhomme.)

Cette note se rapporte à la particularité indiquée à la description du feuillet 9, verso, chapitre i. La rencontre de l’évêque et de l’empereur n’aurait été, d’après cette observation, écrite qu’après le chapitre xiii.

Nous trouvons le commencement du chapitre xiii jusqu’aux mots : « Ces formations-là sont indestructibles », au feuillet 1365 papier blanc et fin, écriture droite, sans doute de la reprise de travail en 1851.

Feuillet 32, copie. — I. M. Myriel.

Le portrait de Mlle Baptistine, nommée d’abord Sylvanie, et celui de Mme Magloire, autrefois Mme Marthe, ont été ajoutés par Victor Hugo sur la copie. Pour ces modifications et ces portraits l’écriture est appuyée, droite, et doit dater de 1861.

C’est d’ailleurs sur un papier à l’adresse de Guernesey qu’on lit cette note de Victor Hugo :

Substituer partout Baptistine à Sylvanie. Feuillet 38, copie. — II. M. Myriel devient monseigneur Bienvenu.

Au bas de la page, Victor Hugo a ajouté les deux paragraphes qui terminent le chapitre ii.

Feuillet 47, copie. — IV. Les œuvres semblables aux paroles.

Légère modification au titre : Les paroles et les œuvres.

Feuillet 48. — Au milieu de la copie un feuillet original relatant les conversations de l’évêque avec sa parente la comtesse de Saint-Lô ; le dernier alinéa est bien plus récent que le reste.

Feuillet 52. — En marge de la copie, au dos d’un programme replié et collé sur le feuillet bleu et annonçant la représentation au « théâtre royal de Guernesey » de l’acteur anglais Rousby, Victor Hugo a écrit la « doctrine philosophique de l’évêque ». Ce fragment semble être détaché du dossier inédit : Tas de pierres, Philosophie. Quelques lignes ajoutées d’une écriture fine au-dessus de ce fragment nous font croire que l’évêque a bénéficié d’une pensée s’adaptant merveilleusement à son caractère, mais étrangère au roman même :

Étant, comme il se qualifiait lui-même en souriant, un ex-pécheur…, etc. (Voir p. 19).

Feuillet 56. — Même chapitre.

Un fragment de papier blanc est collé en marge de la copie et contient un développement sur l’échafaud, développement contemporain des manifestes lancés de Guernesey contre la peine de mort.

Ce feuillet 56 est un des plus chargés, il est couvert d’écriture dans tous les sens, et, bien qu’étant compris dans la copie, il ne contient que sept lignes de copie.

Feuillet 85. — VIII. Philosophie après boire.

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