Iphigénie en Aulide (page 5)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Iphigénie en Aulide (Racine), Didot, 1854 · 6 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Croyez-en cet amour par vous-même attesté.

Cette nuit même encore, on a pu vous le dire,

J’avais révoqué l’ordre où l’on me fit souscrire :

Sur l’intérêt des Grecs vous l’aviez emporté.

Je vous sacrifiais mon rang, ma sûreté.

Arcas allait du camp vous défendre l’entrée :

Les dieux n’ont pas voulu qu’il vous ait rencontrée ;

Ils ont trompé les soins d’un père infortuné

Qui protégeait en vain ce qu’ils ont condamné.

Ne vous assurez point sur ma faible puissance :

Quel frein pourrait d’un peuple arrêter la licence,

Quand les dieux, nous livrant à son zèle indiscret,

L’affranchissent d’un joug qu’il portait à regret ?

Ma fille, il faut céder : votre heure est arrivée.

Songez bien dans quel rang vous êtes élevée :

Je vous donne un conseil qu’à peine je reçoi ;

Du coup qui vous attend vous mourrez moins que moi :

Montrez, en expirant, de qui vous êtes née ;

Faites rougir ces dieux qui vous ont condamnée.

Allez ; et que les Grecs, qui vont vous immoler,

Reconnaissent mon sang en le voyant couler.

CLYTEMNESTRE.

Vous ne démentez point une race funeste ;

Oui, vous êtes le sang d’Atrée et de Thyeste :

Bourreau de votre fille, il ne vous reste enfin

Que d’en faire à sa mère un horrible festin.

Barbare ! c’est donc là cet heureux sacrifice

Que vos soins préparaient avec tant d’artifice !

Quoi ! l’horreur de souscrire à cet ordre inhumain

N’a pas, en le traçant, arrêté votre main !

Pourquoi feindre à nos yeux une fausse tristesse ?

Pensez-vous par des pleurs prouver votre tendresse ?

Où sont-ils, ces combats que vous avez rendus ?

Quels flots de sang pour elle avez-vous répandus ?

Quel débris parle ici de votre résistance ?

Quel champ couvert de morts me condamne au silence ?

Voilà par quels témoins il fallait me prouver,

Cruel, que votre amour a voulu la sauver.

Un oracle fatal ordonne qu’elle expire !

Un oracle dit-il tout ce qu’il semble dire ?

Le ciel, le juste ciel, par le meurtre honoré,

Du sang de l’innocence est-il donc altéré ?

Si du crime d’Hélène on punit sa famille,

Faites chercher à Sparte Hermione sa fille :

Laissez à Ménélas racheter d’un tel prix

Sa coupable moitié, dont il est trop épris.

Mais vous, quelles fureurs vous rendent sa victime ?

Pourquoi vous imposer la peine de son crime ?

Pourquoi, moi-même enfin me déchirant le flanc,

Payer sa folle amour du plus pur de mon sang ?

Que dis-je ? cet objet de tant de jalousie,

Cette Hélène, qui trouble et l’Europe et l’Asie,

Vous semble-t-elle un prix digne de vos exploits ?

Combien nos fronts pour elle ont-ils rougi de fois !

Avant qu’un nœud fatal l’unît à votre frère,

Thésée avait osé l’enlever à son père :

Vous savez, et Calchas mille fois vous l’a dit,

Qu’un hymen clandestin mit ce prince en son lit :

Et qu’il en eut pour gage une jeune princesse

Que sa mère a cachée au reste de la Grèce.

Mais non ; l’amour d’un frère et son honneur blessé

Sont les moindres des soins dont vous êtes pressé :

Cette soif de régner que rien ne peut éteindre,

L’orgueil de voir vingt rois vous servir et vous craindre,

Tous les droits de l’empire en vos mains confiés ;

Cruel ! c’est à ces dieux que vous sacrifiez ;

Et loin de repousser le coup qu’on vous prépare,

Vous voulez vous en faire un mérite barbare :

Trop jaloux d’un pouvoir qu’on peut vous envier,

De votre propre sang vous courez le payer,

Et voulez par ce prix épouvanter l’audace

De quiconque vous peut disputer votre place.

