Vies parallèles (sélection : Lycurgue, Numa, Solon, Aristide, Périclès, les Catons, Alexandre, César, Cicéron) (page 12)

Plutarque · Corps & Gouvernance

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — trad. Pierron · 18 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

384 Aspasie acquit ainsi un tel renom et une telle célébrité, que Cyrus, celui qui disputa les armes à la main l’empire de Perse au roi son frère (57), donna le nom d’Aspasie à celle de ses concubines qu’il aimait le plus, et qui auparavant s’appelait Milto. Elle était fille d’Hermotine, et native de Phocée. Cyrus ayant péri dans la bataille qu’il livra, elle fut conduite au roi, et elle prit sur lui un grand ascendant. Ces particularités me sont revenues à la mémoire en traitant mon sujet ; et je n’ai pas cru devoir pousser la rigueur jusqu’à les repousser et à les passer sous silence.

On accuse donc Périclès d’avoir fait décréter la guerre contre les Samiens dans l’intérêt des Milésiens, à la prière d’Aspasie. Samos et Milet se faisaient la guerre pour la possession de Priène (58) ; et les Samiens avaient remporté une victoire, lorsque les Athéniens les sommèrent de cesser les hostilités, et de venir discuter devant eux leurs prétentions : ils n’obéirent point. Périclès fit voile vers Samos, y détruisit le gouvernement oligarchique, se fit livrer pour otages cinquante des notables, et autant d’enfants, et il les envoya en dépota Lemnos. On dit que chacun de ces otages lui offrit un talent pour rançon, et que d’autres offres lui furent faites par ceux qui auraient voulu ne pas voir le gouvernement démocratique établi dans leur ville. En outre, le Persan Pissuthnès, ami des Samiens, lui envoya dix mille pièces d’or, pour le toucher en leur faveur. Périclès refusa tout, traita les Samiens comme il l’avait résolu, établit chez eux le gouvernement démocratique, et fit voile pour retourner vers Athènes. A peine était-il parti, que Pissuthnès enleva furtivement les otages des Samiens, et que les Samiens se préparèrent à la guerre. Périclès revint, et ne les trouva ni surpris ni effrayés, mais bien déterminés à soutenir la lutte, et à disputer aux Athéniens l’empire de la mer. Un 385 terrible combat naval s’engagea près de l’île de Tragia (59), et Périclès y remporta une brillante victoire ; car, avec quarante-quatre vaisseaux, il en défit soixante-dix, dont vingt portaient des troupes de débarquement.

Vainqueur, il poursuivit les Samiens jusque dans leur port, s’en empara, et mit le siège devant la ville. Les assiégés se défendirent avec intrépidité : ils ouvrirent leurs portes, et ils combattirent devant leurs remparts. Cependant Périclès, ayant reçu une flotte plus nombreuse que la première, bloqua entièrement la place ; puis, à la tête de soixante trirèmes, il quitta les parages de l’île, et il prit la mer pour aller, à ce que disent la plupart des historiens, au-devant d’une escadre qu’envoyaient les Phéniciens, alliés de Samos, car il voulait livrer la bataille le plus loin possible de l’île. Stésimbrote prétend que c’était pour faire une expédition contre Cypre ; ce qui ne paraît pas vraisemblable Quelle qu’ait été son intention, l’événement prouva qu’il avait tort ; car, pendant qu’il était éloigné, le philosophe Mélissus (60), fils d’Ithagénès, alors général des Samiens, méprisant le petit nombre des vaisseaux laissés au siège, ou bien l’inhabileté des hommes qui les commandaient, engagea ses concitoyens à tomber sur les assiégeants. Ils le firent, remportèrent la victoire, tuèrent à leurs ennemis beaucoup de monde, et coulèrent à fond plusieurs vaisseaux ; et, la mer ainsi rendue libre, ils firent entrer dans leurs murs des vivres et toutes les choses dont ils étaient privés auparavant, et dont ils avaient besoin pour soutenir le siège. Aristote dit que Périclès lui-même avait été déjà auparavant vaincu sur mer par Mélissus. Les Samiens rendirent aux prisonniers athéniens le même outrage qu’ils en avaient reçu : ils imprimèrent, sur le front de chacun d’eux, la figure d’une chouette, comme les Athéniens avaient 389 imprimé, sur le front des leurs, la figure d’une samine. La samine était un navire dont la proue n’était point saillante, et dont les flancs étaient larges et renflés ; ce qui le rendait très-facile à la manœuvre, et en même temps très-léger. Cette espèce de navire était appelé samine, parce que le premier avait été construit à Samos, sous la direction du tyran Polycrate (61). C’est à ces stigmates des captifs que fait allusion, dit-on, le vers d’Aristophane :

Comme le peuple de Samos est fort sur les lettres !

