Premières Poésies

Alfred de Musset · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Premières Poésies (Musset) · 26 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

À JUANA

Ô ciel ! je vous revois, madame, —

De tous les amours de mon âme,

Vous le plus tendre et le premier.

Vous souvient-il de notre histoire ?

Moi, j’en ai gardé la mémoire : —

C’était, je crois, l’été dernier.

Ah ! marquise, quand on y pense,

Ce temps qu’en folie on dépense,

Comme il nous échappe et nous fuit !

Sais-tu bien, ma vieille maîtresse,

Qu’à l’hiver, sans qu’il y paraisse,

J’aurai vingt ans, et toi dix-huit ?

Eh bien, m’amour, sans flatterie,

Si ma rose est un peu pâlie,

Elle a conservé sa beauté.

Enfant ! jamais tête espagnole

Ne fut si belle, ni si folle ; —

Te souviens-tu de cet été ?

De nos soirs, de notre querelle ?

Tu me donnas, je me rappelle,

Ton collier d’or pour m’apaiser, —

Et pendant trois nuits, que je meure,

Je m’éveillai tous les quarts d’heure

Pour le voir et pour le baiser !

Et ta duègne, ô duègne damnée !

Et la diabolique journée

Où tu pensas faire mourir,

Ô ma perle d’Andalousie,

Ton vieux mari de jalousie,

Et ton jeune amant de plaisir !

Ah ! prenez-y garde, marquise,

Cet amour-là, quoi qu’on en dise,

Se retrouvera quelque jour.

Quand un cœur vous a contenue,

Juana, la place est devenue

Trop vaste pour un autre amour.

Mais que dis-je ? ainsi va le monde.

Comment lutterais-je avec l’onde

Dont les flots ne reculent pas ?

Ferme tes yeux, tes bras, ton âme ;

Adieu, ma vie, — adieu, madame.

Ainsi va le monde ici-bas.

Le temps emporte sur son aile

Et le printemps et l’hirondelle,

Et la vie et les jours perdus ;

Tout s’en va, comme la fumée,

L’espérance et la renommée ;

Et moi qui vous ai tant aimée,

Et toi qui ne t’en souviens plus !

1831.

À JULIE

On me demande, par les rues,

Pourquoi je vais bayant aux grues,

Fumant mon cigare au soleil,

À quoi se passe ma jeunesse,

Et, depuis trois ans de paresse,

Ce qu’ont fait mes nuits sans sommeil.

Donne-moi tes lèvres, Julie ;

Les folles nuits qui t’ont pâlie

Ont séché leur corail luisant.

Parfume-les de ton haleine ;

Donne-les-moi, mon Africaine,

Tes belles lèvres de pur sang.

Mon imprimeur crie à tue-tête

Que sa machine est toujours prête,

Et que la mienne n’en peut mais.

D’honnêtes gens, qu’un club admire,

N’ont pas dédaigné de prédire

Que je n’en reviendrai jamais.

Julie, as-tu du vin d’Espagne ?

Hier, nous battions la campagne ;

Va donc voir s’il en reste encor.

Ta bouche est brûlante, Julie ;

Inventons donc quelque folie

Qui nous perde l’âme et le corps.

On dit que ma gourme me rentre,

Que je n’ai plus rien dans le ventre,

Que je suis vide à faire peur ;

Je crois, si j’en valais la peine,

Qu’on m’enverrait à Sainte-Hélène,

Avec un cancer dans le cœur.

Allons, Julie, il faut t’attendre

À me voir quelque jour en cendre ;

Comme Hercule sur son rocher.

Puisque c’est par toi que j’expire,

Ouvre ta robe, Déjanire,

Que je monte sur mon bûcher.

Mars 1832.

À LAURE

Si tu ne m’aimais pas, dis-moi, fille insensée,

Que balbutiais-tu dans ces fatales nuits ?

Exerçais-tu ta langue à railler ta pensée ?

Que voulaient donc ces pleurs, cette gorge oppressée,

Ces sanglots et ces cris ?

