Bérénice (page 5)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Bérénice (éditions Didot, 1854) · 6 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Je ne vous parle point d’un heureux hyménée.

Rome à ne vous plus voir m’a-t-elle condamnée ?

Pourquoi m’enviez-vous l’air que vous respirez ?

TITUS.

Hélas ! vous pouvez tout, madame : demeurez ;

Je n’y résiste point. Mais je sens ma faiblesse :

Il faudra vous combattre et vous craindre sans cesse,

Et sans cesse veiller à retenir mes pas,

Que vers vous à toute heure entraînent vos appas.

Que dis-je ? en ce moment mon cœur, hors de lui-même,

S’oublie, et se souvient seulement qu’il vous aime.

BÉRÉNICE.

Eh bien, seigneur, eh bien, qu’en peut-il arriver ?

Voyez-vous les Romains prêts à se soulever ?

TITUS.

Et qui sait de quel œil ils prendront cette injure ?

S’ils parlent, si les cris succèdent au murmure,

Faudra-t-il par le sang justifier mon choix ?

S’ils se taisent, madame, et me vendent leurs lois,

À quoi m’exposez-vous ? Par quelle complaisance

Faudra-t-il quelque jour payer leur patience ?

Que n’oseront-ils point alors me demander ?

Maintiendrai-je des lois que je ne puis garder ?

BÉRÉNICE.

Vous ne comptez pour rien les pleurs de Bérénice !

TITUS.

Je les compte pour rien ! Ah ciel ! quelle injustice !

BÉRÉNICE.

Quoi ! pour d’injustes lois que vous pouvez changer,

En d’éternels chagrins vous-même vous plonger !

Rome a ses droits, seigneur : n’avez-vous pas les vôtres ?

Ses intérêts sont-ils plus sacrés que les nôtres ?

Dites, parlez.

TITUS.

Dites, parlez. Hélas ! que vous me déchirez !

BÉRÉNICE.

Vous êtes empereur, seigneur, et vous pleurez !

TITUS.

Oui, madame, il est vrai, je pleure, je soupire,

Je frémis. Mais enfin, quand j’acceptai l’empire,

Rome me fit jurer de maintenir ses droits :

Je dois les maintenir. Déjà, plus d’une fois,

Rome a de mes pareils exercé la constance.

Ah ! si vous remontiez jusques à sa naissance,

Vous les verriez toujours à ses ordres soumis :

L’un, jaloux de sa foi, va chez les ennemis

Chercher, avec la mort, la peine toute prête ;

D’un fils victorieux l’autre proscrit la tête ;

L’autre, avec des yeux secs, et presque indifférents,

Voit mourir ses deux fils par son ordre expirants.

Malheureux ! mais toujours la patrie et la gloire

Ont parmi les Romains remporté la victoire.

Je sais qu’en vous quittant le malheureux Titus

Passe l’austérité de toutes leurs vertus ;

Qu’elle n’approche point de cet effort insigne :

Mais, madame, après tout, me croyez-vous indigne

De laisser un exemple à la postérité,

Qui, sans de grands efforts, ne puisse être imité ?

BÉRÉNICE.

Non, je crois tout facile à votre barbarie :

Je vous crois digne, ingrat, de m’arracher la vie.

De tous vos sentiments mon cœur est éclairci.

Je ne vous parle plus de me laisser ici :

Qui ? moi, j’aurais voulu, honteuse et méprisée,

D’un peuple qui me hait soutenir la risée ?

J’ai voulu vous pousser jusques à ce refus.

C’en est fait, et bientôt vous ne me craindrez plus.

N’attendez pas ici que j’éclate en injures,

Que j’atteste le ciel, ennemi des parjures ;

Non : si le ciel encore est touché de mes pleurs,

Je le prie, en mourant, d’oublier mes douleurs.