Périclès apprit cet échec, et il revint en toute haie au secours des siens. Il rencontra Mélissus, qui venait lui offrir le combat : il le vainquit, le mit en déroute ; et, déterminé à briser la résistance des assiégés, et à prendre la ville, mais préférant la dépense de temps et d’argent à tout sacrifice d’hommes, il enferma la place par un mur de circonvallation. Mais, comme Athéniens eux-mêmes s’ennuyaient de la longueur du siège (62), qu’ils demandaient à combattre, et qu’il était fort difficile de les contenir, il divisa toutes ses troupes en huit corps, et il les fit tirer au sort : celui des huit qui amenait une fève blanche (63) n’avait qu’à se reposer et faire bonne chère, tandis que les autres combattaient. De là vient que ceux qui ont passé la journée dans les plaisirs disent qu’ils ont eu un jour blanc, à cause de la fève blanche de Samos. Éphore raconte qu’à ce siège, Périclès employa des machines de guerre. Il s’était passionné pour celte invention nouvelle, due au mécanicien Artémon. Artémon était avec lui ; et, comme il était boiteux, et qu’il se faisait potier en litière aux endroits où les 387 travaux pressaient, on le surnommait Périphorète (64). Héraclide de Pont convainc Éphore d’erreur, au moyen de quelques vers d’Anacréon, dans lesquels est pommé un Arlémon Périphorète, plusieurs générations avant le siège de Samos, et avant les faits dont nous parlons. L’Artémon du poète était un homme délicat et mou, qui avait peur de tout, et qui, n’osait presque point sortir de sa maison, y demeurait toujours assis, tandis que deux domestiques tenaient, au-dessus de sa tête, un bouclier d’airain, pour le garantir de tout ce qui aurait pu tomber sur lui : quand il fallait absolument qu’il sortit, il se faisait porter, partout où il voulait aller, dans une petite litière fort peu élevée au-dessus de terre ; et c’est pour cela qu’on l’avait surnommé Périphorète.

Après neuf mois de siège, les Samiens se rendirent. Périclès démantela leur ville, leur ôta tous leurs vaisseaux, et exigea une somme considérable, dont ils payèrent une partie sur-le-champ, Rengageant à payer le reste à des termes fixes, et donnant des otages pour sûreté. Le Samien Duris (65), avec une emphase tragique, accuse les Athéniens et Périclès d’un raffinement de cruauté, dont ne font mention ni Thucydide, ni Éphore, ni Aristote : il dit, et le fait ne parait pas vraisemblable, que Périclès, ayant pris tous les capitaines de vaisseaux et les soldats de marine, les fit conduire sur la place de Milet, où ils demeurèrent pendant dix jours, attachés à des poteaux ; et que, quand il vit leurs forces épuisées, il ordonna de les tuer en les assommant à coups de bâton, et de jeter leurs corps sans sépulture. Mais Duris n’a pas pour habitude de fonder ses récits sur la vérité, même lorsqu’il n’est emporté par aucune passion : à plus forte raison a-t-il probablement exagéré les maux de son pays, pour en tirer occasion de jeter de l’odieux sur les Athéniens.

388 Samos abattue, Périclès revint à Athènes. Là, il célébra avec pompe les funérailles des guerriers morts dans la guerre ; et, suivant l’usage, il prononça leur éloge funèbre, aux applaudissements de tous. Lorsqu’il descendit de la tribune, les femmes lui tendaient les mains, et elles lui jetaient des couronnes et des bandelettes, comme à un athlète vainqueur ; mais Elpinice, s’approchant de lui : « Oui, Périclès, cela est admirable, dit-elle, cela est digne de ces couronnes, d’avoir fait périr tant et de si braves citoyens, non pas en faisant la guerre contre les Phéniciens ou les Mèdes, comme mon frère Cimon, mais pour ruiner une ville alliée, une ville parente d’Athènes (66) ! » Périclès l’écouta sans s’émouvoir ; et il lui répondit, en souriant, par un vers d’Archiloque :

Vieille, tu devrais ne plus te parfumer !

Le poète Ion prétend qu’après sa victoire sur les Samiens, Périclès se prit d’admiration pour lui-même, et qu’il se laissa aller à une haute opinion de son mérite. « Agamemnon, disait-il, a mis dix ans à s’emparer d’une ville barbare ; et moi j’ai emporté, en neuf mois, la première et la plus puissante ville des Ioniens.» Et certes, il avait quelque droit de se glorifier ainsi ; car cette guerre fut remplie de vicissitudes et de dangers, puisque, selon Thucydide, il s’en fallut de fort peu que les Samiens ne ravissent aux Athéniens l’empire de la mer.

