Athalie (page 5)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — éd. Didot 1854 · 7 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Quel est dans le lieu saint ce pontife égorgé ?

Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide,

Des prophètes divins malheureuse homicide !

De son amour pour toi ton Dieu s’est dépouillé ;

Ton encens à ses yeux est un encens souillé.

Où menez-vous ces enfants et ces femmes ?

Le Seigneur a détruit la reine des cités :

Ses prêtres sont captifs, ses rois sont rejetés ;

Dieu ne veut plus qu’on vienne à ses solennités :

Temple, renverse-toi ; cèdres, jetez des flammes.

Jérusalem, objet de ma douleur,

Quelle main en un jour t’a ravi tous tes charmes ?

Qui changera mes yeux en deux sources de larmes

Pour pleurer ton malheur ?

AZARIAS.

Ô saint temple !

JOSABETH.

Ô saint temple ! Ô David !

LE CHŒUR.

Ô saint temple ! Ô David ! Dieu de Sion, rappelle,

Rappelle en sa faveur tes antiques bontés.

(La symphonie recommence encore ; et Joad, un moment après, l’interrompt.)

JOAD.

Quelle Jérusalem nouvelle

Sort du fond du désert, brillante de clartés,

Et porte sur le front une marque immortelle ?

Peuples de la terre, chantez :

Jérusalem renaît plus charmante et plus belle.

D’où lui viennent de tous côtés

Ces enfants qu’en son sein elle n’a point portés ?

Lève, Jérusalem, lève ta tête altière ;

Regarde tous ces rois de ta gloire étonnés ;

Les rois des nations, devant toi prosternés,

De tes pieds baisent la poussière ;

Les peuples à l’envi marchent à ta lumière.

Heureux qui pour Sion d’une sainte ferveur

Sentira son âme embrasée !

Cieux, répandez votre rosée,

Et que la terre enfante son Sauveur !

JOSABETH.

Hélas ! d’où nous viendra cette insigne faveur,

Si les rois de qui doit descendre ce Sauveur…

JOAD.

Préparez, Josabeth, le riche diadème

Que sur son front sacré David porta lui-même.

(aux lévites.) Et vous, pour vous armer, suivez-moi dans ces lieux

Où se garde caché, loin des profanes yeux,

Ce formidable amas de lances et d’épées

Qui du sang philistin jadis furent trempées,

Et que David vainqueur, d’ans et d’honneurs chargé,

Fit consacrer au Dieu qui l’avait protégé.

Peut-on les employer pour un plus noble usage ?

Venez, je veux moi-même en faire le partage.

Scène VIII.

SALOMITH, le chœur.

SALOMITH.

Que de crainte, mes sœurs, que de troubles mortels !

Dieu tout-puissant, sont-ce là les prémices,

Les parfums et les sacrifices

Qu’on devait en ce jour offrir sur tes autels ?

UNE DES FILLES DU CHŒUR.

Quel spectacle à nos yeux timides !

Qui l’eût cru qu’on dût voir jamais

Les glaives meurtriers, les lances homicides

Briller dans la maison de paix ?

UNE AUTRE.

D’où vient que, pour son Dieu pleine d’indifférence,

Jérusalem se tait en ce pressant danger ?

D’où vient, mes sœurs, que, pour nous protéger,

Le brave Abner au moins ne rompt pas le silence ?

SALOMITH.

Hélas ! dans une cour où l’on n’a d’autres lois

Que la force et la violence,

Où les honneurs et les emplois

Sont le prix d’une aveugle et basse obéissance,

Ma sœur, pour la triste innocence

Qui voudrait élever sa voix ?

UNE AUTRE.

Dans ce péril, dans ce désordre extrême,

Pour qui prépare-t-on le sacré diadème ?

SALOMITH.

Le Seigneur a daigné parler ;

Mais ce qu’à son prophète il vient de révéler,

Qui pourra nous le faire entendre ?

S’arme-t-il pour nous défendre ?

S’arme-t-il pour nous accabler ?

TOUT LE CHŒUR chante.

Ô promesse ! ô menace ! ô ténébreux mystère !

Que de maux, que de biens sont prédits tour à tour !

Comment peut-on avec tant de colère

Accorder tant d’amour ?

UNE VOIX seule.

Sion ne sera plus : une flamme cruelle

Détruira tous ses ornements.

UNE AUTRE VOIX.

Dieu protége Sion ; elle a pour fondements

Sa parole éternelle.

LA PREMIÈRE.

Je vois tout son éclat disparaître à mes yeux.

LA SECONDE.

Je vois de toutes parts sa clarté répandue.

LA PREMIÈRE.

Dans un gouffre profond Sion est descendue.