Si je forme des vœux contre votre injustice,

Si, devant que mourir, la triste Bérénice

Vous veut de son trépas laisser quelque vengeur,

Je ne le cherche, ingrat, qu’au fond de votre cœur.

Je sais que tant d’amour n’en peut être effacée ;

Que ma douleur présente, et ma bonté passée,

Mon sang qu’en ce palais je veux même verser,

Sont autant d’ennemis que je vais vous laisser :

Et sans me repentir de ma persévérance,

Je me remets sur eux de toute ma vengeance.

Adieu.

Scène VI.

TITUS, PAULIN.

PAULIN.

Adieu. Dans quel dessein vient-elle de sortir,

Seigneur ? Est-elle enfin disposée à partir ?

TITUS.

Paulin, je suis perdu, je n’y pourrai survivre :

La reine veut mourir. Allons, il faut la suivre.

Courons à son secours.

PAULIN.

Courons à son secours. Eh quoi ! n’avez-vous pas

Ordonné dès tantôt qu’on observe ses pas ?

Ses femmes, à toute heure autour d’elle empressées,

Sauront la détourner de ces tristes pensées ;

Non, non, ne craignez rien. Voilà les plus grands coups,

Seigneur ; continuez, la victoire est à vous.

Je sais que sans pitié vous n’avez pu l’entendre,

Moi-même, en la voyant, je n’ai pu m’en défendre.

Mais regardez plus loin : songez, en ce malheur,

Quelle gloire va suivre un moment de douleur,

Quels applaudissements l’univers vous prépare,

Quel rang dans l’avenir…

TITUS.

Quel rang dans l’avenir… Non, je suis un barbare ;

Moi-même je me hais. Néron, tant détesté,

N’a point à cet excès poussé sa cruauté.

Je ne souffrirai point que Bérénice expire.

Allons, Rome en dira ce qu’elle en voudra dire.

PAULIN.

Quoi ! seigneur…

TITUS.

Quoi ! seigneur… Je ne sais, Paulin, ce que je dis :

L’excès de la douleur accable mes esprits.

PAULIN.

Ne troublez point le cours de votre renommée :

Déjà de vos adieux la nouvelle est semée ;

Rome, qui gémissait, triomphe avec raison ;

Tous les temples ouverts fument en votre nom ;

Et le peuple, élevant vos vertus jusqu’aux nues,

Va partout de lauriers couronner vos statues.

TITUS.

Ah, Rome ! Ah, Bérénice ! Ah, prince malheureux !

Pourquoi suis-je empereur ? pourquoi suis-je amoureux ?

Scène VII.

TITUS, ANTIOCHUS, PAULIN, ARSACE.

ANTIOCHUS.

Qu’avez-vous fait, seigneur ? l’aimable Bérénice

Va peut-être expirer dans les bras de Phénice.

Elle n’entend ni pleurs, ni conseil, ni raison ;

Elle implore à grands cris le fer et le poison.

Vous seul vous lui pouvez arracher cette envie :

On vous nomme, et ce nom la rappelle à la vie.

Ses yeux, toujours tournés vers votre appartement,

Semblent vous demander de moment en moment.

Je n’y puis résister, ce spectacle me tue.

Que tardez-vous ? allez vous montrer à sa vue.

Sauvez tant de vertus, de grâces, de beauté,

Ou renoncez, seigneur, à toute humanité.

Dites un mot.

TITUS.

Dites un mot. Hélas ! quel mot puis-je lui dire ?

Moi-même, en ce moment, sais-je si je respire ?

Scène VIII.

TITUS, ANTIOCHUS, PAULIN, ARSACE, RUTILE.

RUTILE.

Seigneur, tous les tribuns, les consuls, le sénat,

Viennent vous demander au nom de tout l’État.

Un grand peuple les suit, qui, plein d’impatience,

Dans votre appartement attend votre présence.

TITUS.

Je vous entends, grands dieux ! vous voulez rassurer

Ce cœur que vous voyez tout prêt à s’égarer !

