Tartuffe ou l’Imposteur (page 4)

Molière · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Tartuffe ou l’Imposteur, éd. Louandre, 1910 · 7 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Qu’on me traite partout du plus grand des faquins,

825S’il est aucun respect ni pouvoir qui m’arrête,

Et si je ne fais pas quelque coup de ma tête !

Dorine De grâce, modérez un tel emportement :

Votre père n’a fait qu’en parler simplement.

On n’exécute pas tout ce qui se propose ;

830Et le chemin est long du projet à la chose.

Damis Il faut que de ce fat j’arrête les complots,

Et qu’à l’oreille un peu je lui dise deux mots.

Dorine Ah ! tout doux ! envers lui, comme envers votre père,

Laissez agir les soins de votre belle-mère.

835Sur l’esprit de Tartuffe elle a quelque crédit,

Il se rend complaisant à tout ce qu’elle dit,

Et pourrait bien avoir douceur de cœur pour elle.

Plût à Dieu qu’il fût vrai ! la chose serait belle.

Enfin, votre intérêt l’oblige à le mander :

840Sur l’hymen qui vous trouble elle veut le sonder,

Savoir ses sentiments, et lui faire connaître

Quels fâcheux démêlés il pourra faire naître,

S’il faut qu’à ce dessein il prête quelque espoir.

Son valet dit qu’il prie, et je n’ai pu le voir ;

845Mais ce valet m’a dit qu’il s’en allait descendre.

Sortez donc, je vous prie, et me laissez l’attendre.

Damis Je puis être présent à tout cet entretien.

Dorine Point. Il faut qu’ils soient seuls.

Damis Point. Il faut qu’ils soient seuls. Je ne lui dirai rien.

Dorine Vous vous moquez : on sait vos transports ordinaires, ;

850Et c’est le vrai moyen de gâter les affaires.

Sortez.

Damis Sortez. Non ; je veux voir, sans me mettre en courroux.

Dorine Que vous êtes fâcheux ! Il vient. Retirez-vous.

Damis va se cacher dans un cabinet qui est au fond du théâtre.

Scène 2

Tartuffe, Laurent, Dorine.

Tartuffe, parlant bas à son valet, qui est dans la maison, dès qu’il aperçoit Dorine. Laurent, serrez ma haire avec ma discipline,

Et priez que toujours le ciel vous illumine.

855Si l’on vient pour me voir, je vais aux prisonniers

Des aumônes que j’ai, partager les deniers.

Dorine, à part. Que d’affectation et de forfanterie !

Tartuffe Que voulez-vous ?

Dorine Que voulez-vous ? Vous dire…

Tartuffe, tirant un mouchoir de sa poche. Que voulez-vous ? Vous dire… Ah ! mon Dieu ! je vous prie,

Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir.

Dorine 860Comment !

Tartuffe Comment ? Couvrez ce sein que je ne saurais voir.

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées.

Dorine Vous êtes donc bien tendre à la tentation ;

Et la chair sur vos sens fait grande impression !

865Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte :

Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte :

Et je vous verrais nu du haut jusques en bas,

Que toute votre peau ne me tenterait pas.

Tartuffe Mettez dans vos discours un peu de modestie,

870Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.

Dorine Non, non, c’est moi qui vais vous laisser en repos,

Et je n’ai seulement qu’à vous dire deux mots.

Madame va venir dans cette salle basse,

Et d’un mot d’entretien vous demande la grâce.

Tartuffe 875Hélas ! très volontiers.

Dorine, à part. Hélas ! très volontiers. Comme il se radoucit !

Ma foi, je suis toujours pour ce que j’en ai dit.

Tartuffe Viendra-t-elle bientôt ?

Dorine Viendra-t-elle bientôt ? Je l’entends, ce me semble.

Oui, c’est elle en personne, et je vous laisse ensemble.

Scène 3

Elmire, Tartuffe.

Tartuffe Que le ciel à jamais, par sa toute-bonté,

880Et de l’âme et du corps vous donne la santé,

Et bénisse vos jours autant que le désire

Le plus humble de ceux que son amour inspire !

Elmire Je suis fort obligée à ce souhait pieux.

Mais prenons une chaise, afin d’être un peu mieux.

Tartuffe, assis. 885Comment de votre mal vous sentez-vous remise ?

Elmire, assise. Fort bien ; et cette fièvre a bientôt quitté prise.

Tartuffe Mes prières n’ont pas le mérite qu’il faut

Pour avoir attiré cette grâce d’en haut :

Mais je n’ai fait au ciel nulle dévote instance

890Qui n’ait eu pour objet votre convalescence.

Elmire Votre zèle pour moi s’est trop inquiété.