LA SECONDE.

Sion a son front dans les cieux.

LA PREMIÈRE.

Quel triste abaissement !

LA SECONDE.

Quel triste abaissement ! Quelle immortelle gloire !

LA PREMIÈRE.

Que de cris de douleur !

LA SECONDE.

Que de cris de douleur ! Que de chants de victoire !

UNE TROISIÈME.

Cessons de nous troubler : notre Dieu, quelque jour,

Dévoilera ce grand mystère.

TOUTES TROIS.

Révérons sa colère ;

Espérons en son amour.

UNE AUTRE.

D’un cœur qui t’aime,

Mon Dieu, qui peut troubler la paix ?

Il cherche en tout ta volonté suprême,

Et ne se cherche jamais.

Sur la terre, dans le ciel même,

Est-il d’autre bonheur que la tranquille paix

D’un cœur qui t’aime ?

ACTE QUATRIÈME.

Scène première.

JOAS, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, un lévite, le chœur.

SALOMITH.

D’un pas majestueux, à côté de ma mère,

Le jeune Éliacin s’avance avec mon frère.

Dans ces voiles, mes sœurs, que portent-ils tous deux ?

Quel est ce glaive enfin qui marche devant eux ?

JOSABETH, à Zacharie.

Mon fils, avec respect posez sur cette table

De notre sainte loi le livre redoutable.

Et vous aussi, posez, aimable Éliacin,

Cet auguste bandeau près du livre divin.

Lévite, il faut placer, Joad ainsi l’ordonne,

Le glaive de David auprès de sa couronne.

JOAS.

Princesse, quel est donc ce spectacle nouveau ?

Pourquoi ce livre saint, ce glaive, ce bandeau ?

Depuis que le Seigneur m’a reçu dans son temple,

D’un semblable appareil je n’ai point vu d’exemple.

JOSABETH.

Tous vos doutes, mon fils, bientôt s’éclairciront.

JOAS.

Vous voulez essayer ce bandeau sur mon front ?

Ah ! princesse, gardez d’en profaner la gloire :

Du roi qui l’a porté respectez la mémoire.

Un malheureux enfant aux ours abandonné…

JOSABETH, lui essayant le diadème.

Laissez, mon fils : je fais ce qui m’est ordonné.

JOAS.

Mais j’entends les sanglots sortir de votre bouche !

Princesse, vous pleurez ! Quelle pitié vous touche ?

Est-ce qu’en holocauste aujourd’hui présenté,

Je dois, comme autrefois la fille de Jephté,

Du Seigneur par ma mort apaiser la colère ?

Hélas ! un fils n’a rien qui ne soit à son père.

JOSABETH.

Voici qui vous dira les volontés des cieux.

Ne craignez rien. Et nous, sortons tous de ces lieux.

Scène II.

JOAS, JOAD.

JOAS, courant dans les bras du grand prêtre.

Mon père !

JOAD.

Mon père ! Eh bien, mon fils ?

JOAS.

Mon père ! Eh bien, mon fils ? Qu’est-ce donc qu’on prépare ?

JOAD.

Il est juste, mon fils, que je vous le déclare.

Il faut que vous soyez instruit, même avant tous,

Des grands desseins de Dieu sur son peuple et sur vous.

Armez-vous d’un courage et d’une foi nouvelle :

Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle

Qu’au fond de votre cœur mes soins ont cultivés,

Et de payer à Dieu ce que vous lui devez.

Sentez-vous cette noble et généreuse envie ?

JOAS.

Je me sens prêt, s’il veut, de lui donner ma vie.

JOAD.

On vous a lu souvent l’histoire de nos rois :

Vous souvient-il, mon fils, quelles étroites lois

Doit s’imposer un roi digne du diadème ?

JOAS.

Un roi sage, ainsi Dieu l’a prononcé lui-même,

Sur la richesse et l’or ne met point son appui,

Craint le Seigneur son Dieu, sans cesse a devant lui

Ses préceptes, ses lois, ses jugements sévères,

Et d’injustes fardeaux n’accable point ses frères.

JOAD.

Mais sur l’un de ces rois s’il fallait vous régler,

À qui choisiriez-vous, mon fils, de ressembler ?

JOAS.

David, pour le Seigneur plein d’un amour fidèle,

Me paraît des grands rois le plus parfait modèle.

JOAD.

Ainsi dans leurs excès vous n’imiteriez pas

L’infidèle Joram, l’impie Ochozias ?

JOAS.

Ô mon père !

JOAD.

Ô mon père ! Achevez, dites : que vous en semble ?

JOAS.

Puisse périr comme eux quiconque leur ressemble !

