Satires (page 20)
(03) Qui reprennent de pareilles turpitudes sur le ton d’Hercule, lorsqu’il repoussa la volupté pour suivre la vertu. Incusata gravissimis verbis voluptate, virtutem secutus est.
(04) Domitien déshonora Julie, fille de son frère Titus, et la força de se faire avorter. Il est auteur de plusieurs lois en faveur des mœurs et de la religion.
Les tragédies de Phèdre et d’Œdipe expliquent l’épithète tragico, donnée à l’inceste de Domitien.
(05) La loi Julia, faite par Auguste, prescrivait des peines contre l’adultère.
(06) La loi Scantinia, publiée par C. Scantinius, tribun du peuple, regardait ceux qui se prostituaient publiquement, et qui débauchaient les autres.
(07) Le mot coliphia désigne une espèce de pain destiné aux athlètes, et fait de manière à leur dernier de la vigueur.
(08) Il s’agit des esclaves surprises avec leurs maîtres. Celles que les épouses légitimes surprenaient ainsi, étaient traitées fort durement, tenues à la chaîne, et condamnées à des tâches très pénibles. Codex pourrait signifier le morceau de bois que tramaient les esclaves enchaînées, et qui leur servait de siège.
(09) La loi Voconia défendait aux maris de rien laisser à leurs femmes par testament ; et c’est pour cela qu’Hister, de son vivant, fait de riches présents à son épouse, afin de l’engager à lui passer ses turpitudes et à les taire.
(10) Ces robes de soie excitaient l’indignation de tous les gens de bien. On connait le décret que Tibère fit rendre au sénat dans ces termes remarquables : Decretum ne vestis serica viros fœdaret.
(11) On n’a pas de notions bien précises sur les Baptes, ainsi nommés peut-être de ce qu’ils se purifiaient en se plongeant dans l’eau. Eupolis, dans une comédie qui portait leur nom, mais qui n’existe plus, se moquait, dit-on, des mystères de Cotys.
(12) Orné de vêtements couleur d’azur, et d’étoffes à la quadrille, ou de vêtements d’étoffe rase, couleur de galbanum. Le mot vestimenta est sous-entendu dans cette phrase.
(13) La ponctuation de ces quatre vers latins est vicieuse ; il les faut écrire ainsi :
Nimirum summi ducis est occidere Galbam
Et curare cutem : summi constantia civis
Bedriaci in campo spolium affectare palati,
Et pressum in faciem digitis extendere panem.
De cette manière, occidere et curare sont l’infinitif à cause de summi ducis est : affectare et extendere, à cause de summi constantia civis. Autrement, occidere est à l’infinitif, à cause de summi ducis est : curare, à cause de summi constantia civis : puis, on ne sait plus pourquoi affectare et extendere se trouvent à ce mode.
(14) Hic turpis Cybeles est la continuation du morceau qui commence aux mots accipient te paulatim. Ce sont toujours les mêmes orgies domestiques, criminellement imitées des mystères de la Bonne Déesse. Otez la comparaison des Baptes et la trop longue phrase incidente, à l’occasion d’Othon, et tout se trouve parfaitement lié. Il y a plus : hic turpis Cybeles que Dusaulx regarde comme une phrase incorrecte et tronquée, s’explique tout naturellement dans cette supposition, et signifie : C’est là que Cybèle est déshonorée ; c’est là que son culte fait rougir.
(15) On appelait flameum le voile de la nouvelle mariée, non qu’il eût une couleur de feu, mais parce que l’épouse du flamine, à qui le divorce était interdit, en était toujours parée. C’était un ornement de bon augure.
(16) Les luperques étaient des prêtres du dieu Pan, qui parcouraient la ville, nus et armés de lanières de boucs dont ils poursuivaient les passants, et particulièrement les femmes, qu’ils se flattaient de rendre fécondes, en leur frappant dans la main.