Après cette expédition, voyant déjà se soulever les flots de la guerre du Péloponnèse, il engagea le peuple à secourir les Corcyréens (67), attaqués par ceux de Corinthe, et à s’attacher une ile si puissante par sa marine, aune époque où les peuples du Péloponnèse ne pouvaient plus tarder à devenir leurs ennemis. Sa proposition fut adoptée ; et il envoya à Corcyre Lacédémonius, fils de Ciinon. 389 Périclès ne lui avait donné que dix vaisseaux, dans une intention perfide ; car il y avait, entre la famille de Cimon et les Lacédémoniens, des rapports d’une étroite amitié. Si donc Lacédémonius ne faisait rien de remarquable et de glorieux dans son commandement, ce serait une occasion de l’accuser de laconisme. C’est pour cette raison qu’il lui donna si peu de vaisseaux, et qu’il le chargea malgré lui de cette expédition. Il cherchait d’ailleurs, par tous les moyens, à rabaisser les fils de Cimon : c’étaient, disait-il, non des citoyens, mais des métis, des étrangers, étrangers même par leurs noms. L’un se nommait, en effet, Lacédémonius, l’autre Thessalus, et un troisième Éléus ; et leur mère passait pour Arcadienne.

Cependant Périclès, se voyant blâmé par tout le monde de n’avoir envoyé que ces dix trirèmes, secours bien au-dessous des besoins des insulaires, et sentant d’ailleurs qu’il donnait par là trop d’avantages à ses adversaires politiques, fit partir une autre escadre, plus considérable, mais qui n’arriva qu’après le combat. Alors les Corinthiens s’indignent, et ils portent plainte contre les Athéniens à Lacédémone ; et les Mégariens se joignent à eux, alléguant pour griefs que tous les marchés, tous les ports de la dépendance d’Athènes leur sont interdits, et qu’ils en sont exclus au mépris du droit commun et des engagements réciproques pris par tous les Grecs. Quant aux Éginètes, fatigués de ce qu’ils appelaient les outrages et la domination violente des Athéniens, et n’osant d’ailleurs se plaindre ouvertement, ils firent passer secrètement leurs doléances à Lacédémone. En même temps Potidée (68) se révolta : c’était une colonie de Corinthe, mais soumise aux Athéniens. Ceux-ci en firent le siège ; et cette circonstance hâta encore la guerre. Cependant des députés furent envoyés à Athènes ; et même Archidamus, roi des Lacédémoniens, avait arrangé presque tous les différends, 390 et calmé les alliés : on touchai t à la réconciliation générale ; et les Athéniens n’auraient pas eu à soutenir la guerre, du moins pour les autres torts qu’on leur reprochait, s’ils avaient consenti à révoquer leur décret contre Mégare, et à se réconcilier avec les Mégariens. Mais Périclès fit les plus grands efforts, pour empêcher la révocation de ce décret, et il excita le peuple à persister dans son animosité jalouse contre les Mégariens ; et, c’est pour cela qu’on le regarde comme seul auteur de la guerre.

Une députation vint, pour ce sujet, de Lacédémone à Athènes ; et, Périclès prétextant une loi qui défendait de détruire la table sur laquelle le décret était écrit, un des députés, nommé Polyarcès, lui répliqua, dit-on : « Hé bien ! ne la détruis pas, retourne-la, cette table ; car il n’y a pas de loi qui le défende. » Le mot parût plaisant ; mais Périclès n’en demeura pas moins inflexible. Il est donc probable qu’il avait quelque haine particulière contre les Mégariens ; mais, pour lui donner un prétexte d’intérêt public, et qu’il pût avouer, il les accusa d’avoir empiété sur le terrain consacré, dont la cul¬ture était prohibée (69), et il fit décréter qu’un héraut leur serait envoyé pour s’en plaindre, et irait ensuite à Lacédémone soutenir l’accusation. Le décret, rédigé par Périclès, est en termes fort doux et fort modérés. Mais Anthémocrite, qui fut chargé du message, mourut pendant sa mission. On attribua sa mort aux Mégariens ; et Charinus fit décréter qu’il y aurait désormais, entre Athènes et Mégare, haine irréconciliable, haine sans trêve ; que tout Mégarien qui mettrait le pied sur le sol attique serait puni de mort ; que les généraux, quand ils prononceraient le serment exigé par les lois, jureraient en outre de faire, pendant l’année de leur commandement, deux incursions dans la Mégaride, et 391 qu’Anthémocrite serait enterré près des portes Thriasiennes, aujourd’hui nommées le Dipyle (70).

Les Mégariens repoussent avec énergie l’inculpation de la mort d’Anthémocrite, et ils rejettent les causes de la guerre sur Périclès et Aspasie. Ils se fondent sur ces vers des Acharniens (71), qui sont si connus et si populaires :

Des jeunes gens vont à Mégare : ils s’enivrent en jouant au cottabe (72) ;

Ils enlèvent la courtisane Simétha.

Bientôt les Mégariens, en proie à une douleur extrême,

Enlèvent à leur tour deux des courtisanes d’Aspasie.