Tartuffe On ne peut trop chérir votre chère santé ;

Et pour la rétablir, j’aurais donné la mienne.

Elmire C’est pousser bien avant la charité chrétienne ;

895Et je vous dois beaucoup pour toutes ces bontés.

Tartuffe Je fais bien moins pour vous que vous ne méritez.

Elmire J’ai voulu vous parler en secret d’une affaire,

Et suis bien aise, ici, qu’aucun ne nous éclaire.

Tartuffe J’en suis ravi de même ; et sans doute, il m’est doux

900Madame, de me voir seul à seul avec vous.

C’est une occasion qu’au ciel j’ai demandée,

Sans que, jusqu’à cette heure, il me l’ait accordée.

Elmire Pour moi, ce que je veux, c’est un mot d’entretien,

Où tout votre cœur s’ouvre, et ne me cache rien.

Damis, sans se montrer, entr’ouvre la porte du cabinet dans lequel il s’était retiré, pour entendre la conversation.

Tartuffe 905Et je ne veux aussi, pour grâce singulière,

Que montrer à vos yeux mon âme tout entière,

Et vous faire serment que les bruits que j’ai faits

Des visites qu’ici reçoivent vos attraits

Ne sont pas envers vous l’effet d’aucune haine,

910Mais plutôt d’un transport de zèle qui m’entraîne,

Et d’un pur mouvement…

Elmire Et d’un pur mouvement… Je le prends bien aussi,

Et crois que mon salut vous donne ce souci.

Tartuffe, prenant la main d’Elmire, et lui serrant les doigts. Oui, madame, sans doute, et ma ferveur est telle…

Elmire Ouf ! vous me serrez trop.

Tartuffe Ouf ! vous me serrez trop. C’est par excès de zèle.

915De vous faire autre mal je n’eus jamais dessein,

Et j’aurais bien plutôt…

(Il met la main sur les genoux d’Elmire.)

Elmire Et j’aurais bien plutôt… Que fait là votre main ?

Tartuffe Je tâte votre habit : l’étoffe en est moelleuse.

Elmire Ah ! de grâce, laissez, je suis fort chatouilleuse.

(Elmire recule son fauteuil, et Tartuffe rapproche d’elle.)

Tartuffe, maniant le fichu d’Elmire. Mon Dieu ! que de ce point l’ouvrage est merveilleux !

920On travaille aujourd’hui d’un air miraculeux :

Jamais, en toute chose, on n’a vu si bien faire.

Elmire Il est vrai. Mais parlons un peu de notre affaire.

On tient que mon mari veut dégager sa foi,

Et vous donner sa fille : Est-il vrai ? dites-moi.

Tartuffe 925Il m’en a dit deux mots : mais, madame, à vrai dire,

Ce n’est pas le bonheur après quoi je soupire ;

Et je vois autre part les merveilleux attraits

De la félicité qui fait tous mes souhaits.

Elmire C’est que vous n’aimez rien des choses de la terre.

Tartuffe 930Mon sein n’enferme pas un cœur qui soit de pierre.

Elmire Pour moi, je crois qu’au ciel tendent tous vos soupirs,

Et que rien ici-bas n’arrête vos désirs.

Tartuffe L’amour qui nous attache aux beautés éternelles

N’étouffe pas en nous l’amour des temporelles :

935Nos sens facilement peuvent être charmés

Des ouvrages parfaits que le ciel a formés.

Ses attraits réfléchis brillent dans vos pareilles ;

Mais il étale en vous ses plus rares merveilles :

Il a sur votre face épanché des beautés

940Dont les yeux sont surpris, et les cœurs transportés ;

Et je n’ai pu vous voir, parfaite créature,

Sans admirer en vous l’auteur de la nature,

Et d’une ardente amour sentir mon cœur atteint,

Au plus beau des portraits où lui-même il s’est peint.

945D’abord j’appréhendai que cette ardeur secrète

Ne fût du noir esprit une surprise adroite,

Et même à fuir vos yeux mon cœur se résolut,

Vous croyant un obstacle à faire mon salut.

Mais enfin je connus, ô beauté tout aimable,

950Que cette passion peut n’être point coupable,

Que je puis l’ajuster avecque la pudeur,

Et c’est ce qui m’y fait abandonner mon cœur.

Ce m’est, je le confesse, une audace bien grande

Que d’oser de ce cœur vous adresser l’offrande :

955Mais j’attends en mes vœux tout de votre bonté,

Et rien des vains efforts de mon infirmité.

En vous est mon espoir, mon bien, ma quiétude ;

De vous dépend ma peine ou ma béatitude ;

Et je vais être enfin, par votre seul arrêt,

960Heureux, si vous voulez ; malheureux, s’il vous plaît.