(17) Des deux gladiateurs qui se donnaient en spectacle, l’un s’appelait le mirmillon, l’autre le rétiaire. Le mirmillon était armé d’une cuirasse, tenait de la main droite une espèce de faux, de la gauche un bouclier, et son casque était surmonté de la figure d’un poisson. Le rétiaire le poursuivait en criant : Ce n’est pas à toi, Gaulois, que j’en veux, c’est à ton poisson : Galle, non peto, piscem peto. Le rétiaire, la figure découverte, revêtu d’une tunique légère, tenait un trident de la main gauche, et de la droite un filet dont il cherchait à envelopper son adversaire. Celui-ci, attentif à ne point se laisser surprendre, le bouclier au poing, poursuivait de sa faux le rétiaire, qui, obligé de céder, se déployait en arrière, d’après certaines règles, rassemblait son filet, et revenait plus ardent à la charge. Ce combat intéressait vivement le spectateur qui ne pouvait suivre, sans un certain plaisir mêlé d’inquiétude et de crainte, tantôt le mirmillon prêt à renverser le rétiaire, tantôt le rétiaire sur le point d’envelopper le mirmillon. Et, en effet, il devait être assez curieux de voir par quelle adresse l’un des deux champions, sans armes, pouvait parvenir à triompher de l’autre. Le rôle de Gracchus, en cet endroit, est celui du rétiaire, et c’est ce qui indigne surtout Juvénal qui suppose qu’il n’a choisi ce rôle que pour être mieux reconnu, et mettre sa honte dans un plus grand jour.
(18) Dans les jeux publics, les sénateurs, les magistrats, celui qui donnait le spectacle, et l’empereur, occupaient le premier rang qui s’appelait podium. C’était une espèce de tribune ou de péristyle circulaire. Au-dessus étaient les quatorze gradins des chevaliers ; au-dessous, les loges, caveœ, où l’on renfermait les bêtes qui devaient combattre.
(19) Heuc, heu miseri traduscimur ! ne veut pas dire que nous descendons tous sur le Styx ; c’est une exclamation qui revient à celle-ci : Voilà donc, malheureux que nous sommes, à quel degré d’avilissement nous sommes réduits !
(20) Par mores prætextatos, les uns entendent seulement les mœurs romaines ; les autres, des mœurs corrompues. On trouve dans Suétone l’adjectif prœtextatus employé dans ce dernier sens : Erat enim dicacitatis plurimæ, et sic scurrilis ac sordidæ, ut ne prætextatis quidem verbis abstineret. In vita Vespasiani.
Artaxate, sur l’Araxe, était alors la capitale de l’Arménie.
SATIRE III
(01) Ce passage s’interprète de deux manières différentes, ou de gens assez vils pour se mettre eux-mêmes à l’encan, ou de gens qui font le commerce d’esclaves.
(02) Les jeux terminés, le peuple était l’arbitre de la vie et de la mort du gladiateur vaincu. Voulait-il lui faire grâce, il étendait la main avec le pouce plié sous les doigts ; demandait-il sa mort, il lui suffisait de lever le pouce, et de le tourner contre ce malheureux.
(03) Nulli comes exco signifie, selon les uns, qu’Umbritius ne cherche à être le client, le complaisant d’aucun riche ; selon les autres, que, ne possédant rien et ne pouvant rendre aucun service, il part sans que personne daigne l’accompagner.
(04) Les athlètes qui sortaient vainqueurs des jeux du cirque, avaient part aux sportules des empereurs ; et, pour être reconnus de ceux qui distribuaient ces sportules, ils portaient au col le symbole de leur victoire. Ce sens parait résulter de l’étymologie des mots trechedipna et niceteria.
