Odyssée (page 50)
FIN DE L'ODYSSÉE (suite)
(03) Ce passage, que nous avons traduit littéralement, n'a été ni compris ni rendu par les traducteurs français. Homère dit :
(vers 85/86)
« Mais la mère ayant obtenu des dieux de très beaux prix, les porta dans le milieu de la lice pour les plus braves des Achéens.
Madame Dacier rend ce passage simple et concis par cette longue phrase, qui est plutôt une imitation qu'une traduction. « La déesse demanda aux dieux la permission de faire exécuter des jeux et des combats par les plus braves de l'armée autour de son superbe tombeau. »
Bitaubé, qui suit toujours la version de madame Dacier, dit : « Ta mère, du consentement des immortels, invite les plus illustres chefs de la Grèce aux superbes jeux dont elle décore une lice immense. »
Dugas-Montbel se rapproche plus du texte en disant : « Ta mère, alors, après avoir demandé le consentement des Dieux, dépose dans la lice des prix magnifiques destinés aux plus illustres des Grecs. »
Les versions latines ne traduisent pas ces deux vers de la même manière, quoique pourtant le sens soit le même. Voici la traduction de Clarke :
Mater autem, diis rogatis, perpulchra certamina
Posuit medio in circo optimatibus Acbivorum.
Dubner, qui a corrigé la traduction du savant anglais, dit :
Mater autem, rogatis diis, perpulchra certamina
Instituit medio in consessu optimatibus Achivorum.
Voss a traduit ces deux vers aussi lit éralement que possible en disant : Aber die Mutter brachf’ auf den Kampfplatz Vrostliche Preise, von den Gottern erfleht, für die Tapferstein aller Achaier ( mais la mère apporta sur la lice des prix précieux demandés aux dieux (qu'elle destinait) pour les plus braves de tous les Achéens).
ἀργεiφόντης (vers 99) (messager, meurtrier d'Argus, ou messager Argiphonte). Mercure est ainsi nommé, parce qu'il tua le surveillant d'Io, cet Argus qui avait des yeux par tout le corps. Eustathe fait διώκω (courir), et le fait synonyme de διάκονος ; Nitzsch admet l'opinion d'Eustathe, et traduit διάκτορος par conducteur.
(05) Madame Dacier, Bitaubé et Dugas-Montbel ont commis une erreur en traduisant κακός …. δαίμων (vers 149) par : dieu jaloux, dieu ennemi, dieu funeste. Clarke et Dubner n'ont pas été plus exacts en rendant ces deux mots par malus deus. Le mot δαίμων (génie) ne se traduit par dieu ou par déesse, que lorsqu'il se rapporte à une divinité déjà nommée. Les auteurs du Dictionnaire des Homérides disent : «δαίμων, génie, divinité, être de nature divine, qui, selon la croyance des anciens, agissait dans les occasions qui exigeaient des facultés on des forces supérieures à celles de l'homme, mais que cependant on ne pouvait pas appeler un dieu. Homère est également, étranger à l'idée plus moderne des démons. »
FIN DE L'ODYSSÉE stabulum curreba circumquaque. Les auteurs du Dictionnaire des Homérides expliquent, ainsi le mot κλίσιον : « bâtiment de peu de valeur construit tout autour de la maison du maître, et destiné aux domestiques et aux troupeaux. » Dugas-Montbel, dans ses Observations, dit : « Le mot κλίσιον adonné lieu à beaucoup de conjectures, ce qui prouve que le sens en est obscur ; les explications qu'on en donne, au lieu de dissiper l'obscurité ne font que multiplier les doutes. Héliodore entendait par ce mot une suite de constructions faites amour de l'habitation principale. Aristarque disait que ce mot signifiait une sorte de berceau qui régnait autour de la maison, et qui était construit avec des branches d'arbres. Madame Dacier croit qu'il est ici question d'un bâtiment circulaire placé au milieu de la cour, et où logeaient les serviteurs de Laërte : la préposition περὶ ne permet pas d'admettre cette explication. D'autres supposent qu'il est ici question d'une salle où l'on mettait les lits, destinée aussi à recevoir les instruments de labourage. D'autres supposent que ce sont simplement les bâtiments pour les troupeaux et les : valets de ferme. D'autres enfin entendent par là une sorte de vestibule, de portique, de galerie, dont la maison était entourée ; ce qui répond parfaitement à l'expression grecque : περὶ θέε πάντη. » Voss dit : Und wirthschaftliche Gebaude liefen rings um den Huf (des bâtiments domestiques entouraient la cour).
FIN DE L'ODYSSÉE
(07) Il est bien ici question de gants, puisque nous lisons dans le texte grec : χειρῖδάς (vers 230). Plusieurs commentateurs doutent fort que les gants fussent inventés du temps d'Homère. Ce mot a peut-être été défigure par les rhapsodes ou interpolé par les grammairiens.
d'abord, et réprouverait en chaque chose.
(09) Tous les traducteurs ne rendent pas de la même manière l'épithète ἀνθεμόεις (vers 275). Madame d'argent ciselé où l'ouvrier avait représenté les plus belles fleurs. » Bitaubé dit : « une coupe d'argent ciselé, » et Dugas-Montbel : «une coupe d'argent ornée de fleurs sculptées. » L'épithète ἀνθεμόεις signifie : fleuri, émaillé de fleurs, varié, bariolé ; nous pensons donc que les traducteurs français ont été trop loin en disant que cette coupe était ciselée.
(10) Ces sortes de couvertures ou de manteaux étaient nommés ἁπλοΐς (vers 276) (simples), parce qu'ils n'enveloppaient le corps qu'une fois.
celte manière : « Mon fils infortuné, si c'est en effet lui dont tu parles. »
Nous avons suivi, pour l'explication de ce passage, qui n'a jamais été convenablement ni exactement rendu par les traducteurs français, la traduction qu'en donne le Dictionnaire des Homérides.
(13) Pour l'explication de ce vers :
FIN DE L'ODYSSÉE nous avons suivi la traduction de Voss ; car on n'aurait point compris le sens des paroles d'Ulysse si nous avions traduit littéralement ce que dit Homère.
FIN DE L'ODYSSÉE
(vers 519) (qui projette au loin son ombre, ou long qu'Homère donne aux javelots et aux lances, n'a été traduite ni par madame Dacier ni par Bitaubé.