Elmire La déclaration est tout à fait galante ;

Mais elle est, à vrai dire, un peu bien surprenante.

Vous deviez, ce me semble, armer mieux votre sein,

Et raisonner un peu sur un pareil dessein.

965Un dévot comme vous, et que partout on nomme…

Tartuffe Ah ! pour être dévot, je n’en suis pas moins homme :

Et, lorsqu’on vient à voir vos célestes appas,

Un cœur se laisse prendre, et ne raisonne pas.

Je sais qu’un tel discours de moi paraît étrange :

970Mais, madame, après tout, je ne suis pas un ange ;

Et, si vous condamnez l’aveu que je vous fais,

Vous devez vous en prendre à vos charmants attraits.

Dès que j’en vis briller la splendeur plus qu’humaine,

De mon intérieur vous fûtes souveraine ;

975De vos regards divins l’ineffable douceur

Força la résistance où s’obstinait mon cœur ;

Elle surmonta tout, jeûnes, prières, larmes,

Et tourna tous mes vœux du côté de vos charmes.

Mes yeux et mes soupirs vous l’ont dit mille fois ;

980Et pour mieux m’expliquer j’emploie ici la voix.

Que si vous contemplez d’une âme un peu bénigne,

Les tribulations de votre esclave indigne ;

S’il faut que vos bontés veuillent me consoler,

Et jusqu’à mon néant daignent se ravaler,

985J’aurai toujours pour vous, ô suave merveille,

Une dévotion à nulle autre pareille.

Votre honneur avec moi ne court point de hasard,

Et n’a nulle disgrâce à craindre de ma part.

Tous ces galants de cour, dont les femmes sont folles,

990Sont bruyants dans leurs faits et vains dans leurs paroles ;

De leurs progrès sans cesse on les voit se targuer ;

Ils n’ont point de faveurs qu’ils n’aillent divulguer ;

Et leur langue indiscrète, en qui l’on se confie,

Déshonore l’autel où leur cœur sacrifie.

995Mais les gens comme nous brûlent d’un feu discret,

Avec qui, pour toujours, on est sûr du secret.

Le soin que nous prenons de notre renommée

Répond de toute chose à la personne aimée ;

Et c’est en nous qu’on trouve, acceptant notre cœur,

1000De l’amour sans scandale, et du plaisir sans peur.

Elmire Je vous écoute dire, et votre rhétorique

En termes assez forts à mon âme s’explique.

N’appréhendez-vous point que je ne sois d’humeur

À dire à mon mari cette galante ardeur,

1005Et que le prompt avis d’un amour de la sorte

Ne pût bien altérer l’amitié qu’il vous porte ?

Tartuffe Je sais que vous avez trop de bénignité,

Et que vous ferez grâce à ma témérité ;

Que vous m’excuserez, sur l’humaine faiblesse,

1010Des violents transports d’un amour qui vous blesse,

Et considérerez, en regardant votre air,

Que l’on n’est pas aveugle, et qu’un homme est de chair.

Elmire D’autres prendraient cela d’autre façon peut-être ;

Mais ma discrétion se veut faire paraître.

1015Je ne redirai point l’affaire à mon époux ;

Mais je veux, en revanche, une chose de vous :

C’est de presser tout franc, et sans nulle chicane,

L’union de Valère avecque Mariane,

De renoncer vous-même à l’injuste pouvoir

1020Qui veut du bien d’un autre enrichir votre espoir ;

Et…

Scène 4

Elmire, Damis, Tartuffe.

Damis, sortant du cabinet où il s’était retiré. Et… Non, Madame, non ; ceci doit se répandre.

J’étais en cet endroit, d’où j’ai pu tout entendre ;

Et la bonté du ciel m’y semble avoir conduit

Pour confondre l’orgueil d’un traître qui me nuit,

1025Pour m’ouvrir une voie à prendre la vengeance

De son hypocrisie et de son insolence,

À détromper mon père, et lui mettre en plein jour

L’âme d’un scélérat qui vous parle d’amour.

Elmire Non, Damis, il suffit qu’il se rende plus sage,

1030Et tâche à mériter la grâce où je m’engage.

Puisque je l’ai promis, ne m’en dédites pas.

Ce n’est point mon humeur de faire des éclats ;

Une femme se rit de sottises pareilles,

Et jamais d’un mari n’en trouble les oreilles.

Damis 1035Vous avez vos raisons pour en user ainsi ;

Et pour faire autrement, j’ai les miennes aussi.

Le vouloir épargner est une raillerie ;

Et l’insolent orgueil de sa cagoterie

N’a triomphé que trop de mon juste courroux,

1040Et que trop excité de désordre chez nous.

