Bajazet (page 4)
ATALIDE.
Hélas !
ACOMAT.
Hélas ! Ils m’ont alors aperçu l’un et l’autre.
« Voilà, m’a-t-elle dit, votre prince et le nôtre.
« Je vais, brave Acomat, le remettre en vos mains.
« Allez lui préparer les honneurs souverains ;
« Qu’un peuple obéissant l’attende dans le temple :
« Le sérail va bientôt vous en donner l’exemple. »
Aux pieds de Bajazet alors je suis tombé :
Et soudain à leurs yeux je me suis dérobé :
Trop heureux d’avoir pu, par un récit fidèle,
De leur paix, en passant, vous conter la nouvelle,
Et m’acquitter vers vous de mes respects profonds !
Je vais le couronner, madame, et j’en réponds.
Scène III.
ATALIDE, ZAÏRE.
ATALIDE.
Allons, retirons-nous, ne troublons point leur joie.
ZAÏRE.
Ah ! madame, croyez…
ATALIDE.
Ah ! madame, croyez… Que veux-tu que je croie ?
Quoi donc ! à ce spectacle irai-je m’exposer ?
Tu vois que c’en est fait, ils se vont épouser ;
La sultane est contente ; il assure qu’il l’aime.
Mais je ne m’en plains pas, je l’ai voulu moi-même.
Cependant croyais-tu, quand, jaloux de sa foi,
Il s’allait plein d’amour sacrifier pour moi ;
Lorsque son cœur, tantôt, m’exprimant sa tendresse,
Refusait à Roxane une simple promesse ;
Quand mes larmes en vain tâchaient de l’émouvoir ;
Quand je m’applaudissais de leur peu de pouvoir,
Croyais-tu que son cœur, contre toute apparence,
Pour la persuader trouvât tant d’éloquence ?
Ah ! peut-être, après tout, que, sans trop se forcer,
Tout ce qu’il a pu dire, il a pu le penser.
Peut-être en la voyant, plus sensible pour elle,
Il a vu dans ses yeux quelque grâce nouvelle ;
Elle aura devant lui fait parler ses douleurs ;
Elle l’aime ; un empire autorise ses pleurs :
Tant d’amour touche enfin une âme généreuse.
Hélas ! que de raisons contre une malheureuse !
ZAÏRE.
Mais ce succès, madame, est encore incertain.
Attendez.
ATALIDE.
Attendez. Non, vois-tu, je le nîrais en vain.
Je ne prends point plaisir à croître ma misère ;
Je sais pour se sauver tout ce qu’il a dû faire.
Quand mes pleurs vers Roxane ont rappelé ses pas,
Je n’ai point prétendu qu’il ne m’obéît pas :
Mais après les adieux que je venais d’entendre,
Après tous les transports d’une douleur si tendre,
Je sais qu’il n’a point dû lui faire remarquer
La joie et les transports qu’on vient de m’expliquer.
Toi-même, juge-nous, et vois si je m’abuse :
Pourquoi de ce conseil moi seule suis-je excluse ?
Au sort de Bajazet ai-je si peu de part ?
À me chercher lui-même attendrait-il si tard,
N’était que de son cœur le trop juste reproche
Lui fait peut-être, hélas ! éviter cette approche ?
Mais non, je lui veux bien épargner ce souci :
Il ne me verra plus.
ZAÏRE.
Il ne me verra plus. Madame, le voici.
Scène IV.
BAJAZET, ATALIDE, ZAÏRE.
BAJAZET.
C’en est fait, j’ai parlé, vous êtes obéie.
Vous n’avez plus, madame, à craindre pour ma vie ;
Et je serais heureux, si la foi, si l’honneur,
Ne me reprochaient point mon injuste bonheur ;
Si mon cœur, dont le trouble en secret me condamne,
Pouvait me pardonner aussi bien que Roxane.