(05) Il y eut à Rome, sous le règne de Trajan, un Iséus dont Pline et Quintilien font un grand éloge. Quintilien surtout, lui accorde une véhémence, une promptitude singulière ; et c’est sans doute ce que Juvénal a voulu indiquer par le mot torrentior,
(06) Dusaulx est convaincu que les commentateurs se sont trompés sur le sens de ce passage, et il croit que Juvénal a réellement eu l’intention de parler du talent des Grecs pour la comédie. Il est à craindre, au contraire, que ce ne soit le traducteur qui ait mal saisi la pensée de l’original. De quoi s’agit-il ? de l’habileté des Grecs dans l’art de la flatterie ; et le morceau quid quod adulanti, etc., où il en est question, ne finit pas au vers sed illis creditur, etc., mais se continue jusqu’à prœterea sanctum nihil est, etc. Voilà donc, si nous adoptons l’interprétation de Dusaulx, sept vers relatifs au talent des Grecs pour la comédie, intercalés entre le commencement et la fin d’un morceau où il n’est question que de leur adresse à flatter. Ce serait un défaut, mais que n’expliquerait point encore la conjonction lumen du vers nec tamen Antiochus, etc. N’est-il pas plus naturel de penser que an melior cum Thaida sustinet jusqu’à rides, n’a aucun rapport à la manière dont les Grecs jouent la comédie, et qu’il faut entendre ce passage à peu près comme il suit : « Nous pouvons louer ces défauts comme eux ; mais on ne nous croirait pas. Eux seuls ont l’art de persuader, tant ils jouent bien leur rôle ! Un comédien (ce n’est pas grœcus comœdus, mais comœdus romanus) représente-t-il mieux Thas, une matrone, Doris du sein des mers s’avançant toute nue ? Vous savez (nempe) que ce dernier rôle surtout, on le joue si naturellement qu’on croirait voir une femme au lieu de l’acteur. Et bien ! malgré cela (tamen), Antiochus, Stratoclès, Démétrius, Hémus, ces acteurs des pièces dont nous venons de parler, ne sont là, dans cet art, (illic) que des comédiens peu merveilleux. Il n’appartient qu’à un Grec de jouer la comédie. Vous riez, il éclate, etc. Nous ne sommes donc rien en comparaison. Non sumus ergo pares. » Qu’on traduise autrement ces 23 vers, et tout est disparate, décousu, inintelligible.
(07) À facie jactare manus, appliquer la main sur ses lèvres, et l’étendre ensuite sur l’objet de son respect, était un acte religieux ; de là le mot adorare, porter la main à la bouche ad os.
(08) Si nulla, etc. Il y a dans cette période trois circonstances qui vont en croissant selon les règles de la rhétorique, auxquelles Juvénal ne manque jamais, et dont la moins indécente répugne à la langue française.
(09) Presque tous les manuscrits portent Aulam resupinat amici. Cette leçon n’est pas intelligible. L’autre, qui est celle de l’ancien scholiaste, termine vigoureusement la gradation.
(10) Facinus majoris abollae. Un crime commis sous un manteau plus imposant. Abolla, était une espèce de manteau particulièrement affecté aux magistrats et aux philosophes.
(11) La construction de ces deux vers, à cause d’une idée intermédiaire supprimée, semble avoir quelque chose d’incohérent. Hic, ici, dit le poète, le fils d’un sénateur grossit le cortège d’un affranchi, et je ne m’en étonne pas ; car ce dernier est si riche, etc.
(12) Les courtisanes se tenaient à la porte des maisons de prostitution, sur des sièges élevés, afin d’attirer les regards des passants.
(13) Samothrace est une île de l’Archipel. On y adorait les dieux Cabires.
(14) Par un règlement du tribun du peuple, L. R. Othon, il n’était permis de prendre place sur les quatorze gradins des chevaliers, qu’à ceux qui possédaient au moins 400, 000 sesterces de bien.
(15) Un citoyen romain n’aurait pas osé paraître en public sans la toge. Dans les villes municipales, on ne la portait que rarement ; et elle était réservée pour les circonstances solennelles. C’était l’usage d’en revêtir les morts et de les exposer ainsi sous le vestibule et à la porte de leurs maisons, avant de les transporter au bûcher.
