Polyeucte martyr (page 2)
On le mit dans sa tente, où, tout percé de coups,
Tout mort qu’il paroissoit, il fit mille jaloux.
Là, bientôt il montra quelque signe de vie :
Ce prince généreux en eut l’âme ravie,
Et sa joie, en dépit de son dernier malheur,
Du bras qui le causoit honora la valeur ;
Il en fit prendre soin, la cure en fut secrète ;
Et comme au bout d’un mois sa santé fut parfaite,
Il offrit dignités, alliance, trésors,
Et pour gagner Sévère il fit cent vains efforts.
Après avoir comblé ses refus de louange,
Il envoie à Décie en proposer l’échange ;
Et soudain l’empereur, transporté de plaisir,
Offre au Perse son frère et cent chefs à choisir.
Ainsi revint au camp le valeureux Sévère
De sa haute vertu recevoir le salaire ;
La faveur de Décie en fut le digne prix.
De nouveau l’on combat, et nous sommes surpris.
Ce malheur toutefois sert à croître sa gloire :
Lui seul rétablit l’ordre, et gagne la victoire,
Mais si belle, et si pleine, et par tant de beaux faits,
Qu’on nous offre tribut, et nous faisons la paix.
L’empereur, qui lui montre une amour infinie,
Après ce grand succès l’envoi en Arménie ;
Il vient en apporter la nouvelle en ces lieux,
Et par un sacrifice en rendre hommage aux dieux.
FÉLIX.
Ô ciel ! en quel état ma fortune est réduite !
ALBIN.
Voilà ce que j’ai su d’un homme de sa suite,
Et j’ai couru, seigneur, pour vous y disposer.
FÉLIX.
Ah ! sans doute, ma fille, il vient pour t’épouser :
L’ordre d’un sacrifice est pour lui peu de chose ;
C’est un prétexte faux dont l’amour est la cause.
PAULINE.
Cela pourroit bien être : il m’aimoit chèrement.
FÉLIX.
Que ne permettra-t-il à son ressentiment ?
Et jusques à quel point ne porte sa vengeance
Une juste colère avec tant de puissance ?
Il nous perdra, ma fille.
PAULINE.
Il nous perdra, ma fille.Il est trop généreux.
FÉLIX.
Tu veux flatter en vain un père malheureux ;
Il nous perdra, ma fille. Ah ! regret qui me tue
De n’avoir pas aimé la vertu toute nue !
Ah ! Pauline, en effet, tu m’as trop obéi ;
Ton courage étoit bon, ton devoir l’a trahi :
Que ta rébellion m’eût été favorable !
Qu’elle m’eût garanti d’un état déplorable !
Si quelque espoir me reste, il n’est plus aujourd’hui
Qu’en l’absolu pouvoir qu’il te donnoit sur lui ;
Ménage en ma faveur l’amour qui le possède,
Et d’où provient mon mal fais sortir le remède.
PAULINE.
Moi ! moi ! que je revoie un si puissant vainqueur,
Et m’expose à des yeux qui me percent le cœur !
Mon père, je suis femme, et je sais ma foiblesse ;
Je sens déjà mon cœur qui pour lui s’intéresse
Et poussera sans doute, en dépit de ma foi,
Quelque soupir indigne et de vous et de moi.
Je ne le verrai point.
FÉLIX.
Je ne le verrai point.Rassure un peu ton âme.
PAULINE.
Il est toujours aimable, et je suis toujours femme ;
Dans le pouvoir sur moi que ses regards ont eu,
Je n’ose m’assurer de toute ma vertu.
Je ne le verrai point.
FÉLIX.
Je ne le verrai point.Il faut le voir, ma fille,
Ou tu trahis ton père et toute ta famille.
PAULINE.
C’est à moi d’obéir, puisque vous commandez ;
Mais voyez les périls où vous me hasardez.
FÉLIX.
Ta vertu m’est connue.
PAULINE.