Ah ! si le plaisir seul t’arrachait ces tendresses,

Si ce n’était que lui qu’en ce triste moment

Sur mes lèvres en feu tu couvrais de caresses

Comme un unique amant ;

Si l’esprit et les sens, les baisers et les larmes,

Se tiennent par la main de ta bouche à ton cœur,

Et s’il te faut ainsi, pour y trouver des charmes,

Sur l’autel du plaisir profaner le bonheur ;

Ah ! Laurette, ah ! Laurette, idole de ma vie,

Si le sombre démon de tes nuits d’insomnie

Sans ce masque de feu ne saurait faire un pas,

Pourquoi l’évoquais-tu, si tu ne m’aimais pas ?

1832.

À MADAME ***

QUI AVAIT ENVOYÉ, PAR PLAISANTERIE, UN PETIT ÉCU À L’AUTEUR

Vous m’envoyez, belle Émilie,

Un poulet bien emmailloté ;

Votre main discrète et polie

L’a soigneusement cacheté.

Mais l’aumône est un peu légère,

Et, malgré sa dextérité,

Cette main est bien ménagère

Dans ses actes de charité.

C’est regarder à la dépense

Si votre offrande est un payement,

Et, si c’est une récompense,

Vous n’aviez pas besoin d’argent.

À l’avenir, belle Émilie,

Si votre cœur est généreux,

Aux pauvres gens, je vous en prie,

Faites l’aumône avec vos yeux.

Quand vous trouverez le mérite,

Et quand vous voudrez le payer,

Souvenez-vous de Marguerite

Et du poëte Alain Chartier.

Il était bien laid, dit l’histoire,

La dame était fille de roi :

Je suis bien obligé de croire

Qu’il faisait mieux les vers que moi.

Mais, si ma plume est peu de chose,

Mon cœur, hélas ! ne vaut pas mieux

Fût-ce même pour de la prose,

Vos cadeaux sont trop dangereux.

Que votre charité timide

Garde son argent et son or,

Car, en ouvrant votre main vide,

Vous pouvez donner un trésor.

À MADAME B***

Quand je t’aimais, pour toi j’aurais donné ma vie.

Mais c’est toi, de t’aimer, toi qui m’ôtas l’envie.

À tes pièges d’un jour on ne me prendra plus ;

Tes ris sont maintenant et tes pleurs superflus.

Ainsi, lorsqu’à l’enfant la vieille salle obscure

Fait peur, il va tout nu décrocher quelque armure ;

Il s’enferme, il revient tout palpitant d’effroi

Dans sa chambre bien noire et dans son lit bien froid.

Et puis, lorsqu’au matin le jour vient à paraître,

Il trouve son fantôme aux plis de sa fenêtre,

Voit son arme inutile, il rit, et, triomphant,

S’écrie : « Oh ! que j’ai peur ! oh ! que je suis enfant ! »

À Mme N. MÉNESSIER

QUI AVAIT MIS EN MUSIQUE DES PAROLES DE L’AUTEUR

Madame, il est heureux, celui dont la pensée

(Qu’elle fût de plaisir, de douleur ou d’amour)

A pu servir de sœur à la vôtre un seul jour.

Son âme dans votre âme un instant est passée ;

Le rêve de son cœur un soir s’est arrêté,

Ainsi qu’un pèlerin, sur le seuil enchanté

Du merveilleux palais tout peuplé de féeries

Où dans leurs voiles blancs dorment vos rêveries.

Qu’importe que bientôt, pour un autre oublié,

De vos lèvres de pourpre il se soit envolé

Comme l’oiseau léger s’envole après l’orage ?

Lorsqu’il a repassé le seuil mystérieux,

Vos lèvres l’ont doré, dans leur divin langage,

D’un sourire mélodieux.

1833.

À MON AMI ALFRED T.

Dans mes jours de malheur, Alfred, seul entre mille,

Tu m’es resté fidèle où tant d’autres m’ont fui.

