Ruy Blas (page 8)

Victor Hugo · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Ruy Blas · 12 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Au lever du rideau, Ruy Blas, vêtu de noir, sans manteau et sans la toison, vivement agité, se promène à grands pas dans la chambre. Au fond, se tient son page, immobile et comme attendant ses ordres.

Scène PREMIÈRE.

RUY BLAS, LE PAGE.

Ruy Blas, à part, et se parlant à lui-même.

Que faire ? — Elle d’abord ! elle avant tout ! — rien qu’elle !

Dût-on voir sur un mur rejaillir ma cervelle,

Dût le gibet me prendre ou l’enfer me saisir

Il faut que je la sauve ! — oui ! mais y réussir ?

Comment faire ? donner mon sang, mon cœur, mon âme,

Ce n’est rien, c’est aisé. Mais rompre cette trame !

Deviner… — deviner ! car il faut deviner ! —

Ce que cet homme a pu construire et combiner !

Il sort soudain de l’ombre et puis il s’y replonge,

Et là, seul dans sa nuit, que fait-il ? — Quand j’y songe,

Dans le premier moment je l’ai prié pour moi !

Je suis un lâche, et puis c’est stupide ! — eh bien quoi !

C’est un homme méchant. — Mais que je m’imagine

— La chose a sans nul doute une ancienne origine, —

Que lorsqu’il tient sa proie et la mâche à moitié,

Ce démon va lâcher la reine, par pitié

Pour son valet ! Peut-on fléchir les bêtes fauves ?

— Mais, misérable, il faut pourtant que tu la sauves !

C’est toi qui l’as perdue ! à tout prix ! il le faut !

— C’est fini. Me voilà retombé ! De si haut !

Si bas ! j’ai donc rêvé ! — Ho ! je veux qu’elle échappe !

Mais lui ! par quelle porte, ô Dieu, par quelle trappe,

Par où va-t-il venir, l’homme de trahison ?

Dans ma vie et dans moi, comme en cette maison,

Il est maître. Il en peut arracher les dorures.

Il a toutes les clefs de toutes les serrures.

Il peut entrer, sortir, dans l’ombre s’approcher,

Et marcher sur mon cœur comme sur ce plancher.

— Oui, c’est que je rêvais ! Le sort trouble nos têtes

Dans la rapidité des choses sitôt faites. —

Je suis fou. Je n’ai plus une idée en son lieu.

Ma raison, dont j’étais si vain, mon Dieu ! mon Dieu !

Prise en un tourbillon d’épouvante et de rage,

N’est plus qu’un pauvre jonc tordu par un orage !

Que faire ? Pensons bien. D’abord empêchons-la

De sortir du palais. — Oh oui, le piége est là.

Sans doute. Autour de moi tout est nuit, tout est gouffre.

Je sens le piége, mais je ne vois pas. — Je souffre !

C’est dit. Empêchons-la de sortir du palais.

Faisons-la prévenir sûrement, sans délais. —

Par qui ? — je n’ai personne !

Il rêve avec accablement. Puis, tout à coup, comme frappé d’une idée subite et d’une lueur d’espoir, il relève la tête.

Par qui ? — je n’ai personne ! — Oui, don Guritan l’aime !

C’est un homme loyal ! oui !

Faisant signe au page de s’approcher. Bas.

C’est un homme loyal ! oui ! — Page, à l’instant même,

Va chez don Guritan, et fais-lui de ma part

Mes excuses, et puis dis-lui que sans retard

Il aille chez la reine et qu’il la prie en grâce,

En mon nom comme au sien, quoi qu’on dise ou qu’on fasse,

De ne point s’absenter du palais de trois jours.

Quoi qu’il puisse arriver. De ne point sortir. Cours !

Rappelant le page.

Ah !

Il tire de son garde-notes une feuille et un crayon.

Ah ! Qu’il donne ce mot à la reine, et qu’il veille !

Il écrit rapidement sur son genou.

