Cyrano de Bergerac (page 9)

Edmond Rostand · Lettres

Texte français, domaine public · Source : fr.wikisource.org — Cyrano de Bergerac (Rostand) · 16 pages

Fiche de l’œuvre dans le savoir

Christian.

Es-tu frappé ? Viens vite apprendre…Non, te dis-je !

Je suis las d’emprunter mes lettres, mes discours,

Et de jouer ce rôle, et de trembler toujours !…

C’était bon au début ! Mais je sens qu’elle m’aime !

Merci. Je n’ai plus peur. Je vais parler moi-même.

Cyrano.

Ouais !

Christian.

Ouais !Et qui te dit que je ne saurai pas ?…

Je ne suis pas si bête à la fin ! Tu verras !

Mais, mon cher, tes leçons m’ont été profitables.

Je saurai parler seul ! Et, de par tous les diables,

Je saurai bien toujours la prendre dans mes bras !…

(Apercevant Roxane, qui ressort de chez Clomire.)

— C’est elle ! Cyrano, non, ne me quitte pas !

Cyrano, le saluant.

Parlez tout seul, Monsieur.

(Il disparaît derrière le mur du jardin.)

Scène V

CHRISTIAN, ROXANE, quelques Précieux et Précieuses, et la Duègne, un instant.

Roxane, sortant de la maison de Clomire avec une compagnie qu’elle quitte : révérences et saluts.

Parlez tout seul, Monsieur.Barthénoïde ! — Alcandre ! —

Grémione !…

La duègne, désespérée.

Grémione !…On a manqué le discours sur le Tendre !

(Elle rentre chez Roxane.)

Roxane, saluant encore.

Urimédonte… Adieu !…

(Tous saluent Roxane, se resaluent entre eux, se séparent et s’éloignent par différentes rues. Roxane voit Christian.)

Urimédonte… Adieu !…C’est vous !…

Urimédonte… Adieu !…C’est vous !…(Elle va à lui.)

Urimédonte… Adieu !…C’est vous !…Le soir descend.

Attendez. Ils sont loin. L’air est doux. Nul passant.

Asseyons-nous. Parlez. J’écoute.

Christian, s’assied près d’elle, sur le banc. Un silence.

Asseyons-nous. Parlez. J’écoute.Je vous aime.

Roxane, fermant les yeux.

Oui, parlez-moi d’amour.

Christian.

Oui, parlez-moi d’amour.Je t’aime.

Roxane.

Oui, parlez-moi d’amour.Je t’aime.C’est le thème.

Brodez, brodez.

Christian.

Brodez, brodez.Je vous…

Roxane.

Brodez, brodez.Je vous…Brodez !

Christian.

Brodez, brodez.Je vous…Brodez !Je t’aime tant.

Roxane.

Sans doute. Et puis ?

Christian.

Sans doute. Et puis ?Et puis… je serais si content

Si vous m’aimiez ! — Dis-moi, Roxane, que tu m’aimes !

Roxane, avec une moue.

Vous m’offrez du brouet quand j’espérais des crèmes !

Dites un peu comment vous m’aimez ?…

Christian.

Dites un peu comment vous m’aimez ?…Mais… beaucoup.

Roxane.

Oh !… Délabyrinthez vos sentiments !

Christian, qui s’est rapproché et dévore des yeux la nuque blonde.

Oh !… Délabyrinthez vos sentiments !Ton cou !

Je voudrais l’embrasser !…

Roxane.

Je voudrais l’embrasser !…Christian !

Christian.

Je voudrais l’embrasser !…Christian !Je t’aime !

Roxane, voulant se lever.

Je voudrais l’embrasser !…Christian !Je t’aime !Encore !

Christian, vivement, la retenant.

Non ! je ne t’aime pas !

Roxane, se rasseyant.

Non, je ne t’aime pas !C’est heureux.

Christian.

Non, je ne t’aime pas !C’est heureux.Je t’adore !

Roxane, se levant et s’éloignant.

Oh !

Christian.

Oh !Oui… je deviens sot !