Ta vertu m’est connue.Elle vaincra sans doute ;
Ce n’est pas le succès que mon âme redoute :
Je crains ce dur combat et ces troubles puissans
Que fait déjà chez moi la révolte des sens ;
Mais puisqu’il faut combattre un ennemi que j’aime,
Souffrez que je me puisse armer contre moi-même,
Et qu’un peu de loisir me prépare à le voir.
FÉLIX.
Jusqu’au-devant des murs je vais le recevoir ;
Rappelle cependant tes forces étonnées,
Et songe qu’en tes mains tu tiens nos destinées.
PAULINE.
Oui, je vais de nouveau dompter mes sentimens
Pour servir de victime à vos commandemens.
ACTE DEUXIÈME.
Scène I.
SÉVÈRE, FABIAN.
SÉVÈRE.
Cependant que Félix donne ordre au sacrifice,
Pourrai-je prendre un temps à mes vœux si propice ?
Pourrai-je voir Pauline, et rendre à ses beaux yeux
L’hommage souverain que l’on va rendre aux dieux ?
Je ne t’ai point celé que c’est ce qui m’amène,
Le reste est un prétexte à soulager ma peine ;
Je viens sacrifier, mais c’est à ses beautés
Que je viens immoler toutes mes volontés.
FABIAN.
Vous la verrez, Seigneur.
SÉVÈRE.
Vous la verrez, Seigneur.Ah ! quel comble de joie !
Cette chère beauté consent que je la voie !
Mais ai-je sur son âme encor quelque pouvoir ?
Quelque reste d’amour s’y fait-il encor voir ?
Quel trouble, quel transport lui cause ma venue ?
Puis-je tout espérer de cette heureuse vue ?
Car je voudrois mourir plutôt que d’abuser
Des lettres de faveur que j’ai pour l’épouser ;
Elles sont pour Félix, non pour triompher d’elle :
Jamais à ses désirs mon cœur ne fut rebelle ;
Et si mon mauvais sort avoit changé le sien,
Je me vaincrois moi-même, et ne prétendrois rien.
FABIAN.
Vous la verrez, c’est tout ce que je vous puis dire.
SÉVÈRE.
D’où vient que tu frémis, et que ton cœur soupire ?
Ne m’aime-t-elle plus ? éclaircis-moi ce point.
FABIAN.
M’en croirez-vous, seigneur ? ne la revoyez point ;
Portez en lieu plus haut l’honneur de vos caresses :
Vous trouverez à Rome assez d’autres maîtresses ;
Et, dans ce haut degré de puissance et d’honneur,
Les plus grands y tiendront votre amour à bonheur.
SÉVÈRE.
Qu’à des pensers si bas mon âme se ravale !
Que je tienne Pauline à mon sort inégale !
Elle en a mieux usé, je la dois imiter ;
Je n’aime mon bonheur que pour la mériter.
Voyons-la, Fabian, ton discours m’importune ;
Allons mettre à ses pieds cette haute fortune :
Je l’ai dans les combats trouvée heureusement,
En cherchant une mort digne de son amant ;
Ainsi ce rang est sien, cette faveur est sienne,
Et je n’ai rien enfin que d’elle je ne tienne.
FABIAN.
Non, mais encore un coup ne la revoyez point.
SÉVÈRE.
Ah ! c’en est trop enfin, éclaircis-moi ce point ;
As-tu vu des froideurs quand tu l’en as priée ?
FABIAN.
Je tremble à vous le dire ; elle est…
SÉVÈRE.
Je tremble à vous le dire ; elle est…Quoi ?
FABIAN.
Je tremble à vous le dire ; elle est… Quoi ?Mariée.
SÉVÈRE.
Soutiens-moi, Fabian ; ce coup de foudre est grand,
Et frappe d’autant plus, que plus il me surprend.
FABIAN.
Seigneur, qu’est devenu ce généreux courage ?
SÉVÈRE.