— « Croyez don Guritan, faites ce qu’il conseille ! »

Il ploie le papier et le remet au page.

Quant à ce duel, dis-lui que j’ai tort, que je suis

À ses pieds, qu’il me plaigne et que j’ai des ennuis,

Qu’il porte chez la reine à l’instant mes suppliques,

Et que je lui ferai des excuses publiques.

Qu’elle est en grand péril. Qu’elle ne sorte point.

Quoi qu’il arrive. Au moins trois jours. — De point en point

Fais tout. Va, sois discret, ne laisse rien paraître.

Le Page.

Je vous suis dévoué. Vous êtes un bon maître.

Ruy Blas.

Cours, mon bon petit page. As-tu bien tout compris ?

Le Page.

Oui, monseigneur, soyez tranquille.

Il sort.

Ruy Blas, resté seul, tombant sur un fauteuil.

Oui, monseigneur, soyez tranquille.Mes esprits

Se calment. Cependant, comme dans la folie,

Je sens confusément des choses que j’oublie.

Oui, le moyen est sûr. Don Guritan… ! — mais moi ?

Faut-il attendre ici don Salluste ? Pourquoi ?

Non. Ne l’attendons pas. Cela le paralyse

Tout un grand jour. Allons prier dans quelque église.

Sortons. J’ai besoin d’aide, et Dieu m’inspirera !

Il prend son chapeau sur une crédence, et secoue une sonnette posée sur la table. Deux nègres, vêtus de velours vert-clair et de brocard d’or, jaquettes plissées à grandes basques, paraissent à la porte du fond.

Je sors. Dans un instant un homme ici viendra.

— Par une entrée à lui. — Dans la maison, peut-être,

Vous le verrez agir comme s’il était maître.

Laissez-le faire. Et si d’autres viennent…

Après avoir hésité un moment.

Laissez-le faire. Et si d’autres viennent…Ma foi,

Vous laisserez entrer ! —

Il congédie du geste les noirs, qui s’inclinent en signe d’obéissance et qui sortent.

Vous laisserez entrer ! —Allons ?

Il sort.

Au moment où la porte se referme sur Ruy Blas, on entend un grand bruit dans la cheminée, par laquelle on voit tomber tout à coup un homme, enveloppé d’un manteau déguenillé, qui se précipite dans la chambre. C’est don César.

Scène DEUXIÈME.

DON CÉSAR.

Effaré, essoufflé, décoiffé, étourdi, avec une expression joyeuse et inquiète en même temps.

Vous laisserez entrer ! — Allons ?Tant pis ! c’est moi !

Il se relève en se frottant la jambe sur laquelle il est tombé, et s’avance dans la chambre avec force révérences et chapeau bas.

Pardon ! ne faites pas attention, je passe.

Vous parliez entre vous. Continuez, de grâce.

J’entre un peu brusquement, messieurs, j’en suis fâché !

Il s’arrête au milieu de la chambre et s’aperçoit qu’il est seul.

— Personne ! — sur le toit tout à l’heure perché,

J’ai cru pourtant ouïr un bruit de voix. — Personne !

S’asseyant dans un fauteuil.

Fort bien. Recueillons-nous. La solitude est bonne.

— Ouf ! que d’événements ! — J’en suis émerveillé

Comme l’eau qu’il secoue aveugle un chien mouillé.

Primo, ces alguazils qui m’ont pris dans leurs serres ;

Puis cet embarquement absurde ; ces corsaires ;

Et cette grosse ville où l’on m’a tant battu ;

Et les tentations faites sur ma vertu

Par cette femme jaune ; et mon départ du bagne ;

Mes voyages ; enfin, mon retour en Espagne !

Puis, quel roman ! le jour où j’arrive, c’est fort,

Ces mêmes alguazils rencontrés tout d’abord !