Mais enfin je me vois les armes à la main ;
Je suis libre, et je puis contre un frère inhumain,
Non plus par un silence aidé de votre adresse,
Disputer en ces lieux le cœur de sa maîtresse,
Mais par de vrais combats, par de nobles dangers,
Moi-même le cherchant aux climats étrangers,
Lui disputer les cœurs du peuple et de l’armée,
Et pour juge entre nous prendre la renommée.
Que vois-je ? qu’avez-vous ? Vous pleurez !
ATALIDE.
Que vois-je ? qu’avez-vous ? Vous pleurez ! Non, seigneur,
Je ne murmure point contre votre bonheur :
Le ciel, le juste ciel vous devait ce miracle.
Vous savez si jamais j’y formai quelque obstacle :
Tant que j’ai respiré, vos yeux me sont témoins
Que votre seul péril occupait tous mes soins ;
Et puisqu’il ne pouvait finir qu’avec ma vie,
C’est sans regret aussi que je la sacrifie.
Il est vrai, si le ciel eût écouté mes vœux,
Qu’il pouvait m’accorder un trépas plus heureux :
Vous n’en auriez pas moins épousé ma rivale ;
Vous pouviez l’assurer de la foi conjugale ;
Mais vous n’auriez pas joint à ce titre d’époux
Tous ces gages d’amour qu’elle a reçus de vous.
Roxane s’estimait assez récompensée :
Et j’aurais en mourant cette douce pensée,
Que vous ayant moi-même imposé cette loi,
Je vous ai vers Roxane envoyé plein de moi ;
Qu’emportant chez les morts toute votre tendresse,
Ce n’est point un amant en vous que je lui laisse.
BAJAZET.
Que parlez-vous, madame, et d’époux et d’amant ?
Ô ciel ! de ce discours quel est le fondement ?
Qui peut vous avoir fait ce récit infidèle ?
Moi j’aimerais Roxane, ou je vivrais pour elle,
Madame ! Ah ! croyez-vous que, loin de le penser,
Ma bouche seulement eût pu le prononcer ?
Mais l’un ni l’autre enfin n’était point nécessaire :
La sultane a suivi son penchant ordinaire,
Et soit qu’elle ait d’abord expliqué mon retour
Comme un gage certain qui marquait mon amour,
Soit que le temps trop cher la pressât de se rendre,
À peine ai-je parlé, que, sans presque m’entendre,
Ses pleurs précipités ont coupé mes discours :
Elle met dans ma main sa fortune, ses jours,
Et se fiant enfin à ma reconnaissance,
D’un hymen infaillible a formé l’espérance.
Moi-même rougissant de sa crédulité,
Et d’un amour si tendre et si peu mérité,
Dans ma confusion, que Roxane, madame,
Attribuait encore à l’excès de ma flamme,
Je me trouvais barbare, injuste, criminel.
Croyez qu’il m’a fallu, dans ce moment cruel,
Pour garder jusqu’au bout un silence perfide,
Rappeler tout l’amour que j’ai pour Atalide.
Cependant, quand je viens, après de tels efforts.
Chercher quelque secours contre tous mes remords,
Vous-même contre moi je vous vois, irritée,
Reprocher votre mort à mon âme agitée ;
Je vois enfin, je vois qu’en ce même moment
Tout ce que je vous dis vous touche faiblement…
Madame, finissons et mon trouble et le vôtre.
Ne nous affligeons point vainement l’un et l’autre.
Roxane n’est pas loin : laissez agir ma foi :
J’irai, bien plus content et de vous et de moi,
Détromper son amour d’une feinte forcée,
Que je n’allais tantôt déguiser ma pensée.
La voici.
ATALIDE.
La voici. Juste ciel ! où va-t-il s’exposer ?
Si vous m’aimez, gardez de la désabuser.
Scène V.
BAJAZET, ROXANE, ATALIDE, ZAÏRE.
ROXANE.
Venez, seigneur, venez : il est temps de paraître,
Et que tout le sérail reconnaisse son maître :
Tout ce peuple nombreux dont il est habité,
Assemblé par mon ordre, attend ma volonté.
