Vies parallèles (sélection : Lycurgue, Numa, Solon, Aristide, Périclès, les Catons, Alexandre, César, Cicéron) (page 5)
En général, tous deux ils paraissent avoir eu pour but de porter leurs peuples à la tempérance et à la frugalité ; 176 mais, entre toutes les vertus, Lycurgue a préféré la valeur, et Numa la justice. Peut-être aussi qu’ayant à conduire des peuples d’un caractère différent, ils ont dû prendre des voies différentes. Ce ne fut point par lâcheté, que Numa fit renoncer les Romains à la guerre, mais pour qu’ils ne fissent point de tort à autrui. Ce ne fut pas non plus pour rendre les Spartiates injustes, que Lycurgue en fit des guerriers, mais pour les garantir contre les injustices. Tous deux ils furent forcés de faire des changements considérables, l’un pour retrancher le trop, l’autre pour combler le trop peu, dans les mœurs des citoyens. Quant à la division des états et à leur distribution, Numa suivit une règle purement démocratique, et faite pour plaire à la multitude : il composa, avec des orfèvres, des joueurs de flûte, des cordonniers, un peuple tout pêle-mêle et tout bigarré. L’institution de Lycurgue, austère, aristocratique, relégua les arts mécaniques dans les mains des esclaves et des étrangers, et elle attacha les citoyens au bouclier et à la lance. Artisans de guerre, suppôts de Mars, ils ne savaient, ils n’apprenaient autre chose qu’obéir à leurs chefs et vaincre les ennemis. Lycurgue interdisait aux hommes libres, afin qu’une fois libres ils le fussent à jamais, les travaux qui ont la richesse pour but : il abandonna aux esclaves et aux Hilotes le soin de gagner de l’argent et de préparer les repas. Numa ne fit aucune distinction semblable : content d’avoir réprimé l’avidité du soldat, il ne défendit aucun des autres moyens de faire fortune ; il n’aplanit nullement cette façon d’inégalité ; il laissa les citoyens amasser autant de bien qu’ils le pourraient, et il s’inquiéta trop peu de la pauvreté, qui se glissait et se répandait insensiblement dans la ville. Il aurait dû, dès l’origine, faire tête à l’avarice, quand l’inégalité était encore peu sensible, et que les fortunes se balançaient encore et se pouvaient comparer : il eût alors, comme Lycurgue, prévenu les inconvénients de cette passion, qui furent 177 terribles à Rome, et qui devinrent le germe et le principe de tous les maux affreux qu’on ressentit plus tard.
Quant au partage des terres, ne blâmons ni Lycurgue de l’avoir fait, ni Numa de ne l’avoir point fait. L’un avait pris cette égalité pour base et pour fondement de sa république ; et l’autre, trouvant les terres nouvellement partagées, n’avait aucun motif de faire un nouveau partage, ni de toucher au premier, qui, suivant toute vraisemblance, subsistait encore dans le pays. Tous deux, en admettant la communauté des femmes et des enfants, bannissaient, par cette sage politique, la jalousie du cœur des maris, mais non point tout à tait en suivant la même voie. Le Romain qui avait assez d’enfants pouvait céder sa femme à qui n’avait point d’enfants et désirait d’en avoir ; mais il restait le maître ou de l’abandonner pour toujours, ou de la reprendre. A Lacédémone, le mari gardait sa femme chez lui ; et le mariage ne subsistait pas moins avec l’obligation originelle, alors qu’il prêtait sa femme à un autre, et qu’il communiquait son droit de paternité : souvent même, comme nous l’avons dit, le mari attirait chez lui un homme dont il espérait avoir de beaux et bons enfants, et il l’introduisait auprès de sa femme. Quelle différence y a-t-il donc entre ces deux coutumes ? celle des Lacédémoniens prouverait, chez le mari, une extrême indifférence pour une chose qui trouble la plupart des hommes, qui les irrite contre leurs femmes, et qui remplit leur vie de jalousie et de chagrin. Celle des Romains annonce une sorte de pudeur et de honte : se couvrir du voile du contrat, c’était avouer qu’on ne souffrait pas sans peine cette communauté (63).
