Naturalis Historia (page 27)

Pline l'Ancien · Arts Libéraux

Texte français, domaine public · Source : remacle.org · 27 pages

Aussi en latin.

Fiche de l’œuvre dans le savoir

[3] On en trouve encore dans la Trachinie, autour du mont Oeta, sur le Parnasse, à Lesbos, à Messène (celles-ci sont semblables aux fleurs qui bordent les chemins), et à Rhodes. Les mages font d'autres distinctions : celles qui offrent l'apparence de la peau du lion ont, disent-ils, de l'efficacité contre les scorpions; en Perse, avec des fumigations de ces agathes, on détourne les tempêtes, les ouragans, et on arrête le cours des fleuves; on reconnaît si elles ont cette vertu, lorsque, jetées dans les chaudières bouillantes, elles les refroidissent; mais pour qu'elles servent, il faut les attacher avec des poils de crinière de lion. Quant à celle qui ressemble à la peau de l'hyène, les mages l'ont en abomination, comme répandant la discorde dans les maisons.

[4] Suivant eux, l'agathe d'une seule couleur rend les athlètes invincibles : on la reconnaît à ce que jetée dans une chaudière pleine d'huile avec des substances colorantes, elle donne au bout de deux heures de cuisson la couleur uniforme du minium au mélange.

L'acopos ressemble au nitre; elle est poreuse, et marquée de points d'or: l'huile qu'on a fait bouillir avec, employée en onction, dissipe la lassitude, si nous en croyons ce qu'on dit.

L'alabastritis (XXXV, 12) vient d'Alabastrum en Égypte, et de Damas en Syrie ; elle est d'une teinte blanche, qu'entrecoupent différentes couleurs;

[5] calcinée avec du sel fossile et pulvérisée, elle passe pour guérir les maux de la bouche et des dents.

On nomme alectorie une pierre trouvée dans le gésier des gallinacés. Elle a l'apparence du cristal, et est grosse comme une fève. On prétend que Milon de Crotone la portait sur lui dans les combats, ce qui le rendait invincible.

L'androdamas a l'éclat de l'argent, comme le diamant (XXXVII, 15); il est quadrangulaire, et toujours semblable à des pièces de marqueterie. Selon les mages, il est ainsi nommé parce qu'il dompte la colère et la violence du hommes.

[6] Les auteurs ne disent pas si l'argyrodamas est la même pierre ou non.

L'antipathès noire, n'est pas transparente On éprouve cette pierre en la faisant bouillir dans du lait: elle le rend couleur de myrrhe. Peut-être quelqu'un s'est-il attendu à trouver quelque vertu incroyable dans cette pierre, vu que, au milieu de tant de substances douées de propriétés antipathiques, elle est la seule qui ait la possession du nom. Les mages prétendent qu'elle est secourable contre les fascinations.

L'arabique est très semblable à l'ivoire, et on s'y tromperait, n'était la dureté qui lui est propre. On pense que ceux qui en portent se guérissent des douleurs nerveuses.

L'aromatitis aussi est produite, dit-on, par l'Arable; cependant on en trouve en Égypte, à Philé. Elle est partout pierreuse; elle a la couleur et l'odeur de la myrrhe, ce qui la fait rechercher par les reines.

[7] L'asbeste (XIX, 4) vient dans les montagnes de l'Arcadie; il est de couleur de fer.

Suivant Démocrite, l'Arabie produit l'aspilate, de couleur de feu; les individus malades de la rate doivent la porter attachée avec des poils de chameau ; elle se trouve dans le nid de certains oiseaux d'Arabie. Il ajoute qu'on rencontre dans le même pays, à Leucopetra, une autre aspilate, de couleur d'argent, rayonnante, qui en amulette est bonne contre les dérangements d'esprit.

Il rapporte que l'Inde et, dans la Perse, le mont Acidane produisent l'atizoé, d'un éclat argenté, de la longueur de trois doigts, de la forme d'une lentille, d'une odeur agréable, et nécessaire aux mages quand ils consacrent un roi.

L'augitès paraît à beaucoup d'auteurs n'être pas différente de la callaïs.

[8] L'amphitane, autrement appelé chrysocolle, se trouve dans cette partie de l'Inde où les fourmis déterrent l'or. Elle ressemble a de l'or, et est quadrangulaire. On assure qu'elle a la propriété de l'aimant; mais de plus on lui attribue le pouvoir d'attirer l'or.

L'aphrodisiace est d'un blanc tirant sur le roux.

L'apsyctos, échauffée par le feu, reste chaude pendant sept jours; elle est noire, pesante, et coupée de veines rouges; on la croit bonne contre les froids.

D'après Iacchus, l'égyptilla est une pierre blanche, coupée d'une ligne rouge et d'une ligne noire; l'égyptilla du vulgaire est une pierre dont la partie inférieure est noire, et dont la supérieure est bleue. Le nom qu'elle porte vient du lieu qui la produit.

