Athalie (page 6)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — éd. Didot 1854 · 7 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Et lui sacrifiant, avec ce fils aimé,

Tout l’espoir de sa race, en lui seul renfermé ?

Amis, partageons-nous : qu’Ismaël en sa garde

Prenne tout le côté que l’Orient regarde ;

Vous, le côté de l’Ourse ; et vous, de l’Occident ;

Vous, le Midi. Qu’aucun, par un zèle imprudent,

Découvrant mes desseins, soit prêtre, soit lévite,

Ne sorte avant le temps, et ne se précipite ;

Et que chacun enfin, d’un même esprit poussé,

Garde en mourant le poste où je l’aurai placé.

L’ennemi nous regarde, en son aveugle rage,

Comme de vils troupeaux réservés au carnage,

Et croit ne rencontrer que désordre et qu’effroi.

Qu’Azarias partout accompagne le roi.

(à Joas.) Venez, cher rejeton d’une vaillante race,

Remplir vos défenseurs d’une nouvelle audace ;

Venez du diadème à leurs yeux vous couvrir,

Et périssez du moins en roi, s’il faut périr.

(à un lévite.) Suivez-le, Josabeth. Vous, donnez-moi ces armes.

(au chœur.) Enfants, offrez à Dieu vos innocentes larmes.

Scène VI.

SALOMITH, le chœur.

TOUT LE CHŒUR chante.

Partez, enfants d’Aaron, partez :

Jamais plus illustre querelle

De vos aïeux n’arma le zèle.

Partez, enfants d’Aaron, partez :

C’est votre roi, c’est Dieu pour qui vous combattez.

UNE VOIX seule.

Où sont les traits que tu lances,

Grand Dieu, dans ton juste courroux ?

N’es-tu plus le Dieu jaloux ?

N’es-tu plus le Dieu des vengeances ?

UNE AUTRE.

Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ?

Dans l’horreur qui nous environne,

N’entends-tu que la voix de nos iniquités ?

N’es-tu plus le Dieu qui pardonne ?

TOUT LE CHŒUR.

Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ?

UNE VOIX seule.

C’est à toi que dans cette guerre

Les flèches des méchants prétendent s’adresser.

« Faisons, disent-ils, cesser

« Les fêtes de Dieu sur la terre ;

« De son joug importun délivrons les mortels ;

« Massacrons tous ses saints ; renversons ses autels,

« Que de son nom, que de sa gloire

« Il ne reste plus de mémoire ;

« Que ni lui ni son Christ ne règnent plus sur nous. »

TOUT LE CHŒUR.

Où sont les traits que tu lances,

Grand Dieu, dans ton juste courroux ?

N’es-tu plus le Dieu jaloux ?

N’es-tu plus le Dieu des vengeances ?

UNE VOIX seule.

Triste reste de nos rois,

Chère et dernière fleur d’une tige si belle,

Hélas ! sous le couteau d’une mère cruelle

Te verrons-nous tomber une seconde fois ?

Prince aimable, dis-nous si quelque ange, au berceau,

Contre tes assassins prit soin de te défendre ;

Ou si dans la nuit du tombeau

La voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre ?

UNE AUTRE.

D’un père et d’un aïeul contre toi révoltés,

Grand Dieu, les attentats lui sont-ils imputés ?

Est-ce que sans retour ta pitié l’abandonne ?

LE CHŒUR.

Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ?

N’es-tu plus le Dieu qui pardonne ?

UNE DES FILLES DU CHŒUR, sans chanter.

Chères sœurs, n’entendez-vous pas

Des cruels Tyriens la trompette qui sonne ?

SALOMITH.

J’entends même les cris des barbares soldats,

Et d’horreur j’en frissonne.

Courons, fuyons ; retirons-nous

À l’ombre salutaire

Du redoutable sanctuaire.

ACTE CINQUIÈME.

Scène première.

ZACHARIE, SALOMITH, le chœur.