Numa mit les jeunes filles sons une garde très-sévère ; et il les assujettit à un genre de vie modeste, et convenable 178 à leur sexe. Lycurgue leur laissa une liberté trop peu réservée et toute masculine, et il encourut les railleries des poêles, lesquels donnent aux filles de Sparte les surnoms de montre-cuisses, ainsi Ibycus (64), et d’andromanes (65). Euripide dit aussi (66) :
Elles quittent leurs demeures pour suivre les garçons,
Toutes la cuisse nue, le péplum au vent.
Il est vrai que les pans de la tunique des jeunes filles n’étaient pas cousus par le bas, et qu’ils s’ouvraient de façon qu’elles ne pouvaient faire un pas sans montrer leur cuisse, comme Sophocle le fait clairement entendre dans ces vers (67) :
Et celle qui commence à avoir des désirs, et dont la robe encore ouverte des deux côtés.
Tombe sur la cuisse qu’elle laisse voir,
Hermione montre sa cuisse aux passants.
Aussi dit-on qu’elles étaient très-hardies, et que c’est surtout contre leurs maris que s’exerçait leur caractère altier : elles avaient tout pouvoir dans leurs maisons ; et, même dans les conseils, elles donnaient librement leur avis sur les affaires de la plus haute importance.
Numa sut conserver aux femmes romaines la dignité et les honneurs dont elles avaient joui sous Romulus, quand les maris cherchaient, à force de bons procédés, à leur faire oublier l’enlèvement. Il les environna de pudeur, leur interdit toute curiosité, leur enseigna la sobriété et le silence, leur défendit absolument l’usage du vin, et ne leur permit de parler des choses même les plus nécessaires qu’en présence de leurs maris. On raconte, à ce sujet, qu’une femme ayant un jour plaidé sa 179 propre cause dans le barreau, le sénat envoya consulter l’oracle d’Apollon, pour savoir ce que présageait à la ville un pareil exemple. Un grand témoignage de leur docilité et de leur douceur, c’est le souvenir qu’on a conservé des femmes méchantes ; car, la môme exactitude avec laquelle nos historiens rapportent les noms de ceux qui ont les premiers excité des discordes civiles, fait la guerre à leurs frères, et tué de leurs propres mains ou leur père ou leur mère, les Romains la mettent aussi à nous apprendre que le premier qui répudia sa femme fut Spurius Carvilius : exemple jusque-là unique, depuis deux cent trente ans que Rome était fondée ; que Thalia, femme de Pinarius, fut la première qui se brouilla avec sa belle-mère nommée Gétania, et que c’était sous Tarquin le Superbe. Tant le législateur avait sagement réglé et dignement ordonné ce qui concernait les mariages !
Les dispositions de la loi sur l’âge où les jeunes filles pourraient se marier sont analogues, chez Numa et chez Lycurgue, à l’éducation qu’elles recevaient. Lycurgue attend, pour les livrer à l’époux, qu’elles soient pubères et qu’elles sentent le désir. Il voulait que cette union, formée d’après le vœu de la nature, fut pour elles une source de bienveillance et d’amour, et non de haine et de crainte, comme il arrive quand c’est la violence qui les soumet en forçant la nature. Il attendait que les corps fussent assez robustes pour supporter la grossesse et les douleurs de l’enfantement ; la procréation des enfants étant, selon lui, Tunique but du mariage. Les Romains, au contraire, mariaient quelquefois des filles de douze ans et au-dessous : ils pensaient qu’à cet âge une femme est plus chaste et plus pure de corps et de mœurs, et qu’elle se plie plus facilement au caractère de son mari. Ainsi l’institution de Lycurgue était, comme on le voit, plus selon la nature, qui a pour fin la procréation des enfants ; tandis que celle de Numa, plus conforme à la morale, avait en vue la concorde des deux époux.
