Mithridate (page 2)

Jean Racine · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Mithridate (éditions Didot, 1854) · 6 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Souveraine des mers qui vous doivent porter.

MONIME.

Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre.

Mais, puisque le temps presse, et qu’il faut vous répondre,

Puis-je, laissant la feinte et les déguisements,

Vous découvrir ici mes secrets sentiments ?

PHARNACE.

Vous pouvez tout.

MONIME.

Vous pouvez tout. Je crois que je vous suis connue.

Éphèse est mon pays ; mais je suis descendue

D’aïeux, ou rois, seigneur, ou héros qu’autrefois

Leur vertu, chez les Grecs, mit au-dessus des rois.

Mithridate me vit ; Éphèse, et l’Ionie,

À son heureux empire était alors unie :

Il daigna m’envoyer ce gage de sa foi.

Ce fut pour ma famille une suprême loi :

Il fallut obéir. Esclave couronnée,

Je partis pour l’hymen où j’étais destinée.

Le roi, qui m’attendait au sein de ses États,

Vit emporter ailleurs ses desseins et ses pas,

Et, tandis que la guerre occupait son courage,

M’envoya dans ces lieux éloignés de l’orage.

J’y vins, j’y suis encor. Mais cependant, seigneur,

Mon père paya cher ce dangereux honneur :

Et les Romains vainqueurs, pour première victime,

Prirent Philopœmen, le père de Monime.

Sous ce titre funeste il se vit immoler ;

Et c’est de quoi, seigneur, j’ai voulu vous parler.

Quelque juste fureur dont je sois animée,

Je ne puis point à Rome opposer une armée ;

Inutile témoin de tous ses attentats,

Je n’ai pour me venger ni sceptre ni soldats ;

Enfin, je n’ai qu’un cœur. Tout ce que je puis faire,

C’est de garder la foi que je dois à mon père,

De ne point dans son sang aller tremper mes mains

En épousant en vous l’allié des Romains.

PHARNACE.

Que parlez-vous de Rome et de son alliance ?

Pourquoi tout ce discours et cette défiance ?

Qui vous dit qu’avec eux je prétends m’allier ?

MONIME.

Mais vous-même, seigneur, pouvez-vous le nier ?

Comment m’offririez-vous l’entrée et la couronne

D’un pays que partout leur armée environne,

Si le traité secret qui vous lie aux Romains

Ne vous en assurait l’empire et les chemins ?

PHARNACE.

De mes intentions je pourrais vous instruire,

Et je sais les raisons que j’aurais à vous dire,

Si, laissant en effet les vains déguisements,

Vous m’aviez expliqué vos secrets sentiments ;

Mais enfin je commence, après tant de traverses,

Madame, à rassembler vos excuses diverses ;

Je crois voir l’intérêt que vous voulez celer,

Et qu’un autre qu’un père ici vous fait parler.

XIPHARÈS.

Quel que soit l’intérêt qui fait parler la reine,

La réponse, seigneur, doit-elle être incertaine ?

Et contre les Romains votre ressentiment

Doit-il pour éclater balancer un moment ?

Quoi ! nous aurons d’un père entendu la disgrâce ;

Et lents à le venger, prompts à remplir sa place,

Nous mettrons notre honneur et son sang en oubli !

Il est mort : savons-nous s’il est enseveli ?

Qui sait si, dans le temps que votre âme empressée

Forme d’un doux hymen l’agréable pensée,

Ce roi, que l’Orient tout plein de ses exploits

Peut nommer justement le dernier de ses rois,

Dans ses propres États, privé de sépulture,

Ou couché sans honneur dans une foule obscure,

N’accuse point le ciel qui le laisse outrager,

Et des indignes fils qui n’osent le venger ?

Ah ! ne languissons plus dans un coin du Bosphore :

Si dans tout l’univers quelque roi libre encore,

Parthe, Scythe ou Sarmate, aime sa liberté,

Voilà nos alliés : marchons de ce côté.

Vivons ou périssons dignes de Mithridate ;

Et songeons bien plutôt, quelque amour qui nous flatte,

À défendre du joug et nous et nos États,

Qu’à contraindre des cœurs qui ne se donnent pas.

PHARNACE.

Il sait vos sentiments. Me trompais-je, madame ?

Voilà cet intérêt si puissant sur votre âme,

Ce père, ces Romains que vous me reprochez.

XIPHARÈS.

J’ignore de son cœur les sentiments cachés ;

Mais je m’y soumettrais sans vouloir rien prétendre,

Si, comme vous, seigneur, je croyais les entendre.

PHARNACE.

Vous feriez bien ; et moi, je fais ce que je doi :

Votre exemple n’est pas une règle pour moi.

XIPHARÈS.

Toutefois en ces lieux je ne connais personne

Qui ne doive imiter l’exemple que je donne.