(Joad se prosterne à ses pieds.) Mon père, en quel état vous vois-je devant moi !

JOAD.

Je vous rends le respect que je dois à mon roi.

De votre aïeul David, Joas, rendez-vous digne.

JOAS.

Joas ! Moi ?

JOAD, se relevant.

Joas ! Moi ? Vous saurez par quelle grâce insigne,

D’une mère en fureur Dieu trompant le dessein,

Quand déjà son poignard était dans votre sein,

Vous choisit, vous sauva du milieu du carnage.

Vous n’êtes pas encore échappé de sa rage :

Avec la même ardeur qu’elle voulut jadis

Perdre en vous le dernier des enfants de son fils,

À vous faire périr sa cruauté s’attache,

Et vous poursuit encor sous le nom qui vous cache.

Mais sous vos étendards j’ai déjà su ranger

Un peuple obéissant et prompt à vous venger.

Entrez, généreux chefs des familles sacrées,

Du ministère saint tour à tour honorées.

Scène III.

JOAS, JOAD, AZARIAS, ISMAËL, et les trois autres chefs des lévites.

JOAD continue.

Roi, voilà vos vengeurs contre vos ennemis.

Prêtres, voilà le roi que je vous ai promis.

AZARIAS.

Quoi ! c’est Éliacin ?

ISMAËL

Quoi ! c’est Éliacin ? Quoi ! cet enfant aimable…

JOAD.

Est des rois de Juda l’héritier véritable,

Dernier né des enfants du triste Ochozias,

Nourri, vous le savez, sous le nom de Joas.

De cette fleur si tendre et si tôt moissonnée,

Tout Juda, comme vous, plaignant la destinée,

Avec ses frères morts le crut enveloppé.

Du perfide couteau comme eux il fut frappé ;

Mais Dieu du coup mortel sut détourner l’atteinte,

Conserva dans son cœur la chaleur presque éteinte

Permit que des bourreaux trompant l’œil vigilant,

Josabeth dans son sein l’emportât tout sanglant,

Et n’ayant de son vol que moi seul pour complice,

Dans le temple cachât l’enfant et la nourrice.

JOAS.

Hélas ! de tant d’amour et de tant de bienfaits,

Mon père, quel moyen de m’acquitter jamais ?

JOAD.

Gardez pour d’autres temps cette reconnaissance.

Voilà donc votre roi, votre unique espérance.

J’ai pris soin jusqu’ici de vous le conserver :

Ministres du seigneur, c’est à vous d’achever.

Bientôt de Jézabel la fille meurtrière,

Instruite que Joas voit encor la lumière,

Dans l’horreur du tombeau viendra le replonger :

Déjà, sans le connaître, elle veut l’égorger.

Prêtres saints, c’est à vous de prévenir sa rage ;

Il faut finir des Juifs le honteux esclavage,

Venger vos princes morts, relever votre loi,

Et faire aux deux tribus reconnaître leur roi.

L’entreprise, sans doute, est grande et périlleuse :

J’attaque sur son trône une reine orgueilleuse,

Qui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreux

De hardis étrangers, d’infidèles Hébreux ;

Mais ma force est au Dieu dont l’intérêt me guide.

Songez qu’en cet enfant tout Israël réside.

Déjà ce Dieu vengeur commence à la troubler ;

Déjà, trompant ses soins, j’ai su vous rassembler.

Elle nous croit ici sans armes, sans défense.

Couronnons, proclamons Joas en diligence :

De là, du nouveau prince intrépides soldats,

Marchons, en invoquant l’arbitre des combats ;

Et réveillant la foi dans les cœurs endormie,

Jusque dans son palais cherchons notre ennemie.

Et quels cœurs si plongés dans un lâche sommeil,

Nous voyant avancer dans ce saint appareil,

Ne s’empresseront pas à suivre notre exemple ?

Un roi que Dieu lui-même a nourri dans son temple,

Le successeur d’Aaron de ses prêtres suivi,

Conduisant au combat les enfants de Lévi,

Et dans ces mêmes mains des peuples révérées

Les armes au Seigneur par David consacrées !

Dieu sur ses ennemis répandra sa terreur.

Dans l’infidèle sang baignez-vous sans horreur ;

Frappez et Tyriens, et même Israélites.

Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites

Qui, lorsqu’au dieu du Nil le volage Israël

Rendit dans le désert un culte criminel,

De leurs plus chers parents saintement homicides,

Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides,

Et par ce noble exploit vous acquirent l’honneur

D’être seuls employés aux autels du Seigneur ?

Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre.

Jurez donc, avant tout, sur cet auguste livre,

À ce roi que le ciel vous redonne aujourd’hui,

De vivre, de combattre et de mourir pour lui.