Roxane.

Oh !Oui… je deviens sot !Et cela me déplaît !

Comme il me déplairait que vous devinssiez laid.

Christian.

Mais…

Roxane.

Mais…Allez rassembler votre éloquence en fuite !

Christian.

Je…

Roxane.

Je…Vous m’aimez, je sais. Adieu.

(Elle va vers la maison.)

Christian.

Je…Vous m’aimez, je sais. Adieu.Pas tout de suite !

Je vous dirai…

Roxane, poussant la porte pour rentrer.

Je vous dirai…Que vous m’adorez… oui, je sais.

Non ! non ! Allez-vous-en !

Christian.

Non ! non ! Allez-vous-en !Mais je…

(Elle lui ferme la porte au nez.)

Cyrano, qui depuis un moment est rentré sans être vu.

Non ! non ! Allez-vous-en !Mais je…C’est un succès.

Scène VI

CHRISTIAN, CYRANO, les Pages, un instant.

Christian.

Au secours !

Cyrano.

Au secours !Non, monsieur.

Christian.

Au secours !Non, monsieur.Je meurs si je ne rentre

En grâce, à l’instant même…

Cyrano.

En grâce, à l’instant même…Et comment puis-je, diantre !

Vous faire à l’instant même, apprendre ?…

Christian, lui saisissant le bras.

Vous faire à l’instant même, apprendre ?…Oh ! là, tiens, vois !

(La fenêtre du balcon s’est éclairée.)

Cyrano, ému.

Sa fenêtre !

Christan, criant.

Sa fenêtre !Je vais mourir !

Cyrano.

Sa fenêtre !Je vais mourir !Baissez la voix !

Christian, tout bas.

Mourir !…

Cyrano.

Mourir !…La nuit est noire…

Christian.

Mourir !…La nuit est noire…Eh bien ?

Cyrano.

Mourir !…La nuit est noire…Eh bien ?C’est réparable !

Vous ne méritez pas… Mets-toi là, misérable !

Là, devant le balcon ! Je me mettrai dessous…

Et je te soufflerai tes mots.

Christian.

Et je te soufflerai tes mots.Mais…

Cyrano.

Et je te soufflerai tes mots.Mais…Taisez-vous !

Les pages, reparaissant au fond, à Cyrano.

Hep !

Cyrano.

Hep !Chut !…

(Il leur fait signe de parler bas.)

Premier page, à mi-voix.

Hep !Chut !…Nous venons de donner la sérénade

À Montfleury !…

Cyrano, bas, vite.

À Montfleury !…Allez vous mettre en embuscade

L’un à ce coin de rue, et l’autre à celui-ci ;

Et si quelque passant gênant vient par ici,

Jouez un air !

Deuxième page.

Jouez un air !Quel air, monsieur le gassendiste ?

Cyrano.

Joyeux pour une femme, et pour un homme, triste !

(Les pages disparaissent, un à chaque coin de rue. — À Christian.)

Appelle-la !

Christian.

Appelle-la !Roxane !

Cyrano, ramassant des cailloux qu’il jette dans les vitres.

Appelle-la !Roxane !Attends ! Quelques cailloux.

Scène VII

ROXANE, CHRISTIAN, CYRANO, d’abord caché sous le balcon.

Roxane, entrouvrant sa fenêtre.

Qui donc m’appelle ?

Christian.

Qui donc m’appelle ?Moi.

Roxane.

Qui donc m’appelle ?Moi.Qui, moi ?

Christian.

Qui donc m’appelle ?Moi.Qui, moi ?Christian.

Roxane, avec dédain.

Qui donc m’appelle ?Moi.Qui, moi ?Christian.C’est vous ?

Christian.

Je voudrais vous parler.

Cyrano, sous le balcon, à Christian.

Je voudrais vous parler.Bien. Bien. Presque à voix basse.

Roxane.

Non ! Vous parlez trop mal. Allez-vous-en !

Christian.

Non ! Vous parlez trop mal. Allez-vous-en !De grâce !…

Roxane.