La constance est ici d’un difficile usage ;
De pareils déplaisirs accablent un grand cœur ;
La vertu la plus mâle en perd toute vigueur ;
Et, quand d’un feu si beau les âmes sont éprises,
La mort les trouble moins que de telles surprises
Je ne suis plus à moi quand j’entends ce discours.
Pauline est mariée !
FABIAN.
Pauline est mariée !Oui, depuis quinze jours ;
Polyeucte, un seigneur des premiers d’Arménie,
Goûte de son hymen la douceur infinie.
SÉVÈRE.
Je ne la puis du moins blâmer d’un mauvais choix ;
Polyeucte a du nom, et sort du sang des rois :
Foibles soulagemens d’un malheur sans remède !
Pauline, je verrai qu’un autre vous possède !
Ô ciel, qui malgré moi me renvoyez au jour,
Ô sort, qui redonniez l’espoir à mon amour,
Reprenez la faveur que vous m’avez prêtée,
Et rendez-moi la mort que vous m’avez ôtée !
Voyons-la toutefois, et dans ce triste lieu
Achevons de mourir en lui disant adieu ;
Que mon cœur, chez les morts emportant son image,
De son dernier soupir puisse lui faire hommage.
FABIAN.
Seigneur, considérez…
SÉVÈRE.
Seigneur, considérez…Tout est considéré.
Quel désordre peut craindre un cœur désespéré ?
N’y consent-elle pas ?
FABIAN.
N’y consent-elle pas ?Oui, seigneur, mais…
SÉVÈRE.
N’y consent-elle pas ? Oui, seigneur, mais…N’importe.
FABIAN.
Cette vive douleur en deviendra plus forte.
SÉVÈRE.
Et ce n’est pas un mal que je veuille guérir ;
Je ne veux que la voir, soupirer, et mourir.
FABIAN.
Vous vous échapperez sans doute en sa présence ;
Un amant qui perd tout n’a plus de complaisance :
Dans un tel entretien il suit sa passion,
Et ne pousse qu’injure et qu’imprécation.
SÉVÈRE.
Juge autrement de moi : mon respect dure encore ;
Tout violent qu’il est, mon désespoir l’adore.
Quels reproches aussi peuvent m’être permis ?
De quoi puis-je accuser qui ne m’a rien promis ?
Elle n’est point parjure, elle n’est point légère ;
Son devoir m’a trahi, mon malheur, et son père.
Mais son devoir fut juste, et son père eut raison ;
J’impute à mon malheur toute la trahison ;
Un peu moins de fortune, et plus tôt arrivée,
Eût gagné l’un par l’autre, et me l’eût conservée ;
Trop heureux, mais trop tard, je n’ai pu l’acquérir :
Laisse-la moi donc voir, soupirer, et mourir.
FABIAN.
Oui, je vais l’assurer qu’en ce malheur extrême
Vous êtes assez fort pour vous vaincre vous-même.
Elle a craint comme moi ces premiers mouvemens
Qu’une perte imprévue arrache aux vrais amans,
Et dont la violence excite assez de trouble,
Sans que l’objet présent l’irrite et le redouble.
SÉVÈRE.
Fabian, je la vois.
FABIAN.
Fabian, je la vois.Seigneur, souvenez-vous…
SÉVÈRE.
Hélas ! elle aime un autre, un autre est son époux !
Scène II
Sévère, Pauline, Stratonice, Fabian.
PAULINE.
Oui, je l’aime, Seigneur, et n’en fais point d’excuse ;
Que tout autre que moi vous flatte et vous abuse,
Pauline a l’âme noble, et parle à cœur ouvert.
