Poétique (page 9)

Aristote · Philosophie

Texte français, domaine public · Source : remacle.org — trad. Barthélemy Saint-Hilaire · 9 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

II. En effet, si c'est la moins vulgaire qui a l'avantage, et que soit toujours dans ce cas celle qui s'adresse à des spectateurs d'une valeur supérieure, il est bien évident (169) que celle qui s'exerce sur toutes choses indifféremment est une imitation vulgaire ; car facteur, voyant que les spectateurs restent insensibles si lui-même ne renchérit pas, se donne beaucoup de mouvement. C'est ainsi que de mauvais aulètes (joueurs de flûte) tournent sur eux-mêmes lorsqu'il s'agit d'imiter un disque, et qu'ils entraînent le coryphée (170) quand ils exécutent, au son de la flûte, la scène de Scylla (171).

III. La tragédie est donc dans les conditions où les anciens (acteurs) disaient être ceux qui les ont suivis. Ainsi Mynniscos, voyant Callipide jouer avec exagération, l'appelait singe, et telle était aussi la réputation de Pindaros. Or, ce que ces acteurs étaient aux yeux de leurs critiques, l'art tout entier (de la tragédie) l'est pour l'épopée.

IV. On prétend que celle-ci s'adresse à des gens de sens rassis, parce qu'ils n'ont pas besoin de voir des gestes, tandis que la tragédie s'adresse à des spectateurs d'un goût inférieur. Par conséquent, si elle est vulgaire, il est évident qu'elle pourrait bien être inférieure.

V. D'abord l'accusation n'atteint pas la poétique, mais plutôt l'hypocritique (172), puisque c'est dans les gestes que l'on peut mettre de l'exagération en déclamant, ce que faisait Sosistrate, et en chantant, ce qui caractérisait le chant de Mnasithée d'Opunte.

VI. Ensuite, il ne faut pas désapprouver toute sorte de mouvement, puisque ce n'est pas la danse, mais la danse mal exécutée (qui prête à la critique), comme celle qu'on reprochait à Callipide, et qu'on reproche aujourd'hui à d'autres de ce qu'ils imitent des femmes de bas étage.

VII. De plus, la tragédie, même sans mouvement, remplit sa fonction propre de même que l'épopée; car, rien qu'à la lecture, on peut bien voir quelle en est la qualité. Par conséquent, si elle l'emporte sur les autres points, il n'est certes pas nécessaire qu'elle possède cet accessoire (173).

VIII. Ajoutons qu'elle a toutes les ressources qui appartiennent à l'épopée (puisqu'elle dispose du mètre), et en outre, ce qui n'est pas de mince importance, la musique et le spectacle, au moyen duquel les jouissances sont aussi vives que possible. Elle trouve encore une puissante ressource dans la reconnaissance et dans les actions (qu'elle, déroule).

IX. (Elle est supérieure) aussi en ce que le but de l'imitation y est atteint dans une étendue moins considérable ( que pour l'épopée); car ce qui est plus resserré donne plus de plaisir que ce que l'on répand sur une longue période de temps. J'entends par là si, par exemple, on composait l'Oedipe de Sophocle en autant de vers qu'il y en a dans l’Iliade.

X. De plus, l'imitation des poètes épiques est moins une, et la preuve, c'est que de n'importe quelle imitation épique on tire plusieurs tragédies ; c'est au point que, si l'on ne traite qu'une seule fable (dans l'épopée), ou bien elle est exposée brièvement, et alors l'oeuvre parait écourtée, ou bien on s'accommode à la longueur que comporte ce mètre, et elle parait délayée. Je citerai comme exemple ... Maintenant, si (l'épopée) se compose de plusieurs fables, comme l'Iliade, elle renferme un grand nombre de parties, ainsi que l'Odyssée, qui ont chacune leur étendue propre ; et cependant la constitution de ces poèmes est aussi parfaite que possible, et ils sont l'imitation d'une action unique.

XI. Si, par conséquent (la tragédie) l'emporte par tous ces avantages et, en outre, par la fonction propre de cet art (car les tragédies ne procurent pas un plaisir quelconque, mais bien celui que nous avons dit), il est évident qu'elle, pourrait bien, atteignant mieux coin but. être meilleure que l'épopée.