(16) On entendait à Rome par le mot exodium, certains intermèdes burlesques qui se plaçaient entre les actes, ou qui se jouaient à la fin d’une tragédie, pour dissiper la tristesse causée par de sujets sérieux. Exodium signifie issue.
(17) L’action de couper, pour la première fois, la barbe ou les cheveux d’un esclave privilégié, était l’occasion d’une fête domestique, et les clients étaient en quelque sorte obligés d’augmenter son pécule par leurs présents.
(17a) Phaecasiani dei sont les dieux de la Grèce. Ce nom leur vient de la chaussure de leurs prêtres, appelée phœcasium, ou plutôt de la chaussure grecque en général qui portait ce nom, Pythagoricus quidam emerat a sutore phaecasia. Senec., lib. 7, de Beneficiis. Si quem pallatium aut phaecasiatum conspexeris, dit encore le même.
(18) Le mot lacerta a toujours embarrassé les interprètes, et il n’est pas encore expliqué. La plupart entendent par ce mot un petit jardin, et ce sens s’accorde parfaitement avec ce qui précède. Unius se se dominum fecisse lacertae pouvait être une manière de parler proverbiale. Lacerta signifie lézard. Les lézards rampent dans les jardins ; et les poètes prennent quelquefois le contenu pour le contenant. En voilà assez pour autoriser le proverbe. Il faut avouer pourtant que la métonymie est forte.
(19) Ici la plupart des malades succombent à des veilles forcées mais cette langueur vient de l’intempérance. Cependant, quand vous seriez sobre, vous n’en dormiriez pas davantage. Car où trouver un asile favorable au sommeil ? etc. Les mots soulignés de cette phrase ne sont pas dans le texte, mais ils sont dans la pensée de l’auteur, et il est impossible, sans eux, de se rendre compte du nam qui confirme la proposition générale, plurimus hic aeger moritur vigilando.
(20) Il fallait que Drusus fut un bien grand dormeur, puisque son sommeil était passé en proverbe. Les veaux marins, appelés phoques, se jettent, en sortant de la mer, sur le rivage, où ils dorment si profondément que les chasseurs les tuent avant de parvenir à les réveiller.
SATIRE IV
1. (01) Quel est le motif de ce mépris de Crispinus pour les veuves ? Est-ce parce qu’elles ne lui offrent que des plaisirs trop faciles, ou bien parce que ces plaisirs ne seraient point criminels ? Il est probable que c’est pour l’une et pour l’autre cause.
2. (02) Les Romains, pendant les chaleurs de l’été, et dans les temps de pluie, se faisaient traîner sur des chars ou porter en litière par leurs esclaves, sous les immenses portiques qui servaient à l’ornement et à la commodité de leurs palais.
Les jardins des Romains, dans le temps de leur opulence, offraient en spectacle, au centre même de la ville, non seulement des terres labourables, des viviers, des vergers, des potagers, des parterres, mais encore de superbes palais et de magnifiques maisons de plaisance, faites pour s’y reposer agréablement du tumulte des affaires. Jam pridem hortorum nomine, in ipsa urbe, delicias, agros, villas que possident. Pline, lib. 29, cap. 4.
3. (03) Six grands sesterces, ou six mille sertercii nummi. Ce que les Romains appelaient mullus surmulet, était un poisson de mer dont ils étaient si friands qu’ils allaient le pêcher dans les pays les plus lointains. Un surmulet de six livres est évidemment une expression hyperbolique. Pline prétend qu’il n’y en a point qui excèdent deux livres. Horace, cependant, semble indiquer qu’il peut s’en trouver qui pèsent jusqu’à trois.
............ laudas, insane, trilibrem
Mullum, in singula quem minuas pulmenia necesse est.
Lib. 2, sat. 2, v. 23.
