Le Malade imaginaire (page 4)
thomas diafoirus.
Madame, c’est avec justice que le ciel vous a concédé le nom de belle-mère, puisque l’on voit sur votre visage…
béline.
Monsieur, je suis ravie d’être venue ici à propos, pour avoir l’honneur de vous voir.
thomas diafoirus.
Puisque l’on voit sur votre visage… puisque l’on voit sur votre visage… Madame, vous m’avez interrompu dans le milieu de ma période, et cela m’a troublé la mémoire.
monsieur diafoirus.
Thomas, réservez cela pour une autre fois.
argan.
Je voudrois, ma mie, que vous eussiez été ici tantôt.
toinette.
Ah ! madame, vous avez bien perdu de n’avoir point été au second père, à la statue de Memnon, et à la fleur nommée héliotrope.
argan.
Allons, ma fille, touchez dans la main de monsieur, et lui donnez votre foi, comme à votre mari.
angélique.
Mon père !
argan.
Hé bien ! mon père ! Qu’est-ce que cela veut dire ?
angélique.
De grace, ne précipitez pas les choses. Donnez-nous au moins le temps de nous connoître, et de voir naître en nous, l’un pour l’autre, cette inclination si nécessaire à composer une union parfaite.
thomas diafoirus.
Quant à moi, mademoiselle, elle est déjà toute née en moi ; et je n’ai pas besoin d’attendre davantage.
angélique.
Si vous êtes si prompt, monsieur, il n’en est pas de même de moi ; et je vous avoue que votre mérite n’a pas encore assez fait d’impression dans mon ame.
argan.
Oh ! bien, bien ; cela aura tout le loisir de se faire quand vous serez mariés ensemble.
angélique.
Hé ! mon père, donnez-moi du temps, je vous prie. Le mariage est une chaîne où l’on ne doit jamais soumettre un cœur par force ; et, si monsieur est honnête homme, il ne doit point vouloir accepter une personne qui seroit à lui par contrainte.
thomas diafoirus.
Nego consequentiam, mademoiselle ; et je puis être honnête homme, et vouloir bien vous accepter des mains de monsieur votre père.
angélique.
C’est un méchant moyen de se faire aimer de quelqu’un, que de lui faire violence.
thomas diafoirus.
Nous lisons des anciens, mademoiselle, que leur coutume étoit d’enlever par force, de la maison des pères, les filles qu’on menoit marier, afin qu’il ne semblât pas que ce fût de leur consentement qu’elles convoloient dans les bras d’un homme.
angélique.
Les anciens, monsieur, sont les anciens ; et nous sommes les gens de maintenant. Les grimaces ne sont point nécessaires dans notre siècle ; et, quand un mariage nous plaît, nous savons fort bien y aller, sans qu’on nous y traîne. Donnez-vous patience ; si vous m’aimez, monsieur, vous devez vouloir tout ce que je veux.
thomas diafoirus.
Oui, mademoiselle, jusqu’aux intérêts de mon amour exclusivement.
angélique.
Mais la grande marque d’amour, c’est d’être soumis aux volontés de celle qu’on aime.
thomas diafoirus.
Distinguo, mademoiselle. Dans ce qui ne regarde point sa possession, concedo ; mais dans ce qui la regarde, nego.
toinette, à Angélique.
Vous avez beau raisonner. Monsieur est frais émoulu du collège ; et il vous donnera toujours votre reste. Pourquoi tant résister, et refuser la gloire d’être attachée au corps de la Faculté ?
béline.
Elle a peut-être quelque inclination en tête.
angélique.
Si j’en avois, madame, elle seroit telle que la raison et l’honnêteté pourroient me la permettre.
argan.
Ouais ! je joue ici un plaisant personnage !
béline.
Si j’étois que de vous, mon fils, je ne la forcerois point à se marier ; et je sais bien ce que je ferois.
angélique.
Je sais, madame, ce que vous voulez dire, et les bontés que vous avez pour moi ; mais peut-être que vos conseils ne seront pas assez heureux pour être exécutés.
béline.