180 Quant aux enfants, leur éducation, renseignement qu’ils recevaient en commun sous les mêmes maîtres, leurs exercices, leurs amusements, leurs repas, et en général ce qui peut contribuer à les former et à les polir, tout avait été réglé par Numa suivant les errements des législateurs ordinaires : la supériorité de Lycurgue en < cela est donc frappante. Numa laissait aux pères la liberté d’élever leurs enfants au gré de leur caprice ou de leurs besoins ; d’en faire des laboureurs, des charpentiers, des forgerons, des joueurs de flûte : comme si, dès le premier âge, on ne devait pas diriger leur éducation vers une fin unique et former leurs mœurs ; comme s’ils n’étaient que des passagers embarqués dans un vaisseau, ne songeant chacun qu’à ses besoins, qu’à ses desseins particuliers, ne prenant part à l’intérêt général que dans les dangers, parce qu’alors ils craignent pour eux-mêmes, et n’ayant à cœur, tout le reste du temps, que leur intérêt propre. On doit pardonner au vulgaire des législateurs, quand ils se sont trompés par ignorance ou par faiblesse ; mais un homme que sa sagesse avait fait appeler à régner sur un peuple nouveau, et où il ne rencontrait aucune résistance, ne devait-il pas tout d’abord s’occuper de régler l’éducation des enfants et les exercices de la jeunesse, afin d’effacer les différences de mœurs, de corriger la turbulence des caractères, et de mettre un parfait accord entre des hommes jetés, dès la première enfance, dans le même moule de vertu, et façonnés sur un modèle unique ? C’est cette éducation commune, outre ses autres avantages, qui servit à Lycurgue pour la conservation des lois. Le serment n’eût été pour les Spartiates qu’un faible lien, si l’éducation et la discipline n’avaient fait pénétrer ses lois dans les mœurs des enfants ; s’il ne leur eût fait sucer, avec le lait, l’amour de ses institutions. Aussi la législation de Lycurgue, dans tout ce qu’elle avait de capital et de vraiment important, subsista-t-elle intacte, 181 durant plus de cinq cents années, comme une bonne et forte teinture qui a pénétré à fond l’étoffe. Au contraire, avec Numa disparut le fruit de sa politique, cette paix et cette concorde où il avait maintenu Rome. Il était à peine mort, que le temple aux deux portes, qu’il avait tenu fermé, et où il avait, pour ainsi dire, enchaîné le démon de la guerre, s’ouvrit bientôt des deux côtés ; et l’Italie fut tout entière remplie de sang et de carnage. Ainsi ce gouvernement si beau, si juste, ne se soutint que peu de temps, parce qu’il n’avait pas pour lien l’éducation de la jeunesse.
Quoi ! dira-t-on, Rome n’a-t-elle donc pas considérablement accru sa puissance par les guerres ? Question qui demanderait une longue réponse, si je voulais convaincre ces hommes qui font consister la puissance d’un État dans la richesse, le luxe et le souverain empire, plutôt que dans la sûreté publique, dans la douceur, dans la modération et la justice. Mais une chose qui est, ce semble, tout à l’avantage de Lycurgue, c’est que les Romains ne sont parvenus à un si haut degré de puissance qu’en s’éloignant des institutions de Numa ; tandis que les Lacédémoniens ne s’écartèrent pas plutôt des lois de Lycurgue, qu’ils tombèrent, du faîte de la grandeur, dans une extrême faiblesse, et qu’après avoir perdu l’empire de la Grèce, ils coururent le danger d’une complète ruine. Il faut pourtant dire, à la gloire de Numa, que c’est œuvre vraiment admirable et divine qu’un étranger, appelé à la royauté, ait pu changer toute la forme du gouvernement par la seule persuasion ; qu’il n’ait eu besoin ni d’armes ni d’aucune contrainte, au lieu que Lycurgue s’était servi de la noblesse contre le peuple ; et qu’il se soit rendu maître d’une ville agitée par des factions diverses ; enfin que sa sagesse et sa justice aient suffi, à elles seules, pour former en corps tous les citoyens, et pour les enchaîner les uns aux autres par des liens intimes.