Le bonheur m’a prêté plus d’un lien fragile ;

Mais c’est l’adversité qui m’a fait un ami.

C’est ainsi que les fleurs sur les coteaux fertiles

Étalent au soleil leur vulgaire trésor ;

Mais c’est au sein des nuits, sous des rochers stériles,

Que fouille le mineur qui cherche un rayon d’or.

C’est ainsi que les mers calmes et sans orages

Peuvent d’un flot d’azur bercer le voyageur ;

Mais c’est le vent du nord, c’est le vent des naufrages,

Qui jette sur la rive une perle au pêcheur.

Maintenant, Dieu me garde ! Où vais-je ? Eh ! que m’importe ?

Quels que soient mes destins, je dis comme Byron :

« L’Océan peut gronder, il faudra qu’il me porte. »

Si mon coursier s’abat, j’y mettrai l’éperon.

Mais du moins j’aurai pu, frère, quoi qu’il m’arrive,

De mon cachet de deuil sceller notre amitié,

Et, que demain je meure ou que demain je vive,

Pendant que mon cœur bat t’en donner la moitié.

Mai 1832.

À MON AMI ÉDOUARD B.

Tu te frappais le front en lisant Lamartine,

Édouard, tu pâlissais comme un joueur maudit ;

Le frisson te prenait, et la foudre divine,

Tombant dans ta poitrine,

T’épouvantait toi-même en traversant ta nuit.

Ah ! frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie.

C’est là qu’est la pitié, la souffrance et l’amour ;

C’est là qu’est le rocher du désert de la vie,

D’où les flots d’harmonie,

Quand Moïse viendra, jailliront quelque jour.

Peut-être à ton insu déjà bouillonnent-elles,

Ces laves du volcan, dans les pleurs de tes yeux.

Tu partiras bientôt avec les hirondelles,

Toi qui te sens des ailes

Lorsque tu vois passer un oiseau dans les cieux.

Ah ! tu sauras alors ce que vaut la paresse ;

Sur les rameaux voisins tu voudras revenir.

Édouard, Édouard, ton front est encore sans tristesse,

Ton cœur plein de jeunesse…

Ah ! ne les frappe pas, ils n’auraient qu’à s’ouvrir !

1832.

À PEPA

Pepa, quand la nuit est venue,

Que ta mère t’a dit adieu ;

Que sous ta lampe, à demi nue,

Tu t’inclines pour prier Dieu ;

À cette heure où l’âme inquiète

Se livre au conseil de la nuit ;

Au moment d’ôter ta cornette,

Et de regarder sous ton lit ;

Quand le sommeil sur ta famille

Autour de toi s’est répandu ;

Ô Pepita, charmante fille,

Mon amour, à quoi penses-tu ?

Qui sait ? Peut-être à l’héroïne

De quelque infortuné roman ;

À tout ce que l’espoir devine

Et la réalité dément ;

Peut-être à ces grandes montagnes

Qui n’accouchent que de souris ;

À des amoureux en Espagnes,

À des bonbons, à des maris ;

Peut-être aux tendres confidences

D’un cœur naïf comme le tien ;

À ta robe, aux airs que tu danses ;

Peut-être à moi, — peut-être à rien.

1831.

À quoi rêvent les jeunes filles

Comédie

PERSONNAGES

Le duc LAËRTE.

Le comte IRUS, son neveu.

SILVIO.

NINON,xxx jumelles, filles du duc Laërte

NINETTE, jumelles«filles du«

FLORA, servante.

SPADILLE, domestique.

QUINOLA, domestique.

La scène est où l’on voudra.

ACTE premier

Scène PREMIÈRE.

Une chambre à coucher.

NINON, NINETTE.

Ninette.

Onze heures vont sonner. — Bonsoir, ma chère sœur.

Je m’en vais me coucher.

Ninon.

Je m’en vais me coucher.Bonsoir. Tu n’as pas peur

De traverser le parc pour aller à ta chambre ?

Il est si tard ! — Veux-tu que j’appelle Flora ?