Il n’est donc pas facile d’assigner la véritable cause de la guerre ; mais tous les écrivains s’accordent à dire que Périclès empêcha seul qu’on révoquât le décret. Les uns, cependant, attribuent son opiniâtreté à sa grandeur d’âme, et à la justesse de son esprit pénétrant, qui lui montrait les vrais intérêts de son pays, et qui lui faisait voir, dans l’insistance de Lacédémone sur ce point, l’intention d’essayer si Athènes céderait, et, dans la condescendance d’Athènes, l’aveu apparent de sa faiblesse. Suivant les autres, c’est plutôt par pur amour-propre, et pour faire montre de sa force, qu’il affecta de mépriser les sommations de Lacédémone. Mais, de toutes les causes qu’on attribue à cette guerre, celle où il y a le plus de mauvaises passions en jeu, et celle aussi pour laquelle se réunissent le plus de témoignages, est racontée à peu près comme il suit.

Le sculpteur Phidias s’était chargé, comme nous l’avons dit, de faire la statue de Minerve. Il était l’ami de 392 Périclès, et il jouissait auprès de lui d’un immense crédit. Cette faveur lui valut la haine d’une foule d’envieux ; et il y en eut qui essayèrent sur lui ce que ferait le peuple à l’égard de Périclès, si Périclès était jamais traduit en jugement. Us gagnent un des ouvriers de Phidias, appelé Ménon ; et Ménon va sur la place publique, se poster dans l’attitude d’un suppliant, et demander sûreté pour dénoncer Phidias, et pour soutenir une accusation contre lui. Le peuple accueillit la demande de cet homme : une action fut intentée et soutenue contre Phidias, dans l’assemblée générale. Mais on ne le put convaincre des larcins qu’on lui reprochait ; car Phidias, par le conseil de Périclès, avait travaillé séparément, depuis la première jusqu’à la dernière, toutes les pièces d’or qui entraient dans la composition de la statue, et il les avait assemblées de telle manière, qu’il était facile de les enlever et de les peser ; ce que Périclès invita les accusateurs à faire alors. Une autre cause de l’envie qu’on portait à Phidias, c’était sa réputation d’artiste ; et surtout on lui en voulait de ce qu’en représentant, sur le bouclier de la déesse, le combat des Amazones, il s’y était sculpté lui-même, sous la figure d’un vieillard chauve, qui soulève une pierre des deux mains, et de ce qu’il y avait mis un magnifique portrait de Périclès, combattant une Amazone : sa main levée pour lancer le javelot lui couvre en partie le visage ; mais celle main est disposée avec un art si merveilleux, qu’elle semble vouloir dissimuler la ressemblance, et que cette ressemblance éclate des deux côtés. Phidias fui donc jeté en prison ; et il y mourut de maladie, ou, suivant quelques écrivains, du poison que lui firent prendre ses ennemis, pour avoir lieu de calomnier Périclès (73). Quant au dénonciateur Ménon, le peuple lui accorda exemption de lotîtes charges, sur la proposition de Glycon, et ordonna 393 aux stratèges de prendre soin de la sûreté personnelle de cet homme.

Vers le même temps, Aspasie eut à se défendre d’une accusation d’impiété, intentée contre elle par le poète comique Hermippus (74), qui l’accusait en outre de recevoir secrètement chez elle des femmes de condition libre, pour les livrer à Périclès. Diopithès rédigea ensuite un décret ordonnant à tous de dénoncer ceux qui ne croiraient pas aux dieux de l’État, ou qui disputeraient sur les phénomènes célestes. Son but était de faire tomber quelques soupçons de cette nature sur Périclès, à cause de ses liaisons avec Anaxagore. Le peuple accueillit le décret avec faveur, et autorisa les poursuites. Alors Dracontidès rédigea à son tour un autre décret : c’était que Périclès remît les comptes de son administration financière entre les mains des Prytanes (75) ; et que les juges prononçassent la sentence dans la ville, à l’autel de Minerve. Agnon amenda le projet, en substituant à l’article second cette disposition : Que le jugement serait confié à quinze cents personnes ; et que l’accusateur qualifierait le délit, à son choix, de soustraction et de corruption, ou de simple injustice.

Aspasie n’échappa à une condamnation que grâce aux larmes que Périclès répandit pour elle, selon Eschine (76), pendant le cours du procès, et grâce aux prières qu’il adressait à tous les juges. Comme il craignait davantage pour Anaxagore, il le fit sortir de la ville, et il l’accompagna lui-même jusque hors des murs. L’affaire de Phidias avait été déjà un échec pour la popularité de Périclès : redoutant donc le jugement dont il était menacé, il souffla le foyer de la guerre, qui était près de s’allumer, mais qui couvait encore, espérant dissiper, par ce 394 moyen, toutes ces accusations, et affaiblir l’envie ; parce qu’Athènes, plongée dans de grandes difficultés et de grands périls, se jetterait entre ses bras, à cause de la puissance et de la considération dont il avait su s’environner. Tels sont donc les motifs pour lesquels on suppose qu’il empêcha le peuple de céder à la demande des Lacédémoniens. Toutefois la vérité, sur ce point, est inconnue.

