Premières Poésies (page 26)

Alfred de Musset · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Premières Poésies (Musset) · 26 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes

Aux longues hallebardes,

Qui veillent aux créneaux

Des arsenaux.

— Ah ! maintenant plus d’une

Attend, au clair de lune,

Quelque jeune muguet,

L’oreille au guet.

Pour le bal qu’on prépare,

Plus d’une qui se pare,

Met devant son miroir

Le masque noir.

Sur sa couche embaumée,

La Vanina pâmée

Presse encor son amant,

En s’endormant ;

Et Narcisa, la folle,

Au fond de sa gondole,

S’oublie en un festin

Jusqu’au matin.

Et qui, dans l’Italie,

N’a son grain de folie ?

Qui ne garde aux amours

Ses plus beaux jours ?

Laissons la vieille horloge,

Au palais du vieux doge,

Lui compter de ses nuits

Les longs ennuis.

Comptons plutôt, ma belle,

Sur ta bouche rebelle

Tant de baisers donnés…

Ou pardonnés.

Comptons plutôt tes charmes,

Comptons les douces larmes,

Qu’à nos yeux a coûté

La volupté !

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