AZARIAS.

Oui, nous jurons ici pour nous, pour tous nos frères,

De rétablir Joas au trône de ses pères,

De ne poser le fer entre nos mains remis,

Qu’après l’avoir vengé de tous ses ennemis.

Si quelque transgresseur enfreint cette promesse,

Qu’il éprouve, grand Dieu, ta fureur vengeresse ;

Qu’avec lui ses enfants, de ton partage exclus,

Soient au rang de ces morts que tu ne connais plus !

JOAD.

Et vous, à cette loi votre règle éternelle,

Roi, ne jurez-vous pas d’être toujours fidèle ?

JOAS.

Pourrais-je à cette loi ne me pas conformer ?

JOAD.

Ô mon fils, de ce nom j’ose encor vous nommer,

Souffrez cette tendresse, et pardonnez aux larmes

Que m’arrachent pour vous de trop justes alarmes.

Loin du trône nourri, de ce fatal honneur,

Hélas ! vous ignorez le charme empoisonneur ;

De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse,

Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse.

Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois,

Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois ;

Qu’un roi n’a d’autre frein que sa volonté même ;

Qu’il doit immoler tout à sa grandeur suprême ;

Qu’aux larmes, au travail, le peuple est condamné,

Et d’un sceptre de fer veut être gouverné ;

Que, s’il n’est opprimé, tôt ou tard il opprime :

Ainsi de piége en piége, et d’abîme en abîme,

Corrompant de vos mœurs l’aimable pureté,

Ils vous feront enfin haïr la vérité,

Vous peindront la vertu sous une affreuse image.

Hélas ! ils ont des rois égaré le plus sage.

Promettez sur ce livre, et devant ces témoins,

Que Dieu fera toujours le premier de vos soins ;

Que, sévère aux méchants, et des bons le refuge,

Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge ;

Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin,

Comme eux vous fûtes pauvre, et comme eux orphelin.

JOAS.

Je promets d’observer ce que la loi m’ordonne.

Mon Dieu, punissez-moi si je vous abandonne.

JOAD.

Venez : de l’huile sainte il faut vous consacrer ;

Paraissez, Josabeth : vous pouvez vous montrer.

Scène IV.

JOAS, JOAD, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, AZARIAS, ISMAËL, les trois autres chefs des lévites, le chœur.

JOSABETH, embrassant Joas.

Ô roi, fils de David !

JOAS.

Ô Roi, fils de David ! Ô mon unique mère !

Venez, cher Zacharie, embrasser votre frère.

JOSABETH, à Zacharie.

Aux pieds de votre roi, prosternez-vous, mon fils.

(Zacharie se jette aux pieds de Joas.)

JOAD, pendant qu’ils s’embrassent.

Enfants, ainsi toujours puissiez-vous être unis !

JOSABETH, à Joas.

Vous savez donc quel sang vous a donné la vie ?

JOAS.

Et je sais quelle main sans vous me l’eût ravie.

JOSABETH.

De votre nom, Joas, je puis donc vous nommer.

JOAS.

Joas ne cessera jamais de vous aimer.

LE CHŒUR.

Quoi ! c’est là…

JOSABETH.

Quoi ! c’est là… C’est Joas.

JOAD.

Quoi ! c’est là… C’est Joas. Écoutons ce lévite.

Scène V.

JOAS, JOAD, JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH, AZARIAS, ISMAËL, les trois autres chefs des lévites, un lévite, le chœur.

UN LÉVITE.

J’ignore contre Dieu quel projet on médite ;

Mais l’airain menaçant frémit de toutes parts ;

On voit luire des feux parmi des étendards,

Et sans doute Athalie assemble son armée :

Déjà même au secours toute voie est fermée ;

Déjà le sacré mont où le temple est bâti

D’insolents Tyriens est partout investi ;

L’un d’eux, en blasphémant, vient de nous faire entendre

Qu’Abner est dans les fers, et ne peut nous défendre.

JOSABETH, à Joas.

Cher enfant, que le ciel en vain m’avait rendu,

Hélas ! pour vous sauver j’ai fait ce que j’ai pu :

Dieu ne se souvient plus de David votre père !

JOAD, à Josabeth.

Quoi ! vous ne craignez pas d’attirer sa colère

Sur vous et sur ce roi si cher à votre amour ?

Et quand Dieu, de vos bras l’arrachant sans retour,

Voudrait que de David la maison fût éteinte,

N’êtes-vous pas ici sur la montagne sainte

Où le père des Juifs sur son fils innocent

Leva sans murmurer un bras obéissant,

Et mit sur un bûcher ce fruit de sa vieillesse,

Laissant à Dieu le soin d’accomplir sa promesse ;

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