(1) C’est-à-dire de même que pour ce qui concerne Lycurgue.
(2) On ne sait pas de quel Clodius Plutarque veut parler.
(3) C'est-à-dire les catalogues des vainqueurs des jeux Olympiques.
(4) C’est le fameux sophiste qui se vantait de tout savoir, et que Platon a tourné en ridicule.
(5) Dans la Vie de Romulus Plutarque dit*qu’ils étaient deux cents.
(6) Suivant d’autres, les sénateurs se distribuèrent par dizaines ; ils tiraient au sort la dizaine qui devait gouverner ; chacun des dix qui la composaient régnait cinq jours, et, au bout de cinquante jours, on tirait de nouveau au sort.
(7) Le 21 avril 753. Ceci est sans doute un de ces rapprochements imaginaires comme on en trouve si souvent dans les traditions relatives aux grands hommes.
(8) Sicyone et Cirrha étaient l’une et l’autre sur le golfe de Corinthe, et Cirrha dépendait du territoire de Delphes.
(9) Poëte grec né à Céos, et qui florissait au milieu du cinquième siècle avant J.-C Il ne reste que quelques fragments des nombreuses poésies de tout genre qu’il avait composées. J’en ai traduit les principaux dans mon Histoire de la Littérature grecque.
(10) C’était la trabée, ou robe de pourpre à bandes blanches.
(11) Ce passage justifie une correction que nous avons faite dans la Vie de Romulus.
(12) Au livre deuxième de la République.
(13) Poëte qui s’était illustré en composant des satires intitulées Sillet, où il attaquait les philosophes dogmatiques. Il était sceptique à la manière de Pyrrhon, dont il avait été le disciple. Il ne faut pas le confondre avec Timon le misanthrope, qui vivait un siècle auparavant. Voyez, dans mon Histoire de la Littérature grecque, l’article concernant Timon le sillographe.
(14) Épicharme est l’auteur présumé de l’original d’Amphitryon.
(15) C’est un anachronisme ; car Épicharme vivait eu 450 avant J.-C, et fut le contemporain de Socrate.
(16) Αἰμύλιος, en grec, a en effet cette signification.
(17) Elles furent, dit-on, érigées durant la guerre contre les Samnites, et elles durèrent jusqu’au temps de Sylla.
(18) En latin : Si potest fieri.
(19) C’est pourtant l’étymologie la plus plausible et la plus généralement admise. C’est celle de Varron et de Denys d’Halicarnasse.
(20) C’est le pont Sublicius, si célèbre dans les fastes de Rome républicaine.
(21) Autrement dit à Delphes,
(22) Celui qui défendait Athènes contre Sylla.
(23) L’invention des miroirs ardents dont il est ici question est bien postérieure au temps de Numa.
(24) Voyez plus loin dans ce volume.
(25) Cette porte était an nord de la ville, près du mont Quirinal.
(26) Χῶμα, en latin agger.
(27) C’est-à-dire l'Unité.
(28) Quelques-uns dérivent en effet ce nom du mot fari, fatus sum, parler : feciales ou fetiales étant mis pour fatiales.
(29) Ville d’Étrurie, aujourd’hui Chiusi en Toscane.
(30) Le mot salire, signifie sauter.
(31) En grec, ἀγκύλον σχῆμα.
(32) En grec, ἀγκών.
(33) Ἀνέκαθεν
(34) Ἄκεσις.
(35) Αὐχμῶν λύσις.
(36) Ἀνάσχεσις.
(37) Voyez la Vie de Thésée. Je n’ai pas besoin de faire observer que toutes les étymologies proposées par Plutarque sont encore plus hypothétiques que celles de Juba, dont l’une a du moins pour elle l’affinité du mot latin avec le mot grec ἀγκύλος, crochu.
