Iphigénie en Aulide (page 4)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Iphigénie en Aulide (Racine), Didot, 1854 · 6 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

IPHIGÉNIE.

Ciel ! pour tant de rigueur, de quoi suis-je coupable ?

CLYTEMNESTRE.

Je ne m’étonne plus de cet ordre cruel

Qui m’avait interdit l’approche de l’autel.

IPHIGÉNIE, à Achille.

Et voilà donc l’hymen où j’étais destinée !

ARCAS.

Le roi, pour vous tromper, feignait cet hyménée :

Tout le camp même encore est trompé comme vous.

CLYTEMNESTRE.

Seigneur, c’est donc à moi d’embrasser vos genoux.

ACHILLE, la relevant.

Ah ! madame !

CLYTEMNESTRE.

Ah ! madame ! Oubliez une gloire importune ;

Ce triste abaissement convient à ma fortune :

Heureuse si mes pleurs vous peuvent attendrir !

Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir.

C’est votre épouse, hélas ! qui vous est enlevée ;

Dans cet heureux espoir je l’avais élevée.

C’est vous que nous cherchions sur ce funeste bord ;

Et votre nom, seigneur, l’a conduite à la mort.

Ira-t-elle, des dieux implorant la justice,

Embrasser leurs autels parés pour son supplice ?

Elle n’a que vous seul : vous êtes en ces lieux

Son père, son époux, son asile, ses dieux.

Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse.

Auprès de votre époux, ma fille, je vous laisse.

Seigneur, daignez m’attendre, et ne la point quitter.

À mon perfide époux je cours me présenter :

Il ne soutiendra point la fureur qui m’anime.

Il faudra que Calchas cherche une autre victime :

Ou si je ne vous puis dérober à leurs coups,

Ma fille, ils pourront bien m’immoler avant vous.

Scène VI.

ACHILLE, IPHIGÉNIE.

ACHILLE.

Madame, je me tais, et demeure immobile.

Est-ce à moi que l’on parle, et connaît-on Achille ?

Une mère pour vous croit devoir me prier !

Une reine à mes pieds se vient humilier !

Et me déshonorant par d’injustes alarmes,

Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes !

Qui doit prendre à vos jours plus d’intérêt que moi ?

Ah ! sans doute on s’en peut reposer sur ma foi.

L’outrage me regarde ; et quoi qu’on entreprenne,

Je réponds d’une vie où j’attache la mienne.

Mais ma juste douleur va plus loin m’engager :

C’est peu de vous défendre, et je cours vous venger,

Et punir à la fois le cruel stratagème

Qui s’ose de mon nom armer contre vous-même.

IPHIGÉNIE.

Ah ! demeurez, seigneur, et daignez m’écouter.

ACHILLE.

Quoi, madame ! Un barbare osera m’insulter !

Il voit que de sa sœur je cours venger l’outrage ;

Il sait que le premier lui donnant mon suffrage,

Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux ;

Et pour fruit de mes soins, pour fruit de mes travaux,

Pour tout le prix enfin d’une illustre victoire

Qui le doit enrichir, venger, combler de gloire,

Content et glorieux du nom de votre époux,

Je ne lui demandais que l’honneur d’être à vous :

Cependant aujourd’hui, sanguinaire, parjure,

C’est peu de violer l’amitié, la nature ;

C’est peu que de vouloir, sous un couteau mortel,

Me montrer votre cœur fumant sur un autel ;

D’un appareil d’hymen couvrant ce sacrifice,

Il veut que ce soit moi qui vous mène au supplice ;

Que ma crédule main conduise le couteau ;

Qu’au lieu de votre époux je sois votre bourreau !

Et quel était pour vous ce sanglant hyménée,

Si je fusse arrivé plus tard d’une journée ?

Quoi donc ! à leur fureur livrée en ce moment,

Vous iriez à l’autel me chercher vainement ;

Et d’un fer imprévu vous tomberiez frappée,

En accusant mon nom qui vous aurait trompée !

Il faut de ce péril, de cette trahison,

Aux yeux de tous les Grecs lui demander raison.

À l’honneur d’un époux vous-même intéressée,

Madame, vous devez approuver ma pensée.

Il faut que le cruel qui m’a pu mépriser

Apprenne de quel nom il osait abuser.

IPHIGÉNIE.

Hélas ! si vous m’aimez ; si pour grâce dernière,

Vous daignez d’une amante écouter la prière,

C’est maintenant, seigneur, qu’il faut me le prouver :

Car enfin, ce cruel que vous allez braver,

Cet ennemi barbare, injuste, sanguinaire,

Songez, quoi qu’il ait fait, songez qu’il est mon père.

ACHILLE.

