Bérénice (page 4)
L’intérêt, la raison, l’amitié, tout vous lie.
ANTIOCHUS.
Ah ! je respire, Arsace, et tu me rends la vie ;
J’accepte avec plaisir un présage si doux.
Que tardons-nous ? Faisons ce qu’on attend de nous :
Entrons chez Bérénice ; et puisqu’on nous l’ordonne,
Allons lui déclarer que Titus l’abandonne…
Mais plutôt demeurons. Que faisais-je ? est-ce à moi,
Arsace, à me charger de ce cruel emploi ?
Soit vertu, soit amour, mon cœur s’en effarouche.
L’aimable Bérénice entendrait de ma bouche
Qu’on l’abandonne ! Ah ! reine ! et qui l’aurait pensé
Que ce mot dût jamais vous être prononcé !
ARSACE.
La haine sur Titus tombera tout entière.
Seigneur, si vous parlez, ce n’est qu’à sa prière.
ANTIOCHUS.
Non, ne la voyons point ; respectons sa douleur ;
Assez d’autres viendront lui conter son malheur.
Et ne la crois-tu pas assez infortunée
D’apprendre à quel mépris Titus l’a condamnée,
Sans lui donner encor le déplaisir fatal
D’apprendre ce mépris par son propre rival ?
Encore un coup, fuyons ; et par cette nouvelle
N’allons point nous charger d’une haine immortelle.
ARSACE.
Ah ! la voici, seigneur ; prenez votre parti.
ANTIOCHUS.
Ô ciel !
Scène III.
BÉRÉNICE, ANTIOCHUS, ARSACE, PHÉNICE.
BÉRÉNICE.
Ô ciel ! Eh quoi ! seigneur, vous n’êtes point parti ?
ANTIOCHUS.
Madame, je vois bien que vous êtes déçue,
Et que c’était César que cherchait votre vue.
Mais n’accusez que lui, si, malgré mes adieux,
De ma présence encor j’importune vos yeux.
Peut-être en ce moment je serais dans Ostie,
S’il ne m’eût de sa cour défendu la sortie.
BÉRÉNICE.
Il vous cherche vous seul ; il nous évite tous.
ANTIOCHUS.
Il ne m’a retenu que pour parler de vous.
BÉRÉNICE.
De moi, prince ?
ANTIOCHUS.
De moi, prince ? Oui, madame.
BÉRÉNICE.
De moi, prince ? Oui, madame. Et qu’a-t-il pu vous dire ?
ANTIOCHUS.
Mille autres mieux que moi pourront vous en instruire.
BÉRÉNICE.
Quoi ! seigneur…
ANTIOCHUS.
Quoi ! seigneur… Suspendez votre ressentiment.
D’autres, loin de se taire en ce même moment,
Triompheraient peut-être, et pleins de confiance,
Céderaient avec joie à votre impatience ;
Mais moi, toujours tremblant, moi, vous le savez bien,
À qui votre repos est plus cher que le mien,
Pour ne le point troubler, j’aime mieux vous déplaire,
Et crains votre douleur plus que votre colère.
Avant la fin du jour vous me justifirez.
Adieu, madame.
BÉRÉNICE.
Adieu, madame. Ô ciel ! quel discours ! Demeurez.
Prince, c’est trop cacher mon trouble à votre vue ;
Vous voyez devant vous une reine éperdue,
Qui, la mort dans le sein, vous demande deux mots.
Vous craignez, dites-vous, de troubler mon repos ;
Et vos refus cruels, loin d’épargner ma peine,
Excitent ma douleur, ma colère, ma haine.
Seigneur, si mon repos vous est si précieux,
Si moi-même jamais je fus chère à vos yeux,
Éclaircissez le trouble où vous voyez mon âme :
Que vous a dit Titus ?
ANTIOCHUS.
Que vous a dit Titus ? Au nom des dieux, madame…
BÉRÉNICE.
Quoi ! vous craignez si peu de me désobéir !
ANTIOCHUS.
Je n’ai qu’à vous parler pour me faire haïr.
BÉRÉNICE.
Je veux que vous parliez.
ANTIOCHUS.
Je veux que vous parliez. Dieux ! quelle violence !
Madame, encore un coup, vous loûrez mon silence.
BÉRÉNICE.
Prince, dès ce moment contentez mes souhaits,
Ou soyez de ma haine assuré pour jamais.
ANTIOCHUS.
Madame, après cela, je ne puis plus me taire.
Eh bien ! vous le voulez, il faut vous satisfaire.
Mais ne vous flattez point ; je vais vous annoncer
Peut-être des malheurs où vous n’osez penser.
Je connais votre cœur ; vous devez vous attendre
Que je le vais frapper par l’endroit le plus tendre.