4. (04) La vie et la mort d’Apicius sont également héroïques. Après avoir dépensé, pour satisfaire sa gourmandise, environ cent millions de petits sesterces, il voulut enfin se faire rendre compte de sa fortune. Désespéré d’apprendre qu’il ne lui restait plus que le dixième de cette somme, il ne trouva d’autre ressource, pour ne pas mourir de faim, que de mettre un terme à ses jours, et il s’empoisonna.
5. (05) L’écorce du papyrus s’employait à plusieurs usages. Les Égyptiens en faisaient des voiles, des habillements, des couvertures de fils et des cordes. Markland change patria en pharia. Les raisons qu’il en donne sont spécieuses ; elles prouvent son érudition ; mais patria est une épithète fort juste en cet endroit, puisque Crispinus était sorti des bourbiers du Nil, comme dit Juvénal, et que le papyrus croît en Égypte.
6. (06) Le silurus était un poisson du Nil, très bien désigné par l’épithète municipes, puisque Crispinus était égyptien. Le fracta mercede, qu’on rejette mal à propos, exprime heureusement le commerce en détail qu’en faisait cet esclave.
7. (07) La famille des Flaviens fournit trois empereurs à Rome, Vespasien et ses deux fils Titus et Domitien. Ce dernier était chauve, et il en était si humilié que, s’il entendait reprocher ce défaut à un autre, il prenait l’injure pour lui, et ne manquait pas de s’en venger.
8. (08) Les Césars n’avaient pas manqué d’ajouter ce titre à celui d’empereur. C’était bien le moins, observe Cesarotti, que des princes qui devenaient dieux à leur mort, fussent pontifes pendant leur vie.
9. (09) Le lac au bord duquel était bâtie l’ancienne ville d’Albe. Le temple de Veste y existait encore du temps de Juvénal ; mais il était loin d’approcher de la magnificence de celui de Rome. Domitien avait sa maison de campagne sur la montagne d’Albe.
10. (10) Les Romains avaient improprement donné le nom d’ours aux premiers lions qui leur étaient arrivés de l’Afrique. On n’en trouve ni dans la Numidie, ni dans la Lybie, quoiqu’on lise dans Virgile, pelle Lybistidis ursae.
SATIRE V
(01) Le sens ordinairement donné à ce passage, ferait peu d’honneur à la logique du poète. Si tu n’as pas encore rougi de ta conduite, lui fait-on dire : si tu persistes à regarder comme le souverain bien de vivre à la table d’autrui : si tu peux souffrir des humiliations que n’auraient pas supportés les plus vils bouffons de César, quoi que tu l’affirmes par serment, je ne saurais ajouter foi à ton témoignage. D’abord on ne voit là ni témoin, ni témoignage. Ensuite, si Trébius a de pareils sentiments, et qu’il en convienne, pourquoi ne pas le croire ?
(02) Un vin trop grossier pour que la laine nouvelle s’en imprègne facilement. Il paraît que la laine, immédiatement après qu’on l’avait tondue, était lavée dans du vin. Au reste, cette expression n’est peut-être qu’une manière de parler proverbiale.
(03) Thraséas et Helvidius son gendre, tous deux d’une vertu digne des premiers temps de la république, et grands partisans de la liberté. Thraséas Poetus fut condamné à mort, et Helvidius exilé par Néron. Thraséas et Helvidius ne sont pas cités sans dessein par Juvénal. C’est un trait sanglant contre Domitien qui, au rapport de Suétone, avait fait périr Junius Rusticus, pour avoir loué ces deux grands hommes.
(04) Ce Vatinius, homme difforme cl bouffon sans pudeur, après avoir passé sa jeunesse dans la boutique d’un cordonnier, s’était introduit à la cour de Néron, dont il n’était pas une des pestes les moins dangereuses. On donnait son nom à une espèce de coupe avec un ou plusieurs becs en forme de nez, ou parce qu’il faisait usage de coupes de cette espèce, ou parce qu’il en était l’inventeur, on bien encore, comme le prétendent quelques-uns, par allusion à son nez qui était d’une mesure extraordinaire,
(05) Les anciens aimaient beaucoup l’eau chaude, et ils n’en faisaient pas moins d’usage que de la froide. L’eau chaude ne servait pas seulement à délayer les vins qui, par la vieillesse, avaient acquis la consistance du miel, mais encore à exciter et à faciliter le vomissement. Les interprètes qui pensent que les anciens ne faisaient tant d’usage d’eau fraîche et d’eau chaude, dans leurs repas, que par tempérance, sont dans une grande erreur.