C’est que les filles bien sages et bien honnêtes, comme vous, se moquent d’être obéissantes et soumises aux volontés de leurs pères. Cela étoit bon autrefois.
angélique.
Le devoir d’une fille a des bornes, madame ; et la raison et les lois ne l’étendent point à toutes sortes de choses.
béline.
C’est-à-dire que vos pensées ne sont que pour le mariage ; mais vous voulez choisir un époux à votre fantaisie.
angélique.
Si mon père ne veut pas me donner un mari qui me plaise, je le conjurerai, au moins, de ne me point forcer à en épouser un que je ne puisse pas aimer.
argan.
Messieurs, je vous demande pardon de tout ceci.
angélique.
Chacun a son but en se mariant. Pour moi, qui ne veux un mari que pour l’aimer véritablement, et qui prétends en faire tout l’attachement de ma vie, je vous avoue que j’y cherche quelque précaution. Il y en a d’aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, et se mettre en état de faire tout ce qu’elles voudront. Il y en a d’autres, madame, qui font du mariage un commerce de pur intérêt ; qui ne se marient que pour gagner des douaires, que pour s’enrichir par la mort de ceux qu’elles épousent, et courent sans scrupules de mari en mari, pour s’approprier leurs dépouilles. Ces personnes-là, à la vérité, n’y cherchent pas tant de façons, et regardent peu à la personne.
béline.
Je vous trouve aujourd’hui bien raisonnante, et je voudrois bien savoir ce que vous voulez dire par là.
angélique.
Moi, madame ? Que voudrois-je dire que ce que je dis ?
béline.
Vous êtes si sotte, ma mie, qu’on ne sauroit plus vous souffrir.
angélique.
Vous voudriez bien, madame, m’obliger à vous répondre quelque impertinence ; mais je vous avertis que vous n’aurez pas cet avantage.
béline.
Il n’est rien d’égal à votre insolence.
angélique.
Non, madame, vous avez beau dire.
béline.
Et vous avez un ridicule orgueil, une impertinente présomption qui fait hausser les épaules à tout le monde.
angélique.
Tout cela, madame, ne servira de rien. Je serai sage en dépit de vous ; et, pour vous ôter l’espérance de pouvoir réussir dans ce que vous voulez, je vais m’ôter de votre vue.
Scène VIII.
ARGAN, BÉLINE, MONSIEUR DIAFOIRUS, THOMAS DIAFOIRUS, TOINETTE.
argan, à Angélique, qui sort.
Écoute. Il n’y a point de milieu à cela : choisis d’épouser dans quatre jours ou monsieur, ou un couvent. (À Béline.) Ne vous mettez pas en peine : je la rangerai bien.
béline.
Je suis fâchée de vous quitter, mon fils ; mais j’ai une affaire en ville, dont je ne puis me dispenser. Je reviendrai bientôt.
argan.
Allez, m’amour ; et passez chez votre notaire, afin qu’il expédie ce que vous savez.
béline.
Adieu, mon petit ami.
argan.
Adieu, ma mie.
Scène IX.
ARGAN, MONSIEUR DIAFOIRUS, THOMAS DIAFOIRUS, TOINETTE.
argan.
Voilà une femme qui m’aime… cela n’est pas croyable.
monsieur diafoirus.
Nous allons, monsieur, prendre congé de vous.
argan.
Je vous prie, monsieur, de me dire un peu comment je suis.
monsieur diafoirus, tâtant le pouls d’Argan.
Allons, Thomas, prenez l’autre bras de monsieur, pour voir si vous saurez porter un bon jugement de son pouls. Quid dicis ?
thomas diafoirus.
Dico que le pouls de monsieur est le pouls d’un homme qui ne se porte point bien.
monsieur diafoirus.
Bon.
thomas diafoirus.
Qu’il est duriuscule, pour ne pas dire dur.
monsieur diafoirus.
Fort bien.
thomas diafoirus.
Repoussant.
monsieur diafoirus.
Bene.
thomas diafoirus.