Non ! Vous ne m’aimez plus !

Christian, à qui Cyrano souffle ses mots.

Non ! Vous ne m’aimez plus !M’accuser, — justes dieux ! —

De n’aimer plus… quand… j’aime plus !

Roxane, qui allait refermer sa fenêtre, s’arrêtant.

De n’aimer plus… quand… j’aime plus !Tiens ! mais c’est mieux !

Christian, même jeu.

L’amour grandit bercé dans mon âme inquiète…

Que ce… cruel marmot prit pour… barcelonnette !

Roxane, s’avançant sur le balcon.

C’est mieux ! — Mais, puisqu’il est cruel, vous fûtes sot

De ne pas, cet amour, l’étouffer au berceau !

Christian, même jeu.

Aussi l’ai-je tenté, mais… tentative nulle :

Ce… nouveau-né, Madame, est un petit… Hercule.

Roxane.

C’est mieux !

Christian, même jeu.

C’est mieux !De sorte qu’il… strangula comme rien…

Les deux serpents… Orgueil et… Doute.

Roxane, s’accoudant au balcon.

Les deux serpents… Orgueil et… Doute.Ah ! c’est très bien.

— Mais pourquoi parlez-vous de façon peu hâtive ?

Auriez-vous donc la goutte à l’imaginative ?

Cyrano, tirant Christian sous le balcon et se glissant à sa place.

Chut ! Cela devient trop difficile !…

Roxane.

Chut ! Cela devient trop difficile !…Aujourd’hui…

Vos mots sont hésitants. Pourquoi ?

Cyrano, parlant à mi-voix, comme Christian.

Vos mots sont hésitants. Pourquoi ?C’est qu’il fait nuit,

Dans cette ombre, à tâtons, ils cherchent votre oreille.

Roxane.

Les miens n’éprouvent pas difficulté pareille.

Cyrano.

Ils trouvent tout de suite ? oh ! cela va de soi,

Puisque c’est dans mon cœur, eux, que je les reçoi ;

Or, moi, j’ai le cœur grand, vous, l’oreille petite.

D’ailleurs vos mots à vous, descendent : ils vont vite,

Les miens montent, Madame : il leur faut plus de temps !

Roxane.

Mais ils montent bien mieux depuis quelques instants.

Cyrano.

De cette gymnastique, ils ont pris l’habitude !

Roxane.

Je vous parle en effet d’une vraie altitude !

Cyrano.

Certe, et vous me tueriez si de cette hauteur

Vous me laissiez tomber un mot dur sur le cœur !

Roxane, avec un mouvement.

Je descends !

Cyrano, vivement.

Je descends !Non !

Roxane, lui montrant le banc qui est sous le balcon.

Je descends !Non !Grimpez sur le banc, alors, vite !

Cyrano, reculant avec effroi dans la nuit.

Non !

Roxane.

Non !Comment… non ?

Cyrano, que l’émotion gagne de plus en plus.

Non !Comment… non ?Laissez un peu que l’on profite…

De cette occasion qui s’offre… de pouvoir

Se parler doucement, sans se voir.

Roxane.

Se parler doucement, sans se voir.Sans se voir ?

Cyrano.

Mais oui, c’est adorable. On se devine à peine.

Vous voyez la noirceur d’un long manteau qui traîne,

J’aperçois la blancheur d’une robe d’été :

Moi je ne suis qu’une ombre, et vous qu’une clarté !

Vous ignorez pour moi ce que sont ces minutes !

Si quelquefois je fus éloquent…

Roxane.

Si quelquefois je fus éloquent…Vous le fûtes !

Cyrano.

Mon langage jamais jusqu’ici n’est sorti

De mon vrai cœur…

Roxane.

De mon vrai cœur…Pourquoi ?

Cyrano.

De mon vrai cœur…Pourquoi ?Parce que… jusqu’ici

Je parlais à travers…

Roxane.

Je parlais à travers…Quoi ?

Cyrano.

Je parlais à travers…Quoi ?…le vertige où tremble

Quiconque est sous vos yeux !… Mais ce soir, il me semble…

Que je vais vous parler pour la première fois !