Est-ce donc être père ? Ah ! toute ma raison

Cède à la cruauté de cette trahison.

Un prêtre, environné d’une foule cruelle,

Portera sur ma fille une main criminelle,

Déchirera son sein, et d’un œil curieux,

Dans son cœur palpitant consultera les dieux !

Et moi, qui l’amenai triomphante, adorée,

Je m’en retournerai seule et désespérée !

Je verrai les chemins encor tout parfumés

Des fleurs dont sous ses pas on les avait semés !

Non ; je ne l’aurai point amenée au supplice,

Ou vous ferez aux Grecs un double sacrifice.

Ni crainte ni respect ne m’en peut détacher :

De mes bras tout sanglants il faudra l’arracher.

Aussi barbare époux qu’impitoyable père,

Venez, si vous l’osez, la ravir à sa mère.

Et vous, rentrez, ma fille ; et du moins à mes lois

Obéissez encor pour la dernière fois.

Scène V.

AGAMEMNON.

À de moindres fureurs je n’ai pas dû m’attendre.

Voilà, voilà les cris que je craignais d’entendre.

Heureux si, dans le trouble où flottent mes esprits,

Je n’avais toutefois à craindre que ses cris !

Hélas ! en m’imposant une loi si sévère,

Grands dieux, me deviez-vous laisser un cœur de père !

Scène VI.

AGAMEMNON, ACHILLE.

ACHILLE.

Un bruit assez étrange est venu jusqu’à moi,

Seigneur ; je l’ai jugé trop peu digne de foi.

On dit, et sans horreur je ne puis le redire,

Qu’aujourd’hui par votre ordre Iphigénie expire ;

Que vous-même étouffant tout sentiment humain,

Vous l’allez à Calchas livrer de votre main.

On dit que, sous mon nom à l’autel appelée,

Je ne l’y conduisais que pour être immolée ;

Et que d’un faux hymen nous abusant tous deux,

Vous vouliez me charger d’un emploi si honteux.

Qu’en dites-vous, seigneur, que faut-il que j’en pense ?

Ne ferez-vous pas taire un bruit qui vous offense ?

AGAMEMNON.

Seigneur, je ne rends point compte de mes desseins.

Ma fille ignore encor mes ordres souverains :

Et quand il sera temps qu’elle en soit informée,

Vous apprendrez son sort, j’en instruirai l’armée.

ACHILLE.

Ah ! je sais trop le sort que vous lui réservez.

AGAMEMNON.

Pourquoi le demander, puisque vous le savez ?

ACHILLE.

Pourquoi je le demande ? Ô ciel ! le puis-je croire,

Qu’on ose des fureurs avouer la plus noire !

Vous pensez qu’approuvant vos desseins odieux

Je vous laisse immoler votre fille à mes yeux ?

Que ma foi, mon amour, mon honneur y consente ?

AGAMEMNON.

Mais vous, qui me parlez d’une voix menaçante,

Oubliez-vous ici qui vous interrogez ?

ACHILLE.

Oubliez-vous qui j’aime et qui vous outragez ?

AGAMEMNON.

Et qui vous a chargé du soin de ma famille ?

Ne pourrai-je, sans vous, disposer de ma fille ?

Ne suis-je plus son père ? Êtes-vous son époux ?

Et ne peut-elle…

ACHILLE.

Et ne peut-elle… Non, elle n’est plus à vous :

On ne m’abuse point par des promesses vaines.

Tant qu’un reste de sang coulera dans mes veines,

Vous deviez à mon sort unir tous ses moments ;

Je défendrai mes droits fondés sur vos serments.