Titus m’a commandé…
BÉRÉNICE.
Titus m’a commandé… Quoi ?
ANTIOCHUS.
Titus m’a commandé… Quoi ? De vous déclarer
Qu’à jamais l’un de l’autre il faut vous séparer.
BÉRÉNICE.
Nous séparer ! qui ? moi ? Titus de Bérénice ?
ANTIOCHUS.
Il faut que devant vous je lui rende justice ;
Tout ce que, dans un cœur sensible et généreux,
L’amour au désespoir peut rassembler d’affreux,
Je l’ai vu dans le sien ; il pleure, il vous adore.
Mais enfin que lui sert de vous aimer encore ?
Une reine est suspecte à l’empire romain.
Il faut vous séparer, et vous partez demain.
BÉRÉNICE.
Nous séparer ! hélas ! Phénice !
PHÉNICE.
Nous séparer ! hélas ! Phénice ! Eh bien ! madame,
Il faut ici montrer la grandeur de votre âme.
Ce coup sans doute est rude, il doit vous étonner.
BÉRÉNICE.
Après tant de serments, Titus m’abandonner !
Titus qui me jurait… Non, je ne le puis croire ;
Il ne me quitte point, il y va de sa gloire.
Contre son innocence on veut me prévenir.
Ce piége n’est tendu que pour nous désunir.
Titus m’aime, Titus ne veut point que je meure.
Allons le voir ; je veux lui parler tout à l’heure.
Allons.
ANTIOCHUS.
Allons. Quoi ! vous pourriez ici me regarder…
BÉRÉNICE.
Vous le souhaitez trop pour me persuader.
Non, je ne vous crois point ; mais quoi qu’il en puisse être
Pour jamais à mes yeux gardez-vous de paraître.
(à Phénice.) Ne m’abandonne point dans l’état où je suis.
Hélas ! pour me tromper je fais ce que je puis.
Scène IV.
ANTIOCHUS, ARSACE.
ANTIOCHUS.
Ne me trompé-je point ? l’ai-je bien entendue ?
Que je me garde, moi, de paraître à sa vue !
Je m’en garderai bien. Et ne partais-je pas,
Si Titus, malgré moi, n’eût arrêté mes pas ?
Sans doute il faut partir. Continuons, Arsace ;
Elle croit m’affliger : sa haine me fait grâce.
Tu me voyais tantôt inquiet, égaré ;
Je partais amoureux, jaloux, désespéré ;
Et maintenant, Arsace, après cette défense,
Je partirai peut-être avec indifférence.
ARSACE.
Moins que jamais, seigneur, il faut vous éloigner.
ANTIOCHUS.
Moi ! je demeurerai pour me voir dédaigner ?
Des froideurs de Titus je serai responsable ?
Je me verrai punir parce qu’il est coupable ?
Avec quelle injustice et quelle indignité
Elle doute à mes yeux de ma sincérité !
Titus l’aime, dit-elle, et moi je l’ai trahie.
L’ingrate ! m’accuser de cette perfidie !
Et dans quel temps encor ? dans le moment fatal
Que j’étale à ses yeux les pleurs de mon rival,
Que, pour la consoler, je le faisais paraître
Amoureux et constant, plus qu’il ne l’est peut-être.
ARSACE.
Et de quel soin, seigneur, vous allez vous troubler ?
Laissez à ce torrent le temps de s’écouler :
Dans huit jours, dans un mois, n’importe, il faut qu’il passe.
Demeurez seulement.
ANTIOCHUS.
Demeurez seulement. Non, je la quitte, Arsace.
Je sens qu’à sa douleur je pourrais compatir :
Ma gloire, mon repos, tout m’excite à partir.
Allons ; et de si loin évitons la cruelle,
Que de longtemps, Arsace, on ne nous parle d’elle.
Toutefois il nous reste encore assez de jour :
Je vais dans mon palais attendre ton retour.
Va voir si sa douleur ne l’a point trop saisie.
Cours ; et partons du moins assurés de sa vie.
ACTE QUATRIÈME.
Scène première.
BÉRÉNICE.
Phénice ne vient point ! moments trop rigoureux,
Que vous paraissez lents à mes rapides vœux !
Je m’agite, je cours, languissante, abattue ;
La force m’abandonne, et le repos me tue.
Phénice ne vient point ! ah ! que cette longueur
D’un présage funeste épouvante mon cœur !
Phénice n’aura point de réponse à me rendre :
Titus, l’ingrat Titus n’a point voulu l’entendre ;
Il fuit, il se dérobe à ma juste fureur.
Scène II.
BÉRÉNICE, PHÉNICE.
BÉRÉNICE.
Chère Phénice, eh bien ! as-tu vu l’empereur ?