Les Lacédémoniens, sachant bien que, s’ils pouvaient le renverser, ils trouveraient dans les Athéniens plus de souplesse, les engagèrent à bannir de leur ville les sacrilèges (77) : or, Périclès descendait de la race maudite, du côté de sa mère, d’après ce que raconte Thucydide. Mais leur entreprise eut un succès tout contraire à celui qu’ils espéraient : au lieu d’exciter, contre Périclès, de la méfiance et de nouvelles clameurs, les paroles des députés ne servirent qu’à inspirer d’autant plus de confiance et de respect envers lui, qu’on le voyait, pour les ennemis de l’État, l’objet d’une haine et d’une crainte plus vives. Aussi, avant qu’Archidamus se jetât sur l’Attique à la tête des troupes du Péloponnèse, Périclès déclara-t-il aux Athéniens que, si les ennemis ravageaient toutes les campagnes, et qu’ils laissassent ses propriétés intactes, soit à cause des liens d’hospitalité qui l’unissaient à leur chef, soit dans le but de fournir à ses adversaires politiques l’occasion de déclamer contre lui, il abandonnerait à la république ses champs et ses métairies.

L’Attique fut donc envahie par une nombreuse armée de Lacédémoniens et d’alliés, sous la conduite du roi Archidamus. Us dévastèrent toute la campagne ; et ils vinrent camper près d’Acharnes (78), persuadés que les Athéniens ne pourraient se contenir, et qu’emportés par la colère et l’amour-propre, ils leur livreraient bataille. 395 Mais Périclès jugeait trop dangereux d’exposer la ville même aux chances d’une bataille contre soixante mille hoplites péloponnésiens et béotiens ; car tel était le nombre des hommes qui formaient la première armée d’invasion ; et, comme les citoyens, exaspérés des dégâts qui se commettaient sous leurs yeux, demandaient à combattre, il modéra leur ardeur, en leur disant que les arbres abattus et coupés repoussent bientôt après, mais que, les hommes une fois tués, il n’est pas facile d’en réparer la perte. Cependant il ne convoquait point l’assemblée du peuple, dans la crainte de se voir forcé d’agir contrairement à ses vues. Comme un pilote surpris par la tempête, et qui, après avoir mis ordre à tout et fait ses dispositions pour une résistance suffisante, ne prend conseil que de son expérience, sans s’arrêter aux larmes et aux lamentations des passagers, en proie au mal de nier et à la frayeur : de même Périclès, après avoir bien fermé la ville, distribué des postes sur tous les points, et fait toutes les dispositions nécessaires pour la sûreté publique, ne prit plus conseil que de sa propre prudence, sans se soucier des clameurs et des emportements des assiégés, des instances réitérées de ses amis, des déclamations et des menaces de ses ennemis. On chantait partout, contre lui, des chansons injurieuses, où sa personne était couverte d’ignominie, où l’on blâmait son commandement, et où on l’accusait de laisser, par faiblesse et par lâcheté, tout en proie aux ennemis. Cléon même s’acharnait contre lui, et, profitant de l’irritation du peuple, s’acheminait déjà vers sa puissance démagogique, comme le prouvent ces vers d’Hermippus ;

Roi des satyres, pourquoi ne veux-tu pas

Prendre la lance, et vas-tu débitant

De beaux discours sur la guerre,

Tandis que tu as le cœur d’un Télés (79) ?

Queux rude, dont le grain aiguise l'épée,

396 Pourquoi frissonnes-tu à la vue de la cupide (80),

Et te laisses-tu mordre par le brûlant Cléon ?

Cependant Périclès demeurait inébranlable ; et il supportait tranquillement, et sans y répondre, les injures et les attaques haineuses. Il envoya contre le Péloponnèse une flotte de cent vaisseaux ; et, au lieu de partir lui-même pour cette expédition, il demeura dans la ville, pour la tenir toujours dans sa main, jusqu’à ce que l’armée péloponnésienne se retirât. Toutefois, comme la guerre avilit causé une irritation générale, il essaya de calmer les esprits par des distributions d’argent, et en faisant décréter le partage des terres conquises : tous les habitants d’Égine furent chassés de leur île ; des lots furent faits de leur territoire, et assignés par le sort à des Athéniens (81).