XII. Voilà donc tout ce que nous avons à dire sur la tragédie et sur l'épopée, sur leurs variétés et leurs parties. sur le nombre et la nature de leurs différences, sur ce qui les rend bonnes ou mauvaises. sur les critiques auxquelles elles prêtent et les réponses qu'on peut y faire.

FIN DE LA POÉTIQUE.

APPENDICE : FRAGMENTS PRÉSUMÉS DE LA POÉTIQUE

La formule perÜ m¢n oïn, qui commence la dernière phrase indique clairement que l'auteur allait traiter un nouveau point de l'art poétique. Il est probable que les chapitres suivants étaient relatifs à la comédie ,puis à la poésie dithyrambique et aux nomes ou chansons. (Cp. chap. II, §§ 1 et 7.) - Aristote lui-même vise, dans la Rhétorique, une des parties perdues : "Nous avons dit, dans les livres de la Poétique, combien il y avait d'espèces de choses risibles." (Rhétorique, 1. III, chap. XVIII.)

Les fragments dont on va lire la première traduction française et qui paraissent, en partie extraits, ou du moins inspirés des pages où Aristote parlait de la comédie, figurent dans un recueil anonyme sur les division de la poésie, publié par Cramer (Anecdota parisiensia, t. Ier, p. 403), d'après le manuscrit 120 du fonds Coislin. Bernays, le premier, les a rattachés à la Poétique (Er. goenzung zu Aristoteles Poetik, dans le Rhein. Museum n. série, t. VIII, p. 561). Susemihl a proposé le placement de plusieurs d'entre eux (Arisloteles über die Dichtkunst, gr. und deutsch, Leipzig, 1865). L'édition de Vahlen, suivie en cela, comme dans le reste, par G. Christ (collection Teubner, 1878), les a donnés en appendice. Ils figurent dans les Fragmenta Aristotelis (collection Didot, Arislotelis opera, t. IV 2e partie, p. 117-119), précédés d'une notice de l'éditeur Em. Heitz, à laquelle on fera bien de se reporter. - Voir aussi Egger, Commentaire sur la Poétique, édition de 1876, chapitre V.-Diogène de Laërte (V. I, 12) donne deux livres à la Poétique.

TRADUCTION

I. La tragédie doit avoir une juste proportion (summetrÛan) de terreur.

II. Le rire est produit par l'élocution dans ses rapports avec l'homonymie, la synonymie, le babil, la paronymie au moyen d'une addition, d'un retranchement, d'un diminutif, d'un terme altéré, ou d'une figure de mot.

III. Le rire causé par les faits résulte soit d'une assimilation avec distinction en pis et en mieux (?), soit de la ruse, de l'impossible, du possible inconséquent, de l'imprévu, ou de la pratique d'une danse grotesque, soit de ce qu'un personnage, d'entre ceux qui sont en charge, néglige les grands intérêts pour s'attacher aux détails les plus insignifiants, de ce que le discours est décousu, ou bien encore de ce qu'il n'a aucune suite.

IV. La comédie est différente de la médisance, attendu que la médisance expose, sans en rien cacher, les faits à la charge d'une personne, tandis que la comédie a besoin de ce que l'on appelle la a représentation. (174).

IX. L'auteur comique doit mettre, dans la bouche de chacun de ses personnages, la langue parlée dans son pays; mais, dans celle d'un étranger, la langue parlée dans le pays où il est.

X. Le chant est du domaine de l'art musical et, par suite, c'est dans l'art musical qu'il faudra puiser les principes convenables.

XI. La comédie est l'imitation d'une action ridicule, d'une étendue bien proportionnée, complète en chacune de ses parties prise isolément... (175) et opérant, par des récits, par le plaisir et par le rire, la purgation des passions de nature analogue. Or elle a pour mère le rire (176).

(01) Traiter les sujets poétiques.

(02) Nous suivons la division en paragraphes adoptée par Buhle, tout en conservant la division par chapitres consacrée par l'usage, division dont il ne se sépare d'ailleurs qu'en dédoublant le chapitre Ier et en faisant commencer ici son chapitre II.