(38) Le peu qui reste des chants saliens est à peu près inintelligible.
(39) Les prêtres égyptiens présentaient, à ceux qui venaient faire leurs prières dans les temples, une roue tournante et des fleurs : c’étaient des symboles de l’instabilité et de la brièveté de la vie.
(40) Autrement dit les Curètes, prêtres de Cybèle. Ils étaient dix, d’où vient leur nom de Dactyles, qui signifie doigts ; et il suffisait, disait-on, de nommer les dix Dactyles les uns après les autres, pour se garantir de toute sorte de maux.
(41) Plutarque semble faire venir ce mot de illicere, charmer. Suivant Ovide, dicium est pour elicium, d’elicere, faire jaillir, évoquer, etc.
(42) En latin Médius Fidius,.
(43) Ceux qui sont occupés à ces travaux, comme dit le vieux Caton, ne sont jamais des mal pensants.
(44) Ceci est encore inexact : il y a, en sus, une fraction qui n’est pas tout à fait un quart de jour.
(45) Ou plutôt Mercédonius.
(46) Hérodote dit que la terre d’Egypte est un don du fleuve ; mais le sol de la haute Egypte est aussi ancien que pas un autre.
(47) C’est-à-dire, dans l’écriture grecque, par un π et non par un φ.
(48) Du mot latin aperire, ouvrir. C’est la vraie étymologie.
(49) Mercure était fils de Maïa.
(50) Quintillis, sextilis, seplnnber, october, november, december.
(51) Dont nous avons fait juillet.
(52) Nous disons août, malgré les efforts de Voltaire pour rétablir le mot Auguste.
(53) Il nomma septembre Germanicus, et octobre Domitianus.
(54) Voyez plus haut la Vie de Romulus.
(55) En l’an 235 avant notre ère.
(56) C’est un fragment des hymnes de Bacchylide, qui se retrouve dans le recueil de Stobée, mais plus complet qu’ici ; car Plutarque a cité de mémoire, plutôt que transcrit, et sans se piquer d’être exactement fidèle au texte de l’auteur.
(57) Voyez le Ve livre de la République.
(58) On disait ; Pomponius Rex, Calpurnius Rex, etc.
(59) L. Calpurnius Piso Frugi, jurisconsulte, historien et orateur, consul l’an 133 avant J.-C, censeur en 121, auteur de la fameuse loi sur la concussion, appelée Calpurnia de repetundis
(60) Valérius d’Antium, l’historien dont il a déjà été question.
(61) Pline l’Ancien donne de curieux détails à ce sujet, empruntes à un vieil historien, nommé Cassius Hémina.
(62) Les Saturnales se célébraient au mois de décembre, et elles duraient sept jours. Plusieurs en attribuent l’institution au dernier Tarquin, ou même au successeur de Numa.
(63) Le bonhomme Plutarque se laisse entraîner quelquefois un peu loin par son sujet, et par le besoin de trouver des points de comparaison. Ses réflexions, ici, ne lui font pas un grand honneur.
(64) Poëte lyrique, né à Rhégium, et qui florissait vers 540 avant J.-C.
(65) Amyot interprète énergiquement ce mot : Enrageant d’avoir le mâle.
(66) Andromaque, vers 597, 598.
(67) Nous n’avons pas la pièce d’où ces vers sont tirés.
(68)
(69)
(70)
(71) Au mois d’octobre, les ides étaient le 15.
(72) En réalité, le mot ligare ne tomba point en désuétude, et il s’employait concurremment avec alligare.
(73) La première étymologie est la plus vraie.
(74) C’est-à-dire le 7 du mois : les nones étaient huit jours avant les ides, et les ides de juillet étaient le 15, comme dans les mois de mai et d’octobre.
(75) Le deuxième Africain, fils de Paul-Émile.
(76) Ou plutôt Caprotines, suivant l’orthographe ordinaire.
(77) Tous les détails qui précèdent se retrouvent dans la Vie de Camille.