Et même un peu caprisant.
monsieur diafoirus.
Optime.
thomas diafoirus.
Ce qui marque une intempérie dans le parenchyme splénique, c’est-à-dire la rate.
monsieur diafoirus.
Fort bien.
argan.
Non : monsieur Purgon dit que c’est mon foie qui est malade.
monsieur diafoirus.
Eh oui : qui dit parenchyme dit l’un et l’autre, à cause de l’étroite sympathie qu’ils ont ensemble par le moyen du vas breve, du pylore, et souvent des méats cholidoques. Il vous ordonne sans doute de manger force rôti.
argan.
Non ; rien que du bouilli.
monsieur diafoirus.
Eh oui : rôti, bouilli, même chose. Il vous ordonne fort prudemment, et vous ne pouvez être entre de meilleures mains.
argan.
Monsieur, combien est-ce qu’il faut mettre de grains de sel dans un œuf ?
monsieur diafoirus.
Six, huit, dix, par les nombres pairs, comme dans les médicaments, par les nombres impairs.
argan.
Jusqu’au revoir, monsieur.
Scène X.
BÉLINE, ARGAN.
béline.
Je viens, mon fils, avant que de sortir, vous donner avis d’une chose, à laquelle il faut que vous preniez garde. En passant par devant la chambre d’Angélique, j’ai vu un jeune homme avec elle qui s’est sauvé d’abord qu’il m’a vue.
argan.
Un jeune homme avec ma fille !
béline.
Oui. Votre petite fille Louison étoit avec eux, qui pourra vous en dire des nouvelles.
argan.
Envoyez-la ici, m’amour, envoyez-la ici. Ah ! l’effrontée ! (Seul.) Je ne m’étonne plus de sa résistance.
Scène XI.
ARGAN, LOUISON.
louison.
Qu’est-ce que vous voulez, mon papa ? ma belle-maman m’a dit que vous me demandez.
argan.
Oui. Venez çà. Avancez là. Tournez-vous. Levez les yeux. Regardez-moi. Hé ?
louison.
Quoi, mon papa ?
argan.
Là.
louison.
Quoi ?
argan.
N’avez-vous rien à me dire ?
louison.
Je vous dirai, si vous voulez, pour vous désennuyer, le conte de Peau d’Âne, ou bien la fable du Corbeau et du Renard, qu’on m’a apprise depuis peu.
argan.
Ce n’est pas là ce que je demande.
louison.
Quoi donc ?
argan.
Ah ! rusée, vous savez bien ce que je veux dire !
louison.
Pardonnez-moi, mon papa.
argan.
Est-ce là comme vous m’obéissez ?
louison.
Quoi ?
argan.
Ne vous ai-je pas recommandé de me venir dire d’abord tout ce que vous voyez ?
louison.
Oui, mon papa.
argan.
L’avez-vous fait ?
louison.
Oui, mon papa. Je vous suis venue dire tout ce que j’ai vu.
argan.
Et n’avez-vous rien vu aujourd’hui ?
louison.
Non, mon papa.
argan.
Non ?
louison.
Non, mon papa.
argan.
Assurément ?
louison.
Assurément.
argan.
Oh çà, je m’en vais vous faire voir quelque chose, moi.
louison, voyant une poignée de verges qu’Argan a été prendre.
Ah ! mon papa !
argan.
Ah ! ah ! petite masque, vous ne me dites pas que vous avez vu un homme dans la chambre de votre sœur !
louison, pleurant.
Mon papa !
argan, prenant Louison par le bras.
Voici qui vous apprendra à mentir.
louison, se jetant à genoux.
Ah ! mon papa, je vous demande pardon. C’est que ma sœur m’avoit dit de ne pas vous le dire ; mais je m’en vais vous dire tout.
argan.
Il faut premièrement que vous ayez le fouet pour avoir menti. Puis après nous verrons au reste.
louison.
Pardon, mon papa.
argan.
Non, non.
louison.
Mon pauvre papa, ne me donnez pas le fouet.
argan.