SALOMITH.

Cher Zacharie, eh bien ! que nous apprenez-vous ?

ZACHARIE.

Redoublez au Seigneur votre ardente prière :

Peut-être nous touchons à notre heure dernière.

Pour l’horrible combat, ma sœur, l’ordre est donné.

SALOMITH.

Que fait Joas ?

ZACHARIE.

Que fait Joas ? Joas vient d’être couronné :

Le grand prêtre a sur lui répandu l’huile sainte.

Ô ciel ! dans tous les yeux quelle joie était peinte

À l’aspect de ce roi racheté du tombeau !

Ma sœur, on voit encor la marque du couteau ;

On voit paraître aussi sa fidèle nourrice,

Qui, cachée en un coin de ce vaste édifice,

Gardait ce cher dépôt, et n’avait de ses soins

Que les yeux de ma mère et que Dieu pour témoins.

Nos lévites pleuraient de joie et de tendresse,

Et mêlaient leurs sanglots à leurs cris d’allégresse.

Lui, parmi ces transports, affable et sans orgueil,

À l’un tendait la main, flattait l’autre de l’œil,

Jurait de se régler par leurs avis sincères,

Et les appelait tous ses pères ou ses frères.

SALOMITH.

Ce secret au dehors est-il aussi semé ?

ZACHARIE.

Ce secret dans le temple est encor renfermé.

Des enfants de Lévi la troupe partagée

Dans un profond silence aux portes s’est rangée.

Tous doivent à la fois précipiter leurs pas,

Et crier pour signal : Vive le roi Joas !

Mais mon père défend que le roi se hasarde,

Et veut qu’Azarias demeure pour sa garde.

Cependant Athalie, un poignard à la main,

Rit des faibles remparts de nos portes d’airain.

Pour les rompre elle attend les fatales machines,

Et ne respire enfin que sang et que ruines.

Quelques prêtres, ma sœur, ont d’abord proposé

Qu’en un lieu souterrain, par nos pères creusé,

On renfermât du moins notre arche précieuse.

« Ô crainte, a dit mon père, indigne, injurieuse !

« L’arche qui fit tomber tant de superbes tours,

« Et força le Jourdain de rebrousser son cours,

« Des dieux des nations tant de fois triomphante,

« Fuirait donc à l’aspect d’une femme insolente ! »

Ma mère, auprès du roi, dans un trouble mortel,

L’œil tantôt sur ce prince et tantôt vers l’autel,

Muette, et succombant sous le poids des alarmes,

Aux yeux les plus cruels arracherait des larmes.

Le roi de temps en temps la presse entre ses bras,

La flatte… Chères sœurs, suivez toutes mes pas ;

Et s’il faut aujourd’hui que notre roi périsse,

Allons, qu’un même sort avec lui nous unisse.

SALOMITH.

Quelle insolente main frappe à coups redoublés ?

Qui fait courir ainsi ces lévites troublés ?

Quelle précaution leur fait cacher leurs armes ?

Le temple est-il forcé ?

ZACHARIE.

Le temple est-il forcé ? Dissipez vos alarmes :

Dieu nous envoie Abner.

Scène II.

JOAD, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, ABNER, ISMAËL, deux lévites, le chœur.

JOAD.

Dieu nous envoie Abner. En croirai-je mes yeux,

Cher Abner ? Quel chemin a pu jusqu’en ces lieux

Vous conduire au travers d’un camp qui nous assiége ?

On disait que d’Achab la fille sacrilége

Avait, pour assurer ses projets inhumains,

Chargé d’indignes fers vos généreuses mains.

ABNER.

Oui, seigneur, elle a craint mon zèle et mon courage ;

Mais c’est le moindre prix que me gardait sa rage.