LV. [1] Les balanites sont de deux sortes, l'une verdâtre, l'autre semblable à l'airain de Corinthe; la première vient de Coptos, la seconde de la Troglodytique. Toutes deux sont coupées au milieu par une veine de feu.

Coptos envoie aussi les batrachites, l'une de couleur de grenouille, l'au tre de couleur d'ébène, une autre d'un noir tirant sur le rouge.

Le baptès est tendre, et d'une odeur excellente.

L'oeil de Bélus est blanchâtre, et a comme une prunelle noire qui brille au milieu d'un reflet d'or. Cette pierre, à cause de sa beauté, est consacrée au dieu le plus révéré des Assyriens.

Quant au bélus lui-même, il se trouve à Arbelles, d'après Démocrite, de la grosseur d'une noix ; il ressemble à du verre.

[2] Le baroptène ou barippe est noir, avec des marques blanches et couleur de sang; porté en amulette, on le rejette comme produisant des monstruosités.

Le botryitès est tantôt noir, tantôt couleur de pampre, et semblable à un raisin qui se forme.

Zoroastre nomme bostrichitès une pierre qui ressemble à des cheveux de femme.

La bucardie, semblable à un cœur de boeuf, ne se trouve qu'à Babylone.

La brontée ressemble à une tête de tortue; elle tombe, à ce qu'on pense, avec le tonnerre; et s'il faut croire ce qu'on en dit, elle éteint les objets enflammés par la foudre.

La bolos se trouve dans l'Ibère (III, 4, 4); elle ressemble à une motte de terre.

LVI. [1] La cadmitis ne diffère de l'ostracitis (XXXVII, 65) que par les bulles bleues dont parfois celle-ci est entourée.

La callaïs imite le saphir, mais elle est moins foncée, et tire sur la cou-leur de l'eau du bord de la mer (XXXVII, 33). La capnitis fait, selon quelques-uns, une espèce particulière; selon la plupart, c'est un jaspe enfumé, comme nous l'avons dit en son lieu (XXXVII, 37).

La cappadocienne se trouve en Phrygie aussi, et ressemble à l'ivoire.

On nomme callaïnes des pierres qui tirent sur la couleur de la callaïs, mais qui sont troubles. On en trouve toujours, dit-on, plusieurs attachées ensemble.

La catochitis est une pierre de Corse, plus grosse que les autres, et merveilleuse, si on dit la vérité : elle retient comme de la gomme la main qui s'y applique.

[2] La catoptritis se trouve en Cappadoce ; blanche, on s'y voit comme dans un miroir.

La cépitis ou cépolatitis est blanche, avec des veines qui viennent s'entrelacer en un seul nœud.

La céramitis a la couleur de la poterie.

La cinaedie se trouve dans le cerveau d'un poisson du même nom (XXXII, 53). Elle est blanche, oblongue et douée d'une vertu merveilleuse, si toutefois la chose est vraie : elle annonce à l'avance l'état de la mer par sa teinte nuageuse ou pure.

La céritis est de couleur de cire ;

le circos, de la couleur de l'épervier;

la corsoïdès ressemble à des cheveux blancs;

la coralloagathe (XXXVII, 54), à du corail parsemé de gouttes d'or;

la corallis, qui ressemble à du minium, se trouve dans l'Inde et à Syène.

[3] La cratéritis a une couleur intermédiaire entre la chrysolithe et l'électrum : elle est excessivement dure. La crocallis représente une cerise.

La cyitis se trouve aux environs de Coptos, est blanche, et semble avoir au dedans une pierre dont on entend le bruit.

La chalcophone est noire; frappée, elle résonne comme l'airain; et on conseille aux tragédiens de la porter sur eux.

Les chélidoines sont de deux sortes, toutes deux avec la couleur de l'hirondelle d'un côté; les unes sont purpurines de l'autre côté, et les autres ont cette partie purpurine semée de taches noires.

[4] La chélonie est l'oeil de la tortue indienne, de toutes les pierres la plus prodigieuse, selon les impostures des mages : ils promettent que si, après s'être lavé la bouche avec du miel, on la met sur la langue, on aura la science de l'avenir pendant un jour tout entier, à la pleine ou à la nouvelle lune; avant le lever du soleil, pendant le décours; de six heures à midi, les autres jours.

Il y a aussi les chélonitis, qui ressemblent à des tortues, et desquelles ils promettent beaucoup pour calmer les orages : quant à celle qui est parsemée de gouttes d'or, jetée avec un scarabée dans l'eau, elle excite une tempête.

La chloritis est de couleur herbacée: suivant les mages, elle se trouve dans le gésier de la bergeronnette, et elle s'engendre avec cet oiseau; ils recommandent de l'enchâsser dans du fer, ppur certaines merveilles qu'ils promettent, suivant leur coutume.

La choaspitis, ainsi nommée du fleuve Choaspès (VI, 31), est verte avec un reflet doré.

[5] La chrysolampis, produit de l'Ethiopie, est pâle le jour, et couleur de feu la nuit.

La chrysopis paraît être de l'or.