(06) Les interprètes pensent qu’il est question ici d’un poisson du Tibre appelé lupus. Celui qui était marqué, était le moins délicat. Lupi sine macula maxime probantur. Colum.
(07) Parmi les esclaves proposés au service de la table, l’un avait soin de placer, de disposer les mets ; on lui donnait le nom de structor, d’où Virgile a dit : cura penum struere. Un autre était chargé de disséquer les viandes, de les distribuer aux convives ; on l’appelait cheironomon.
(08) Triphère tenait, dans le quartier de Suburre, une école publique où il enseignait l’art de découper les mets.
(09) Les Romains de distinction avaient plusieurs noms, ordinairement trois, et quelquefois quatre. Le premier était le prénom qui servait à distinguer chaque personne le second était le nom propre qui désignait la race d’où l’on sortait : le troisième était le surnom qui marquait la famille dont on était : enfin le quatrième était un autre surnom qui se donnait ou à cause de l’adoption, ou pour quelque grande action, ou même pour quelques défauts. Auguste portait cinq noms : C. Julius Caesar Octavianus Augustus.
(10) Quand même ton épouse viendrait, en ce moment, à te donner trois fils à la fois, par cela seul que tu es riche, Virron ne cesserait pas de te flatter. Lubin regarde le nom de Mycale, à cause de son étymologie, comme désignant une concubine, et, dans cette supposition, il fait dire au poète : Mais si c’est une concubine qui te donne trois fils, Virron s’en réjouit : il les accueille à sa table, il leur fait des présents, parce qu’il ne craint pas qu’ils deviennent tes héritiers.
(11) D’autres entendent ce passage autrement, et traduisent ainsi :
« Pour toi, tu n’auras que de méchantes pommes, telles qu’en ronge ce singe que l’on promène sur le rempart, monté sur une chèvre, couvert d’un casque et d’un bouclier, et à qui l’on enseigne, à coups de fouet, à lancer le javelot. »
Cette interprétation serait plus conforme aux monuments historiques, que celle de la traduction. 1° Le texte porte : qui tegitur parma et galea. Or, le bouclier nommé parma, n’était pas en usage, du temps de Juvénal, dans les armées romaines. 2° Les centurions, qui apprenaient l’exercice aux soldats, ne se servaient ni de lanières, ni de fouet, flagelli metuens, mais du bâton, pour se faire craindre et obéir, Ce sentiment est celui d’un ancien scholiaste, qui au mot mali ajoute quale simia manducat ; et il est confirmé par Léon l’Africain qui, à propos des exercices auxquels s’amusaient les soldats de l’Asie, parle d’un singe monté sur une chèvre, comme à cheval, et de là apprenant à lancer le javelot. Il est encore bon d’observer que presque tout les manuscrite portant ab hirsuta capella.
(12) Il s’agit ici de la bulle d’or en forme de cœur, que les enfants de famille noble portaient suspendue au col jusqu’à l’âge de 14 ans. C’était un usage emprunté aux Toscans, ainsi que beaucoup d’autres, et c’est pourquoi le poète désigne cet objet par les mots Etruscum aurum.
Les enfants d’affranchis, au lieu de cette bulle d’or, ne portaient qu’un simple nœud qui leur servait de marque distinctive.
(13) Les esclaves avaient la tête rasée ; quelquefois les bouffons et les baladins, pour amuser la populace, se faisaient raser aussi. C’est à de pareilles gens que le poète assimile les parasites.