Et n’est-ce pas pour moi que vous l’avez mandée ?

AGAMEMNON.

Plaignez-vous donc aux dieux qui me l’ont demandée

Accusez et Calchas et le camp tout entier,

Ulysse, Ménélas, et vous tout le premier.

ACHILLE.

Moi !

AGAMEMNON.

Moi ! Vous, qui, de l’Asie embrassant la conquête,

Querellez tous les jours le ciel qui vous arrête ;

Vous qui, vous offensant de mes justes terreurs,

Avez dans tout le camp répandu vos fureurs.

Mon cœur pour la sauver vous ouvrait une voie ;

Mais vous ne demandez, vous ne cherchez que Troie.

Je vous fermais le champ où vous voulez courir :

Vous le voulez, partez ; sa mort va vous l’ouvrir.

ACHILLE.

Juste ciel ! puis-je entendre et souffrir ce langage !

Est-ce ainsi qu’au parjure on ajoute l’outrage ?

Moi, je voulais partir aux dépens de ses jours !

Et que m’a fait à moi cette Troie où je cours ?

Au pied de ses remparts quel intérêt m’appelle ?

Pour qui, sourd à la voix d’une mère immortelle,

Et d’un père éperdu négligeant les avis,

Vais-je y chercher la mort tant prédite à leur fils ?

Jamais vaisseaux partis des rives du Scamandre

Aux champs thessaliens osèrent-ils descendre ?

Et jamais dans Larisse un lâche ravisseur

Me vint-il enlever ou ma femme ou ma sœur ?

Qu’ai-je à me plaindre ? où sont les pertes que j’ai faites ?

Je n’y vais que pour vous, barbare que vous êtes ;

Pour vous, à qui des Grecs moi seul je ne dois rien ;

Vous, que j’ai fait nommer et leur chef et le mien ;

Vous, que mon bras vengeait dans Lesbos enflammée,

Avant que vous eussiez assemblé votre armée.

Et quel fut le dessein qui nous assembla tous ?

Ne courons-nous pas rendre Hélène à son époux ?

Depuis quand pense-t-on qu’inutile à moi-même

Je me laisse ravir une épouse que j’aime ?

Seul, d’un honteux affront votre frère blessé

A-t-il droit de venger son amour offensé ?

Votre fille me plut, je prétendis lui plaire ;

Elle est de mes serments seule dépositaire :

Content de son hymen, vaisseaux, armes, soldats,

Ma foi lui promit tout, et rien à Ménélas.

Qu’il poursuive, s’il veut, son épouse enlevée ;

Qu’il cherche une victoire à mon sang réservée :

Je ne connais Priam, Hélène, ni Pâris ;

Je voulais votre fille, et ne pars qu’à ce prix.

AGAMEMNON.

Fuyez donc : retournez dans votre Thessalie.

Moi-même je vous rends le serment qui vous lie.

Assez d’autres viendront, à mes ordres soumis,

Se couvrir des lauriers qui vous furent promis ;

Et par d’heureux exploits forçant la destinée,

Trouveront d’Ilion la fatale journée.

J’entrevois vos mépris, et juge, à vos discours,

Combien j’achèterais vos superbes secours.

De la Grèce déjà vous vous rendez l’arbitre :

Ses rois, à vous ouïr, m’ont paré d’un vain titre.

Fier de votre valeur, tout, si je vous en crois,

Doit marcher, doit fléchir, doit trembler sous vos lois.

Un bienfait reproché tint toujours lieu d’offense :

Je veux moins de valeur, et plus d’obéissance.

Fuyez. Je ne crains point votre impuissant courroux

Et je romps tous les nœuds qui m’attachent à vous.

ACHILLE.

Rendez grâce au seul nœud qui retient ma colère :

D’Iphigénie encor je respecte le père.

Peut-être, sans ce nom, le chef de tant de rois

M’aurait osé braver pour la dernière fois.