Lui, votre père ! Après son horrible dessein,

Je ne le connais plus que pour votre assassin.

IPHIGÉNIE.

C’est mon père, seigneur, je vous le dis encore ;

Mais un père que j’aime, un père que j’adore,

Qui me chérit lui-même, et dont jusqu’à ce jour

Je n’ai jamais reçu que des marques d’amour.

Mon cœur dans ce respect élevé dès l’enfance

Ne peut que s’affliger de tout ce qui l’offense,

Et loin d’oser ici, par un prompt changement,

Approuver la fureur de votre emportement ;

Loin que par mes discours je l’attise moi-même,

Croyez qu’il faut aimer autant que je vous aime

Pour avoir pu souffrir tous les noms odieux

Dont votre amour le vient d’outrager à mes yeux.

Et pourquoi voulez-vous qu’inhumain et barbare

Il ne gémisse pas du coup qu’on me prépare ?

Quel père de son sang se plaît à se priver ?

Pourquoi me perdrait-il, s’il pouvait me sauver ?

J’ai vu, n’en doutez point, ses larmes se répandre.

Faut-il le condamner avant que de l’entendre ?

Hélas ! de tant d’horreurs son cœur déjà troublé

Doit-il de votre haine être encore accablé ?

ACHILLE.

Quoi, madame ! parmi tant de sujets de crainte,

Ce sont là les frayeurs dont vous êtes atteinte !

Un cruel (comment puis-je autrement l’appeler ?)

Par la main de Calchas s’en va vous immoler ;

Et lorsqu’à sa fureur j’oppose ma tendresse,

Le soin de son repos est le seul qui vous presse !

On me ferme la bouche ! on l’excuse ! on le plaint !

C’est pour lui que l’on tremble, et c’est moi que l’on craint !

Triste effet de mes soins ! Est-ce donc là, madame,

Tout le progrès qu’Achille avait fait dans votre âme ?

IPHIGÉNIE.

Ah ! cruel ! cet amour, dont vous voulez douter,

Ai-je attendu si tard pour le faire éclater ?

Vous voyez de quel œil, et comme indifférente,

J’ai reçu de ma mort la nouvelle sanglante :

Je n’en ai point pâli. Que n’avez-vous pu voir

À quel excès tantôt allait mon désespoir,

Quand, presque en arrivant, un récit peu fidèle

M’a de votre inconstance annoncé la nouvelle !

Quel trouble, quel torrent de mots injurieux

Accusait à la fois les hommes et les dieux !

Ah ! que vous auriez vu, sans que je vous le die,

De combien votre amour m’est plus cher que ma vie !

Qui sait même, qui sait si le ciel irrité

A pu souffrir l’excès de ma félicité ?

Hélas ! il me semblait qu’une flamme si belle

M’élevait au-dessus du sort d’une mortelle !

ACHILLE.

Ah ! si je vous suis cher, ma princesse, vivez.

Scène VII.

ACHILLE, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ÆGINE.

CLYTEMNESTRE.

Tout est perdu, seigneur, si vous ne nous sauvez.

Agamemnon m’évite, et craignant mon visage,

Il me fait de l’autel refuser le passage :

Des gardes, que lui-même a pris soin de placer,

Nous ont de toutes parts défendu de passer.

Il me fuit. Ma douleur étonne son audace.

ACHILLE.

Eh bien ! c’est donc à moi de prendre votre place.

Il me verra, madame : et je vais lui parler.

IPHIGÉNIE.

Ah ! madame !… Ah ! seigneur ! où voulez-vous aller ?

ACHILLE.

Et que prétend de moi votre injuste prière ?

Vous faudra-t-il toujours combattre la première ?

CLYTEMNESTRE.

Quel est votre dessein, ma fille ?

IPHIGÉNIE.

Quel est votre dessein, ma fille ? Au nom des dieux,

Madame, retenez un amant furieux :

De ce triste entretien détournons les approches.

Seigneur, trop d’amertume aigrirait vos reproches.

Je sais jusqu’où s’emporte un amant irrité ;

Et mon père est jaloux de son autorité.

On ne connaît que trop la fierté des Atrides.

Laissez parler, seigneur, des bouches plus timides.

Surpris, n’en doutez point, de mon retardement,

Lui-même il me viendra chercher dans un moment :

Il entendra gémir une mère oppressée ;

Et que ne pourra point m’inspirer la pensée

De prévenir les pleurs que vous verseriez tous,

D’arrêter vos transports, et de vivre pour vous ?

ACHILLE.

Enfin vous le voulez : il faut donc vous complaire.

Donnez-lui l’une et l’autre un conseil salutaire :

Rappelez sa raison ; persuadez-le bien,

Pour vous, pour mon repos, et surtout pour le sien.