(78) C’est dans le Phédon que Platon s’exprime ainsi.
(79) Voyez le Banquet de Platon.
(80) C’est le nom que les poètes grecs donnent ordinairement à Pâris.
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(90) Ce mot signifie le lieu des imprécations.
(91) Partie d’octobre et de novembre.
(92) Partie de juillet et d’août.
(93) Écrivain cité plusieurs fois par Plutarque, et auteur d’un ouvrage sur les tombeaux. On ne le connaît pas autrement.
(94) C’est-à-dire qui soutient les fondements de la terre.
(95) C’est-à-dire qui embrasse la terre.
(96)
(97) Stob., Tit. cxxi, 7.
(98) Stob., ibid. ; Priscian., XVIII ; A. Gell., XIII, 18. Voyez Brunck.
(99) Voyez sur Achaeus notre tome I, p. 80, 91 sq., 93.
(100) Suid., v.Ἐλελεῦ
(101) Virgile a fait comme les tragiques grecs. Au Ve livre de l’Enéide, v. 113, c’est la trompette qui donne le signal des jeux célébrés en l’honneur d’Anchise :
Et tuba commissoe medio canit aggere ludos ;
au VIe, v. 164, Misène, l’ancien compagnon d’Hector, devenu celui d’Énée, est loué comme excellant dans l’art d’animer les soldats par les sons de la trompette et d’allumer la guerre :
Quo non praestantior alter
Aere ciere viros, Martem que accendere cantu.
Si Virgile a pu s’autoriser, pour cette addition aux usages retracée par Homère, de l’exemple des tragiques, peut-être leur doit-il aussi (nous l’avons déjà remarqué t. I, p. 230) cette magnifique expression Martem accendere cantu. " Enfin la trompette, de ses sons belliqueux, embrasa tout, » dit Eschyle dans le récit de la bataille de Salamine :
Σάλπιγζ δ’ αὐτῇ πάντ’ ἐκεῖν’ ἐπέφλεγεν
(102) Posthomeric, IX, Χ, XI.
(103) Suid., ν. Φιλοκλῆς. Il s’agit du premier des deux poètes tragiques qu’on croit avoir porté ce nom. Voyez notre t.1, p. 68 sq., 73 sq. ; 100.
(104) Antiphane, dit Stobée, Florid. CXV, 15, et ce ne serait pas le seul poète comique qui aurait fait un Philoctète, puisqu’on attribue des comédies de ce titre à Épicharme et à Strattis. Toutefois, le caractère grave du fragment cité par Stobée a fourni à Meineke, Hist, crit. com. graec., t. I, p. 316, et, après lui, à Fr. G. Wagner, Poet. trag. graec. fragm., éd. F. Didot, p. 107, une raison, dont ils ne se sont pas, au reste, exagéré l’importance, de substituer au nom du comique Antiphane celui du tragique Antiphon (voyez sur ce dernier notre t. I, p. 85). Le fragment allégué est une maxime dont voici le sens : « La vieillesse n’est pas sans vertu pour le conseil ; elle a beaucoup vu, beaucoup appris. »
(105) Aristot. Ethic. Nicom. VII, 8 ; Schol. in Gram. Anecd. graec, Paris, I, p. 243. Sur ces passages et les conséquences qu’on en peut tirer, voyez Fr. G. Wagner, Poet. trag. graec. fragm.,éd. F. Didot, p. 119 ; W. C.Kayser, Hist. crit. trag. graec, p. 115, 117 ; sur Théodecte, voyez, en outre, notre t. 1, p. 96, 101 sqq., 180, 183 ; II, 41 sq.
(106) Apul. De deo Socratis, c. xxiv ; Mar. Victorin., p. 2522 ; F. Salisbur. Polycrat.. VI, 28.
(107) Varr., De Ling. lat., VII, ii.
(108) Cic, De nat, deor., I,42.
(109) Varr., Ibid.