Mes esclaves gagnés, que le reste va suivre,
Sont les premiers sujets que mon amour vous livre.
L’auriez-vous cru, madame, et qu’un si prompt retour
Fît à tant de fureur succéder tant d’amour ?
Tantôt, à me venger fixe et déterminée,
Je jurais qu’il voyait sa dernière journée :
À peine cependant Bajazet m’a parlé ;
L’amour fit le serment, l’amour l’a violé.
J’ai cru dans son désordre entrevoir sa tendresse :
J’ai prononcé sa grâce, et je crois sa promesse.
BAJAZET.
Oui, je vous ai promis et j’ai donné ma foi
De n’oublier jamais tout ce que je vous doi ;
J’ai juré que mes soins, ma juste complaisance,
Vous répondront toujours de ma reconnaissance.
Si je puis à ce prix mériter vos bienfaits,
Je vais de vos bontés attendre les effets.
Scène VI.
ROXANE, ATALIDE, ZAÏRE.
ROXANE.
De quel étonnement, ô ciel ! suis-je frappée ?
Est-ce un songe ? et mes yeux ne m’ont-ils point trompée ?
Quel est ce sombre accueil, et ce discours glacé
Qui semble révoquer tout ce qui s’est passé ?
Sur quel espoir croit-il que je me sois rendue,
Et qu’il ait regagné mon amitié perdue ?
J’ai cru qu’il me jurait que jusques à la mort
Son amour me laissait maîtresse de son sort.
Se repent-il déjà de m’avoir apaisée ?
Mais moi-même tantôt me serais-je abusée ?
Ah !… Mais il vous parlait : quels étaient ses discours,
Madame ?
ATALIDE.
Madame ? Moi, madame ! il vous aime toujours.
ROXANE.
Il y va de sa vie, au moins, que je le croie.
Mais, de grâce, parmi tant de sujets de joie,
Répondez-moi, comment pouvez-vous expliquer
Ce chagrin qu’en sortant il m’a fait remarquer ?
ATALIDE.
Madame, ce chagrin n’a point frappé ma vue.
Il m’a de vos bontés longtemps entretenue,
Il en était tout plein quand je l’ai rencontré ;
J’ai cru le voir sortir tel qu’il était entré.
Mais, madame, après tout, faut-il être surprise
Que, tout près d’achever cette grande entreprise,
Bajazet s’inquiète, et qu’il laisse échapper
Quelques marques des soins qui doivent l’occuper ?
ROXANE.
Je vois qu’à l’excuser votre adresse est extrême :
Vous parlez mieux pour lui qu’il ne parle lui-même.
ATALIDE.
Et quel autre intérêt…
ROXANE.
Et quel autre intérêt… Madame, c’est assez.
Je conçois vos raisons mieux que vous ne pensez.
Laissez-moi : j’ai besoin d’un peu de solitude,
Ce jour me jette aussi dans quelque inquiétude :
J’ai, comme Bajazet, mon chagrin et mes soins,
Et je veux un moment y penser sans témoins.
Scène VII.
ROXANE.
De tout ce que je vois que faut-il que je pense ?
Tous deux à me tromper sont-ils d’intelligence ?
Pourquoi ce changement, ce discours, ce départ ?
N’ai-je pas même entre eux surpris quelque regard ?
Bajazet interdit ! Atalide étonnée !
Ô ciel ! à cet affront m’auriez-vous condamnée ?
De mon aveugle amour seraient-ce là les fruits ?
Tant de jours douloureux, tant d’inquiètes nuits ;
Mes brigues, mes complots, ma trahison fatale,
N’aurai-je tout tenté que pour une rivale ?
Mais peut-être qu’aussi, trop prompte à m’affliger,
J’observe de trop près un chagrin passager :
J’impute à son amour l’effet de son caprice.
N’eût-il pas jusqu’au bout conduit son artifice ?
Prêt à voir le succès de son déguisement,
Quoi ! ne pouvait-il pas feindre encore un moment ?