PHARNACE.

Vous pourriez à Colchos vous expliquer ainsi.

XIPHARÈS.

Je le puis à Colchos, et je le puis ici.

PHARNACE.

Ici ! vous y pourriez rencontrer votre perte…

Scène IV.

MONIME, PHARNACE, XIPHARÈS, PHŒDIME.

PHŒDIME.

Princes, toute la mer est de vaisseaux couverte ;

Et bientôt, démentant le faux bruit de sa mort,

Mithridate lui-même arrive dans le port.

MONIME.

Mithridate !

XIPHARÈS.

Mithridate ! Mon père !

PHARNACE.

Mithridate ! Mon père ! Ah ! que viens-je d’entendre !

PHŒDIME.

Quelques vaisseaux légers sont venus nous l’apprendre ;

C’est lui-même ; et déjà, pressé de son devoir,

Arbate loin du bord l’est allé recevoir.

XIPHARÈS, à Monime.

Qu’avons-nous fait ?

MONIME, à Xipharès.

Qu’avons-nous fait ? Adieu, prince. Quelle nouvelle !

Scène V.

PHARNACE, XIPHARÈS.

PHARNACE, à part.

Mithridate revient ! Ah ! fortune cruelle !

Ma vie et mon amour tous deux courent hasard.

Les Romains que j’attends arriveront trop tard :

(À Xipharès.) Comment faire ? J’entends que votre cœur soupire,

Et j’ai conçu l’adieu qu’elle vient de vous dire,

Prince ; mais ce discours demande un autre temps :

Nous avons aujourd’hui des soins plus importants.

Mithridate revient, peut-être inexorable :

Plus il est malheureux, plus il est redoutable ;

Le péril est pressant plus que vous ne pensez.

Nous sommes criminels, et vous le connaissez :

Rarement l’amitié désarme sa colère ;

Ses propres fils n’ont point de juge plus sévère ;

Et nous l’avons vu même à ses cruels soupçons

Sacrifier deux fils pour de moindres raisons.

Craignons pour vous, pour moi, pour la reine elle-même ;

Je la plains d’autant plus que Mithridate l’aime.

Amant avec transport, mais jaloux sans retour,

Sa haine va toujours plus loin que son amour.

Ne vous assurez point sur l’amour qu’il vous porte ;

Sa jalouse fureur n’en sera que plus forte.

Songez-y. Vous avez la faveur des soldats ;

Et j’aurai des secours que je n’explique pas.

M’en croirez-vous ? Courons assurer notre grâce :

Rendons-nous, vous et moi, maîtres de cette place :

Et faisons qu’à ses fils il ne puisse dicter

Que les conditions qu’ils voudront accepter.

XIPHARÈS.

Je sais quel est mon crime, et je connais mon père ;

Et j’ai par-dessus vous le crime de ma mère ;

Mais quelque amour encor qui me pût éblouir,

Quand mon père paraît, je ne sais qu’obéir.

PHARNACE.

Soyons-nous donc au moins fidèles l’un à l’autre :

Vous savez mon secret ; j’ai pénétré le vôtre.

Le roi, toujours fertile en dangereux détours,

S’armera contre nous de nos moindres discours :

Vous savez sa coutume, et sous quelles tendresses

Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses.

Allons : puisqu’il le faut, je marche sur vos pas ;

Mais, en obéissant, ne nous trahissons pas.

ACTE SECOND.

Scène première.

MONIME, PHŒDIME.

PHŒDIME.

Quoi ! vous êtes ici quand Mithridate arrive !

Quand, pour le recevoir, chacun court sur la rive !

Que faites-vous, madame ? et quel ressouvenir

Tout à coup vous arrête, et vous fait revenir ?

N’offenserez-vous point un roi qui vous adore,

Qui, presque votre époux…

MONIME.

Qui, presque votre époux… Il ne l’est pas encore,

Phœdime ; et jusque-là je crois que mon devoir

Est de l’attendre ici sans l’aller recevoir.

PHŒDIME.

Mais ce n’est point, madame, un amant ordinaire.

Songez qu’à ce grand roi promise par un père,

Vous avez de ses feux un gage solennel

Qu’il peut, quand il voudra, confirmer à l’autel.

Croyez-moi, montrez-vous ; venez à sa rencontre.

MONIME.

Regarde en quel état tu veux que je me montre :

Vois ce visage en pleurs ; et, loin de le chercher,

Dis-moi plutôt, dis-moi que je m’aille cacher.

PHŒDIME.

Que dites-vous ? Ô dieux !

MONIME.

Que dites-vous ? Ô dieux ! Ah ! retour qui me tue !

Malheureuse ! comment paraîtrai-je à sa vue,

Son diadème au front, et, dans le fond du cœur,

Phœdime… Tu m’entends, et tu vois ma rougeur.