Ninette.

Pas du tout. — Mais vois donc quel beau ciel de septembre !

D’ailleurs, j’ai Bacchanal qui m’accompagnera.

Bacchanal ! Bacchanal !

(Elle sort en appelant son chien.)

Ninon, s’agenouillant à son prie-Dieu.

O Christe ! dum fixus cruci Expandis orbi brachia, Amare da crucem, tuo Da nos in amplexu mori.

(Elle se déshabille.)

Ninette, rentre épouvantée, et se jetant dans un fauteuil.

Da nos in amplexu mori.Ma chère, je suis morte !

Ninon.

Qu’as-tu ? qu’arrive-t-il ?

Ninette.

Qu’as-tu ? qu’arrive-t-il ?Je ne peux plus parler.

Ninon.

Pourquoi ? mon Dieu ! je tremble en te voyant trembler.

Ninette.

Je n’étais pas, ma chère, à trois pas de ta porte ;

Un homme vient à moi, m’enlève dans ses bras,

M’embrasse tant qu’il peut, me repose par terre,

Et se sauve en courant.

Ninon.

Et se sauve en courant.Ah ! mon Dieu ! comment faire ?

C’est peut-être un voleur.

Ninette.

C’est peut-être un voleur.Oh ! non, je ne crois pas.

Il avait sur l’épaule une chaîne superbe,

Un manteau d’Espagnol, doublé de velours noir,

Et de grands éperons qui reluisaient dans l’herbe.

Ninon.

C’est pourtant une chose étrange à concevoir,

Qu’un homme comme il faut tente une horreur semblable.

Un homme en manteau noir, c’est peut-être le diable.

Oui, ma chère. Qui sait ? Peut-être un revenant.

Ninette.

Je ne crois pas, ma chère : il avait des moustaches.

Ninon.

J’y pense, dis-moi donc, si c’était un amant !

Ninette.

S’il allait revenir ! — Il faut que tu me caches.

Ninon.

C’est peut-être papa qui veut te faire peur.

Dans tous les cas, Ninette, il faut qu’on te ramène.

Holà ! Flora, Flora ! reconduisez ma sœur.

(Flora paraît sur la porte.)

Adieu, va, ferme bien ta porte.

Ninette.

Adieu, va, ferme bien ta porte.Et toi la tienne.

(Elles s’embrassent. Ninette sort avec Flora.)

Ninon, seule, mettant son verrou.

Des éperons d’argent, un manteau de velours !

Une chaîne ! un baiser ! — C’est extraordinaire.

(Elle se décoiffe.)

Je suis mal en bandeaux ; mes cheveux sont trop courts.

Bah ! j’avais deviné ! — C’est sans doute mon père.

Ninette est si poltronne ! — Il l’aura vu passer.

C’est tout simple, sa fille, il peut bien l’embrasser.

Mes bracelets vont bien.

(Elle les détache.)

Mes bracelets vont bien.Ah ! demain, quand j’y pense,

Ce jeune homme étranger qui va venir dîner !

C’est un mari, je crois, que l’on veut nous donner.

Quelle drôle de chose ! Ah ! j’en ai peur d’avance.

Quelle robe mettrai-je ?

(Elle se couche.)

Quelle robe mettrai-je ?Une robe d’été ?

Non, d’hiver ; cela donne un air plus convenable.

Non, d’été ; c’est plus jeune et c’est moins apprêté.

On le mettra sans doute entre nous deux à table.

Ma sœur lui plaira mieux. — Bah ! nous verrons toujours.

— Des éperons d’argent ! — un manteau de velours !

Mon Dieu ! comme il fait chaud pour une nuit d’automne.

Il faut dormir, pourtant. — N’entends-je pas du bruit ?

C’est Flora qui revient ; — non, non, ce n’est personne.

Tra la, tra deri da. — Qu’on est bien dans son lit !

Ma tante était bien laide avec ses vieux panaches,

Hier soir à souper. — Comme mon bras est blanc !