(03) Manuscrits : - Correction de Madius. Cp. chap. VII, 3 : , . D. Heinsius a proposé lecture adoptée par Dacier et l'abbé Batteux.

(04)

: C'est, ici la musique, considérée uniquement sous le rapport des sons mélodiques.

(05) Flûte de Pan.

(06) Ou plutôt par des figures rythmées.

(07) La prose.

(08) Fils de Sophron.

(09) Athénée appelle ce poème dramatique: . Deipnosophistes, l. XIII, p. 606, E.

(10) Chants religieux et autres.

(11) Ni chantée, ni rythmée.

(12) Vulgate : . - Voir, sur cette phrase, le commentaire de M. Egger sur la Poétique, 2e édition, p. 76.

(13) Cp. le chapitre XXVI et dernier.

(14) Résumé d'une note de G. Hermann. - 1ère forme de la tragédie : La tragédie est issue de ceux qui chantaient le dithyrambe. - 2e forme : Improvisations satiriques. - 3e : Thespis, inventeur du drame tragique, comportant un personnage unique qui dialoguait avec le choeur. - 4e : Phrynichus, disciple de Thespis, introduit les personnages de femmes. - 5e : Pralinas, de Phlionte, inventeur du drame satirique. - 6e : Eschyle produit un second personnage ; mise en scène plus brillante plus grande place donnée au mètre ïambique, au détriment du chant chorique. - 7e : Sophocle institue un troisième personnage et ajoute encore à l'éclat de la mise en scène. - 8e : Introduction d'un quatrième personnage, ce qu'on appelait paraxor®ghma

(15) Traduction de M. Egger : "La tragédie se développa peu à peu, l'art du poète aidant à ses progrès naturels, et elle ne cessa de se transformer que lorsqu'elle eut trouvé son propre génie".

(16) Lorsque le monologue, puis le dialogue, ne fut plus exclusivement chanté.

(17) Cp. Petit, Leges atticae, p. 265. -Telfy, Corpus juris attici, nos 922-927.

(18) Où ce genre a fourni certaines oeuvres d'une forme arrêtée.

(19) Où dominaient les attaques personnelles.

(20) Le mètre épique ou héroïque, l'hexamètre, tandis que la tragédie, outre le mètre ïambique, a tous ceux des choeurs. "C'est un passage qui, comme tant d'autres de la Poétique, laisse entrevoir le sens, mais est altéré de telle sorte qu'on ne peut le restaurer avec vraisemblance." (Thurot, Analyse de l'édition 2 de Valhen (Revue critique, XVII, 131.)

(21) Voir les chap. XXIII et XXIV.

(22) Partie perdue. Les éditions de Vahlen et de G. Christ donnent, en appendice, des fragments empruntés, selon toute vraisemblance, à la Poétique. Nous les traduisons à la suite du dernier chapitre.