PHŒDIME.

Ainsi vous retombez dans les mêmes alarmes

Qui vous ont dans la Grèce arraché tant de larmes ;

Et toujours Xipharès revient vous traverser.

MONIME.

Mon malheur est plus grand que tu ne peux penser :

Xipharès ne s’offrait alors à ma mémoire

Que tout plein de vertus, que tout brillant de gloire ;

Et je ne savais pas que, pour moi plein de feux,

Xipharès des mortels fût le plus amoureux…

PHŒDIME.

Il vous aime, madame ? Et ce héros aimable…

MONIME.

Est aussi malheureux que je suis misérable.

Il m’adore, Phœdime ; et les mêmes douleurs

Qui m’affligeaient ici, le tourmentaient ailleurs.

PHŒDIME.

Sait-il en sa faveur jusqu’où va votre estime ?

Sait-il que vous l’aimez ?

MONIME.

Sait-il que vous l’aimez ? Il l’ignore, Phœdime.

Les dieux m’ont secourue ; et mon cœur affermi

N’a rien dit, ou du moins n’a parlé qu’à demi.

Hélas ! si tu savais, pour garder le silence,

Combien ce triste cœur s’est fait de violence,

Quels assauts, quels combats j’ai tantôt soutenus !

Phœdime, si je puis, je ne le verrai plus :

Malgré tous les efforts que je pourrais me faire,

Je verrais ses douleurs, je ne pourrais me taire.

Il viendra malgré moi m’arracher cet aveu :

Mais n’importe, s’il m’aime, il en jouira peu ;

Je lui vendrai si cher ce bonheur qu’il ignore,

Qu’il vaudrait mieux pour lui qu’il l’ignorât encore.

PHŒDIME.

On vient. Que faites-vous, madame ?

MONIME.

On vient. Que faites-vous, madame ? Je ne puis :

Je ne paraîtrai point dans le trouble où je suis.

Scène II.

MITHRIDATE, PHARNACE, XIPHARÈS, ARBATE, gardes.

MITHRIDATE.

Princes, quelques raisons que vous me puissiez dire,

Votre devoir ici n’a point dû vous conduire,

Ni vous faire quitter, en de si grands besoins,

Vous le Pont, vous Colchos, confiés à vos soins.

Mais vous avez pour juge un père qui vous aime.

Vous avez cru des bruits que j’ai semés moi-même ;

Je vous crois innocents, puisque vous le voulez,

Et je rends grâce au ciel qui nous a rassemblés.

Tout vaincu que je suis, et voisin du naufrage,

Je médite un dessein digne de mon courage.

Vous en serez tantôt instruits plus amplement.

Allez, et laissez-moi reposer un moment.

Scène III.

MITHRIDATE, ARBATE.

MITHRIDATE.

Enfin, après un an, tu me revois, Arbate :

Non plus, comme autrefois, cet heureux Mithridate

Qui, de Rome toujours balançant le destin,

Tenait entre elle et moi l’univers incertain :

Je suis vaincu. Pompée a saisi l’avantage

D’une nuit qui laissait peu de place au courage.

Mes soldats presque nus, dans l’ombre intimidés,

Les rangs de toutes parts mal pris et mal gardés,

Le désordre partout redoublant les alarmes,

Nous-mêmes contre nous tournant nos propres armes

Les cris que les rochers renvoyaient plus affreux,

Enfin toute l’horreur d’un combat ténébreux :

Que pouvait la valeur dans ce trouble funeste ?

Les uns sont morts, la fuite a sauvé tout le reste ;

Et je ne dois la vie, en ce commun effroi,

Qu’au bruit de mon trépas que je laisse après moi.

Quelque temps inconnu, j’ai traversé le Phase ;

Et de là pénétrant jusqu’au pied du Caucase,

Bientôt dans des vaisseaux sur l’Euxin préparés,

J’ai rejoint de mon camp les restes séparés.

Voilà par quels malheurs poussé dans le Bosphore,

J’y trouve des malheurs qui m’attendaient encore.

Toujours du même amour tu me vois enflammé :

Ce cœur nourri de sang, et de guerre affamé,

Malgré le faix des ans et du sort qui m’opprime,

Traîne partout l’amour qui l’attache à Monime ;

Et n’a point d’ennemis qui lui soient odieux

Plus que deux fils ingrats que je trouve en ces lieux.

ARBATE.

Deux fils, seigneur !

MITHRIDATE.