Qu’a-t-il dit ? viendra-t-il ?
PHÉNICE.
Qu’a-t-il dit ? viendra-t-il ? Oui, je l’ai vu, madame,
Et j’ai peint à ses yeux le trouble de votre âme.
J’ai vu couler des pleurs qu’il voulait retenir.
BÉRÉNICE.
Vient-il ?
PHÉNICE.
Vient-il ? N’en doutez point, madame, il va venir.
Mais voulez-vous paraître en ce désordre extrême ?
Remettez-vous, madame, et rentrez en vous-même.
Laissez-moi relever ces voiles détachés,
Et ces cheveux épars dont vos yeux sont cachés.
Souffrez que de vos pleurs je répare l’outrage.
BÉRÉNICE.
Laisse, laisse, Phénice ; il verra son ouvrage.
Eh, que m’importe, hélas ! de ces vains ornements,
Si ma foi, si mes pleurs, si mes gémissements…
Mais que dis-je ? mes pleurs ! si ma perte certaine,
Si ma mort toute prête enfin ne le ramène,
Dis-moi, que produiront tes secours superflus,
Et tout ce faible éclat qui ne le touche plus ?
PHÉNICE.
Pourquoi lui faites-vous cet injuste reproche ?
J’entends du bruit, madame, et l’empereur s’approche.
Venez, fuyez la foule, et rentrons promptement :
Vous l’entretiendrez seul dans votre appartement.
Scène III.
TITUS, PAULIN, suite.
TITUS.
De la reine, Paulin, flattez l’inquiétude :
Je vais la voir ; je veux un peu de solitude ;
Que l’on me laisse.
PAULIN, à part.
Que l’on me laisse. Ô ciel ! que je crains ce combat !
Grands dieux ! sauvez sa gloire et l’honneur de l’État !
Voyons la reine.
Scène IV.
TITUS.
Voyons la reine. Eh bien ! Titus, que viens-tu faire ?
Bérénice t’attend. Où viens-tu, téméraire ?
Tes adieux sont-ils prêts ? t’es-tu bien consulté ?
Ton cœur te promet-il assez de cruauté ?
Car enfin au combat qui pour toi se prépare,
C’est peu d’être constant, il faut être barbare.
Soutiendrai-je ces yeux, dont la douce langueur
Sait si bien découvrir les chemins de mon cœur ?
Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes,
Attachés sur les miens, m’accabler de leurs larmes,
Me souviendrai-je alors de mon triste devoir ?
Pourrai-je dire enfin : Je ne veux plus vous voir.
Je viens percer un cœur que j’adore, qui m’aime.
Et pourquoi le percer ? qui l’ordonne ? moi-même !
Car enfin Rome a-t-elle expliqué ses souhaits ?
L’entendons-nous crier autour de ce palais ?
Vois-je l’État penchant au bord du précipice ?
Ne le puis-je sauver que par ce sacrifice ?
Tout se tait ; et moi seul, trop prompt à me troubler,
J’avance des malheurs que je puis reculer.
Et qui sait si, sensible aux vertus de la reine,
Rome ne voudra point l’avouer pour Romaine ?
Rome peut par son choix justifier le mien.
Non, non, encore un coup, ne précipitons rien.
Que Rome, avec ses lois, mette dans la balance
Tant de pleurs, tant d’amour, tant de persévérance ;
Rome sera pour nous… Titus, ouvre les yeux !
Quel air respires-tu ? n’es-tu pas dans ces lieux
Où la haine des rois, avec le lait sucée,
Par crainte ou par amour ne peut être effacée ?
Rome jugea ta reine en condamnant ses rois.
N’as-tu pas en naissant entendu cette voix ?
Et n’as-tu pas encore ouï la renommée
T’annoncer ton devoir jusque dans ton armée ?
Et lorsque Bérénice arriva sur tes pas,
Ce que Rome en jugeait ne l’entendis-tu pas ?
Faut-il donc tant de fois te le faire redire ?
Ah ! lâche, fais l’amour, et renonce à l’empire.
Au bout de l’univers, va, cours te confiner,
Et fais place à des cœurs plus dignes de régner.
Sont-ce là ces projets de grandeur et de gloire
Qui devaient dans les cœurs consacrer ma mémoire ?
Depuis huit jours je règne ; et, jusques à ce jour,
Qu’ai-je fait pour l’honneur ? J’ai tout fait pour l’amour.
D’un temps si précieux quel compte puis-je rendre ?
Où sont ces heureux jours que je faisais attendre ?
Quels pleurs ai-je séchés ? dans quels yeux satisfaits
Ai-je déjà goûté le fruit de mes bienfaits ?
L’univers a-t-il vu changer ses destinées,
Sais-je combien le ciel m’a compté de journées ?