Je perds trop de moments en des discours frivoles ;

Il faut des actions, et non pas des paroles.

(À Clytemnestre.) Madame, à vous servir je vais tout disposer :

Dans votre appartement allez vous reposer.

Votre fille vivra, je puis vous le prédire.

Croyez du moins, croyez que, tant que je respire,

Les dieux auront en vain ordonné son trépas :

Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas.

ACTE QUATRIÈME.

Scène première.

ÉRIPHILE, DORIS.

DORIS.

Ah ! que me dites-vous ? Quelle étrange manie

Vous peut faire envier le sort d’Iphigénie ?

Dans une heure elle expire. Et jamais, dites-vous,

Vos yeux de son bonheur ne furent plus jaloux.

Qui le croira, madame ? Et quel cœur si farouche…

ÉRIPHILE.

Jamais rien de plus vrai n’est sorti de ma bouche :

Jamais de tant de soins mon esprit agité

Ne porta plus d’envie à sa félicité.

Favorables périls ! Espérance inutile !

N’as-tu pas vu sa gloire, et le trouble d’Achille ?

J’en ai vu, j’en ai fui les signes trop certains.

Ce héros, si terrible au reste des humains,

Qui ne connaît de pleurs que ceux qu’il fait répandre,

Qui s’endurcit contre eux dès l’âge le plus tendre,

Et qui, si l’on nous fait un fidèle discours,

Suça même le sang des lions et des ours,

Pour elle de la crainte a fait l’apprentissage :

Elle l’a vu pleurer et changer de visage.

Et tu la plains, Doris ! Par combien de malheurs

Ne lui voudrais-je point disputer de tels pleurs !

Quand je devrais comme elle expirer dans une heure…

Mais que dis-je, expirer ! Ne crois pas qu’elle meure.

Dans un lâche sommeil crois-tu qu’enseveli

Achille aura pour elle impunément pâli ?

Achille à son malheur saura bien mettre obstacle.

Tu verras que les dieux n’ont dicté cet oracle

Que pour croître à la fois sa gloire et mon tourment,

Et la rendre plus belle aux yeux de son amant.

Eh quoi ! ne vois-tu pas tout ce qu’on fait pour elle ?

On supprime des dieux la sentence mortelle ;

Et quoique le bûcher soit déjà préparé,

Le nom de la victime est encore ignoré :

Tout le camp n’en sait rien. Doris, à ce silence,

Ne reconnais-tu pas un père qui balance ?

Et que fera-t-il donc ? Quel courage endurci

Soutiendrait les assauts qu’on lui prépare ici :

Une mère en fureur, les larmes d’une fille,

Les cris, le désespoir de toute une famille,

Le sang, à ces objets facile à s’ébranler !

Achille menaçant, tout prêt à l’accabler ?

Non, te dis-je ; les dieux l’ont en vain condamnée :

Je suis et je serai la seule infortunée.

Ah ! si je m’en croyais…

DORIS.

Ah ! si je m’en croyais… Quoi ! Que méditez-vous ?

ÉRIPHILE.

Je ne sais qui m’arrête et retient mon courroux,

Que, par un prompt avis de tout ce qui se passe,

Je ne coure des dieux divulguer la menace,

Et publier partout les complots criminels

Qu’on fait ici contre eux et contre leurs autels.

DORIS.

Ah ! quel dessein, madame !

ÉRIPHILE.

Ah ! quel dessein, madame ! Ah ! Doris ! quelle joie !

Que d’encens brûlerait dans les temples de Troie,

Si, troublant tous les Grecs, et vengeant ma prison,

Je pouvais contre Achille armer Agamemnon ;

Si leur haine, de Troie oubliant la querelle,

Tournait contre eux le fer qu’ils aiguisent contre elle,

Et si de tout le camp mes avis dangereux

Faisaient à ma patrie un sacrifice heureux !

DORIS.

J’entends du bruit. On vient : Clytemnestre s’avance.

Remettez-vous, madame, ou fuyez sa présence.

ÉRIPHILE.

Rentrons. Et pour troubler un hymen odieux,

Consultons des fureurs qu’autorisent les dieux.

Scène II.

CLYTEMNESTRE, ÆGINE.

CLYTEMNESTRE.

Ægine, tu le vois, il faut que je la fuie :

Loin que ma fille pleure et tremble pour sa vie,

Elle excuse son père, et veut que ma douleur

Respecte encor la main qui lui perce le cœur.

Ô constance ! ô respect ! Pour prix de sa tendresse,

Le barbare à l’autel se plaint de sa paresse !

Je l’attends. Il viendra m’en demander raison,

Et croit pouvoir encor cacher sa trahison.