Deux fils, seigneur ! Écoute. À travers ma colère,

Je veux bien distinguer Xipharès de son frère :

Je sais que, de tout temps à mes ordres soumis,

Il hait autant que moi nos communs ennemis ;

Et j’ai vu sa valeur à me plaire attachée,

Justifier pour lui ma tendresse cachée ;

Je sais même, je sais avec quel désespoir,

À tout autre intérêt préférant son devoir,

Il courut démentir une mère infidèle,

Et tira de son crime une gloire nouvelle ;

Et je ne puis encor ni n’oserais penser

Que ce fils si fidèle ait voulu m’offenser.

Mais tous deux en ces lieux que pouvaient-ils attendre ?

L’un et l’autre à la reine ont-ils osé prétendre ?

Avec qui semble-t-elle en secret s’accorder ?

Moi-même de quel œil dois-je ici l’aborder ?

Parle. Quelque désir qui m’entraîne auprès d’elle,

Il me faut de leurs cœurs rendre un compte fidèle.

Qu’est-ce qui s’est passé ? qu’as-tu vu ? que sais-tu ?

Depuis quel temps, pourquoi, comment t’es-tu rendu ?

ARBATE.

Seigneur, depuis huit jours l’impatient Pharnace

Aborda le premier au pied de cette place ;

Et de votre trépas autorisant le bruit,

Dans ces murs aussitôt voulut être introduit.

Je ne m’arrêtai point à ce bruit téméraire ;

Et je n’écoutais rien, si le prince son frère,

Bien moins par ses discours, seigneur, que par ses pleurs,

Ne m’eût en arrivant confirmé vos malheurs.

MITHRIDATE.

Enfin, que firent-ils ?

ARBATE.

Enfin, que firent-ils ? Pharnace entrait à peine

Qu’il courut de ses feux entretenir la reine,

Et s’offrit d’assurer, par un hymen prochain,

Le bandeau qu’elle avait reçu de votre main.

MITHRIDATE.

Traître ! sans lui donner le loisir de répandre

Les pleurs que son amour aurait dus à ma cendre !

Et son frère ?

ARBATE.

Et son frère ? Son frère, au moins jusqu’à ce jour,

Seigneur, dans ses desseins n’a point marqué d’amour ;

Et toujours avec vous son cœur d’intelligence

N’a semblé respirer que guerre et que vengeance.

MITHRIDATE.

Mais encor, quel dessein le conduisait ici ?

ARBATE.

Seigneur, vous en serez tôt ou tard éclairci.

MITHRIDATE.

Parle, je te l’ordonne, et je veux tout apprendre.

ARBATE.

Seigneur, jusqu’à ce jour ce que j’ai pu comprendre,

Ce prince a cru pouvoir, après votre trépas,

Compter cette province au rang de ses États ;

Et sans connaître ici de lois que son courage,

Il venait par la force appuyer son partage.

MITHRIDATE.

Ah ! c’est le moindre prix qu’il se doit proposer,

Si le ciel de mon sort me laisse disposer.

Oui, je respire, Arbate, et ma joie est extrême :

Je tremblais, je l’avoue, et pour un fils que j’aime,

Et pour moi qui craignais de perdre un tel appui,

Et d’avoir à combattre un rival tel que lui.

Que Pharnace m’offense, il offre à ma colère

Un rival dès longtemps soigneux de me déplaire,

Qui toujours des Romains admirateur secret,

Ne s’est jamais contre eux déclaré qu’à regret ;

Et s’il faut que pour lui Monime prévenue

Ait pu porter ailleurs une amour qui m’est due,

Malheur au criminel qui vient me la ravir !

Et qui m’ose offenser et n’ose me servir !

L’aime-t-elle ?

ARBATE.

L’aime-t-elle ? Seigneur, je vois venir la reine.

MITHRIDATE.

Dieux, qui voyez ici mon amour et ma haine,

Épargnez mes malheurs, et daignez empêcher

Que je ne trouve encor ceux que je vais chercher !

Arbate, c’est assez : qu’on me laisse avec elle.

Scène IV.

MITHRIDATE, MONIME.

MITHRIDATE.

Madame, enfin le ciel près de vous me rappelle,

Et secondant du moins mes plus tendres souhaits,

Vous rend à mon amour plus belle que jamais.

Je ne m’attendais pas que de notre hyménée

Je dusse voir si tard arriver la journée ;

Ni qu’en vous retrouvant, mon funeste retour

Fît voir mon infortune, et non pas mon amour.

C’est pourtant cet amour qui, de tant de retraites,

Ne me laisse choisir que les lieux où vous êtes ;

Et les plus grands malheurs pourront me sembler doux

Si ma présence ici n’en est point un pour vous.

C’est vous en dire assez, si vous voulez m’entendre.

Vous devez à ce jour dès longtemps vous attendre ;

Et vous portez, madame, un gage de ma foi

Qui vous dit tous les jours que vous êtes à moi.

Allons donc assurer cette foi mutuelle.

Ma gloire loin d’ici vous et moi nous appelle ;

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