Leur poursuite enragée et ma fuite éperdue ;

Je saute un mur ; j’avise une maison perdue

Dans les arbres, j’y cours ; personne ne me voit ;

Je grimpe allègrement du hangard sur le toit ;

Enfin, je m’introduis dans le sein des familles

Par une cheminée où je mets en guenilles

Mon manteau le plus neuf qui sur mes chausses pend !…

— Pardieu ! monsieur Salluste est un grand sacripant !

Se regardant dans une petite glace de Venise posée sur le grand coffre à tiroirs sculptés.

— Mon pourpoint m’a suivi dans mes malheurs. Il lutte !

Il ôte son manteau et mire dans la glace son pourpoint de satin rose usé, déchiré et rapiécé ; puis il porte vivement la main à sa jambe avec un coup d’œil vers la cheminée.

Mais ma jambe a souffert diablement dans ma chute !

Il ouvre les tiroirs du coffre. Dans l’un d’entre eux, il trouve un manteau de velours vert-clair, brodé d’or, le manteau donné par don Salluste à Ruy Blas. Il examine le manteau et le compare au sien.

— Ce manteau me paraît plus décent que le mien.

Il jette le manteau vert sur ses épaules et met le sien à la place dans le coffre, après l’avoir soigneusement plié ; il y ajoute son chapeau qu’il enfonce sous le manteau d’un coup de poing ; puis il referme le tiroir. Il se promène fièrement, drapé dans le beau manteau brodé d’or.

C’est égal, me voilà revenu. Tout va bien.

Ah ! mon très-cher cousin, vous voulez que j’émigre

Dans cette Afrique où l’homme est la souris du tigre !

Mais je vais me venger de vous, cousin damné,

Épouvantablement, quand j’aurai déjeûné.

J’irai, sous mon vrai nom, chez vous, traînant ma queue,

D’affreux vauriens sentant le gibet d’une lieue,

Et je vous livrerai vivant aux appétits

De tous mes créanciers — suivis de leurs petits.

Il aperçoit dans un coin une magnifique paire de bottines à canons de dentelles. Il jette lestement ses vieux souliers, et chausse sans façon les bottines neuves.

Voyons d’abord où m’ont jeté ses perfidies.

Après avoir examiné la chambre de tous côtés.

Maison mystérieuse et propre aux tragédies.

Portes closes, volets barrés, un vrai cachot.

Dans ce charmant logis on entre par en haut,

Juste comme le vin entre dans les bouteilles.

Avec un soupir.

— C’est bien bon, du bon vin ! —

Il aperçoit la petite porte à droite, l’ouvre, s’introduit vivement dans le cabinet avec lequel elle communique, puis rentre avec des gestes d’étonnement.

C’est bien bon, du bon vin ! —Merveille des merveilles !

Cabinet sans issue où tout est clos aussi !

Il va à la porte du fond, l’entr’ouvre, et regarde au dehors : puis il la laisse retomber et revient sur le devant du théâtre.

Personne ! — Où diable suis-je ? — Au fait j’ai réussi

À fuir les alguazils. Que m’importe le reste ?

Vais-je pas m’effarer et prendre un air funeste

Pour n’avoir jamais vu de maison faite ainsi ?

Il se rassied sur le fauteuil, bâille, puis se relève presque aussitôt.

Ah çà ! mais — je m’ennuie horriblement ici.

Avisant une petite armoire dans le mur, à gauche, qui fait le coin du pan coupé.

Voyons, ceci m’a l’air d’une bibliothèque.

Il y va et l’ouvre. C’est un garde-manger bien garni.

Justement. — Un pâté, du vin, une pastèque.

C’est un encas complet. Six flacons bien rangés !

Diable ! sur ce logis j’avais des préjugés.

Examinant les flacons l’un après l’autre.

C’est d’un bon choix. — Allons ! l’armoire est honorable.

Il va chercher dans un coin la petite table ronde, l’apporte sur le devant et la charge joyeusement de tout ce que contient le garde-manger, bouteilles, plats, etc., il ajoute un verre, une assiette, une fourchette, etc. — puis il prend une des bouteilles.

Lisons d’abord ceci.