(23) Voir Egger, Essai sur l'histoire de la critique chez les Grecs, suivi de la Poétique d'Aristote et d'Extraits de ses Problèmes, avec traduction française et Commentaires, chap. III, § 7, où le savant académicien, dès 1849 (ou plutôt dès 1840, devant son auditoire de la Sorbonne), a dit comme le dernier mot sur cette fameuse "purgation des passions". Après avoir donné un historique succinct de cette question si controversée, il rapproche divers passages de la Morale à Nicomaque (VII, 15 ; IX, 11), de la Politique (VIII, 5), des Problèmes (XIX, 27 et 29) ; il examine ceux de Platon (Sophiste, p. 237 ; République, p. 378), où le maître d'Aristote traite, à un autre point de vue, de la "purgation des passions" ; il cite Plotin (Sur le Beau, ch. V), où cette question est abordée dans l'esprit néo-platonicien, et conclut en nous faisant voir dans la catharsis aristotélique un "soulagement" causé par le libre cours donné aux sentiments de terreur ou de pitié qui résident en nous. "Toute passion, selon lui (Aristote), existe en germe au fond de notre âme, et elle s'y développe plus ou moins, selon les tempéraments. Comprimée au fond de nous-mêmes, elle nous agiterait comme un ferment intérieur ; l'émotion excitée par la musique et le spectacle lui ouvre une voie, et c'est ainsi qu'elle purge l'âme et la soulage avec un plaisir sans danger" (p. 188). Au livre VIII de la Politique (p. 1341 b), Aristote dit qu'il donnera, dans la Poétique, une explication plus détaillée de ce qu'il entend par catharsis, mais le passage annoncé ne se retrouve pas dans ce qui nous reste de ce traité. En 1858, M. Barthélemy Saint-Hilaire, dans sa traduction de la Poétique, résume en ces termes l'interprétation qu'il donne de la catharsis : "on le voit, dans la pensée d'Aristote (Politique, VIII, § 5), la musique purifie comme la tragédie, et, pour lui, selon toute apparence, l'art du poète ne va pas plus loin sous ce rapport que l'art du musicien. L'un et l'autre épurent en nous des passions qu'ils rendent plus délicates et plus douces, etc. (Préface, p. XXIX.) - Et ailleurs (p. 31) : "Aristote veut seulement dire que la pitié et la terreur, excitées par la tragédie, dont point l'intensité douloureuse qu'elles ont en présence de la réalité." M. Egger a de nouveau traité en passant, cette question de la catharsis dans la 25e leçon du cours professé par lui en 1867-1868 à la Sorbonne et qui est devenu son livre de l'Hellénisme en France.

(24) Cp. ch. II, § 2.

(25) Les musicographes définissent la mélopée "La faculté de constituer un chant." (Aristide Quintilien, Sur la Musique, p. 28, édit. Meybaum.)

(26) histoire imaginaire ou légendaire.

(27) Les poètes tragiques.

(28) C'est peut-être pour cela qu'il ne nous reste pas une seule tragédie du temps d'Aristote.

(29) Font des pièces d'où les Moeurs sont absentes.

(30) Cette phrase, dans les manuscrits, ne vient qu'après le § 18. La transposition, due à Castelvetro, est plausible, mais non indispensable.

(31) Buhle place ce membre de phrase, non sans apparence de raison, à la suite de celle qui commence le § 15.

(32) § 5.

(33) Nous traduisons comme s'il y avait au lien de que donnent tous les manuscrits connus M. Barthélemy Saint-Hilaire avait fait de même.

(34)

Perip¡teia : M. Egger traduit ce mot quelquefois, et ici notamment, par surprise.

(35) Peut-être le membre de phrase : car est-il une glose marginale insérée dans le texte.

(36) On ne sait rien de plus sur cette tragédie.

(37) Voir une remarque importante de M. Thurot sur cette phrase. (Revue critique, février 1875, p. 131.)

(38) G. Hermann, d'après Castelvelro, transporte tout ce paragraphe dans le chapitre suivant, après : .

(39) Nous adoptons la transposition proposée par Hermann que justifie la suite du texte.

(40) Même idée dans la Rhétorique, II, XXIV, § 8.

(41) Chap. VIII, § 9.

(42) Oedipe roi (vers 925 et suivants).

(43) Tragédie de Théodecte. Cp. plus loin (chap, XIX), et Hygin (§§ 170 et 173) Schol. d'Euripide (Oreste, v. 871).

(44) Toujours Oedipe roi. Aristote ne cite pas Oedipe à Colone.

(45)

Iphigénie en Tauride (vers 759 et suiv.).

(46) Iphigénie en Tauride (vers 811 et suiv.)

(47) M. Egger traduit l'événement tragique.

(48) Note de G. Christ : Quarto partis ; , definitio intercedisse videtur. Conf. 1455 b 32 (ou plutôt 1456 a 2).

(49) Voir, sur tout ce chapitre, le commentaire de G. Hermann.

(50) C'est-à-dire des acteurs en scène. Le choeur occupait l'orchestre.

(51) Les manuscrits et les éditions d'Aristote accentuent le plus souvent . Voir le Trésor de Henri Estienne, éd. Didot, voce .

(52) Ce dernier paragraphe pourrait bien être une répétition altérée de la phrase qui ouvre le chapitre.