On avait une consolation aussi dans les maux que souffraient les ennemis. La flotte fit le tour du Péloponnèse, dévastant, saccageant la campagne, les villages et les petites villes ; et Périclès lui-même se jeta sur la Mégaride par terre, et la ravagea entièrement. Aussi est-il certain que ceux du Péloponnèse, s’ils avaient fait beaucoup de mal aux Athéniens, n’en avaient pas reçu moins eux-mêmes de la flotte athénienne, et qu’ils n’auraient pas continué une telle guerre, et n’auraient pas été longtemps sans y renoncer, comme Périclès l’avait prédit tout d’abord, si une puissance surnaturelle n’eût arrêté et renversé les calculs de la prudence humaine. D’abord une peste survint, qui moissonna la fleur et la force de la jeunesse, et qui atteignit également les corps et les âmes ; et tous s’aigrirent tellement contre Périclès, que, comme des malades que la fièvre porte à des excès contre leur médecin ou contre leur père, ils se laissèrent aller, contre lui, à l’injustice et aux mauvais traitements. Car ses 397 ennemis leur répétaient que le principe du mal, c’était l’agglomération, dans la ville, d’une multitude d’habitants de la campagne, qui, durant les chaleurs de l’été, vivaient entassés pêle-mêle dans de petites habitations, dans des tentes sans air, où ils demeuraient accroupis tout le jour, sans pouvoir rien faire, eux accoutumés à un air libre et pur. «Et l’auteur de tous ces maux, disaient-ils, c’est l’homme qui a suscité cette guerre ; qui a fait affluer cette foule, des champs dans nos murs ; qui ne les emploie à rien ; qui les tient enfermés, comme des bestiaux dans un parc, et qui les laisse maintenant s’infecter les uns les autres, sans leur procurer aucun moyen de respirer, et de se rafraîchir par le déplacement. »

Pour remédier à ces maux, et pour nuire à l’ennemi, Périclès équipa cent cinquante vaisseaux, montés par une nombreuse et vaillante troupe d’hoplites et de cavaliers ; armement formidable, et qui inspirait autant de crainte à l’ennemi, que d’espérance aux Athéniens. On allait mettre à la voile : tous les équipages étaient au complet, les troupes embarquées, et Périclès sur sa trirème, lorsqu’il survint une éclipse de soleil. Tous, effrayés de cette obscurité soudaine, la prirent pour un présage terrible. Périclès, voyant son pilote saisi d’épouvante et tout éperdu, étendit son manteau devant les yeux de cet homme, et lui en couvrit la tête ; puis il lui demanda s’il trouvait ceci un événement effrayant, ou le présage de quelque sinistre. « Non, dit le pilote. — Hé bien ! reprit Périclès, quelle différence y a-t-il entre ceci et cela, si ce n’est que ce qui cause cette obscurité est plus grand que mon manteau ?» Voilà du moins ce que l’on conte, dans les écoles des philosophes.

Périclès partit ; mais il ne fit rien qui répondit à la grandeur de ces préparatifs. Il mit le siège devant la ville sainte d’Épidaure (82) ; mais, au moment où l’on avait 398 presque la certitude de la prendre, l’opération manqua, parce que la peste se déclara dans l’armée, emportant non-seulement les Athéniens, mais tous ceux qui entraient dans le camp et les approchaient. On s’en prit à Périclès, de ces calamités, Il essaya des paroles de consolation et d’encouragement ; mais il ne put calmer l’irritation, et changer la disposition dos esprits. A Athènes, on le mit en jugement. On alla aux suffrages ; et, à la pluralité des suffrages, on lui ôta le commandement de l’armée. Enfin il fut condamné à une amende, que des historiens font monter à quinze talents seulement, et d’autres jusqu'a cinquante (83). Celui qui se porta pour son accusateur fut Cléon, suivant Idoménée, et Simmias, suivant Théophraste ; mais Héraclide de Pont le nomme Lacratidas.

Cependant ces contrariétés politiques ne furent pas de longue durée. Le peuple l’avait blessé ; mais il avait, pour ainsi dire, laissé son courroux dans la plaie, comme l’abeille son aiguillon. Mais Périclès était en proie à des chagrins domestiques. La peste lui avait enlevé beaucoup de ses amis ; et il voyait avec douleur la mésintelligence régner dans sa maison. Xanthippe, l’aîné de ses fils légitimes, prodigue, de son naturel, et qui était marié à une femme jeune et dépensière, fille de Tisandre, fils d’Épilycus, s’indignait de la sévère administration d’un père qui fournissait à l’entretien de la maison avec tant de réserve et de parcimonie. Un jour, il avait envoyé demander à un de ses amis une somme d’argent au nom de son père : l’ami la lui prêta ; mais, lorsque ensuite il vint la redemander, Périclès, loin de payer, lui intenta un procès. C’est pourquoi Xanthippe, furieux, allait par la ville décriant son père, et contant à tous, pour le tourner en ridicule, sa vie intérieure et privée, et ses conversations avec les sophistes ; répétant que, le pentathle (84) Charip- 399 pus (85) ayant involontairement atteint et tué, d’un coup dé javelot, Épitimius de Pharsale, Périclès avait passé une journée entière à discuter et à rechercher, avec Protagoras (86), si c’était le dard, ou celui qui l’avait lancé, ou les Agonothètes (87), que l'on pouvait avec le plus de raison accuser de cet accident. Pour ce qui est du bruit qui courut au sujet de la femme de Xanthippe, c’est Xanthippe qui l’avait répandu lui-même, suivant Stésimbrote ; et le même auteur ajoute que le jeune homme mourut sans s’être réconcilié avec son père. Xanthippe mourut de la peste. Périclès perdit de même sa sœur, la plupart dé ses parents, et ceux de ses amis dont les conseils lui étaient le plus utiles pour le gouvernement. Cependant il conserva toute sa fermeté et sa grandeur d’âme. Il ne faiblissait point sous tant de malheurs ; et on ne le voyait ni pleurer, ni célébrer des funérailles, ni paraître sur la tombe d’aucun de ses proches. Mais, lorsqu’il perdit Paralus, le dernier de ses enfants légitimes, il essaya vainement de se roidir contre un tel coup, et de conserver son caractère et sa force d’âme. Il fléchit alors ; et, quand il s’approcha pour déposer sur le mort une couronne, à la vue du cadavre, la douleur l’emporta, ses sanglots éclatèrent, et il versa un torrent de larmes. C’était la première fois qu’il montrait son désespoir.