Et de ce peu de jours si longtemps attendus,
Ah ! malheureux ! combien j’en ai déjà perdus !
Ne tardons plus : faisons ce que l’honneur exige ;
Rompons le seul lien…
Scène V.
TITUS, BÉRÉNICE.
BÉRÉNICE, en sortant de son appartement.
Rompons le seul lien… Non, laissez-moi, vous dis-je ;
En vain tous vos conseils me retiennent ici.
Il faut que je le voie. Ah ! seigneur, vous voici !
Eh bien ! il est donc vrai que Titus m’abandonne !
Il faut nous séparer ! et c’est lui qui l’ordonne !
TITUS.
N’accablez point, madame, un prince malheureux.
Il ne faut point ici nous attendrir tous deux.
Un trouble assez cruel m’agite et me dévore,
Sans que des pleurs si chers me déchirent encore.
Rappelez bien plutôt ce cœur qui, tant de fois,
M’a fait de mon devoir reconnaître la voix ;
Il en est temps. Forcez votre amour à se taire ;
Et d’un œil que la gloire et la raison éclaire
Contemplez mon devoir dans toute sa rigueur.
Vous-même, contre vous, fortifiez mon cœur ;
Aidez-moi, s’il se peut, à vaincre ma faiblesse,
À retenir des pleurs qui m’échappent sans cesse ;
Ou, si nous ne pouvons commander à nos pleurs,
Que la gloire du moins soutienne nos douleurs ;
Et que tout l’univers reconnaisse sans peine
Les pleurs d’un empereur et les pleurs d’une reine.
Car enfin, ma princesse, il faut nous séparer.
BÉRÉNICE.
Ah ! cruel ! est-il temps de me le déclarer ?
Qu’avez-vous fait ? hélas ! je me suis crue aimée ;
Au plaisir de vous voir mon âme accoutumée
Ne vit plus que pour vous. Ignoriez-vous vos lois
Quand je vous l’avouai pour la première fois ?
À quel excès d’amour m’avez-vous amenée !
Que ne me disiez-vous : Princesse infortunée
Où vas-tu t’engager, et quel est ton espoir ?
Ne donne point un cœur qu’on ne peut recevoir.
Ne l’avez-vous reçu, cruel, que pour le rendre
Quand de vos seules mains ce cœur voudrait dépendre ?
Tout l’empire a vingt fois conspiré contre nous.
Il était temps encor : que ne me quittiez-vous ?
Mille raisons alors consolaient ma misère :
Je pouvais de ma mort accuser votre père,
Le peuple, le sénat, tout l’empire romain,
Tout l’univers, plutôt qu’une si chère main.
Leur haine, dès longtemps contre moi déclarée,
M’avait à mon malheur dès longtemps préparée.
Je n’aurais pas, seigneur, reçu ce coup cruel
Dans le temps que j’espère un bonheur immortel,
Quand votre heureux amour peut tout ce qu’il désire,
Lorsque Rome se tait, quand votre père expire,
Lorsque tout l’univers fléchit à vos genoux,
Enfin quand je n’ai plus à redouter que vous.
TITUS.
Et c’est moi seul aussi qui pouvais me détruire.
Je pouvais vivre alors et me laisser séduire :
Mon cœur se gardait bien d’aller dans l’avenir
Chercher ce qui pouvait un jour nous désunir.
Je voulais qu’à mes vœux rien ne fût invincible ;
Je n’examinais rien, j’espérais l’impossible.
Que sais-je ? j’espérais de mourir à vos yeux,
Avant que d’en venir à ces cruels adieux.
Les obstacles semblaient renouveler ma flamme.
Tout l’empire parlait : mais la gloire, madame,
Ne s’était point encor fait entendre à mon cœur
Du ton dont elle parle au cœur d’un empereur.
Je sais tous les tourments où ce dessein me livre :
Je sens bien que sans vous je ne saurais plus vivre,
Que mon cœur de moi-même est prêt à s’éloigner ;
Mais il ne s’agit plus de vivre, il faut régner.
BÉRÉNICE.
Eh bien ! régnez, cruel ; contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J’attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D’un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s’avouant infidèle,
M’ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même j’ai voulu vous entendre en ce lieu.
Je n’écoute plus rien : et, pour jamais, adieu…
Pour jamais ! Ah, seigneur ! songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ;
Que le jour recommence, et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que, de tout le jour, je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !
L’ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?
Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.
TITUS.
Je n’aurai pas, madame, à compter tant de jours :
J’espère que bientôt la triste renommée
Vous fera confesser que vous étiez aimée.
Vous verrez que Titus n’a pu, sans expirer…
BÉRÉNICE.
Ah, seigneur ! s’il est vrai, pourquoi nous séparer ?