Je ne dis plus qu’un mot ; c’est à vous de m’entendre

J’ai votre fille ensemble et ma gloire à défendre :

Pour aller jusqu’au cœur que vous voulez percer,

Voilà par quels chemins vos coups doivent passer.

Scène VII.

AGAMEMNON.

Et voilà ce qui rend sa perte inévitable.

Ma fille toute seule était plus redoutable.

Ton insolent amour, qui croit m’épouvanter,

Vient de hâter le coup que tu veux arrêter.

Ne délibérons plus. Bravons sa violence :

Ma gloire intéressée emporte la balance.

Achille menaçant détermine mon cœur :

Ma pitié semblerait un effet de ma peur.

Holà ! gardes, à moi !

Scène VIII.

AGAMEMNON, EURYBATE, gardes.

EURYBATE.

Holà ! gardes, à moi ! Seigneur.

AGAMEMNON.

Holà ! gardes, à moi ! Seigneur. Que vais-je faire ?

Puis-je leur prononcer cet ordre sanguinaire ?

Cruel ! à quel combat faut-il te préparer !

Quel est cet ennemi que tu leur vas livrer ?

Une mère m’attend ; une mère intrépide,

Qui défendra son sang contre un père homicide :

Je verrai mes soldats, moins barbares que moi,

Respecter dans ses bras la fille de leur roi.

Achille nous menace, Achille nous méprise !

Mais ma fille en est-elle à mes lois moins soumise.

Ma fille, de l’autel cherchant à s’échapper,

Gémit-elle du coup dont je la veux frapper ?

Que dis-je ? Que prétend mon sacrilége zèle ?

Quels vœux en l’immolant formerai-je sur elle ?

Quelques prix glorieux qui me soient proposés,

Quels lauriers me plairont, de son sang arrosés ?

Je veux fléchir des dieux la puissance suprême :

Ah ! quels dieux me seraient plus cruels que moi-même ?

Non, je ne puis. Cédons au sang, à l’amitié,

Et ne rougissons plus d’une juste pitié :

Qu’elle vive. Mais quoi ! peu jaloux de ma gloire,

Dois-je au superbe Achille accorder la victoire ?

Son téméraire orgueil, que je vais redoubler,

Croira que je lui cède et qu’il me fait trembler…

De quel frivole soin mon esprit s’embarrasse !

Ne puis-je pas d’Achille humilier l’audace ?

Que ma fille à ses yeux soit un sujet d’ennui :

Il l’aime, elle vivra pour un autre que lui.

Eurybate, appelez la princesse, la reine :

Qu’elles ne craignent point.

Scène IX.

AGAMEMNON, gardes.

AGAMEMNON.

Qu’elles ne craignent point. Grands dieux, si votre haine

Persévère à vouloir l’arracher de mes mains,

Que peuvent devant vous tous les faibles humains !

Loin de la secourir, mon amitié l’opprime,

Je le sais ; mais, grands dieux, une telle victime

Vaut bien que, confirmant vos rigoureuses lois,

Vous me la demandiez une seconde fois.

Scène X.

AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, EURYBATE, DORIS, gardes.

AGAMEMNON.

Allez, madame, allez ; prenez soin de sa vie :

Je vous rends votre fille, et je vous la confie.

Loin de ces lieux cruels précipitez ses pas ;

Mes gardes vous suivront, commandés par Arcas :

Je veux bien excuser son heureuse imprudence.

Tout dépend du secret et de la diligence :

Ulysse ni Calchas n’ont point encor parlé ;

Gardez que ce départ ne leur soit révélé.

Cachez bien votre fille ; et que tout le camp croie

Que je la retiens seule, et que je vous renvoie.

Fuyez. Puissent les dieux, de mes larmes contents,

À mes tristes regards ne l’offrir de longtemps !

Gardes, suivez la reine.

CLYTEMNESTRE.