Le fourbe, trop longtemps, a gouverné mon père,

Et desservi mes feux avec ceux de Valère.

Il faut que du perfide il soit désabusé ;

Et le ciel, pour cela, m’offre un moyen aisé.

1045De cette occasion je lui suis redevable,

Et, pour la négliger, elle est trop favorable :

Ce serait mériter qu’il me la vînt ravir,

Que de l’avoir en main et ne m’en pas servir.

Elmire Damis…

Damis Damis… Non, s’il vous plaît, il faut que je me croie.

1050Mon âme est maintenant au comble de sa joie ;

Et vos discours en vain prétendent m’obliger

À quitter le plaisir de me pouvoir venger.

Sans aller plus avant, je vais vider d’affaire ;

Et voici justement de quoi me satisfaire.

Scène 5

Orgon, Elmire, Damis, Tartuffe.

Damis 1055Nous allons régaler, mon père, votre abord

D’un incident tout frais qui vous surprendra fort.

Vous êtes bien payé de toutes vos caresses,

Et monsieur d’un beau prix reconnaît vos tendresses.

Son grand zèle pour vous vient de se déclarer :

1060Il ne va pas à moins qu’à vous déshonorer ;

Et je l’ai surpris là qui faisait à madame

L’injurieux aveu d’une coupable flamme.

Elle est d’une humeur douce, et son cœur trop discret

Voulait à toute force en garder le secret ;

1065Mais je ne puis flatter une telle impudence,

Et crois que vous la taire est vous faire une offense.

Elmire Oui, je tiens que jamais de tous ces vains propos

On ne doit d’un mari traverser le repos ;

Que ce n’est point de là que l’honneur peut dépendre,

1070Et qu’il suffit, pour nous, de savoir nous défendre.

Ce sont mes sentiments ; et vous n’auriez rien dit,

Damis, si j’avais eu sur vous quelque crédit.

Scène 6

Orgon, Damis, Tartuffe.

Orgon Ce que je viens d’entendre, ô ciel ! est-il croyable ?

Tartuffe Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable,

1075Un malheureux pécheur, tout plein d’iniquité,

Le plus grand scélérat qui jamais ait été.

Chaque instant de ma vie est chargé de souillures ;

Elle n’est qu’un amas de crimes et d’ordures ;

Et je vois que le ciel, pour ma punition,

1080Me veut mortifier en cette occasion.

De quelque grand forfait qu’on me puisse reprendre,

Je n’ai garde d’avoir l’orgueil de m’en défendre.

Croyez ce qu’on vous dit, armez votre courroux,

Et comme un criminel chassez-moi de chez vous ;

1085Je ne saurais avoir tant de honte en partage,

Que je n’en aie encor mérité davantage.

Orgon, à son fils. Ah ! traître, oses-tu bien par cette fausseté,

Vouloir de sa vertu ternir la pureté ?

Damis Quoi ! la feinte douceur de cette âme hypocrite

1090Vous fera démentir…

Orgon Vous fera démentir… Tais-toi, peste maudite.

Tartuffe Ah ! laissez-le parler ; vous l’accusez à tort,

Et vous ferez bien mieux de croire à son rapport.

Pourquoi, sur un tel fait, m’être si favorable ?

Savez-vous, après tout, de quoi je suis capable ?

1095Vous fiez-vous, mon frère, à mon extérieur ?

Et, pour tout ce qu’on voit, me croyez-vous meilleur ?

Non, non : vous vous laissez tromper à l’apparence,

Et je ne suis rien moins, hélas ! que ce qu’on pense.

Tout le monde me prend pour un homme de bien ;

1100Mais la vérité pure est que je ne vaux rien.

(S’adressant à Damis.)

Oui, mon cher fils, parlez ; traitez-moi de perfide,

D’infâme, de perdu, de voleur, d’homicide ;

Accablez-moi de noms encor plus détestés :

Je n’y contredis point, je les ai mérités ;

1105Et j’en veux à genoux souffrir l’ignominie,

Comme une honte due aux crimes de ma vie.

Orgon, à Tartuffe. Mon frère, c’en est trop.

Mon frère, c’en est trop.(À son fils.)

Mon frère, c’en est trop. Ton cœur ne se rend point,

Traître !

Damis Traître ! Quoi ! ses discours vous séduiront au point…

Orgon, relevant Tartuffe. Tais-toi, pendard. Mon frère, hé ! levez-vous, de grâce !

(À son fils)

1110Infâme !

Damis Infâme ! Il peut…

Orgon Infâme ! Il peut… Tais-toi.

Damis Infâme ! Il peut… Tais-toi. J’enrage. Quoi ! je passe…

Orgon Si tu dis un seul mot, je te romprai les bras.

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