Vous l’aurez.
louison.
Au nom de Dieu, mon papa, que je ne l’aie pas !
argan, voulant la fouetter.
Allons, allons.
louison.
Ah ! mon papa, vous m’avez blessée. Attendez : je suis morte.
(Elle contrefait la morte.)
argan.
Holà ! Qu’est-ce là ? Louison, Louison ! Ah ! mon Dieu ! Louison ! Ah ! ma fille ! Ah ! malheureux ! ma pauvre fille est morte ! Qu’ai-je fait, misérable ! Ah ! chiennes de verges ! La peste soit des verges ! Ah ! ma pauvre fille, ma pauvre petite Louison !
louison.
Là, là, mon papa, ne pleurez point tant : je ne suis pas morte tout à fait.
argan.
Voyez-vous la petite rusée ? Oh çà, çà, je vous pardonne pour cette fois-ci, pourvu que vous me disiez bien tout.
louison.
Oh ! oui, mon papa.
argan.
Prenez-y bien garde, au moins ; car voilà un petit doigt qui sait tout, et qui me dira si vous mentez.
louison.
Mais, mon papa, ne dites pas à ma sœur que je vous l’ai dit.
argan.
Non, non.
louison, après avoir écouté si personne n’écoute.
C’est, mon papa, qu’il est venu un homme dans la chambre de ma sœur comme j’y étois.
argan.
Hé bien ?
louison.
Je lui ai demandé ce qu’il demandoit, et il m’a dit qu’il étoit son maître à chanter.
argan, à part.
Hom ! hom ! voilà l’affaire. (À Louison.) Hé bien ?
louison.
Ma sœur est venue après.
argan.
Hé bien ?
louison.
Elle lui a dit : Sortez, sortez, sortez. Mon Dieu, sortez ; vous me mettez au désespoir.
argan.
Hé bien ?
louison.
Et lui, il ne vouloit pas sortir.
argan.
Qu’est-ce qu’il lui disoit ?
louison.
Il lui disoit je ne sais combien de choses.
argan.
Et quoi encore ?
louison.
Il lui disoit tout-ci, tout-ça, qu’il l’aimoit bien, et qu’elle étoit la plus belle du monde.
argan.
Et puis après ?
louison.
Et puis après, il se mettoit à genoux devant elle.
argan.
Et puis après ?
louison.
Et puis après, il lui baisoit les mains.
argan.
Et puis après ?
louison.
Et puis après, ma belle-maman est venue à la porte, et il s’est enfui.
argan.
Il n’y a point autre chose ?
louison.
Non, mon papa.
argan.
Voilà mon petit doigt pourtant qui gronde quelque chose. (Mettant son doigt à son oreille.) Attendez. Hé ! Ah, ah ! Oui ? Oh, oh ! Voilà mon petit doigt qui me dit quelque chose que vous avez vu, et que vous ne m’avez pas dit.
louison.
Ah ! mon papa, votre petit doigt est un menteur.
argan.
Prenez garde.
louison.
Non, mon papa ; ne le croyez pas : il ment, je vous assure.
argan.
Oh bien, bien, nous verrons cela. Allez-vous-en, et prenez bien garde à tout : allez. (Seul.) Ah ! il n’y a plus d’enfants ! Ah ! que d’affaires ! Je n’ai pas seulement le loisir de songer à ma maladie. En vérité, je n’en puis plus.
(Il se laisse tomber dans une chaise.)
Scène XII.
BÉRALDE, ARGAN
béralde.
Hé bien, mon frère ! qu’est-ce ? Comment vous portez-vous ?
argan.
Ah ! mon frère, fort mal.
béralde.
Comment ! fort mal ?
argan.
Oui, je suis dans une foiblesse si grande, que cela n’est pas croyable.
béralde.
Voilà qui est fâcheux.
argan.
Je n’ai pas seulement la force de pouvoir parler.
béralde.
J’étois venu ici, mon frère, vous proposer un parti pour ma nièce Angélique.
argan, parlant avec emportement, et se levant de sa chaise.