La céponidès se trouve à Atarné de l'Éolide, aujourd'hui un bourg, autrefois une ville. Elle offre diverses couleurs, est transparente, et ressemble tantôt à du verre, tantôt à du cristal, tantôt à du jaspe; celles même qui sont ternes sont tellement luisantes, qu'on s'y voit comme dans un miroir.

LVII. [1] La daphnie est indiquée par Zoroastre contre l'épilepsie.

La diadochos ressemble au béril.

La diphyès est double, blanche et noire, mâle et femelle, une simple ligne séparant les caractères des deux sexes.

La dionysias est noire et dure, avec des taches rouges. Elle donne le goût du vin à l'eau dans laquelle on la pile, et elle passe pour empêcher l'ivresse.

La draconitès ou dracontie provient du cerveau des dragons; mais elle n'est fine qu'autant qu'on coupe le cerveau sur l'animal vivant, attendu que l'animal, se sentant mourir, la gâte par envie; en consé-quence, on coupe la tête au dragon pendant son sommeil. Sotacus, qui a écrit avoir vu cette pierre chez un roi, raconte que ceux qui en cherchent sont sur un char à deux chevaux; qu'à la vue du dragon ils répandent des drogues assoupissantes, et coupent la tête de l'animal ainsi endormi. Suivant lui, cette pierre est blanche et dia-phane; elle ne se laisse ni polir ni graver.

LVIll. [1] L'encardie se nomme aussi ariste. Il y an a trois sortes : la première, noire, où fait saillie l'effigie d'un coeur ; la seconde est verte, et offre l'apparence d'un coeur; la troisième présente un coeur noir, et du reste est blanche.

L'énorchis est blanche; fendue, les fragments offrent l'image des testicules.

Suivant Zoroastre, l'exébène est belle et blanche; les orfèvres s'en servent pour brunir l'or.

L'éristalis, qui est blanche, offre des teintes rouges quand on l'incline.

L'érotylos, nommée aussi amphicome et hieromnémon, est vantée par Démocrite pour l'art de la divination.

[2] L'eumécès, produit de la Bactriane, ressemble au silex; mise sous le chevet, elle donne des visions nocturnes qui ont le caractère d'oracles.

L'eumithrès est nommée par les Assyriens pierre de Bé-lus, le plus saint de leurs dieux ; elle est de couleur porracée, et recherchée pour les superstitions.

L'eupétalos offre quatre couleurs, le bleu, le rouge de feu, le minium et le vert pomme.

L'euréos ressemble à un noyau d'olive; elle est striée à la façon des coquillages, et n'est pas fort blanche.

L'eurotias semble cacher sa couleur noire sous une sorte de moisissure.

L'ensébès est la pierre qui servit, dit-on, à faire dans le temple d'Hercule, à Tyr, un siège duquel les hommes pieux seuls se levaient facilement.

L'épimélas est une pierre blanche, avec des reflets noirâtres à la surface.

LIX. [1] La galaxias, nommée par quelques-uns galactitès, ressemble aux pierre qui viennent d'être nommées; seulement elle est coupée de veines couleur de sang ou blanches.

La galactitis n'a qu'une seule couleur celle du lait. On la nomme encore leucogée, leucographitis, synnephitis; broyée dans l'eau, elle prend d'une façon remarquable l'aspect et le goût du lait ; on dit qu'elle donne beaucoup de lait aux nourrices; qu'attachée au cou des enfants elle produit chez eux beaucoup de salive, et que mise dans la bouche elle se fond. On dit encore qu'elle ôte la mémoire; le Nil et l'Achéloüs la fournissent..

Quelques-uns appellent galactitès l'émeraude environnée de veines blanches.

[2] La gallaïque ressemble à l'argyrodamas; elle est un peu plus sale; on trouve les gallaïques deux à deux ou trois à trois.

La gasidane vient de la Médie; elle est de couleur d'orobe, et comme parsemée de fleurs; on en trouve également à Arbelles ; on dit que cette pierre aussi conçoit (XXXVI, 39; XXXVII, 56, n° 3), et qu'en la secouant on lui arrache l'aveu de cette conception, qui dure trois mois.

La glossopètre, semblable à la langue de l'homme, ne s'engendre point, dit-on, dans la terre, mais tombe du ciel pendant les éclipses de lune; elle est nécessaire à la sélenomantie; mais nous avons été rendus incrédules par la vanité d'une promesse comme celle-ci, à savoir que cette pierre fait cesser les vents.

La gorgonie n'est pas autre chose que le corail, qui a été nommé ainsi parce que, de mou qu'il est dans la mer, il prend à l'air la dureté de la pierre; les mages affirment qu'elle combat les foudres et les typhons.

La goniée, d'après eux, nous venge de nos ennemis, promesse aussi mensongère que toutes les autres.