Le bruit de votre mort n’est point ce qui vous perd ;
Si le ciel en mon choix eût mis mon hyménée,
À vos seules vertus je me serais donnée,
Et toute la rigueur de votre premier sort
Contre votre mérite eût fait un vain effort ;
Je découvrais en vous d’assez illustres marques
Pour vous préférer même aux plus heureux monarques :
Mais puisque mon devoir m’imposoit d’autres lois,
De quelque amant pour moi que mon père eût fait choix,
Quand, à ce grand pouvoir que la valeur vous donne
Vous auriez ajouté l’éclat d’une couronne,
Quand je vous aurais vu, quand je l’aurois haï,
J’en aurois soupiré, mais j’aurois obéi,
Et sur mes passions ma raison souveraine
Eût blâmé mes soupirs et dissipé ma haine.
SÉVÈRE.
Que vous êtes heureuse ! et qu’un peu de soupirs
Fait un aisé remède à tous vos déplaisirs !
Ainsi, de vos désirs toujours reine absolue,
Les plus grands changemens vous trouvent résolue ;
De la plus forte ardeur vous portez vos esprits
Jusqu’à l’indifférence et peut-être au mépris ;
Et votre fermeté fait succéder sans peine
La faveur au dédain, et l’amour à la haine.
Qu’un peu de votre humeur ou de votre vertu
Soulageroit les maux de ce cœur abattu !
Un soupir, une larme à regret épandue
M’auroit déjà guéri de vous avoir perdue ;
Ma raison pourroit tout sur l’amour affoibli,
Et de l’indifférence iroit jusqu’à l’oubli ;
Et mon feu désormais se réglant sur le vôtre,
Je me tiendrois heureux entre les bras d’une autre.
Ô trop aimable objet, qui m’avez trop charmé,
Est-ce là comme on aime, et m’avez-vous aimé ?
PAULINE.
Je vous l’ai trop fait voir, seigneur ; et si mon âme
Pouvoit bien étouffer les restes de sa flamme,
Dieux, que j’éviterois de rigoureux tourmens !
Ma raison, il est vrai, dompte mes sentimens,
Mais, quelque autorité que sur eux elle ait prise,
Elle n’y règne pas, elle les tyrannise ;
Et quoique le dehors soit sans émotion,
Le dedans n’est que trouble et que sédition :
Un je ne sais quel charme encor vers vous m’emporte ;
Votre mérite est grand, si ma raison est forte :
Je le vois, encor tel qu’il alluma mes feux,
D’autant plus puissamment solliciter mes vœux
Qu’il est environné de puissance et de gloire,
Qu’en tous lieux après vous il traîne la victoire,
Que j’en sais mieux le prix, et qu’il n’a point déçu
Le généreux espoir que j’en avois conçu.
Mais ce même devoir qui le vainquit dans Rome,
Et qui me range ici dessous les lois d’un homme,
Repousse encor si bien l’effort de tant d’appas,
Qu’il déchire mon âme et ne l’ébranle pas ;
C’est cette vertu même, à nos désirs cruelle,
Que vous louiez alors en blasphémant contre elle :
Plaignez-vous-en encor ; mais louez sa rigueur
Qui triomphe à la fois de vous et de mon cœur,
Et voyez qu’un devoir moins ferme et moins sincère
N’auroit pas mérité l’amour du grand Sévère.
SÉVÈRE.
Ah ! madame, excusez une aveugle douleur
Qui ne connoît plus rien que l’excès du malheur :
Je nommois inconstance, et prenois pour un crime
De ce juste devoir l’effort le plus sublime.
De grâce, montrez moins à mes sens désolés
La grandeur de ma perte et ce que vous valez ;
Et, cachant par pitié cette vertu si rare
Qui redouble mes feux lorsqu’elle nous sépare,
Faites voir des défauts qui puissent à leur tour
Affoiblir ma douleur avecque mon amour.
PAULINE.
Hélas ! cette vertu, quoique enfin invincible,
Ne laisse que trop voir une âme trop sensible.
Ces pleurs en sont témoins, et ces lâches soupirs
Qu’arrachent de nos feux les cruels souvenirs :
Trop rigoureux effets d’une aimable présence
Contre qui mon devoir a trop peu de défense !