Non, non, rassurons-nous : trop d’amour m’intimide.
Et pourquoi dans son cœur redouter Atalide ?
Quel serait son dessein ? Qu’a-t-elle fait pour lui ?
Qui de nous deux enfin le couronne aujourd’hui ?
Mais, hélas ! de l’amour ignorons-nous l’empire ?
Si par quelque autre charme Atalide l’attire,
Qu’importe qu’il nous doive et le sceptre et le jour ?
Les bienfaits dans un cœur balancent-ils l’amour ?
Et sans chercher plus loin, quand l’ingrat me sut plaire,
Ai-je mieux reconnu les bontés de son frère ?
Ah ! si d’une autre chaîne il n’était point lié,
L’offre de mon hymen l’eût-il tant effrayé ?
N’eût-il pas sans regret secondé mon envie ?
L’eût-il refusé, même aux dépens de sa vie ?
Que de justes raisons… Mais qui vient me parler ?
Que veut-on ?
Scène VIII.
ROXANE, ZATIME.
ZATIME.
Que veut-on ? Pardonnez si j’ose vous troubler :
Mais, madame, un esclave arrive de l’armée ;
Et quoique sur la mer la porte fût fermée,
Les gardes, sans tarder, l’ont ouverte à genoux,
Aux ordres du sultan qui s’adressent à vous.
Mais ce qui me surprend, c’est Orcan qu’il envoie.
ROXANE.
Orcan !
ZATIME.
Orcan ! Oui, de tous ceux que le sultan emploie,
Orcan, le plus fidèle à servir ses desseins,
Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains.
Madame, il vous demande avec impatience.
Mais j’ai cru vous devoir avertir par avance ;
Et souhaitant surtout qu’il ne vous surprît pas,
Dans votre appartement j’ai retenu ses pas.
ROXANE.
Quel malheur imprévu vient encor me confondre ?
Quel peut être cet ordre ? et que puis-je répondre ?
Il n’en faut point douter, le sultan inquiet
Une seconde fois condamne Bajazet.
On ne peut sur ses jours sans moi rien entreprendre :
Tout m’obéit ici. Mais dois-je le défendre ?
Quel est mon empereur ? Bajazet ? Amurat ?
Jai trahi l’un ; mais l’autre est peut-être un ingrat.
Le temps presse. Que faire en ce doute funeste ?
Allons, employons bien le moment qui nous reste.
Ils ont beau se cacher, l’amour le plus discret
Laisse par quelque marque échapper son secret.
Observons Bajazet ; étonnons Atalide ;
Et couronnons l’amant, ou perdons le perfide.
ACTE QUATRIÈME.
Scène première.
ATALIDE, ZAÏRE.
ATALIDE.
Ah ! sais-tu mes frayeurs ? sais-tu que dans ces lieux
J’ai vu du fier Orcan le visage odieux ?
En ce moment fatal, que je crains sa venue !
Que je crains… Mais, dis-moi, Bajazet t’a-t-il vue ?
Qu’a-t-il dit ? se rend-il, Zaïre, à mes raisons ?
Ira-t-il voir Roxane, et calmer ses soupçons ?
ZAÏRE.
Il ne peut plus la voir sans qu’elle le commande :
Roxane ainsi l’ordonne, elle veut qu’il l’attende.
Sans doute à cet esclave elle veut le cacher.
J’ai feint en le voyant de ne le point chercher.
J’ai rendu votre lettre, et j’ai pris sa réponse.
Madame, vous verrez ce qu’elle vous annonce.
ATALIDE, lit :
« Après tant d’injustes détours,
« Faut-il qu’à feindre encor votre amour me convie !
« Mais je veux bien prendre soin d’une vie
« Dont vous jurez que dépendent vos jours:
« Je verrai la sultane; et, par ma complaisance,
« Par de nouveaux serments de ma reconnaissance,
« J’apaiserai, si je puis, son courroux.