Dans l’horreur d’un cachot, par son ordre enfermé,

J’attendais que, le temple en cendre consumé,

De tant de flots de sang non encore assouvie,

Elle vînt m’affranchir d’une importune vie,

Et retrancher des jours qu’aurait dû mille fois

Terminer la douleur de survivre à mes rois.

JOAD.

Par quel miracle a-t-on obtenu votre grâce ?

ABNER.

Dieu dans ce cœur cruel sait seul ce qui se passe.

Elle m’a fait venir ; et d’un air égaré :

« Tu vois de mes soldats tout ce temple entouré,

« Dit-elle ; un feu vengeur va le réduire en cendre,

« Et ton Dieu contre moi ne le saurait défendre.

« Ses prêtres toutefois, mais il faut se hâter,

« À deux conditions peuvent se racheter :

« Qu’avec Éliacin on mette en ma puissance

« Un trésor dont je sais qu’ils ont la connaissance,

« Par votre roi David autrefois amassé,

« Sous le sceau du secret au grand prêtre laissé.

« Va, dis-leur qu’à ce prix je leur permets de vivre. »

JOAD.

Quel conseil, cher Abner, croyez-vous qu’on doit suivre ?

ABNER.

Et tout l’or de David, s’il est vrai qu’en effet

Vous gardiez de David quelque trésor secret ;

Et tout ce que des mains de cette reine avare

Vous avez pu sauver et de riche et de rare,

Donnez-le. Voulez-vous que d’impurs assassins

Viennent briser l’autel, brûler les chérubins,

Et portant sur notre arche une main téméraire,

De votre propre sang souiller le sanctuaire ?

JOAD.

Mais siérait-il, Abner, à des cœurs généreux

De livrer au supplice un enfant malheureux,

Un enfant que Dieu même à ma garde confie,

Et de nous racheter aux dépens de sa vie ?

ABNER.

Hélas ! Dieu voit mon cœur. Plût à ce Dieu puissant

Qu’Athalie oubliât un enfant innocent,

Et que du sang d’Abner sa cruauté contente

Crût calmer par ma mort le ciel qui la tourmente !

Mais que peuvent pour lui vos inutiles soins ?

Quand vous périrez tous, en périra-t-il moins ?

Dieu vous ordonne-t-il de tenter l’impossible ?

Pour obéir aux lois d’un tyran inflexible,

Moïse, par sa mère au Nil abandonné,

Se vit, presque en naissant, à périr condamné ;

Mais Dieu le conservant contre toute espérance,

Fit par le tyran même élever son enfance.

Qui sait ce qu’il réserve à votre Éliacin ;

Et si, lui préparant un semblable destin,

Il n’a point de pitié déjà rendu capable

De nos malheureux rois l’homicide implacable ?

Du moins, et Josabeth comme moi l’a pu voir,

Tantôt à son aspect je l’ai vu s’émouvoir ;

J’ai vu de son courroux tomber la violence.

Princesse, en ce péril vous gardez le silence !

Eh quoi ! pour un enfant qui vous est étranger,

Souffrez-vous que sans fruit Joad laisse égorger

Vous, son fils, tout ce peuple, et que le feu dévore

Le seul lieu sur la terre où Dieu veut qu’on l’adore ?

Que feriez-vous de plus, si des rois vos aïeux

Ce jeune enfant était un reste précieux !

JOSABETH, tout bas, à Joad.

Pour le sang de ses rois vous voyez sa tendresse :

Que ne lui parlez-vous ?

JOAD.

Que ne lui parlez-vous ? Il n’est pas temps, princesse.

ABNER.

Le temps est cher, seigneur, plus que vous ne pensez.

Tandis qu’à me répondre ici vous balancez,

Mathan, près d’Athalie, étincelant de rage,

Demande le signal, et presse le carnage.

Faut-il que je me mette à vos sacrés genoux ?

Au nom d’un lieu si saint qui n’est ouvert qu’à vous,

Lieu terrible où de Dieu la majesté repose,

Quelque dure que soit la loi qu’on vous impose,

De ce coup imprévu songeons à nous parer.