Mais si vous estimez ce vertueux devoir,
Conservez-m’en la gloire, et cessez de me voir.
Épargnez-moi des pleurs qui coulent à ma honte ;
Épargnez-moi des feux qu’à regret je surmonte ;
Enfin, épargnez-moi ces tristes entretiens
Qui ne font qu’irriter vos tourmens et les miens.
SÉVÈRE.
Que je me prive ainsi du seul bien qui me reste !
PAULINE.
Sauvez-vous d’une vue à tous les deux funeste.
SÉVÈRE.
Quel prix de mon amour ! quel fruit de mes travaux !
PAULINE.
C’est le remède seul qui peut guérir nos maux.
SÉVÈRE.
Je veux mourir des miens ; aimez-en la mémoire.
PAULINE.
Je veux guérir des miens ; ils souilleroient ma gloire.
SÉVÈRE.
Ah ! Puisque votre gloire en prononce l’arrêt,
Il faut que ma douleur cède à son intérêt.
Est-il rien que sur moi cette gloire n’obtienne ?
Elle me rend les soins que je dois à la mienne.
Adieu : je vais chercher au milieu des combats
Cette immortalité que donne un beau trépas,
Et remplir dignement, par une mort pompeuse,
De mes premiers exploits l’attente avantageuse,
Si toutefois, après ce coup mortel du sort,
J’ai de la vie assez pour chercher une mort.
PAULINE.
Et moi, dont votre vue augmente le supplice,
Je l’éviterai même en votre sacrifice ;
Et, seule dans ma chambre enfermant mes regrets,
Je vais pour vous aux dieux faire des vœux secrets.
SÉVÈRE.
Puisse le juste ciel, content de ma ruine,
Combler d’heur et de jours Polyeucte et Pauline !
PAULINE.
Puisse trouver Sévère, après tant de malheur,
Une félicité digne de sa valeur !
SÉVÈRE.
Il la trouvoit en vous.
PAULINE.
Il la trouvoit en vous.Je dépendois d’un père.
SÉVÈRE.
Ô devoir qui me perd et qui me désespère !
Adieu, trop vertueux objet, et trop charmant.
PAULINE.
Adieu, trop malheureux et trop parfait amant.
Scène III.
PAULINE, STRATONICE.
STRATONICE.
Je vous ai plaints tous deux, j’en verse encor des larmes ;
Mais du moins votre esprit est hors de ses alarmes :
Vous voyez clairement que votre songe est vain ;
Sévère ne vient pas la vengeance à la main.
PAULINE.
Laisse-moi respirer du moins, si tu m’as plainte :
Au fort de ma douleur tu rappelles ma crainte ;
Souffre un peu de relâche à mes esprits troublés,
Et ne m’accable point par des maux redoublés.
STRATONICE.
Quoi ! vous craignez encor ?
PAULINE.
Quoi ! vous craignez encor ?Je tremble, Stratonice ;
Et, bien que je m’effraye avec peu de justice,
Cette injuste frayeur sans cesse reproduit
L’image des malheurs que j’ai vus cette nuit.
STRATONICE.
Sévère est généreux.
PAULINE.
Sévère est généreux.Malgré sa retenue,
Polyeucte sanglant frappe toujours ma vue.
STRATONICE.
Vous voyez ce rival faire des vœux pour lui.
PAULINE.
Je crois même au besoin qu’il serait son appui :
Mais, soit cette croyance ou fausse, ou véritable,
Son séjour en ce lieu m’est toujours redoutable ;
À quoi que sa vertu puisse le disposer,
Il est puissant, il m’aime, et vient pour m’épouser.
Scène IV.
POLYEUCTE, NÉARQUE, PAULINE, STRATONICE.
POLYEUCTE.
C’est trop verser de pleurs ; il est temps qu’ils tarissent :
Que votre douleur cesse, et vos craintes finissent ;