Tra deri da. — Mes yeux se ferment. — Des moustaches…

Il la prend, il l’embrasse et se sauve en courant.

(Elle s’assoupit. — On entend par la fenêtre le bruit d’une guitare et une voix.)

Est-ce— Ninon, Ninon, que fais-tu de la vie ?

Est-ceL’heure s’enfuit, le jour succède au jour.

Est-ceComRose ce soir, demain flétrie.

Est-ceComment vis-tu, toi qui n’a pas d’amour ?

Ninon, s’éveillant.

Est-ce un rêve ? J’ai cru qu’on chantait dans la cour ?

La Voix, au dehors.

Est-ce un Regarde-toi, la jeune fille.

Est-ce un Ton cœur bat et ton œil pétille.

Aujourd’hui le printemps, Ninon, demain l’hiver.

Quoi ! tu n’as pas d’étoile, et tu vas sur la mer !

Au combat sans musique, en voyage sans livre !

Quoi ! tu n’as pas d’amour, et tu parles de vivre !

Moi, pour un peu d’amour je donnerais mes jours ;

Et je les donnerais pour rien sans les amours.

Ninon.

Je ne me trompe pas ; — singulière romance !

Comment ce chanteur-là peut-il savoir mon nom ?

Peut-être sa beauté s’appelle aussi Ninon.

La Voix.

Qu’importe que le jour finisse et recommence,

Qu’importeQuand d’une autre existence

Qu’importeLe cœur est animé ?

Ouvrez-vous, jeunes fleurs. Si la mort vous enlève,

La vie est un sommeil, l’amour en est le rêve,

Et vous aurez vécu, si vous avez aimé.

Ninon, soulevant sa jalousie.

Ses éperons d’argent brillent dans la rosée ;

Une chaîne à glands d’or retient son manteau noir.

Il relève en marchant sa moustache frisée. —

Quel est ce personnage et comment le savoir ?

Scène II.

IRUS, à sa toilette, SPADILLE, QUINOLA.

Irus.

Lequel de vous, marauds, m’a posé ma perruque ?

Outre que les rubans me font mal à la nuque,

Je suis couvert de poudre, et j’en ai plein les yeux.

Quinola.

Ce n’est pas moi.

Spadille.

Ce n’est pas moi.Ni moi.

Quinola.

Ce n’est pas moi.Ni moi.Moi, je tenais la queue.

Spadille.

Moi, monsieur, je peignais.

Irus.

Moi, monsieur, je peignais.Vous mentez tous les deux.

Allons, mon habit rose et ma culotte bleue.

Hum ! Brum ! Diable de poudre ! — Hatsch ! Je suis aveuglé.

(Il éternue.)

Quinola, ouvrant une armoire.

Monsieur, vous ne sauriez mettre cette culotte :

La lampe était auprès ; — toute l’huile a coulé.

Spadille, ouvrant une autre armoire.

Monsieur, votre habit rose est tout rempli de crotte ;

Quand je l’ai déployé le chat était dessus.

Irus.

Ciel ! de cette façon voir tous mes plans déçus !

Écoutez, mes amis ; — il me vient une idée :

Quelle heure est-il ?

Spadille.

Quelle heure est-il ?Monsieur, l’horloge est arrêtée.

Irus.

A-t-on sonné déjà deux coups pour le dîné ?

Quinola.

Non, l’on n’a pas sonné.

Spadille.

Non, l’on n’a pas sonné.Si, si, l’on a sonné.

Irus.

Je tremble à chaque instant que le nouveau convive

Qui doit venir dîner ne paraisse et n’arrive.

Spadille.

Il faut vous mettre en vert.

Quinola.

Il faut vous mettre en vert.Il faut vous mettre en gris.

Irus.

Dans quel mois sommes-nous ?

Spadille.

Dans quel mois sommes-nous ?Nous sommes en novembre.

Quinola.

En août ! en août !

Irus.

En août ! en août !Mettez ces deux habits.

Vous vous promènerez ensuite par la chambre,

Tous les livres