(53) Les manuscrits ajoutent : , ce qui doit être une glose marginale introduite dans le texte. Ritter propose de supprimer ces mots. M. Cougny, dans sa traduction de la Poétique, reproduit ici celle de Jean Racine.

(54) Nous supprimons avec Reizius et M. Thurot. Cp, Revue critique, février 1875, p. 131.)

(55) Qui sachent ce qu'ils font et connaissent le lien qui les unit à leurs victimes.

(56) Et se tuant lui-même.

(57) Aristote lui-même le dit (XII, § 5).

(58) L'auteur passe à la seconde des parties de la tragédie énumérées chap. VI, § 8.

(59)

Chap. VII, § 12.

(60) Aristote semble contester à la femme et à l'esclave non pas la capacité ou la bonté mais plutôt la responsabilité morale de leurs actes. (Cp. son Histoire des Animaux, chap. IX, I, et ses Problèmes, chap. XXIX, 11.)

(61) L'édition de G. Christ (cols. Teubner) propose l'addition de

après .

(62) On admet ici la correction de

M. Thurot

, ou même . (Revue critique, février 1875, p.132)

(63) Pièce dont l'auteur est resté inconnu.

(64) Tragédie perdue d'Euripide.

(65) Vettori observe qu'il manque ici un exemple de rôle non semblable.

(66) Dans Médée c'est le Soleil qui fait office de Deus ex machina vers 1319-22.

(67) Voir Egger (Critique chez les Grecs, p. 136 et suiv.)

(68) Le meurtre de Laïus par Oedipe et le mariage de celui-ci avec Jocaste.

(69) Lorsque nous composons des tragédies.

(70) Probablement dans les

et dns le traité , ouvrages mentionnés par Diogène Laërce (L V. ch. I, § 12.) Il s'agit de la décoration et de la musique, qui s'adressent aux sens de la vue et de l'ouïe.

(71) Les Thébains. (Cp. Dion Chrysostome, IV.)

(72) Pièce perdue de Sophocle.

(73) C'est la barque ou le petit berceau dans lequel les deux enfants de Tyro avaient été exposés par leur mère. (Voyez Odyssée, XI, 235 ; Apollodore, Bibliothèque, t. Ier ch. IX, § 8 ; les Fragments, de Sophocle, coll. Didot, p. 315 (Egger).

(74) Ici la péripétie est à peu près le a coup de théâtre.

(75) Odyssée, XIX, 386.

(76) Nous adoptons la lecture de Batteux ( ) et renvoyons à ses Remarques. L'édition de G. Christ supprime .

(77) Nous suivons ici la vulgate, le vieux manuscrit de Paris ne donnant pas de sens ; mais, dans le membre da phrase qui suit, nous abandonnons la vulgate pour revenir à ce manuscrit.

(78) On a traduit quelquefois la voix ou le son de la navette ; mais a souvent le sens de tissu, et il y a ici, très probablement, une allusion à la fable de Philomèle, envoyant à Procné, sa soeur, un message sous la forme d'un tissu avec lettres brodées. (Bibliothèque d'Apollodore,

1. III, ch. XIII, p. 7. - Cp. Achille Tace, liv. V.)

(79) Eschyle, Choéphores, 166-234.

(80) Poète, musicien et peintre, qui florissait dans la 95e olympiade, vers 400 av. J.-C.

(81) Le manuscrit 1741 met au féminin les enfants de Phinée.

(82) Le texte dit : qu'il connaîtra.

(83) Nous adoptons, sous réserve, les additions proposées par Varrien.

(84) Cp. le chap. XIII, § 2. Voir le commentaire donné par Buhle sur ce passage, qui pourrait bien résumer le contenu des chapitres VII à XVI, plutôt que viser un autre passage de la Poétique.

(85) Dans les Enfers.

(86) Dans le cas du poème épique.