LX. [1] L'héliotrope se trouve en Éthiopie, en Afrique, en Chypre; il est de couleur porracée, et veiné de rouge. Il a été nommé ainsi parce que mis dans un vase d'eau il donne un reflet couleur de sang aux rayons du soleil qui y tombent. L'héliotrope d'Éthiopie surtout produit ce phénomène. Cette pierre hors de l'eau reçoit comme un miroir l'Image du soleil, et lorsque cet astre s'éclipse montre la lune qui passe au-devant Elle aussi offre un exemple le plus manifeste peut-être de l'impudence des mages: suivant eux, mise avec la plante héliotrope, et aidée de certaines incantations, elle rend invisible celui qui la porte.

[2] L'héphestitis, quoique rayonnante, a aussi la propriété des miroirs pour réfléchir les images; on la reconnaît quand mise dans de l'eau bouillante elle la refroidit aussitôt, ou quand exposée aux rayons du soleil elle allume le bois sec; on la trouve à Corycus.

L'hermuaedoeon (parties génitales d'Hermès) est appelée ainsi à cause des parties génitales qu'elle présente sur un fond tantôt blanc, tantôt noir, tantôt pâle, avec un cercle couleur d'or.

L'hexécontalithe, d'une multitude de couleurs, quoique petite, a été pour cette raison ainsi nommée; on la trouve dans la Troglodytique.

L'hiéracitis offre tout entière, alternativement, comme des plumes de milan et des plumes noires.

L'hammitis ressemble à du oeufs de poisson; il y en a une variété qu'on dirait composée de nitre, et qui pourtant est très dure.

[3] La corne d'Hammon est une des gemmes les plus révérées de l'Éthiopie; de couleur d'or, représentant une corne de bélier, on assure qu'elle procure des rêves prophétiques.

L'hormésion est une des pierres les plus agréables à voir; de couleur de feu, elle jette des rayons dorés, terminés à leurs extrémités par une lumière blanche.

Les hyénies viennent, dit-on, de l'œil de l'hyène; et c'est pour cela qu'on va à la chasse de cet animal; placées sous la langue d'un homme, elles lui font, si nous voulons le croire, prédire l'avenir.

Les plus belles hématites (XXXVI;, 25) viennent de l'Éthiopie; mais on en trouve aussi en Arabie et en Afrique : cette pierre est de couleur de sang; on prétend, n'oublions pas de le noter, qu'elle fait découvrir les embûches des barbares.

[4] Zachatias de Babylone, dans les livres qu'il dédie au roi Mithridate, attribuant aux pierres précieuses un rôle dans les destinées humaines, ne se contente pas de décorer celle-cl de pouvoir de guérir les maux des yeux et du foie, mais encore il la recommande pour le succès des demandes adressées aux princes; il la fait intervenir dans les procès et les jugements, et prétend même qu'elle est salutaire à un blessé perdant son sang dans les batailles. II y a une autre hématite nommée menui par les Indiens et xanthos par les Grecs; elle est d'un jaune tirant sur le blanc.

LXI. [1] Les dactyles de l'Ida, en Crète, ont la couleur du fer et la forme du pouce humain.

L'ictérias ressemble à la peau livide, et à cause de cela passe pour bonne contre l'ictère. Une autre ictérias est moins foncée; une troisième ressemble à une feuille verte; plus large que les précédentes, elle ne pèse presque rien, et a des veine livides. La quatrième est de la même couleur, mais les veines sont noires.

La pierre de Jupiter est blanche, fort légère et tendre ; on la nomme aussi drosolithe (pierre de rosée ).

L'Indienne porte le nom de la contrée qui la produit; elle est roussâtre; quand on la frotte il en sort une sueur purpurine. Il y a une autre indienne qui est blanche, d'un aspect pulvérulent.

L'Ion, des Indes, est violet; mais il est rare que cette nuance y brille sans rien laisser à désirer.

LXII. [1] La lépidotis imite par ses diverses cou-leurs les écailles des poissons.

La lesbias, ainsi nommée de Lesbos qui la produit, se trouve aussi dans l'Inde.

La Ieucophthalme, rutilante d'ailleurs, a du blanc et du noir qui lui donnent l'apparence d'un oeil.

La leucopoecile est d'un blanc mêlé de gouttes de vermillon tirant sur l'or.

La libanochrus a l'apparence de l'encens; mais elle rend une humeur comme du miel.

La limoniatis paraît être la même que l'émeraude.

Quant à la liparée, tout ce qu'on en dit, c'est que employée en fumigation elle fait venir toutes les bêtes sauvages.

La lysimaque ressemble au marbre de Rhodes, avec des veines d'or; en la polissant on la réduit beaucoup de volume, pour en faire disparaître les défauts.

La leucochryse est une chrysolithe parsemée de blanc.

LXlll. [1] Quant à la memnonie, ce qu'elle est, on ne le dit pas.

La médée est noire; la découverte en est attribuée à la fabuleuse magicienne : elle a des veines de couleur d'or ;elle rend une humeur couleur de safran, et a le goût du vin.

La méconitès représente un pavot.

La mithrax vient de la Perse et des montagnes le long de la mer Rouge; de diverses couleurs, elle offre, exposée au soleil, des reflets variés.