Comme Athènes avait essayé des autres capitaines et des autres orateurs, pour la conduite de cette guerre, et qu’aucun d’eux n’avait, pour un tel commandement, ni assez de poids, ni une autorité suffisante, on regretta Périclès : on le rappela à la tribune, et à la tête des troupes. il restait chez lui, abattu, abîmé dans sa douleur ; mais Alcibiade et ses autres amis le décidèrent à se montrer en public. Alors le peuple s’excusa de son ingrati- 400 tude ; et Périclès, élu de nouveau général, reprit en main les affaires. Aussitôt il entreprit de faire rapporter la loi sur les bâtards, loi dont il avait lui-même été l’auteur ; car il craignait qu’à défaut d’héritiers, son nom et sa race ne s’éteignissent avec lui. Voici ce qui s’était passé au sujet de la loi en question. Bien des années auparavant, lorsqu’il était dans toute sa puissance, Périclès, ayant, comme nous l’avons dit, des enfants légitimes, avait porté une loi qui ne reconnaissait pour Athéniens que ceux qui seraient nés de père et de mère athéniens. Dans la suite, comme le roi d’Egypte (88) avait envoyé en présent au peuple quarante mille médimnes de blé (89), et que les citoyens devaient en faire le partage entre eux, une foule d’actions judiciaires furent intentées, suivant les termes de la loi, contre ce qu’on appelait les bâtards. On reprit des poursuites jusqu’alors oubliées ou négligées ; et beaucoup même furent victimes d’imputations fausses. Il n’y en eut pas moins de cinq mille, convaincus de bâtardise, et vendus comme esclaves ; et, recensement fait de tous ceux qui conservèrent le droit de cité et portèrent légalement le nom d’Athéniens, il ne s’en trouva plus que quatorze mille quarante.

C’était chose bien grave, qu’une loi qui avait été exécutée avec une telle rigueur, et contre tant de personnes, fût abrogée par celui-là même qui l’avait portée. Cependant les Athéniens, touchés de ses malheurs domestiques, qui semblaient comme le châtiment de son arrogance et de sa fierté, et persuadés que le ciel s’était chargé de le punir, et qu’il avait besoin qu’on lui montrât des sentiments d’humanité, consentirent à ce qu’il inscrivît son bâtard dans sa phratrie (90), en lui donnant son nom. Celui-ci vainquit, dans la suite, la flotte du Pé- 401 loponnèse aux îles Argineuses ; et il périt, condamné à mort par le peuple, avec les généraux ses collègues (91).

C’est alors, ce semble, que Périclès fut attaqué de la peste. La maladie ne fut pas, chez lui, comme chez les autres, violente et aiguë : c’était une sorte de langueur, qui se prolongeait avec des symptômes variés, usant lentement son corps, et affaiblissant son âme. Théophraste, dans ses Éthiques, recherchant si les événements changent le caractère des hommes, et si les passions du corps l’altèrent et l’éloignent de l’amour de la vertu, raconte qu’un ami de Périclès étant venu le visiter pendant sa maladie, celui-ci lui montra un amulette que les femmes lui avaient pendu au cou, comme une preuve qu’il était bien mal, puisqu’il se prêtait à de telles niaiseries.