Il emplit le verre, et boit d’un trait.

Lisons d’abord ceci.C’est une œuvre admirable

De ce fameux poëte appelé le soleil !

Xérès-des-Chevaliers n’a rien de plus vermeil.

Il s’assied, se verse un second verre et boit.

Quel livre vaut cela ? Trouvez-moi quelque chose

De plus spiritueux !

Il boit.

De plus spiritueux ! Ah Dieu, cela repose !

Mangeons.

Il entame le pâté.

Mangeons.Chiens d’alguazils ! Je les ai déroutés.

Ils ont perdu ma trace.

Il mange.

Ils ont perdu ma trace.Oh ! le roi des pâtés !

Quant au maître du lieu, s’il survient… —

Il va au buffet et en rapporte un verre et un couvert qu’il pose sur la table.

Quant au maître du lieu, s’il survient… —Je l’invite.

— Pourvu qu’il n’aille pas me chasser ! Mangeons vite.

Il met les morceaux doubles.

Mon dîner fait, j’irai visiter la maison.

Mais qui peut l’habiter ? peut-être un bon garçon.

Ceci peut ne cacher qu’une intrigue de femme.

Bah ! quel mal fais-je ici ? qu’est-ce que je réclame ?

Rien, — l’hospitalité de ce digne mortel,

À la manière antique,

Il s’agenouille à demi et entoure la table de ses bras.

À la manière antique,En embrassant l’autel.

Il boit.

D’abord, ceci n’est point le vin d’un méchant homme.

Et puis, c’est convenu, si l’on vient, je me nomme.

Ah ! vous endiablerez, mon vieux cousin maudit !

Quoi, ce bohémien ? ce galeux ? ce bandit ?

Ce Zafari ? ce gueux ? ce va-nu-pieds… ? — Tout juste !

Don César De Bazan, cousin de don Salluste ?

Oh ! la bonne surprise ! et dans Madrid, quel bruit !

Quand est-il revenu ? ce matin ? cette nuit ?

Quel tumulte partout en voyant cette bombe,

Ce grand nom oublié qui tout à coup retombe !

Don César De Bazan ! oui, messieurs, s’il vous plaît !

Personne n’y pensait, personne n’en parlait,

Il n’était donc pas mort ? il vit, messieurs, mesdames !

Les hommes diront : Diable ! — Oui-dà ! diront les femmes.

Doux bruit qui vous reçoit rentrant dans vos foyers,

Mêlé de l’aboiement de trois cents créanciers !

Quel beau rôle à jouer ! — Hélas ! l’argent me manque.

Bruit à la porte.

On vient. — Sans doute on va comme un vil saltimbanque

M’expulser. — C’est égal, ne fais rien à demi,

César !

Il s’enveloppe de son manteau jusqu’aux yeux. La porte du fond s’ouvre. Entre un laquais en livrée portant, sur son dos une grosse sacoche.

Scène TROISIÈME.

DON CÉSAR, UN LAQUAIS.

Don César, toisant le laquais de la tête aux pieds.

César !Qui venez-vous chercher céans, l’ami ?

À part.

Il faut beaucoup d’aplomb, le péril est extrême.

Le Laquais.

Don César de Bazan.

Don César, dégageant son visage du manteau.

Don César de Bazan.Don César ! c’est moi-même !

À part.

Voilà du merveilleux !

Le Laquais.

Voilà du merveilleux !Vous êtes le seigneur

Don César De Bazan ?

Don César.

Don César De Bazan ?Pardieu ! j’ai cet honneur.

César ! le vrai César ! le seul César ! le comte

De Garo…

Le Laquais, posant sur le fauteuil la sacoche.

De Garo…Daignez voir si c’est là votre compte.

Don César, comme ébloui.

À part.

De l’argent ! c’est trop fort !

Haut.

De l’argent ! c’est trop fort !Mon cher…

Le Laquais.

De l’argent ! c’est trop fort ! Mon cher…Daignez compter.