La morochthis, parracée, rend une humeur laiteuse.

Des morions, celui de l'Inde est très noir, transparent, et se nomme pramnion ; celui dans lequel se mêle la couleur du rubis vient d'Alexandrie, et de Chypre celui dans lequel se mêle la couleur de la sarde.

[2] Tyr et la Galatie en produisent aussi. Xénocrate rapporte qu'on en trouve au pied des Alpes. Toutes ses gemmes sont propres à la gravure ectype (XXXV, 43).

La myrrhitès a la couleur de la myrrhe, à peine l'apparence d'une gemme, et frottée l'odeur d'un parfum et même du nard.

La myrméclas, noire, a des éminences semblables à des verrues.

La myrsinitès a la couleur du miel, l'odeur du myrte.

Une pierre est dite mésoleucos quand une ligne blanche la traverse par le milieu, et mésomélas quand c'est une ligne noire, quelle que soit la couleur de la gemme.

LXIV. [1] La nasamonitis est couleur de sang, avec des veines noires.

La nébritis, consacrée à Bacchus, a été ainsi appelée de sa ressemblance avec les nébrides (peaux de cerfs) portées par le dieu. II y a d'autres nébritis qui sont noires.

La nympharène porte le nom d'une ville et d'un peuple de la Perse; elle ressemble aux dents de l'hippopotame.

LXV. [1] L'olca, dont le nom est barbare, plait par ses nuances noires, rousses, vertes et blanches. L'ombrie, appelée par quelques-uns notie, tombe, dit-on, avec les pluies et les foudres, comme la céraunie et la brontée; on lui attribue le même effet qu'à la brontée (XXXVII, 55); on ajoute que mise sur les autels elle empêche les offrandes de brûler.

L'onocardie est semblable au coccus (écarlate); on n'en dit rien de plus.

L'oritis, de forme globuleuse, appelée aussi par quelques-uns sidéritis, est inaltérable au feu.

[2] L'ostracias ou ostracitis ressemble à un têt; une variété, plus dure, ressemble à l'agathe, si ce n'est que l'agathe par le polissage prend un aspect gras : cette variété est d'une si grande dureté, qu'on grave les autres gemmes avec ses fragments.

L'ostritis a le nom et l'apparence de l'huître.

L'ophicardèle, nom donné par les barbares, est noire et terminée par deux lignes blanches.

Nous avons parlé de l'obsidienne dans le livre précédent (XXXVI, 67). On trouve des gemmes de même nom et de même couleur, non seulement dans l'Éthiopie et l'Inde, mais encore dans le Samnium, s'il faut en croire certains auteurs, et sur les bords de l'océan Espagnol.

LXVI. [1] Le panchrus est composé de presque toutes les couleurs.

Le pangonius n'a pas plus d'un doigt de long : ce qui empêche de le prendre pour un cristal, c'est qu'il a un plus grand nombre d'angles.

Métrodore ne dit point ce qu'est le panéros; mais il rapporte des vers de la reine Timaris sur cette pierre, vers dédiés à Vénus, qui ne manquent pas d'élégance, et d'où l'on peut conclure que l'on attribuait à cette pierre une vertu fécondante : quelques-uns la nomment pansébaste.

[2] Les pontiques sont de plusieurs sortes : une, étoilée et offrant des gouttes tantôt sanglantes, tantôt dorées, est rangée parmi les pierres sacrées; une autre, au lieu d'étoiles, a des lignes de même couleur; une autre offre des images de montagnes et des vallées.

La phlogine, nommée aussi chrysitis, ressemble à l'ocre d'Attique, et se trouve en Égypte.

La phoenicitis est dite ainsi à cause de sa ressemblance avec une datte;

la phycitis, à cause de sa ressemblance avec une algue.

On nomme périleucos une pierre où le blanc descend de la circonférence au centre.

Les paeanitides, nommées par quelques-uns gaeanides, conçoivent, dit-on, et produisent, et sont bonnes pour les femmes qui accouchent; elles naissent en Macédoine, près du monument de Tirésias; elles ressemblent à de l'eau congelée.

LXVII. [1] La gemme du soleil est blanche, et, comme cet astre, elle projette circulairement des rayons éclatants.

Les Chaldéens trouvent la sagde attachée aux navires; elle est de couleur de poireau.

L'île de Samothrace donne son nom à une pierre qu'elle produit, noire, légère, et semblable à du bois.

La sauritis se trouve, dit-on, dans le ventre d'un lézard vert, fendu avec un roseau.

La sarcitis représente de la chair de boeuf.

La selénitis est blanche, diaphane, avec un reflet couleur de miel; elle renferme une image de la lune, image tour à tour dans le cours et le décours, suivant les phases; on la trouve en Arabie.

[2] La sidéritis ressemble au fer; elle entre tient la discorde entre les plaideurs.

La sidérapoecilè, que produit l'Éthiopie, en est une variété caractérisée par des gouttes de diverses couleurs.

La spongitis a le nom et l'apparence d'une éponge.