Donnez-moi seulement le temps de respirer :

Demain, dès cette nuit, je prendrai des mesures

Pour assurer le temple et venger ses injures.

Mais je vois que mes pleurs et que mes vains discours

Pour vous persuader sont un faible secours ;

Votre austère vertu n’en peut être frappée :

Eh bien ! trouvez-moi donc quelque arme, quelque épée ;

Et qu’aux portes du temple, où l’ennemi m’attend,

Abner puisse du moins mourir en combattant.

JOAD.

Je me rends. Vous m’ouvrez un avis que j’embrasse :

De tant de maux, Abner, détournons la menace.

Il est vrai, de David un trésor est resté,

La garde en fut commise à ma fidélité ;

C’était des tristes Juifs l’espérance dernière,

Que mes soins vigilants cachaient à la lumière.

Mais puisqu’à votre reine il faut le découvrir,

Je vais la contenter, nos portes vont s’ouvrir.

De ses plus braves chefs qu’elle entre accompagnée ;

Mais de nos saints autels qu’elle tienne éloignée

D’un ramas d’étrangers l’indiscrète fureur ;

Du pillage du temple épargnez-moi l’horreur.

Des prêtres, des enfants lui feraient-ils quelque ombre ?

De sa suite avec vous qu’elle règle le nombre.

Et quand à cet enfant si craint, si redouté,

De votre cœur, Abner, je connais l’équité ;

Je vous veux devant elle expliquer sa naissance ;

Vous verrez s’il le faut remettre en sa puissance ;

Et je vous ferai juge entre Athalie et lui.

ABNER.

Ah ! je le prends déjà, seigneur, sous mon appui.

Ne craignez rien. Je cours vers celle qui m’envoie.

Scène III.

JOAD, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, ISMAËL, deux lévites, le chœur.

JOAD.

Grand Dieu ! voici ton heure ; on t’amène ta proie !

Ismaël, écoutez.

(Il lui parle à l’oreille.)

JOSABETH.

Ismaël, écoutez. Puissant maître des cieux,

Remets-lui le bandeau dont tu couvris ses yeux

Lorsque, lui dérobant tout le fruit de son crime,

Tu cachas dans mon sein cette tendre victime !

JOAD.

Allez, sage Ismaël, ne perdez point de temps ;

Suivez de point en point ces ordres importants ;

Surtout qu’à son entrée, et que sur son passage,

Tout d’un calme profond lui présente l’image.

Vous, enfants, préparez un trône pour Joas ;

Qu’il s’avance suivi de nos sacrés soldats.

Faites venir aussi sa fidèle nourrice,

Princesse, et de vos pleurs que la source tarisse.

(à un lévite.) Vous, dès que cette reine ivre d’un fol orgueil,

De la porte du temple aura passé le seuil ;

Qu’elle ne pourra plus retourner en arrière,

Prenez soin qu’à l’instant la trompette guerrière,

Dans le camp ennemi jette un subit effroi ;

Appelez tout le peuple au secours de son roi ;

Et faites retentir jusques à son oreille

De Joas conservé l’étonnante merveille.

Il vient.

Scène IV.

JOAS, JOAD, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, AZARIAS, troupe de prêtres et de lévites, le chœur.

JOAD continue.

Il vient. Lévites saints, prêtres de notre Dieu,

Partout sans vous montrer environnez ce lieu ;

Et laissant à mes soins gouverner votre zèle,

Pour paraître attendez que ma voix vous appelle.

(Ils se cachent tous.) Roi, je crois qu’à vos vœux cet espoir est permis ;

Venez voir à vos pieds tomber vos ennemis.

Celle dont la fureur poursuivit votre enfance

Vers ces lieux à grands pas pour vous perdre s’avance ;

Mais ne la craignez point ; songez qu’autour de vous

L’ange exterminateur est debout avec nous.