Quelques instants avant sa mort, les principaux citoyens, et ceux de ses amis qui vivaient encore, étaient assis autour de son lit, s’entretenant de son mérite, et de la grande autorité qu’il avait exercée. Ils énuméraient ses belles actions, et les victoires que les Athéniens avaient remportées sous ses ordres, et dont neuf trophées consacraient le souvenir ; et ils causaient ainsi, pensant que Périclès avait entièrement perdu connaissance, et qu’il n’était plus en état de les comprendre. Mais il avait suivi toute leur conversation ; et, tout à coup, il les interrompit, disant qu’il s’étonnait de les entendre louer et rappeler des succès dont la Fortune pouvait revendiquer sa part, et qui lui étaient communs avec bien d’autres généraux, tandis qu’ils ne parlaient point de ce qu’il y avait de plus grand et de plus beau dans sa vie : « C’est, dit-il, que je n’ai fait prendre de vêtements noirs à aucun Athénien. »

Nous lui devons donc notre admiration, pour la douceur et la modération qu’il a toujours conservées, quoi- 402 que occupé de tant d’affaires, et en butte à tant d’inimitiés ; et nous la devons surtout à cette élévation de sentiments qui lui faisait regarder comme son plus beau titre de gloire, de n’avoir jamais, lui armé d’une puissance si grande et qui avait si longtemps duré, rien accordé à la haine ni à la colère, et de ne s’être montré implacable envers aucun de ses ennemis. Et ce surnom, par lui-même si arrogant et si fastueux, ce titre d’Olympien, si quelque chose pouvait empêcher qu’il excitât l’envie, et le rendre même propre à Périclès, c’était, sans nul doute, la douceur de son caractère, la pureté de sa vie au sein de la puissance, et sa probité sans tache. Ainsi, suivant nous, les dieux, rois et souverains de tous les êtres, sont une source de biens, d’où le mal ne peut découler ; et nous ne troublons pas notre esprit, comme les poètes, par des doctrines extravagantes. Eux, dans leurs poèmes, ils nous représentent ce qu’ils appellent le séjour des dieux, comme une demeure où règne un calme parfait et inaltérable ; inaccessible à toute agitation, et aux vents, et aux nuages ; environnée d’une sérénité, d’une lumière toujours également pures ; cartel doit être le séjour des bienheureux et des immortels. Et cependant, ces mêmes poètes nous montrent les dieux en proie à des troubles continuels, à des haines, à des emportements, à des passions de toute espèce, indignes même d’hommes sensés. Mais cette digression paraîtra peut-être convenir mieux à un autre sujet.

Instruits par les événements qui suivirent la mort de Périclès, les Athéniens ne tardèrent pas à comprendre ce que Périclès valait, et à le regretter manifestement. Ceux qui, pendant sa vie, souffraient avec chagrin sa puissance, parce qu’elle les mettait dans l’ombre, avouèrent, aussitôt après sa mort, et après qu’ils eurent essayé des autres orateurs et démagogues, que jamais homme n’avait réuni autant de modération et de grandeur, autant de douceur et de majesté. Et cette autorité même, objet 403 de tant d’attaques envieuses, cette monarchie, comme on l’appelait, et cette tyrannie, on reconnut alors qu’elle avait été, pour l’État, comme un boulevard de salut : tant le gouvernement se plongea, après lui, dans la corruption, dans une multitude de passions mauvaises, qu’il avait forcées de rester cachées, en les affaiblissant, en les humiliant, et qu’il avait empêché de devenir incurables, réduites qu’elles étaient à l’impuissance (92).

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e.

e.

(1) Disciple de Socrate, et fondateur de la secte des cyniques.

(2) Chacun des livres contenait un Parallèle, c’est-à-dire deux Vies suivies d’unc comparaison. Il manque plusieurs de ces livres ; et on a déjà pu remarquer qu’ils ne se suivent pas exactement dans l’ordre où Plutarque les a composés.

(3) En l’an 479 avant J .-C.

(4) Ainsi le sobriquet signifiait tête d’oignon marin.

(5) Poëte de l’ancienne comédie.

(6) Mot à mot qui rassemble les têtes, parodie de l’épithète homérique de Jupiter : assembleur de nuages.

(7) Il y a, dans l’original, un jeu de mots intraduisible. Le mot μακάρις signifie proprement heureux, fortuné ; mais on y trouve aussi le radical du mot κάρη, tête, et la particule μά, qui indique l’augmentation.

(8) Autre poète de l’ancienne comédie, mais moins connu que Cratinus.

(9) C’est, avec Aristophane et Cratinus, le plus connu des poètes de l’ancienne comédie.

(10) Poëte comique de la même époque, déjà cité par Plutarque.

(11) C’est-à-dire de Phlionte ; on le nomme aussi le sillographe, à cause du titre qu’il avait donné à ses satires.

(12) Voyez le premier livre de la Métaphysique d’Aristote.

(13) Afin, dit spirituellement saint Basile, que son école de sagesse ne se fît pas de mal en chemin.

(14) Poëte tragique contemporain de Périclès.

(15) En ce temps-là, les poètes dramatiques présentaient au concours des tragédies quatre pièces, savoir : trois tragédies et un drame satyrique, sorte de comédie bouffonne, où le chœur était composé de satyres.

(16) Général athénien, différent de l’historien du même nom, qui est de la génération postérieure à Périclès.

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