La synodontitis vient du cerveau du poisson nommé synodonte.

La syrtitis vient de la côte des Syrtes; mais maintenant on en trouve aussi sur celle de la Lucanie : elle est de couleur de miel, avec un reflet safrané; à l'intérieur elle contient des étoiles d'un faible éclat.

La syringitis, semblable à l'entre-noeud d'un tuyau de blé, est creuse d'un bout à l'autre.

LXVIII. [1] Le trichus vient d'Afrique; il est noir, mais rend trois humeurs : à la racine, une couleur noire; au milieu, du sang; au sommet, de l'ocre.

La télirrhize est de couleur cendrée ou rousse, avec un fond blanc.

La télicardie a la couleur du cœur; les Perses, dont le pays la pro duit, en font leurs délices; ils la nomment muchula.

La thracie est de trois sortes : une verte, une autre plus pâle, une troisième à gouttes de sang.

La téphritis a l'apparence du croissant de la lune nouvelle, mais elle est de couleur cendrée.

La técolithe ressemble à un noyau d'olive; elle n'est pas estimée comme gemme, mais elle brise et expulse les calculs quand on s'en frotte.

LXIX. [1] Le cheveu de Vénus est une pierre très noire et luisante; on y voit comme un cheveu roux. La vélentane est une pierre italienne trouvée à Veies; elle est noire, mais bordée d'une ligne blanche.

LXX. [1] La zanthène, d'après Démocrite, se trouve dans la Médie; elle a la couleur de l'électrum; pilée dans du vin de palmier avec du safran, elle se ramollit comme de la cire, et exhale une odeur très suave.

La zmilampis se trouve dans l'Euphrate ; elle ressemble au marbre de Proconnèse; le milieu en est vert de mer.

La zoranisceos se trouve dans le fleuve Indus; c'est, dit-on, la pierre des mages : voilà tout ce qu'on en rapporte.

LXXI. (XI.) [1] Outre le classement par ordre alphabétique, il en est encore un autre que je vais exposer, et qui est tiré de rapports variés. Ainsi les parties du corps donnent les noms suivants : le foie, à I'hépatitis; les graisses nombreuse des divers animaux, à la stéatitis. On connaît le rein d'Adad, l'œil d'Adad, le doigt d'Adad : c'est un dieu adoré des Syriens. Le triophthalme se trouve avec l'onyx; il présente en même temps trois yeux d'homme.

LXXII. [1] D'autres pierreries tirent leur nom des animaux : la carcinias, de la couleur de l'écrevisse de mer; l'échitis, de la couleur de la vipère ; le scorpitis, de la couleur ou de l'aspect du scorpion; la scaritis, du scare; la triglitis, du mulet (poison); l'aegophthalme, qui ressemble à un oeil de chèvre; une autre, à un oeil de cochon. La géranitis rappelle le cou de la grue; l'hiéracitis, celui de l'épervier; l'aétitis est de la couleur de l'aigle à queue blanche; la myrmécitis offre à son intérieur l'image d'une fourmi rampante; la cantharias, d'un scarabée. La lycophthalme est de quatre couleurs : le roux, le sanglant; au milieu, le noir entouré d'un cercle blanc; c'est comme l'œil des loups, auquel elle ressemble complètement. Le taos est semblable au paon ; et celle que je trouve être appelée chélidoine, à l'aspic.

LXXIII. [1] L'hammochryse offre une ressemblance avec du sable, mais du sable mêlé de grains d'or. La cenchritis ressemble à des grains de millet répandus çà et là. La dryitis tire son nom des troncs d'arbre; elle brûle comme du bois. La cissitis, dans un fond blanc diaphane, a des feuilles de lierre qui l'occupent entièrement. La narcissitis a des marbrures, et l'odeur du narcisse. La cyamée est noire; cassée, elle produit quelque chose de semblable à une fève. La pyren a été ainsi nommée du noyau de l'olive; elle paraît parfois contenir comme des arêtes de poisson. La phaenicitis est dénommée d'après la datte. La chalazias a la blancheur et la forme des grains de grêle, et la dureté du diamant; on raconte que, mise dans le feu, elle garde sa température froide. La pyritis est noire, il est vrai: mais si on la frotte avec le doigt elle le brûle.

[2] La polyzone est noire, et traversée par plusieurs zones blanche. Dans l'astrapie, sur un fond noir ou bleu, courent au milieu comme les rayons de la foudre. Dans la phiogitis, il semble qu'à l'intérieur brûle sans sortir une espèce de flamme. Dans l'anthracitis, des étincelles paraissent quelquefois voler çà et là. L'enhydros est toujours parfaitement ronde, blanche et lisse; mais quand on la remue on y sent a l'intérieur le flot d'un liquide, comme dans les oeufs.