PAULIN.

Venez, seigneur, passons dans la chambre prochaine :

Allons voir le sénat.

ANTIOCHUS.

Allons voir le sénat. Ah ! courez chez la reine.

PAULIN.

Quoi ! vous pourriez, seigneur, par cette indignité,

De l’empire à vos pieds fouler la majesté ?

Rome…

TITUS.

Rome… Il suffit, Paulin ; nous allons les entendre.

(à Antiochus.) Prince, de ce devoir je ne puis me défendre.

Voyez la reine. Allez. J’espère, à mon retour,

Qu’elle ne pourra plus douter de mon amour.

ACTE CINQUIÈME.

Scène première.

ARSACE.

Où pourrai-je trouver ce prince trop fidèle ?

Ciel, conduisez mes pas, et secondez mon zèle :

Faites qu’en ce moment je lui puisse annoncer

Un bonheur où peut-être il n’ose plus penser !

Scène II.

ANTIOCHUS, ARSACE.

ARSACE.

Ah ! quel heureux destin en ces lieux vous renvoie,

Seigneur ?

ANTIOCHUS.

Seigneur ? Si mon retour t’apporte quelque joie,

Arsace, rends-en grâce à mon seul désespoir.

ARSACE.

La reine part, seigneur.

ANTIOCHUS.

La reine part, seigneur. Elle part ?

ARSACE.

La reine part, seigneur. Elle part ? Dès ce soir :

Ses ordres sont donnés. Elle s’est offensée

Que Titus à ses pleurs l’ait si longtemps laissée.

Un généreux dépit succède à sa fureur :

Bérénice renonce à Rome, à l’empereur ;

Et même veut partir avant que Rome instruite

Puisse voir son désordre et jouir de sa fuite.

Elle écrit à César.

ANTIOCHUS.

Elle écrit à César. Ô ciel ! qui l’aurait cru ?

Et Titus ?

ARSACE.

Et Titus ? À ses yeux Titus n’a point paru.

Le peuple avec transport l’arrête et l’environne,

Applaudissant aux noms que le sénat lui donne ;

Et ces noms, ces respects, ces applaudissements,

Deviennent pour Titus autant d’engagements

Qui, le liant, seigneur, d’une honorable chaîne,

Malgré tous ses soupirs et les pleurs de la reine,

Fixent dans son devoir ses vœux irrésolus.

C’en est fait : et peut-être il ne la verra plus.

ANTIOCHUS.

Que de sujets d’espoir, Arsace ! je l’avoue :

Mais d’un soin si cruel la fortune me joue.

J’ai vu tous mes projets tant de fois démentis,

Que j’écoute en tremblant tout ce que tu me dis ;

Et mon cœur, prévenu d’une crainte importune,

Croit, même en espérant, irriter la fortune.

Mais que vois-je ? Titus porte vers nous ses pas !

Que veut-il ?

Scène III.

TITUS, ANTIOCHUS, ARSACE.

TITUS, à sa suite.

Que veut-il ? Demeurez : qu’on ne me suive pas.

(à Antiochus.) Enfin, prince, je viens dégager ma promesse.

Bérénice m’occupe et m’afflige sans cesse.

Je viens, le cœur percé de vos pleurs et des siens,

Calmer des déplaisirs moins cruels que les miens.

Venez, prince, venez : je veux bien que vous-même

Pour la dernière fois vous voyiez si je l’aime.

Scène IV.

ANTIOCHUS, ARSACE.

ANTIOCHUS.

Eh bien, voilà l’espoir que tu m’avais rendu !

Et tu vois le triomphe où j’étais attendu !

Bérénice partait justement irritée !

Pour ne la plus revoir, Titus l’avait quittée !

Qu’ai-je donc fait, grands dieux ! Quel cours infortuné

À ma funeste vie aviez-vous destiné ?