« N’exigez rien de plus : ni la mort, ni vous-même
« Ne me ferez jamais prononcer que je l’aime,
« Puisque jamais je n’aimerai que vous. »
Hélas ! que me dit-il ? croit-il que je l’ignore ?
Ne sais-je pas assez qu’il m’aime, qu’il m’adore ?
Est-ce ainsi qu’à mes vœux il sait s’accommoder ?
C’est Roxane, et non moi, qu’il faut persuader.
De quelle crainte encor me laisse-t-il saisie !
Funeste aveuglement ! perfide jalousie !
Récit menteur, soupçons que je n’ai pu celer,
Fallait-il vous entendre, ou fallait-il parler !
C’était fait, mon bonheur surpassait mon attente:
J’étais aimée, heureuse; et Roxane contente.
Zaïre, s’il se peut, retourne sur tes pas :
Qu’il l’apaise. Ces mots ne me suffisent pas :
Que sa bouche, ses yeux, tout l’assure qu’il l’aime :
Qu’elle le croie enfin. Que ne puis-je moi-même,
Échauffant par mes pleurs ses soins trop languissants,
Mettre dans ses discours tout l’amour que je sens !
Mais à d’autres périls je crains de le commettre.
ZAÏRE.
Roxane vient à vous.
ATALIDE.
Roxane vient à vous. Ah ! cachons cette lettre !
Scène II.
ROXANE, ATALIDE, ZATIME, ZAÏRE.
ROXANE, à Zatime.
Viens. J’ai reçu cet ordre. Il faut l’intimider.
ATALIDE, à Zaïre.
Va, cours ; et tâche enfin de le persuader.
Scène III.
ROXANE, ATALIDE, ZATIME.
ROXANE.
Madame, j’ai reçu des lettres de l’armée.
De tout ce qui s’y passe êtes-vous informée ?
ATALIDE.
On m’a dit que du camp un esclave est venu :
Le reste est un secret qui ne m’est pas connu.
ROXANE.
Amurat est heureux : la fortune est changée,
Madame, et sous ses lois Babylone est rangée.
ATALIDE.
Eh quoi, madame ! Osmin…
ROXANE.
Eh quoi, madame ! Osmin… Était mal averti ;
Et depuis son départ cet esclave est parti.
C’en est fait.
ATALIDE, à part.
C’en est fait. Quel revers !
ROXANE.
C’en est fait. Quel revers ! Pour comble de disgrâce,
Le sultan, qui l’envoie, est parti sur ses traces.
ATALIDE.
Quoi ! les Persans armés ne l’arrêtent donc pas ?
ROXANE.
Non, madame, vers nous il revient à grands pas.
ATALIDE.
Que je vous plains, madame ! et qu’il est nécessaire
D’achever promptement ce que vous vouliez faire !
ROXANE.
Il est tard de vouloir s’opposer au vainqueur.
ATALIDE, à part.
Ô ciel !
ROXANE.
Ô ciel ! Le temps n’a point adouci sa rigueur.
Vous voyez dans mes mains sa volonté suprême.
ATALIDE.
Et que vous mande-t-il ?
ROXANE.
Et que vous mande-t-il ? Voyez : lisez vous-même.
Vous connaissez, madame, et la lettre et le seing.
ATALIDE.
Du cruel Amurat je reconnais la main.
(elle lit.) « Avant que Babylone éprouvât ma puissance,
« Je vous ai fait porter mes ordres absolus :
« Je ne veux point douter de votre obéissance,
« Et crois que maintenant Bajazet ne vit plus.
« Je laisse sous mes lois Babylone asservie,
« Et confirme en partant mon ordre souverain.
« Vous, si vous avez soin de votre propre vie,
« Ne vous montrez à moi que sa tête à la main. »
ROXANE.
Eh bien ?
ATALIDE, à part.
Eh bien ? Cache tes pleurs, malheureuse Atalide !
ROXANE.
Que vous semble ?
ATALIDE.
Que vous semble ? Il poursuit son dessein parricide.