(110) Varr., ibid. ; Cic. Tusc. II, 10. Voyez sur ces derniers vers, diversement restitués, et que l’on a quelquefois rapportés à un Prométhée d’Attius, notre tome I, p. 289, not. 3.
(111) Varr., ibid, VII, ii ; Fest. v. Tesca. Cf. Horat., Epist., I, xiv, 19.
(112) Non. v. Taetritudo.
(113) Non. v. Contempla.
(114) Cic, Tusc. I, 28 ; Non. v. Moliri ; Censorin. De Metr., p. 2726.
(115) Cic, Tusc. II, 7, 14 ; De fin. II, 29 ; Non. v. Imbuere.
(116) Cic, Tusc. II, 7.
(117) « Difficile dictu videtur, eum non in malo esse, et magno quidem, qui ita clamare cogatur. »
(118) Cic, Epist. famil. VII, 33 ; De fin., V, 11 ; Censorin., ibid.
(119) Metam., XIII, 43 sqq., 313 sqq., 399 sqq. J’ai cité, t. I, p. 145, des allusions d’Ovide (Trist. V, iv, 12 ; ex Ponto, III, i, 54) à la fable de Philoctète, au sujet de ses propres malheurs. Properce (Eleg., II, i, 59), l’a aussi rappelée au sujet de ses amours.
(120). Velaturque, alitur que avibus, volucres que petendo
Debita Trojanis exercet spicula fatis.
Ces vers, qui ne sont pas sans recherche, semblent un souvenir d’Attius. On disait chez lui de Philoctète, peut-être d’après le poète grec qu’il avait suivi :
« C’est à l’aide de son arc qu’il soutient sa misérable vie. Il se traîne à la poursuite des oiseaux rapides qu’il perce de ses traits, et dont les plumes entrelacées composent ses vêtements et abritent son corps. »
Vitam sagittarum aucupio propaginat ;
Configit tardus celeres, stans volatiles ;
Pro veste pinnis membra textis contegit.
Censorinus, de Metr., nous a conservé ce dernier vers. Les deux autres ont été refaits avec la prose de Cicéron, De finib. V, XI, le second par Scaliger, le premier par God. Hermann. C’est à un travail de ce genre sur un autre passage de Cicéron, Ad famil. VII, 33, qu’on doit encore les vers suivants, dont on peut croire qu’Ovide s’est également souvenu :
« Mes traits s’exercent sans gloire sur des corps couverte de plumes et non revêtus d’armes. »
.... Pinnigero, non arraigero in corpore
Tela exercentur haec, abjeota gloria.
Les mêmes détails se trouvent chez Quintus de Smyrne, Posthomeric. IX, 357 sqq.
(121) Licet exsecrere, meum que
Devoveas sine fine caput, cupias que dolenti
Me tibi forte dari, nostrum que haurire cruorera,
Ut que tui mibi, sic fiat tibi copia nostri.
(V. 329.)
Ce passage peut lui-même être rapproché d’un fragment d’Attius conservé par le grammairien Nonius, v. Cupienter :
« S’il t’avait en sa puissance, il te déchirerait volontiers de ses dents. »
Cui potestas si detur, tua
Cupienter malis membra discerpat suis.
(122) Aeneid., III, 401. Servius construit muro Philoctetae, et cite à l’appui de cette construction ce qu’on lisait, dit-il, dans les Origines de Caton, que Pétilie était depuis longtemps fondée lorsque Philoctète la fortifia.
(123) Aen., III, 588 sqq.
(124) Ibid. I, 634.
(125). Posthomerica, IX, 327 sqq. .
(126) V. 38 sq. Voyez plus haut p. 102
(127) V. 491-515.
(128) En 1632, Botrou, dans son Hercule mourant, imitation de l’Hercules Oetaeus de Sénèque, avait, comme le poète latin, admis Philoctète au nombre de ses personnages. Mais il n’en avait guère fait lui-même qu’un simple confident chargé de donner la réplique au héros et de raconter sa mort.