Tous mes moments ne sont qu’un éternel passage

De la crainte à l’espoir, de l’espoir à la rage.

Et je respire encor ! Bérénice ! Titus !

Dieux cruels ! de mes pleurs vous ne vous rirez plus.

Scène V.

TITUS, BÉRÉNICE, PHÉNICE.

BÉRÉNICE.

Non, je n’écoute rien. Me voilà résolue :

Je veux partir. Pourquoi vous montrer à ma vue ?

Pourquoi venir encore aigrir mon désespoir ?

N’êtes-vous pas content ? Je ne veux plus vous voir.

TITUS.

Mais, de grâce, écoutez.

BÉRÉNICE.

Mais, de grâce, écoutez. Il n’est plus temps.

TITUS.

Mais, de grâce, écoutez. Il n’est plus temps. Madame,

Un mot.

BÉRÉNICE.

Un mot. Non.

TITUS.

Un mot. Non. Dans quel trouble elle jette mon âme !

Ma princesse, d’où vient ce changement soudain ?

BÉRÉNICE.

C’en est fait. Vous voulez que je parte demain ;

Et moi, j’ai résolu de partir tout à l’heure :

Et je pars.

TITUS.

Et je pars. Demeurez.

BÉRÉNICE.

Et je pars. Demeurez. Ingrat ! que je demeure !

Et pourquoi ? pour entendre un peuple injurieux

Qui fait de mon malheur retentir tous ces lieux ?

Ne l’entendez-vous pas, cette cruelle joie,

Tandis que dans les pleurs moi seule je me noie ?

Quel crime, quelle offense a pu les animer ?

Hélas ! et qu’ai-je fait que de vous trop aimer ?

TITUS.

Écoutez-vous, madame, une foule insensée ?

BÉRÉNICE.

Je ne vois rien ici dont je ne sois blessée.

Tout cet appartement préparé par vos soins,

Ces lieux, de mon amour si longtemps les témoins,

Qui semblaient pour jamais me répondre du vôtre,

Ces festons, où nos noms enlacés l’un dans l’autre,

À mes tristes regards viennent partout s’offrir,

Sont autant d’imposteurs que je ne puis souffrir.

Allons, Phénice.

TITUS.

Allons, Phénice. Ô ciel ! que vous êtes injuste !

BÉRÉNICE.

Retournez, retournez vers ce sénat auguste

Qui vient vous applaudir de votre cruauté.

Eh bien ! avec plaisir l’avez-vous écouté ?

Êtes-vous pleinement content de votre gloire ?

Avez-vous bien promis d’oublier ma mémoire ?

Mais ce n’est pas assez expier vos amours ;

Avez-vous bien promis de me haïr toujours ?

TITUS.

Non, je n’ai rien promis. Moi, que je vous haïsse !

Que je puisse jamais oublier Bérénice !

Ah dieux ! dans quel moment son injuste rigueur

De ce cruel soupçon vient affliger mon cœur !

Connaissez-moi, madame ; et depuis cinq années

Comptez tous les moments et toutes les journées

Où, par plus de transports et par plus de soupirs,

Je vous ai de mon cœur exprimé les désirs :

Ce jour surpasse tout. Jamais, je le confesse,

Vous ne fûtes aimée avec tant de tendresse ;

Et jamais…

BÉRÉNICE.

Et jamais… Vous m’aimez, vous me le soutenez ;

Et cependant je pars, et vous me l’ordonnez !

Quoi ! dans mon désespoir trouvez-vous tant de charmes ?

Craignez-vous que mes yeux versent trop peu de larmes ?

Que me sert de ce cœur l’inutile retour ?

Ah ! cruel, par pitié, montrez-moi moins d’amour :

Ne me rappelez point une trop chère idée,

Et laissez-moi du moins partir persuadée

Que, déjà de votre âme exilée en secret,

J’abandonne un ingrat qui me perd sans regret.