Mon frère, ne me parlez point de cette coquine-là. C’est une friponne, une impertinente, une effrontée, que je mettrai dans un couvent avant qu’il soit deux jours.
béralde.
Ah ! voilà qui est bien ! Je suis bien aise que la force vous revienne un peu, et que ma visite vous fasse du bien. Oh çà, nous parlerons d’affaires tantôt. Je vous amène ici un divertissement que j’ai rencontré, qui dissipera votre chagrin, et vous rendra l’ame mieux disposée aux choses que nous avons à dire. Ce sont des Égyptiens vêtus en Mores, qui font des danses mêlées de chansons, où je suis sûr que vous prendrez plaisir ; et cela vaudra bien une ordonnance de monsieur Purgon. Allons.
SECOND INTERMÈDE.
Le frère du Malade imaginaire lui amène, pour le divertir, plusieurs Égyptiens et Égyptiennes, vêtus en Mores, qui font des danses entremêlées de chansons.
première femme more.
Profitez du printemps
De vos beaux ans,
Aimable jeunesse ;
Profitez du printemps
De vos beaux ans ;
Donnez-vous à la tendresse.
Les plaisirs les plus charmants,
Sans l’amoureuse flamme,
Pour contenter une ame,
N’ont point d’attraits assez puissants.
Profitez du printemps
De vos beaux ans,
Aimable jeunesse ;
Profitez du printemps
De vos beaux ans ;
Donnez-vous à la tendresse.
Ne perdez point ces précieux moments.
La beauté passe,
Le temps l’efface ;
L’âge de glace
Vient à sa place,
Qui nous ôte le goût de ces doux passe-temps.
Profitez du printemps
De vos beaux ans,
Aimable jeunesse ;
Profitez du printemps
De vos beaux ans ;
Donnez-vous à la tendresse.
PREMIÈRE ENTRÉE DE BALLET.
Danse des Égyptiens et des Égyptiennes.
seconde femme more.
Quand d’aimer on nous presse,
À quoi songez-vous ?
Nos cœurs, dans la jeunesse,
N’ont vers la tendresse
Qu’un penchant trop doux.
L’amour a, pour nous prendre,
De si doux attraits,
Que, de soi, sans attendre,
On voudroit se rendre
À ses premiers traits ;
Mais tout ce qu’on écoute
Des vives douleurs
Et des pleurs qu’il nous coûte,
Fait qu’on en redoute
Toutes les douceurs.
troisième femme more.
Il est doux, à notre âge,
D’aimer tendrement
Un amant
Qui s’engage ;
Mais, s’il est volage,
Hélas ! quel tourment !
quatrième femme more.
L’amant qui se dégage
N’est pas le malheur ;
La douleur
Et la rage,
C’est que le volage
Garde notre cœur.
seconde femme more.
Quel parti faut-il prendre
Pour nos jeunes cœurs ?
quatrième femme more.
Devons-nous nous y rendre,
Malgré ses rigueurs ?
ensemble.
Oui, suivons ses ardeurs,
Ses transports, ses caprices,
Ses douces langueurs :
S’il a quelques supplices,
Il a cent délices
Qui charment les cœurs.
DEUXIÈME ENTRÉE DE BALLET.
Tous les Mores dansent ensemble, et font sauter des singes qu’ils ont amenés avec eux.
fin du second acte.
benigne: benigne
fideles: fideles
frequens: frequens
montaigne: montaigne
voi: voi
ACTE TROISIÈME.
Scène I.
BÉRALDE, ARGAN, TOINETTE.
béralde.
Hé bien ! mon frère, qu’en dites-vous ? Cela ne vaut-il pas bien une prise de casse ?
toinette.
Hom ! de bonne casse est bonne.
béralde.
Oh çà ! voulez-vous que nous parlions un peu ensemble ?
argan.
Un peu de patience, mon frère : je vais revenir.
toinette.
Tenez, monsieur, vous ne songez pas que vous ne sauriez marcher sans bâton.