[3] La polytrique est verte et chevelue; mais elle fait, dit-on, tomber les cheveux. La léontie et la pardalie ont été ainsi nommées de la peau du lion et de celle de la panthère. On a dénommé la drosolithe d'après la rosée, la chrysolithe d'après sa couleur dorée; la chrysoprase, d'après sa couleur herbacée; la mélichros, d'après sa couleur de miel (mais de cette dernière il y a plusieurs espèces); la mélichlore, d'après ses deux nuances, l'une jaune, l'autre couleur de miel; la crocias, d'après un certain reflet safrané; la polias, d'après sa ressemblance avec une chevelure blanche; la spartopalias, avec une chevelure blanche éclaircie;

[4] la rhoditis, d'après la rose; la melitis, d'après sa couleur pomme; la chalcitis, d'après sa couleur de cuivre; la sycitis, d'après sa couleur de figue. Mais il n'y a pas de raison au nom de la borsycitis, qui sur un fond noir offre comme des branches et des feuilles blanches ou couleur de sang; non plus que dans la gémite, où l'on voit comme deux mains blanches entrelacées, dans la pierre. On dit dans l'hydromancie que l'anancitis évoque les images des dieux, et que la synochitis retient les ombres des spectres infernaux qui ont été évoquées; que la dendritis blanche enfouie sous un arbre qu'on veut couper empêche le tranchant de la hache de s'émousser. Il y en a bien d'autres, encore plus merveilleuses, auxquelles les barbares ont donné des noms, tout en confessant que ce sont de simples pierres; mais nous avons déjà réfuté assez d'horribles mensonges.

LXXIV. (XII.) [1] Des pierreries naissent : il s'en forme tout à coup de nouvelles qui n'ont point de nom, comme jadis une qu'on trouva dans les mines d'or de Lampsaque: elle parut si belle, qu'on l'envoya au roi Alexandre, comme le rapporte Théophraste (De lapid.). Les cochlides même, aujourd'hui si communes, sont plutôt artificielles que naturelles: elles proviennent de gros ses mottes qui se trouvent en Arabie, et qui dit-on, cuisent dans du miel sept jours et sept nuits sans interruption; de la sorte toute la partie terreuse et mauvaise étant ôtée, la motte nettoyée et pure est semée, par d'ingénieux artistes de veinures variées et de taches diversement con figurées, selon le goût des acheteurs. Jadis on en faisait de si grosses, qu'en Orient elles servaient de frontaux aux chevaux des rois, et de pendants en place de phalères (XXXII, 6, 2).

[2] Au reste, toutes les pierreries deviennent plus brillantes en cuisant avec du miel, et surtout du miel de Corse, quoique généralement elles redoutent les substances âcres. Quant aux pierres dont on varie les nuances, et qui doivent à l'imagination humaine de prendre un aspect nouveau, elles se désignent quand elles n'ont pas de nom généralement admis par celui de physes (phusis, nature), comme si on voulait y attacher l'admiration qui appartient aux oeuvres de la nature. Au reste, ce serait chose interminable que de rapporter tous les noms. Aussi je ne songe pas à les énumérer, d'autant plus que des milliers de ces noms sont dus à la vanité grecque. J'ai décrit les plus nobles des pierreries; j'ai signalé même, parmi les pierres peu estimées, les espèces rares; il a suffi d'indiquer celles qui méritent une mention. Toutefois il sera bon d'avertir le lecteur que, suivant le nombre varié des taches et des inégalités, suivant les différents auteurs et les différentes nuances des veinures, les noms ont souvent changé pour une substance qui restait la même la plupart du temps.

LXXV. [1] Nous ferons maintenant quelques observations générales sur toutes les pierreries, nous appuyant sur les opinion des auteurs. On préfère les pierres unies à celles qui ont des creux ou des reliefs; on estime le plus la forme ovale, puis la forme lenticulaire, en troisième lieu celles qui sont plates ou rondes; les anguleuses sont les moins recherchées. Il est fort difficile de discerner les vraies des fausses, car on a trouvé le moyen de transformer des pierreries vraies en fausses d'une autre espèce.

[2] On fait des sardoines avec trois sortes de pierres qu'on agglutine, et cela de telle façon que la fraude ne peut se découvrir; le noir, le blanc, le vermillon. (XXXVII, 23) qu'on accole, sont pris tous dans des pierres d'élite. Il y a même des livres, qu'à la vérité je ne veux pas indiquer, dans lesquels est expliquée la manière de donner au cristal la cou-leur de l'émeraude ou d'autres pierres transparentes, de faire une sardoine avec une sarde, et ainsi des autres : il n'y a point, en effet, de fraude où l'on gagne plus.

LXXVI. (XIII.) [1] Nous, au contraire, car il convient de prémunir le luxe même contre les tromperies, nous indiquerons des moyens généraux de reconnaître les pierres fausses, outre ceux dont nous avons déjà parlé separément à propos de chaque espèce principale de pierreries. On prétend que les pierres transparentes doivent s'éprouver le matin, et tout au plus jusqu'a la quatrième heure (dix heures) ; au delà de ce terme, l'épreuve ne vaut plus rien. Les épreuves se font de plusieurs manières. D'abord on pèse la pierre; les vraies sont plus pesantes. On apprécie le froid : les vraies sont senties plus froides dans la bouche. Puis on en examine la substance même; car au dedans des pierres fausses on voit des vésicules; de plus, sur-face raboteuse, filaments (XXXVII, 18 et 20), reflet inégal, éclat qui s'éteint avant d'arriver jusqu'a l'œil.