(Titus lit une lettre.) Vous m’avez arraché ce que je viens d’écrire.

Voilà de votre amour tout ce que je désire :

Lisez, ingrat, lisez, et me laissez sortir.

TITUS.

Vous ne sortirez point, je n’y puis consentir.

Quoi ! ce départ n’est donc qu’un cruel stratagème !

Vous cherchez à mourir ! et de tout ce que j’aime

Il ne restera plus qu’un triste souvenir !

Qu’on cherche Antiochus ; qu’on le fasse venir.

(Bérénice se laisse tomber sur un siége.)

Scène VI.

TITUS, BÉRÉNICE.

TITUS.

Madame, il faut vous faire un aveu véritable :

Lorsque j’envisageai le moment redoutable

Où, pressé par les lois d’un austère devoir,

Il fallait pour jamais renoncer à vous voir ;

Quand de ce triste adieu je prévis les approches,

Mes craintes, mes combats, vos larmes, vos reproches,

Je préparai mon âme à toutes les douleurs

Que peut faire sentir le plus grand des malheurs ;

Mais, quoi que je craignisse, il faut que je le die,

Je n’en avais prévu que la moindre partie ;

Je croyais ma vertu moins prête à succomber,

Et j’ai honte du trouble où je la vois tomber.

J’ai vu devant mes yeux Rome entière assemblée :

Le sénat m’a parlé ; mais mon âme accablée

Écoutait sans entendre, et ne leur a laissé,

Pour prix de leurs transports, qu’un silence glacé.

Rome de votre sort est encore incertaine :

Moi-même à tous moments je me souviens à peine

Si je suis empereur, ou si je suis Romain.

Je suis venu vers vous sans savoir mon dessein :

Mon amour m’entraînait ; et je venais peut-être

Pour me chercher moi-même et pour me reconnaître.

Qu’ai-je trouvé ? Je vois la mort peinte en vos yeux ;

Je vois pour la chercher que vous quittez ces lieux :

C’en est trop. Ma douleur, à cette triste vue,

À son dernier excès est enfin parvenue :

Je ressens tous les maux que je puis ressentir ;

Mais je vois le chemin par où j’en puis sortir.

Ne vous attendez point que, las de tant d’alarmes,

Par un heureux hymen je tarisse vos larmes :

En quelque extrémité que vous m’ayez réduit,

Ma gloire inexorable à toute heure me suit ;

Sans cesse elle présente à mon âme étonnée

L’empire incompatible avec votre hyménée,

Me dit qu’après l’éclat et les pas que j’ai faits

Je dois vous épouser encor moins que jamais.

Oui, madame ; et je dois moins encore vous dire

Que je suis prêt pour vous d’abandonner l’empire,

De vous suivre, et d’aller, trop content de mes fers,

Soupirer avec vous au bout de l’univers.

Vous-même rougiriez de ma lâche conduite :

Vous verriez à regret marcher à votre suite

Un indigne empereur sans empire, sans cour,

Vil spectacle aux humains des faiblesses d’amour.

Pour sortir des tourments dont mon âme est la proie,

Il est, vous le savez, une plus noble voie ;

Je me suis vu, madame, enseigner ce chemin,

Et par plus d’un héros, et par plus d’un Romain :

Lorsque trop de malheurs ont lassé leur constance,

Ils ont tous expliqué cette persévérance

Dont le sort s’attachait à les persécuter,

Comme un ordre secret de n’y plus résister.

Si vos pleurs plus longtemps viennent frapper ma vue,

Si toujours à mourir je vous vois résolue,

S’il faut qu’à tout moment je tremble pour vos jours,

Si vous ne me jurez d’en respecter le cours,

Madame, à d’autres pleurs vous devez vous attendre ;

En l’état où je suis je puis tout entreprendre :

Et je ne réponds pas que ma main à vos yeux

N’ensanglante à la fin nos funestes adieux.

BÉRÉNICE.

Hélas !

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