C’est la somme que j’ai l’ordre de vous porter.

Don César, gravement.

Ah ! fort bien ! je comprends.

À part.

Ah ! fort bien ! je comprends.Je veux bien que le diable… —

Çà, ne dérangeons pas cette histoire admirable.

Ceci vient fort à point.

Haut.

Ceci vient fort à point.Vous faut-il des reçus ?

Le Laquais.

Non, monseigneur.

Don César, lui montrant la table.

Non, monseigneur.Mettez cet argent là-dessus.

Le laquais obéit.

De quelle part ?

Le Laquais.

De quelle part ?Monsieur le sait bien.

Don César.

De quelle part ?Monsieur le sait bien.Sans nul doute.

Mais…

Le Laquais.

Mais…Cet argent, — voilà ce qu’il faut que j’ajoute, —

Vient de qui vous savez pour ce que vous savez.

Don César, satisfait de l’explication.

Ah !

Le Laquais.

Ah !Nous devons, tous deux, être fort réservés.

Chut !

Don César.

Chut !Chut !!! — Cet argent vient… — la phrase est magnifique !

Redites-la moi donc.

Le Laquais.

Redites-la moi donc.Cet argent…

Don César.

Redites-la moi donc. Cet argent…Tout s’explique !

Me vient de qui je sais…

Le Laquais.

Me vient de qui je sais…Pour ce que vous savez.

Nous devons…

Don César.

Nous devons…Tous les deux !!!

Le Laquais.

Nous devons… Tous les deux !!!Être fort réservés.

Don César.

C’est parfaitement clair.

Le Laquais.

C’est parfaitement clair.Moi j’obéis. Du reste

Je ne comprends pas.

Don César.

Je ne comprends pas.Bah !

Le Laquais.

Je ne comprends pas.Bah !Mais vous comprenez !

Don César.

Je ne comprends pas.Bah !Mais vous comprenez !Peste !

Le Laquais.

Il suffit.

Don César.

Il suffit.Je comprends et je prends, mon très-cher.

De l’argent qu’on reçoit, d’abord, c’est toujours clair.

Le Laquais.

Chut !

Don César.

Chut !Chut !!! ne faisons pas d’indiscrétion. Diantre !

Le Laquais.

Comptez, seigneur !

Don César.

Comptez, seigneur !Pour qui me prends-tu ?

Admirant la rondeur du sac posé sur la table.

Comptez, seigneur ! Pour qui me prends-tu ?Le beau ventre !

Le Laquais, insistant.

Mais…

Don César.

Mais… Je me fie à toi.

Le Laquais.

Mais… Je me fie à toi.L’or est en souverains.

Bons quadruples pesant sept gros trente-six grains,

Ou bons doublons au marc. L’argent, en croix-maries.

Don César ouvre la sacoche et en tire plusieurs sacs pleins d’or et d’argent, qu’il ouvre et vide sur la table avec admiration ; puis il se met à puiser à pleines poignées dans les sacs d’or et remplit ses poches de quadruples et de doublons.

Don César, s’interrompant, avec majesté.

À part.

Voici que mon roman, couronnant ses féeries,

Meurt amoureusement sur un gros million.

Il se remet à remplir ses poches.

Ô délices ! je mords à même un galion !

Une poche pleine, il passe à l’autre. Il se cherche des poches partout, et semble avoir oublié le laquais.

Le Laquais, qui le regarde avec impassibilité.

Et maintenant, j’attends vos ordres.

Don César, se retournant.

Et maintenant, j’attends vos ordres.Pour quoi faire ?

Le Laquais.

Afin d’exécuter, vite et sans qu’on diffère,

Ce que je ne sais pas et ce que vous savez.

De très-grands intérêts…

Don César, l’interrompant d’un air d’intelligence.

De très-grands intérêts…Oui, publics et privés !!!

Le Laquais.

Veulent que tout cela se fasse à l’instant même.

Je dis ce qu’on m’a dit de dire.

Don César, lui frappant sur l’épaule.

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