(87) On adopte ici la leçon

que Laurent Calla parait avoir eue sous les yeux dans sa traduction. Le vieux manuscrit de Paris et tous les autres donnent Niñbhn. Pour tout concilier, Vahlen lit µ Niñbhn ; mais comment admettre que les noms d'Euripide et d'Eschyle seraient séparés par le titre d'une tragédie anonyme ? - "ou comme Eschyle". D'autres traducteurs interprètent : "Et non pas comme Eschyle," supposant ici une allusion à ses trilogies ; mais chacune des pièces qui les composent forme une oeuvre à part, instituée conformément aux règles que formule Aristote. La leçon s'explique très bien d'ailleurs, si l'on y voit une opposition entre les deux manières également correctes et d'Euripide, traitant un point spécial de l'Iliade, - et d'Eschyle, en traitant plusieurs de suite, mais dans autant de tragédies complètes en elles-mêmes.

(88) Il y a péripétie.

(89) Allusion à deux vers d'Agathon rapportés par Aristote. (Rhétorique, liv. II, chap. XXIX, § 10.)

(90) ) Livre III.

(91) Le fait de grandir et de diminuer l'importance des faits.

(92) Les effets oratoires.

(93) Les effets dramatiques.

(94) Il s'agit sans doute ici de l'art de déclamer et de régler le ton et le jeu des acteurs.

(95) Homère (Iliade, vers 1J.

(96) La lettre alphabétique.

(97) La phrase ou une suite de phrases.

(98) Sans adjonction d'un son articulé.

(99) : Harfang propose , autour.

(100)

. Hermann lit

.

(101) Les manuscrits ajoutent : "Ou encore un son non significatif, soit au milieu (d'une phrase)," même texte que ci-dessus, lequel n'est sans doute ici qu'une répétition introduite par quelque copiste. Nous le supprimons, avec G. Hermann et Baille.

102. Il y a ici, dans le vieux manuscrit de Paris, le membre de phrase qui suit : .

103 Formé, sans doute, des mots Hermès, Mercure ; , caïque, fleuve de Mysie et j‹nyow jaune.

104 Pour désigner une seule et même personne, une seule et même chose dans un pays donné.

105. Cp. Hérodote, V, 9 : "Les Cypriens appellent les lances ( ). Voir, dans la Revue archéologique, 1879, 2e série, XXXVIII, p. 373, un article de G. Colonna Ceccaldi sur la sigyne et le cerulum des anciens.

106. Homère, Odyssée, XXIV, 310. - Cp. Odyssée, I, 181.

107. Homère, Iliade, II, 272.

108. Vers de source inconnue.

109. Cp. Homère, Iliade, III, 293). Le mot qui va suivre, ferait croire que les deux citations sont du mène poète, Homère.

110.Cp. Ch. Thurot (Observations philol. sur la Poétique d'Aristote (Revue archéologique, 1863, II), où ce passage a été interprété, pour la première fois, d'une façon plausible).

111.Cp. Rhétorique, III, 4 et 11.

112. Littéralement : "le fruit".

113. Vers d'un poète inconnu. Cp. Lucrèce, II, 111, et Virgile, Énéide, II, 584, qui ont reproduit cette métaphore.

114. Cp. Rhétorique, III, 6. - Le manuscrit de Paris 1040 présente ici un espace blanc, signe de lacune. Cette lacune porterait sur l'explication du , de l'ornement.

115. Pour , farine d'orge.

116. Pour , demeure.

117.

pour Cette citation d’Empédocle est rapportée aussi par Strabon l. VIII), qui cite un second exemple de pour , tiré d'Antimaque.

118. C'est-à-dire abstraction faite de toute modification.

119.Neutres.

120. Addition de Tyrwhitt tout à fait plausible.

121. C'est-à-dire sur une voyelle non susceptible de devenir longue ; c'est le cas de E et de O.

122. Il faut ajouter avec Buhle.

123.Quelques manuscrits ajoutent : , , , , , ce qui doit être une glose marginale insérée dans le texte par le suite du temps. Ajoutons, avec Buhle : m¡yu.

124 Étrangers dans le sens de : "autres que l'expression littérale."

125. )

Enigme qui exprime l’application des ventouses. (Cp. Rhétorique, 1, III, ch. III.)

126. On voit que nous lisons au lieu de . Le vieux manuscrit de Paris donne , qui se rapproche de notre lecture, vu l'iotacisme.