Roxane.

C’est vrai que vous avez une toute autre voix.

Cyrano, se rapprochant avec fièvre.

Oui, tout autre, car dans la nuit qui me protège

J’ose être enfin moi-même, et j’ose…

(Il s’arrête et, avec égarement.)

J’ose être enfin moi-même, et j’ose…Où en étais-je ?

Je ne sais… tout ceci, — pardonnez mon émoi, —

C’est si délicieux… c’est si nouveau pour moi !

Roxane.

Si nouveau ?

Cyrano, bouleversé, et essayant toujours de rattraper ses mots.

Si nouveau ?Si nouveau… mais oui… d’être sincère :

La peur d’être raillé, toujours au cœur me serre…

Roxane.

Raillé de quoi ?

Cyrano.

Raillé de quoi ?Mais de… d’un élan !… Oui, mon cœur

Toujours, de mon esprit s’habille, par pudeur :

Je pars pour décrocher l’étoile, et je m’arrête

Par peur du ridicule, à cueillir la fleurette !

Roxane.

La fleurette a du bon.

Cyrano.

La fleurette a du bon.Ce soir, dédaignons-la !

Roxane.

Vous ne m’aviez jamais parlé comme cela !

Cyrano.

Ah ! si, loin des carquois, des torches et des flèches,

On se sauvait un peu vers des choses… plus fraîches !

Au lieu de boire goutte à goutte, en un mignon

Dé à coudre d’or fin, l’eau fade du Lignon,

Si l’on tentait de voir comment l’âme s’abreuve

En buvant largement à même le grand fleuve !

Roxane.

Mais l’esprit ?…

Cyrano.

Mais l’esprit ?…J’en ai fait pour vous faire rester

D’abord, mais maintenant ce serait insulter

Cette nuit, ces parfums, cette heure, la Nature,

Que de parler comme un billet doux de Voiture !

— Laissons, d’un seul regard de ses astres, le ciel

Nous désarmer de tout notre artificiel :

Je crains tant que parmi notre alchimie exquise

Le vrai du sentiment ne se volatilise,

Que l’âme ne se vide à ces passe-temps vains,

Et que le fin du fin ne soit la fin des fins !

Roxane.

Mais l’esprit ?…

Cyrano.

Mais l’esprit ?…Je le hais, dans l’amour ! C’est un crime

Lorsqu’on aime de trop prolonger cette escrime !

Le moment vient d’ailleurs inévitablement,

— Et je plains ceux pour qui ne vient pas ce moment ! —

Où nous sentons qu’en nous une amour noble existe

Que chaque joli mot que nous disons rend triste !

Roxane.

Eh bien ! si ce moment est venu pour nous deux,

Quels mots me direz-vous ?

Cyrano.

Quels mots me direz-vous ?Tous ceux, tous ceux, tous ceux

Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe,

Sans les mettre en bouquets : je vous aime, j’étouffe,

Je t’aime, je suis fou, je n’en peux plus, c’est trop ;

Ton nom est dans mon cœur comme dans un grelot,

Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,

Tout le temps, le grelot s’agite, et le nom sonne !

De toi, je me souviens de tout, j’ai tout aimé :

Je sais que l’an dernier, un jour, le douze mai,

Pour sortir le matin tu changeas de coiffure !

J’ai tellement pris pour clarté ta chevelure

Que, comme lorsqu’on a trop fixé le soleil,

On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,

Sur tout, quand j’ai quitté les feux dont tu m’inondes,

Mon regard ébloui pose des taches blondes !

Roxane, d’une voix troublée.

Oui, c’est bien de l’amour…

Cyrano.

Oui, c’est bien de l’amour…Certes, ce sentiment

Qui m’envahit, terrible et jaloux, c’est vraiment

De l’amour, il en a toute la fureur triste !

De l’amour, — et pourtant il n’est pas égoïste !

Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien,

Quand même tu devrais n’en savoir jamais rien,

S’il se pouvait, parfois, que de loin, j’entendisse

Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice !

— Chaque regard de toi suscite une vertu

Nouvelle, une vaillance en moi ! Commences-tu

À comprendre, à présent ? voyons, te rends-tu compte ?

Sens-tu mon âme, un peu, dans cette ombre, qui monte ?…

Oh ! mais vraiment, ce soir, c’est trop beau, c’est trop doux !

Je vous dis tout cela, vous m’écoutez, moi, vous !

C’est trop ! Dans mon espoir même le moins modeste,

Je n’ai jamais espéré tant ! Il ne me reste

Qu’à mourir maintenant ! C’est à cause des mots

Que je dis qu’elle tremble entre les bleus rameaux !

Car vous tremblez, comme une feuille entre les feuilles !

Car tu trembles ! car j’ai senti, que tu le veuilles

Ou non, le tremblement adoré de ta main

Descendre tout le long des branches du jasmin !

(Il baise éperdument l’extrémité d’une branche pendante.)

Roxane.

Oui, je tremble, et je pleure, et je t’aime, et suis tienne !

Et tu m’as enivrée !

Cyrano.

Et tu m’as enivrée !Alors, que la mort vienne !

Cette ivresse, c’est moi, moi, qui l’ai su causer !

Je ne demande plus qu’une chose…

Christian, sous le balcon.

Je ne demande plus qu’une chose…Un baiser !

Roxane, se rejetant en arrière.

Hein ?

Cyrano.

Hein ?Oh !

Roxane.

Hein ?Oh !Vous demandez ?

Cyrano.

Hein ?Oh !Vous demandez ?Oui… je…

(À Christian bas.)

Hein ?Oh !Vous demandez ?Oui… je…Tu vas trop vite.

Christian.

Puisqu’elle est si troublée, il faut que j’en profite !

Cyrano, à Roxane.

Oui, je… j’ai demandé, c’est vrai… mais justes cieux !

Je comprends que je fus bien trop audacieux.

Roxane, un peu déçue.

Vous n’insistez pas plus que cela ?

Cyrano.

Vous n’insistez pas plus que cela ?Si ! j’insiste…

Sans insister !… Oui, oui ! votre pudeur s’attriste !

Eh bien ! mais, ce baiser… ne me l’accordez pas !

Christian, à Cyrano, le tirant par son manteau.

Pourquoi ?

Cyrano.

Pourquoi ?Tais-toi, Christian !

Roxane, se penchant.

Pourquoi ?Tais-toi, Christian !Que dites-vous tout bas ?

Cyrano.

Mais d’être allé trop loin, moi-même je me gronde ;

Je me disais : tais-toi, Christian !…

(Les théorbes se mettent à jouer.)

Je me disais : tais-toi, Christian !…Une seconde !…

On vient !

(Roxane referme la fenêtre. Cyrano écoute les théorbes, dont un joue un air folâtre et l’autre un air lugubre.)

On vient !Air triste ? Air gai ?… Quel est donc leur dessein ?

Est-ce un homme ? une femme ? — Ah ! c’est un capucin !

(Entre un capucin qui va de maison en maison, une lanterne à la main, regardant les portes.)

Scène VIII

CYRANO, CHRISTIAN, un Capucin.

Cyrano, au capucin.

Quel est ce jeu renouvelé de Diogène ?

Le capucin.

Je cherche la maison de madame…

Christian.

Je cherche la maison de madame…Il nous gêne !

Le capucin.

Magdeleine Robin…

Christian.

Magdeleine Robin…Que veut-il ?

Cyrano, lui montrant une rue montante.

Magdeleine Robin…Que veut-il ?Par ici !

Tout droit, toujours tout droit…

Le capucin.

Tout droit, toujours tout droit…Je vais pour vous

Dire mon chapelet jusqu’au grain majuscule.

(Il sort.)

Cyrano.

Bonne chance ! Mes vœux suivent votre cuculle !

(Il redescend vers Christian.)

Scène IX

CYRANO, CHRISTIAN.

Christian.

Obtiens-moi ce baiser !…

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