Montez sur votre trône, et… Mais la porte s’ouvre :

Permettez un moment que ce voile vous couvre.

(Il tire un rideau.) Vous changez de couleur, princesse !

JOSABETH.

Vous changez de couleur, princesse ! Ah ! sans pâlir,

Puis-je voir d’assassins le temple se remplir ?

Quoi ! ne voyez-vous pas quelle nombreuse escorte…

JOAD.

Je vois que du saint temple on referme la porte :

Tout est en sûreté.

Scène V.

JOAS, ATHALIE, JOAD, JOSABETH, ABNER, suite d’athalie.

(Joas est caché derrière le rideau.)

ATHALIE, à Joad.

Tout est en sûreté. Te voilà, séducteur,

De ligues, de complots pernicieux auteur,

Qui dans le trouble seul a mis tes espérances,

Éternel ennemi des suprêmes puissances !

En l’appui de ton Dieu tu t’étais reposé :

De ton espoir frivole es-tu désabusé ?

Il laisse en mon pouvoir et son temple et ta vie.

Je devrais sur l’autel où ta main sacrifie

Te… Mais du prix qu’on m’offre il faut me contenter.

Ce que tu m’as promis, songe à l’exécuter :

Cet enfant, ce trésor qu’il faut qu’on me remette,

Où sont-ils ?

JOAD.

Où sont-ils ? Sur-le-champ tu seras satisfaite :

Je te les vais montrer l’un et l’autre à la fois.

(Le rideau se tire. On voit Joas sur son trône ; sa nourrice est à genoux à sa droite ; Azarias, l’épée à la main, est debout à sa gauche ; et près de lui Zacharie et Salomith sont à genoux sur les degrés du trône ; plusieurs lévites, l’épée à la main, sont rangés sur les côtés.)

Paraissez, cher enfant, digne sang de nos rois.

Connais-tu l’héritier du plus saint des monarques,

Reine ? de ton poignard connais du moins ces marques.

Voilà ton roi, ton fils, le fils d’Ochozias.

Peuples, et vous, Abner, reconnaissez Joas.

ABNER.

Ciel !

ATHALIE, à Joad.

Ciel ! Perfide !

JOAD.

Ciel ! Perfide ! Vois-tu cette Juive fidèle

Dont tu sais bien qu’alors il suçait la mamelle ?

Il fut par Josabeth à ta rage enlevé ;

Ce temple le reçut, et Dieu l’a conservé.

Des trésors de David voilà ce qui me reste.

ATHALIE.

Ta fourbe à cet enfant, traître, sera funeste.

D’un fantôme odieux, soldats, délivrez-moi.

JOAD.

Soldats du Dieu vivant, défendez votre roi.

(Le fond du théâtre s’ouvre : on voit le dedans du temple ; et les lévites armés sortent de tous côtés sur la scène.)

ATHALIE.

Où suis-je ? ô trahison ! ô reine infortunée !

D’armes et d’ennemis je suis environnée !

JOAD.

Tes yeux cherchent en vain, tu ne peux échapper,

Et Dieu de toutes parts a su t’envelopper.

Ce Dieu que tu bravais en nos mains t’a livrée :

Rends-lui compte du sang dont tu t’es enivrée.

ATHALIE.

Quoi ! la peur a glacé mes indignes soldats !

Lâche Abner, dans quel piége as-tu conduit mes pas !

ABNER.

Reine, Dieu m’est témoin…

ATHALIE.

Reine, Dieu m’est témoin… Laisse là ton Dieu, traître,

Et venge-moi.

ABNER, se jetant aux pieds de Joas.

Et venge-moi ! Sur qui ? sur Joas ! sur mon maître !

ATHALIE.

Lui, Joas ! lui ton roi ! Songez, méchants, songez

Que mes armes encor vous tiennent assiégés.

J’entends à haute voix tout mon camp qui m’appelle.

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