127. )

Epicharès, conjecture de Tyrwhitt.- M. Egger lit ' , d'après Duntzer. Le vieux manuscrit parisien donne

; d'autres manuscrits: , etc.

128. Ce vers est tout aussi mutilé que le précédent.

129. Aristote oppose les termes , , aux termes , , .

130.

131.

132. .

133. .

134. Loin des demeures.

135. Au lieu de , loin de toi.

136. Au lieu de ' .

137 Au sujet d'Achille

138. Il s'agit ici des iambes de la poésie dramatique, et non des anciens ïambes, tels que ceux d'Archiloque.

139. Chap. VIII, § 2.

140. Addition de Susemihl.

141. Homère (Odyssée, XIX, 467). Euryclée sait qu'Ulysse a été mordu à la jambe (fait passé) ; elle voit une cicatrice à la jambe de l'étranger, à qui elle lave les pieds (fait actuel). Elle en conclut, non faussement si l'on veut, mais gratuitement, que cet étranger doit être Ulysse.

142. Sophocle (Électre, vers 683 et suiv.).

143. Voir, sur les Mysiens, la note de Buhle.

144. Si l'on retranchait les parties non vraisemblables ou non fondées en raison.

145. Chant XIII, où Ulysse, transporté à Ithaque, est exposé sur le rivage, pendant son sommeil, par les matelots phéaciens qui l'ont amené.

146. A. Nous marquons par des lettres les douze objections posées et résolues.

147. Chap. XXIV, § 10.

148. Pindare : . (Olymp., III, 52.)

149. Autre réponse aux critiques.

150. Iliade, X, 153.

151. Homère (Iliade, I, 50. Cp. Iliade, X, 316 où le même mot a le sens de "gardes".

152. Iliade,

X, 316.

153. Iliade, I, 203. Cp. Plutarque, Problèmes, v, 4.

154. Iliade, II, 1.

155.Iliade, X, 11.

156. Iliade X, 13.

157.I liade, XVIII, 489. Il s'agit de la grande Ourse, la seule constellation qui soit privée de se plonger dans l'Océan.

158. Iliade, XXI, 297. - On accentuera suivant le sens adopté (damus), ou pour (dare). Voir la note de Buhle.

159. Iliade, XXIII, 318, Cp. Alexandre d'Aphrodisias : In Elench. Soph. Aristol., fol. 12. oé peut devenir oð et prendre le sens de là, là où.

160. Cette citation est donnée plus complètement par Athénée (Deipnosoph., X, p. 423, j, et par Simplicius, Auscult. phys., fol. 7 h). Le sens varie selon que l'on ponctue avant ou après , au second vers.

161. Iliade, X, 252. Pour saisir cette équivoque, il faut connaître le vers suivant : ' . La plus grande des deux portions (sur trois) est passée et il resta encore la troisième. - est équivoque, "car ce plus peut s'appliquer à la moitié ou aux deux tiers de la nuit". (Egger.) Eustathe trouve même un triple sens à ce passage.

162. cp.. Homère (Iliade, XX, 234 et le commentaire d'Eustathe sur l'Odyssée, I, 374). Le mot ou

a signifié d'abord verser du vin, puis verser à boire.

163. Iliade, XX, 172. - T», correspond à ptæxh xruseÛh, l'une des cinq lames qui composaient le bouclier d'Achille.

164. Ici commence le § 20 de Bulle, qui se rattache par ce qui suit au passage d'Homère.

165.Pénélope était fille d'Icade.

166. Au mieux (idéal). - (Egger.)

167. Cp. plus haut, chap. XVIII, § 8.

168. Pièce perdue.

169. , . Bonne correction, par Vahlen, du texte , que donne le vieux manuscrit de Paris.

174. C'est-à-dire

(peut-être) "de ce que l'on peut, sans inconvénient, représenter sur la scène.. Bernays propose de lire , au lieu de

175. Les mots non traduits ( ) ne font aucun sens.

176. Ce dernier fragment pourrait bien n'étre, comme le dit Heitz qu'une simple imitation "ridicula et plane insulsa imitatio" de la définition qu'Aristote a donnée de la tragédie (chap. VI § 9).

Tous les livres