Gardes, suivez la reine. Ah ! seigneur !

IPHIGÉNIE.

Gardes, suivez la reine. Ah ! seigneur ! Ah ! mon père !

AGAMEMNON.

Prévenez de Calchas l’empressement sévère.

Fuyez, vous dis-je. Et moi, pour vous favoriser,

Par de feintes raisons je m’en vais l’abuser.

Je vais faire suspendre une pompe funeste,

Et de ce jour, au moins, lui demander le reste.

Scène XI.

ÉRIPHILE, DORIS.

ÉRIPHILE.

Suis-moi : ce n’est pas là, Doris, notre chemin.

DORIS.

Vous ne les suivez pas ?

ÉRIPHILE.

Vous ne les suivez pas ? Ah ! je succombe enfin.

Je reconnais l’effet des tendresses d’Achille.

Je n’emporterai point une rage inutile ;

Plus de raisons ; il faut ou la perdre ou périr.

Viens, te dis-je. À Calchas je vais tout découvrir.

ACTE CINQUIÈME.

Scène première.

IPHIGÉNIE, ÆGINE.

IPHIGÉNIE.

Cesse de m’arrêter. Va, retourne à ma mère,

Ægine : il faut des dieux apaiser la colère.

Pour ce sang malheureux qu’on veut leur dérober,

Regarde quel orage est tout prêt à tomber :

Considère l’état où la reine est réduite ;

Vois comme tout le camp s’oppose à notre fuite ;

Avec quelle insolence ils ont, de toutes parts,

Fait briller à nos yeux la pointe de leurs dards ;

Nos gardes repoussés, la reine évanouie…

Ah ! c’est trop l’exposer : souffre que je la fuie ;

Et, sans attendre ici ses secours impuissants,

Laisse-moi profiter du trouble de ses sens.

Mon père même, hélas ! puisqu’il faut te le dire,

Mon père, en me sauvant, ordonne que j’expire.

ÆGINE.

Lui, madame ! Quoi donc ? qu’est-ce qui s’est passé ?

IPHIGÉNIE.

Achille trop ardent l’a peut-être offensé :

Mais le roi, qui le hait, veut que je le haïsse ;

Il ordonne à mon cœur cet affreux sacrifice :

Il m’a fait par Arcas expliquer ses souhaits ;

Ægine, il me défend de lui parler jamais.

ÆGINE.

Ah ! madame !

IPHIGÉNIE.

Ah ! madame ! Ah, sentence ! ah, rigueur inouïe !

Dieux plus doux, vous n’avez demandé que ma vie !

Mourons, obéissons. Mais qu’est-ce que je voi ?

Dieux ! Achille !

Scène II.

ACHILLE, IPHIGÉNIE.

ACHILLE.

Dieux ! Achille ! Venez, madame, suivez-moi :

Ne craignez ni les cris ni la foule impuissante

D’un peuple qui se presse autour de cette tente.

Paraissez ; et bientôt, sans attendre mes coups,

Ces flots tumultueux s’ouvriront devant vous.

Patrocle, et quelques chefs qui marchent à ma suite,

De mes Thessaliens vous amènent l’élite :

Tout le reste, assemblé près de mon étendard,

Vous offre de ses rangs l’invincible rempart.

À vos persécuteurs opposons cet asile :

Qu’ils viennent vous chercher sous les tentes d’Achille.

Quoi, madame ! Est-ce ainsi que vous me secondez ?

Ce n’est que par des pleurs que vous me répondez !

Vous fiez-vous encore à de si faibles armes ?

Hâtons-nous : votre père a déjà vu vos larmes.

IPHIGÉNIE.

Je le sais bien, seigneur : aussi tout mon espoir

N’est plus qu’au coup mortel que je vais recevoir.

ACHILLE.

Vous, mourir ! Ah ! cessez de tenir ce langage.

Songez-vous quel serment vous et moi nous engage ?

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