[2] La meilleure façon d'éprouver une pierrerie, c'est d'en détacher un fragment et de le broyer sous une lame de fer; mais les marchands de pierreries ne veulent pas permettre cette épreuve, non plus que celle de la lime. La limaille de la pierre obsidienne (XXXVI, 67) ne mord pas sur les pierres fines. Les fausses ne supportent pas la gravure qui se fait avec les pierres blanches. Au reste, il y a de si grandes différences de dureté, que les unes ne peuvent être gravées avec le fer, et que les autres ne permettent l'emploi que d'un instrument émoussé; mais toutes sont entamées par le diamant. On facilite beaucoup l'opération en chauffant le foret. Les rivières qui roulent des pierreries sont l'Acésinès et le Gange. Quant aux contrées, aucune n'en produit autant que l'Inde.

LXXVII. [1] A ce terme, ayant traité de toutes les oeuvres de la nature, il convient d'établir quelque comparaison tant entre les choses qu'entre les pays : or, dans le monde entier et sous la vaste étendue de la voûte céleste, il n'est pas de contrée plus belle, et qui pour toute chose mérite mieux le premier rang dans la nature, que l'Italie, reine et seconde mère du monde; l'Italie, que recommandent ses hommes, ses femmes, ses généraux, ses soldats, ses esclaves, sa supériorité dans les arts, et les génies éclatants qu'elle a produits. Ajoutons sa situation, la salubrité et la douceur de son climat, l'accès facile qu'elle offre à toutes les nations, ses côtes si riches en ports, les vents salutaires qui y soufflent; avantages dus à une situation qui, intermédiaire entre le levant et le couchant, l'allonge dans le sens le plus favorable. Ajoutons encore l'abondance de ses eaux, la fraîcheur de ses forêts, ses montagnes entrecoupées, l'innocuité de ses animaux sauvages, la fertilité de son sol, la richesse de ses pâturages.

[2] Les objets de première nécessité ne se trouvent meilleurs en aucun pays: céréales, vins, huiles, toisons, lin, étoffes, taureaux. Quant aux chevaux, je remarque que pour les courses on n'en préfère aucuns à ceux de l'Italie. Pour les mines d'or, d'argent, de cuivre, de fer, tant qu'il fut permis de les exploiter, elle ne le céda à aucun pays. Maintenant, demeurant grosse de ces métaux, elle prodigue, pour tous trésors, des liqueurs variées, des céréales et des fruits délicieux. Immédiatement après l'Italie, si on excepte les régions fabuleuses de l'Inde, je suis disposé à placer l'Espagne, pour tout son littoral du moins ; elle est, il est vrai, stérile en partie; mais la où elle est productive elle donne en abondance les céréales, l'huile, le vin, les chevaux, les métaux de tout genre. Pour tout cela la Gaule lui est égale; mais l'Espagne l'emporte par le spart (XIX, 7), produit de ses déserts; par la pierre spéculaire, par des couleurs, objet de luxe; par l'ardeur au travail, par ses esclaves robustes, par la force infatigable des hommes, par leur caractère résolu.

[3] Quant aux choses elles-mêmes, on attache le plus grand prix, parmi les productions marines, aux perles; parmi les objets qui se trouvent à la sur-face de ta terre, au cristal; parmi ceux de l'intérieur de la terre, au diamant, aux émeraudes, aux pierreries, aux murrhins; parmi les choses que la terre enfante, à l'écarlate, au laser ; parmi celles que le feuillage fournit, au nard, aux étoffes de la Sérique; en fait d'arbres, au citre; en fait d'arbrisseaux, au cinname, à la cannelle, à l'amome; en fait de sucs d'arbres ou d'arbrisseaux, au succin, à l'opobalsamum, à la myrrhe, à l'encens; en fait de racines, au costus. Parmi les êtres qui respirent, le plus grand prix appartient, chez les animaux terrestres, aux dents d'éléphant; chez les animaux marins, à l'écaille de tortue; en fait de fourrures, aux peaux que teignent les Sères, et au poil des chèvres d'Arabie, que nous avons appelé ladanum ; en fait de choses appartenant à la fois à la terre et à la mer, aux coquilles qui donnent la pourpre. Quant aux oiseaux, excepté les cimiers des casques et la graisse des oies de Commagène, on ne note rien de remarquable qu'ils fournissent. N'oublions pas de consigner que l'or, objet de la folle convoitises de tous les hommes, tient à peine le dixième rang parmi les objets précieux, et que l'argent, avec lequel l'or s'acheta, n'a guère que le vingtième.

Salut, ô Nature, mère de toutes choses: et daigne m'être favorable, à moi qui, seul entre tous les Romains, t'ai complètement célébrée !

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