Il vient. Sans éclater contre son injustice,

Voyons s’il soutiendra son indigne artifice.

Scène III.

AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE, ÆGINE.

AGAMEMNON.

Que faites-vous, madame ? et d’où vient que ces lieux

N’offrent point avec vous votre fille à mes yeux ?

Mes ordres par Arcas vous l’avaient demandée :

Qu’attend-elle ? Est-ce vous qui l’avez retardée ?

À mes justes désirs ne vous rendez-vous pas ?

Ne peut-elle à l’autel marcher que sur vos pas ?

Parlez…

CLYTEMNESTRE.

Parlez… S’il faut partir, ma fille est toute prête.

Mais vous, n’avez-vous rien, seigneur, qui vous arrête ?

AGAMEMNON.

Moi, madame ?

CLYTEMNESTRE.

Moi, madame ? Vos soins ont-ils tout préparé ?

AGAMEMNON.

Calchas est prêt, madame, et l’autel est paré.

J’ai fait ce que m’ordonne un devoir légitime.

CLYTEMNESTRE.

Vous ne me parlez point, seigneur, de la victime.

AGAMEMNON.

Que me voulez-vous dire ? et de quel soin jaloux…

Scène IV

AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ÆGINE.

CLYTEMNESTRE.

Venez, venez, ma fille, on n’attend plus que vous,

Venez remercier un père qui vous aime ;

Et qui veut à l’autel vous conduire lui-même.

AGAMEMNON.

Que vois-je ? Quel discours ! Ma fille, vous pleurez,

Et baissez devant moi vos yeux mal assurés :

Quel trouble ! Mais tout pleure, et la fille et la mère.

Ah ! malheureux Arcas, tu m’as trahi !

IPHIGÉNIE.

Ah ! malheureux Arcas, tu m’as trahi ! Mon père,

Cessez de vous troubler, vous n’êtes point trahi :

Quand vous commanderez, vous serez obéi.

Ma vie est votre bien ; vous voulez le reprendre :

Vos ordres sans détour pouvaient se faire entendre.

D’un œil aussi content, d’un cœur aussi soumis

Que j’acceptais l’époux que vous m’aviez promis,

Je saurai, s’il le faut, victime obéissante,

Tendre au fer de Calchas une tête innocente ;

Et respectant le coup par vous-même ordonné,

Vous rendre tout le sang que vous m’avez donné.

Si pourtant ce respect, si cette obéissance

Paraît digne à vos yeux d’une autre récompense ;

Si d’une mère en pleurs vous plaignez les ennuis,

J’ose vous dire ici qu’en l’état où je suis

Peut-être assez d’honneurs environnaient ma vie

Pour ne pas souhaiter qu’elle me fût ravie,

Ni qu’en me l’arrachant, un sévère destin,

Si près de ma naissance, en eût marqué la fin.

Fille d’Agamemnon, c’est moi qui, la première,

Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père ;

C’est moi qui, si longtemps le plaisir de vos yeux,

Vous ai fait de ce nom remercier les dieux,

Et pour qui, tant de fois prodiguant vos caresses,

Vous n’avez point du sang dédaigné les faiblesses.

Hélas ! avec plaisir je me faisais conter

Tous les noms des pays que vous allez dompter ;

Et déjà, d’Ilion présageant la conquête,

D’un triomphe si beau je préparais la fête.

Je ne m’attendais pas que, pour le commencer,

Mon sang fût le premier que vous dussiez verser.

Non que la peur du coup dont je suis menacée

Me fasse rappeler votre bonté passée :

Ne craignez rien : mon cœur, de votre honneur jaloux,

Ne fera point rougir un père tel que vous ;

Et si je n’avais eu que ma vie à défendre,

J’aurais su renfermer un souvenir si tendre ;

Mais à mon triste sort, vous le savez, seigneur,

Une mère, un amant, attachaient leur bonheur.

Un roi digne de vous a cru voir la journée

Qui devait éclairer notre illustre hyménée ;

Déjà, sûr de mon cœur à sa flamme promis,

Il s’estimait heureux : vous me l’aviez permis.

Il sait votre dessein ; jugez de ses alarmes.

Ma mère est devant vous, et vous voyez ses larmes.

Pardonnez aux efforts que je viens de tenter

Pour prévenir les pleurs que je leur vais coûter.

AGAMEMNON.

Ma fille, il est trop vrai : j’ignore pour quel crime

La colère des dieux demande une victime :

Mais ils vous ont nommée : un oracle cruel

Veut qu’ici votre sang coule sur un autel.

Pour défendre vos jours de leurs lois meurtrières,

Mon amour n’avait pas attendu vos prières.

Je ne vous dirai point combien j’ai résisté :

Tous les livres